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mercredi 30 novembre 2016

Le swing de Laurent Bonnot


De ses débuts au violon, à sa maitrise en musicologie, en passant par ses études sur les musiques latines, Laurent Bonnot a su construire au fil du temps sa culture musicale. Après un 1er album « The Time Of Monster » (2015), où il joue aux côtés de grands noms du jazz (Dave Liebman, Emmanuel Bex), il sort un 2e album « Hermit's Dream », dans lequel il continue de nous faire découvrir son amour pour le jazz.

Selfie par Laurent Bonnot

Tu as commencé  l’apprentissage du violon à 6 ans, ce sont tes parents qui t’ont poussé à faire de la musique ?

Je suis fils et petit fils d'accordéonistes et mes parents écoutaient beaucoup de musique à la maison : Bach pour mon père et Brel pour ma mère. Étant baigné dans cette atmosphère je leur ai demandé de m'inscrire à l'école de musique de mon village.

Après le Conservatoire, comment en es-tu venu à étudier les musiques latines ?
J'ai fait le Conservatoire en guitare Jazz puis un ami pianiste m'a invité à le rejoindre à la basse, pour une tournée estivale dans son groupe de salsa. J'ai donc acheté une basse, puis après cette expérience, j'ai étudié plus profondément les musiques afro-cubaines à l'Isaac (Institut supérieur des arts afro-cubains), à Paris.

Tu te décris comme ayant un langage musical unique.  As-tu cherché à travailler  cette originalité ?
Mes influences ne sont pas réellement "bassistiques". J'ai beaucoup repiqué des solos de guitaristes et de saxophonistes. J'essaie donc d'orienter mon jeu dans cette voie. D'un point de vue technique, je ne joue pas de manière traditionnelle (index, majeur) mais avec tous les doigts  de la main droite et j'emprunte des techniques plutôt attribuées aux guitaristes de métal (aller-retour, swepping, tapping). Je joue aussi beaucoup en accords et je privilégie le dialogue avec les autres musiciens plutôt que de tenir la ligne de basse.




Comment en es-tu venu à sortir ton 1er album ?
J'ai toujours eu envie de faire un album sous mon nom, avec mes compositions. Cela partait d'une volonté de les faire vivre à travers une instrumentation choisie. De l'instrumentation dépendra en grande partie l'univers d'un album.

Que raconte cet album ?
Cet album vient d’une volonté de mélanger mes influences (musique brésilienne, valse, blues, be-bop, rock, ballade). J’avais envie qu’à chaque plage on change d'univers mais tout en conservant une unité de son qui structure l'album. Le titre assez éloquent "The Time of Monsters" évoque les périodes un peu difficiles qu'on traverse parfois dans la vie mais avec un certain recul. Un univers finalement plus contemplatif que nostalgique.



De qui t’es-tu entouré pour faire cet album ?
Je voulais le faire en quartet avec deux guitaristes, cet instrument compte énormément pour moi. Je me suis entouré de Romain Pilon et Anthony Jambon puis de Gautier Moine à la batterie. J'ai aussi demandé à plusieurs invités de rejoindre le projet : Emmanuel Bex, Dave Liebman, David Venitucci, Raphaële Atlan et Antonin Violot.

Que raconte ton deuxième album ? Qu’est-ce qui le distingue de ton premier album ?
Il est vraiment très différent du premier album. C'est un album de "jazz de chambre". Je l'ai enregistré en trio basse, guitare et clarinettes (avec Serge Lazarevitch et Laurent Dehors) et Médéric Collignon a apporté sa contribution (bugle, Saxhorn, voix et beat box) sur deux morceaux dont un basse/voix. L'album s'appelle "Hermit's Dream" et on entre clairement dans un univers onirique. De part l'instrumentation, l'absence de batterie, il émane une certaine douceur. L'album donne plus part au dialogue entre les musiciens.

Quelles sont tes envies pour la suite ?
J'ai deux projets en cours où je signe toutes les compositions mais qui ne sont pas sous mon nom. Le premier est autour de la musique brésilienne mais avec l'apport des musiques du monde : deux percussionnistes indiens, un oudiste, un joueur de cornemuse... Ce répertoire sera chanté en brésilien.
Le deuxième projet comprend une grande formation de 11 musiciens. Il s'agit d'un Big-Band revisité avec des bois et des cors. La musique est très écrite  et influencée par les techniques d'écriture classique. Elle renvoie à une esthétique "impressionniste" du début du XXème siècle (Debussy, Ravel..) mais avec évidemment l'apport du jazz et du groove. On a commencé les répétitions avec les deux projets et j'espère qu'ils verront le jour sur scène avant l’été 20017.

Est-ce que tu as déjà eu envie d’être accompagné sur scène par un chanteur ?
J'ai souvent accompagné des chanteurs et des chanteuses sur scène dans divers répertoires allant du jazz au rock en passant par la pop et le hip-hop. J'aimerais un jour travailler avec un ou une chanteur/euse mais plus dans l'univers des musiques improvisées qu'elles soient jazz, rock ou contemporaines.


Est-ce qu’il est facile aujourd’hui, en France, de gagner sa vie en tant qu’artiste ?
Il n'est jamais évident de gagner sa vie en tant que musicien aujourd'hui. J'ai eu la chance d'être intermittent du spectacle pendant 6 ans. Cela m'a permis de beaucoup jouer et d'accumuler beaucoup d'expérience scénique. Paradoxalement, on est souvent obligé de "courir le cachet" et la qualité et le bon goût ne sont pas forcément là. Pour la plupart des groupes professionnels, le niveau instrumental non plus. J'ai la chance de donner suffisamment de cours d'instrument pour gagner ma vie et cela me laisse aussi beaucoup de temps pour travailler ma basse et la composition. Et puis, quoi de plus beau que de partager sa passion.

Les réseaux sociaux sont-ils incontournables pour se faire connaître ?
Oui évidemment ils sont indispensables. Mais dans le cadre des musiques plus "underground" comme le jazz, les passionnés sont aussi habitués à la presse écrite spécialisée. Il y a aussi encore et toujours, et heureusement,  les concerts mais là aussi, des vidéos sont relayées sur les réseaux sociaux et cela aide à avoir beaucoup plus de visibilité. Mais le revers de la médaille est qu'on peut parfois confondre quantité et qualité et prendre la première pour la deuxième.


Laurent Bonnot en ligne :


 

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