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dimanche 15 septembre 2019

Clio, une ex institutrice aux chansons renversantes !

A 31 ans, Clio, l’ex institutrice devenue chanteuse par accident, affiche déjà des chiffres renversants sur son CV : 2 albums dont les deux premiers singles de son dernier opus « Déjà Venise » dépassent le million de vues sur YouTube et 1,5 millions de streams… Et l’artiste auteure-compositrice-interprète a plus d’une histoire couchée dans ses carnets de notes. Ainsi, dans ce dernier album Clio nous emmène au cœur de 11 histoires/titres où l’on s’immerge dans la vie de couple, pas toujours heureuse, fugitive, où c’est la chanteuse souvent qui abandonne. La preuve en images dans le clip très cinématographique « Déjà Venise », dans lequel on retrouve le couple, Esther Garrel et Pablo Pauly qui n'a plus grand chose à sauver... 


Comment as tu fait tes premiers pas dans la musique?
Je n’ai pas appris la musique quand j’étais petite mais ma grand-mère était pianiste et écrivait des très belles chansons. C’est un peu après 20 ans, quand j’ai appris quelques accords de guitare, que j’ai commencé à mettre en musique mes mots. Et comme j’avais déjà plein de mots dans plein de carnets, j’ai très vite écrit beaucoup de chansons.

Comment as-tu décidé d’en faire ton métier et de mettre de côté celui d’institutrice ?
J’ai toujours su que mon métier consisterait à écrire, d’une manière ou d’une autre. Je suis devenue prof des écoles pour avoir une stabilité rassurante pour essayer de faire quelque chose de mes chansons. J’ai eu la chance d’obtenir une disponibilité de l’éducation nationale qui me permet d’avancer tranquillement dans la musique sans craindre les difficultés possibles. J’ai pris beaucoup de plaisir en étant prof des écoles et j’y retournerai sans problème si j’en ai marre des chansons ou si elles en ont marre de moi.

Comment es-tu arrivée pour la première fois sur scène, aux Trois Baudets en 2014 ?
Je n’avais jamais chanté mes chansons en public. Mais un ami a envoyé mes petites maquettes aux Trois Baudets et ils ont dit : « Allez hop, on vous programme pour dans un mois ».
Alors ça a été le branle-bas de combat, il a fallu trouver un musicien pour m’accompagner car je joue très mal de la guitare et du piano. Cette première scène est un très bon souvenir même si j’étais terrifiée à l’idée de monter sur scène et chanter mes petites chansons devant tout le monde.

Quelques semaines après la naissance de ton fils, il t’accompagne déjà pour faire les premières parties de Gauvain Sers ou Thomas Dutronc pour toi la vie d’artiste se vit en famille ?
Ça s’est fait comme ça et j’ai décidé de prendre les choses comme elles arrivaient ! On a vécu des moments très rigolos avec le couffin dans les loges, etc. Et puis comme mes chansons sont douces, il s’endormait tranquillement dès que je me mettais à chanter.


Que raconte ce nouvel album « Déjà Venise » ?
C’est un album où les chansons parlent beaucoup d’histoires d’amour plus ou moins heureuses, de la rencontre à l’abandon, en passant par l’ennui.

De qui t’es-tu entourée pour faire cet album ?
J’ai mis longtemps pour trouver les bonnes personnes pour la réalisation de ce disque. Je voulais des réalisateurs qui s’impliquent sans s’imposer, qui m’écoutent sans s’effacer, et puis aussi qui aient des goûts et des idées qui aillent dans le même sens que moi. Et puis je suis tombée sur Florian (Monchatre) et Augustin (Parsy) avec qui tout a été simple et joyeux. On n’avait presque pas envie que ce disque se termine.

En t’écoutant on a l’impression que selon toi la vie de couple est plus difficile aujourd’hui que pour les générations précédentes…
Dans mes chansons, ça semble à la fois difficile et pas grave du tout. Je crois que ces affaires là dépendent des gens qui les vivent plus que de la génération à laquelle ils appartiennent.

D’où t’es venue cette envie de revisiter le classicisme de la chanson française ?
Je n’ai pas pensé à ça à vrai dire. Je n’ai rien contre le classicisme de la chanson française. Je voulais des arrangements qui laissent le premier rôle à la voix et à ce qu’elle raconte tout en étant riches, actuels et entraînants.

Que raconte le titre « Déjà Venise » ?
C’est une fille qui se rend compte que son amoureux va s’en aller, qu’il est même déjà un peu parti.  Elle sait qu’il n’y a plus grand chose à sauver mais ne peut pas croire qu’il va la planter là.



Esther Garrel et Pablo Pauly jouent dans le clip de ce titre. Comment cette rencontre s’est faite ? Théo (Leroyer) avait écrit le scénario du clip (il avait déjà écrit et réalisé les deux précédents). Je ne voulais pas jouer dedans, je voulais que les rôles soient joués par des vrais comédiens. On a très vite proposé à Esther qui nous a dit oui et qui nous a parlé de Pablo. Leur couple nous a beaucoup plu. On était extrêmement contents qu’ils aient envie de participer à tout ça.

Romy Schneider est ton idole ?
C’est une actrice magnifique, en particulier dans son rôle de Rosalie dans César et Rosalie. C’est ce film dont il est question dans ma chanson « Romy S. ».


Avec qui rêverais-tu de collaborer ?
Avec plein de gens mais pour le moment j’ai du mal à avoir envie de travailler à plusieurs. J’aime bien écrire mes petites choses toute seule dans mon coin, avec mon carnet et mon piano.

Tu es plus addict à Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram ?
Je suis addict à rien du tout. J’aimerais pouvoir faire ce métier sans jamais me connecter à un réseau social, malheureusement pour le moment c’est tout à fait impossible. Mais si on ne me forçait pas, je ne publierais absolument jamais rien sur aucun réseau.

Quel titre as-tu écouté cet été ?
Le temps est bon de Bon entendeur ! 

Clio en ligne
Clio en concert
08.10 : Le Bijou, Toulouse
09. 10 : LeBijou, Toulouse
17. 10 : La Puce à l'Oreille, Riom
18. 10 : Salle Paul Garein, Lyon
19. 10 : Espace Julien, Marseille
22.10 : Café de la Danse, Paris
07.11 : Le Rocher de Palmer, Cenon
15.11 : Le Ponant. Pacé
21.11   : Le Scénacle, Besançon
22.11 : Le Scénacle, Besançon
04.12 : Centre Culturel, Le Haillan
10.01.20 : Le cheval blanc, Schiltigheim
16.01.20 : Château de Goutelas, Marcoux
23.01.20 : La Bouche d'Air, Nantes 1ère partie d'Alex Beaupain
07.03.20 : MJC, Venelles
26.03.20 : Centre Culturel, Flers 1ère partie de Renan Luce
06.05.20 : Les Tanzmatten, Selestat

dimanche 21 juillet 2019

The Marshals signe un nouvel opus de blues rock made in Auvergne


The Marshals est de retour avec « Les Bruyères Session » (Freemount Records), 5ème épisode et nouvelle étape dans la vie de ce groupe indépendant de blues électrique, originaire de Moulins (Auvergne). Depuis plusieurs années, les trois musiciens nous ont habitués à ce rendez-vous, la sortie d’un nouvel album enregistré à la suite  de « sessions », ces moments où ils laissent spontanément jaillir le Mojo de leur musique. Un beau rituel qui met en valeur la construction artisanale de leur album et qui laisse place à l'improvisation.  
Selfie par The Marshals

Que raconte cet album « Les Bruyères Session » ?
Pas mal d'histoires sur le doute, souvent inspirées par des choses de la vie qui se sont déroulées dans l'entourage proche, mais qui ne parlent pas directement des personnes concernées, car cela pourrait très bien arriver à tout le monde.
De qui vous êtes-vous entourés pour faire cet album ? Il a été créé dans votre studio à Moulins ?
Nous avons travaillé des nouveaux morceaux entre février et août 2018 dans notre studio, à Moulins. Vers le mois de juin on s'est dit qu'il fallait trouver un autre lieu pour faire une nouvelle session, on a opté pour la grange de Franck et Mano à Bourbon l'Archambault, au lieu dit les Bruyères, début septembre.
La date butoir approchant, on a fini les deux derniers morceaux mi-août, on s'est dit qu'il nous fallait également un quatrième homme pour jouer des maracas et congas, on a donc fait deux répètes avec Fabien Larvaron avant la session. Cette fois-ci, nous avons enregistré tout en prise directe, sur un seul micro, sur quatre jours de musique, farniente, bières et plancha.
© Sophie Hervet
Que raconte le titre « On The First Day » ?
C'est l'histoire de deux personnes qui, le temps passant, se rendent à l'évidence que malgré leur sympathie l'un pour l'autre, ça ne marchera jamais.
La pochette de l'album est-elle de nouveau issue de vos archives personnelles ?
C'est une illustration tirée d'une vieille carte postale. On a voulu garder le lien avec les précédents disques, mais avec un animal ni mort, ni exploité, comme on nous l'avait fait remarqué plusieurs fois.
Vous êtes plus addict à Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram ?
Je crois que aucun de nous n'a Twitter, Snapchat ou Instagram. Donc Facebook par élimination.
Vous écoutez quoi en ce moment ?
Toujours pas de zouk !


dimanche 30 juin 2019

Avec son nouvel album « Wood fire », Cocoon nous fait voyager dans la vie de couple !


Cocoon dévoile dès cet été quelques étincelles de son nouvel album « Wood fire » à paraître le 27 septembre. Ce nouvel opus sur la vie de couple est construit autour de la métaphore d’un feu de bois - le titre de l’album - qu’il faut entretenir pour qu’il perdure… C’est donc un album lumineux et très poétique que Mark Daumail a concocté au cours de nombreux voyages à Los Angeles, Tel Aviv, en Norvège, en Toscane et en France… Et pour la première fois, l’artiste est producteur de son propre album, une raison de plus de tendre l’oreille pour écouter ses compositions qui nous embrasent.
 
©Alexis Sevenier
Comment as-tu fait tes premiers pas dans la musique ?

J’ai commencé la musique assez tard, vers l’âge de 15 ans. Mais j’ai toujours été très attiré par ça. Mon père est musicien amateur, il y avait toujours des tas d’instruments et de copains chez lui quand j’y allais le week-end. Il me faisait découvrir énormément de nouveautés. Peu à peu je me suis mis à la guitare, tout seul, un peu en secret, et je composais mes chansons dans mon coin. J’ai même eu un groupe au lycée !

Cocoon en solo versus Cocoon en duo (avec Morgane Imbeaud), qu'est-ce qui a changé ?

Même si la période « duo » a été une véritable joie, je composais déjà les titres du groupe, donc de ce côté pas de changement. D’un point de vue purement musical, j’ai toujours considéré Cocoon comme un groupe très vocal, avec des mélanges de voix homme-femme, chose que j’ai toujours voulu conserver. Donc au final j’ai plutôt une sensation de continuité dans la douceur.

©Alexis Sevenier

Que raconte ce nouvel album Wood Fire ? 

C’est un album sur le couple, imagé par un feu de bois, d’où le titre. Chaque chanson ou presque raconte un état de ce feu : étincelles, braises, flammes, cendres, etc. C’est un album de retrouvailles et de renouveau : un couple s’entretient comme on entretient un feu.

De qui t'es-tu entouré pour le faire ?

Je l’ai produit seul chez moi, assisté par mes potes Chien Noir et Paul Magne. Je l’ai fait mixer par Yann Arnaud et Antoine Gaillet, et il a été masterisé par Alexis Bardinet comme tous mes disques. 

L'album a été conçu entre Los Angeles, Tel Aviv, la Norvège, la Toscane, Paris et Bordeaux, pourquoi avoir tant voyagé pour faire cet album ?

Ce sont surtout des rencontres, comme sur chacun de mes albums. Un artiste à LA m’a présenté un artiste de Hollande, qui m’a ensuite invité en Italie, où j’ai rencontré un Norvégien, puis j’ai contacté un groupe israélien pour un duo, etc. Mais c’est sûr qu’il m’aura fait faire des kilomètres celui-là ! Je voyage beaucoup pour chacun de mes disques mais celui-ci est le plus ouvert.

Tu as construit ton studio à Bordeaux. Tu l'as fait toi-même ?

Oui tout seul ! C’est le studio de mes rêves, il est très fonctionnel et assez unique car chaque instrument est branché en permanence pour ne jamais perdre de temps et enregistrer tout ce qui me passe par la tête en une seconde. C’était vraiment l’idée de base : l’attente en studio tue toute ma créativité. 

©Alexis Sevenier


Que raconte Spark le 1er extrait de l'album ? Où a été réalisé le clip et que raconte-t-il ?

Il a été tourné à Tenerife et réalisé par un réalisateur très talentueux : Julien Capelle. Il montre une femme qui marche dans la nature jusqu’à ce qu’elle arrive à un homme assis devant un feu de bois (moi). Au final elle disparaît et on comprend qu’elle n’était que le fruit de mon imagination. Ou pas ? :)

Le second extrait de l'album est Back To One, sort en deux versions : anglaise et française, en featuring avec la chanteuse Clou. Comment as-tu rencontré cette chanteuse ? Et pourquoi faire deux versions de ce titre ?

J’avais la version anglaise qui me plaisait pas mal mais au même moment je suis tombé sur cette jeune chanteuse Clou (sur une compilation hommage à Yves Simon) et je suis resté scotché. Je l’ai contactée pour qu’on travaille ensemble et j’ai eu l’idée de lui demander de tenter d’écrire une adaptation de Back To One en français pour avoir un vrai duo avec elle. Elle a accepté et voilà ! Mais je voulais également sortir la version originale, qui me plait toujours, du coup me voilà avec deux versions.

Tu écoutes quoi en ce moment ?

Vampire Weekend « Father Of The Bride » et Bill Callahan « Shepherd In ASheepskin Vest ». 

Tu es plus addict à Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram ?

Instagram of course ! 

Cocoon en concert :
12.12.19 - Marseille
13.12.19 - Puget sur Agens
17.12.19 - Reims
18.12.19 - Strasbourg
20.12.19 - Rennes
21.12.19 - Saint-Nazaire
16.01.20 - Nîmes
17.01.20 - Bordeaux 
22.01.20 - Paris
31.01.20 - Rouen

Cocoon en ligne :

jeudi 16 mai 2019

Et si on dormait avec les Spice Girls ?

C'est le moment de ressortir sa vieille VHS pour réviser ses classiques ! Le (vrai) bus des Spice Girls, rendu célèbre dans leur film Spice World (1997) pourra être réservé sur Airbnb à partir du 22 mai 2019.


Le Spice Bus sera installé au cœur de Wembley Park, où les voyageurs pourront séjourner les 14 et 15 juin en déboursant 99£ la nuit (environ 113€). La pièce à vivre récemment rénovée comprend des fauteuils de cinéma Union Jack roses sous un néon « Girl Power » et regorge de magazines et CD vintage des années 1990 pour se replonger dans cette époque. Qui faut-il remercier pour cette annonce ? Suzanne, la propriétaire du bus qui a su saisir la bonne opportunité puisque les Spice Girls se reforment et seront bien sûr en concert à Wembley les 14 et 15 juin. L'histoire ne dit pas si elles feront une visite aux voyageurs dans le Spice Bus. Affaire à suivre... #SpiceUpYourLife

dimanche 12 mai 2019

Un concert où les notes de Lucy Rose nous emportent dans une douce tristesse

Lucy Rose a apporté beaucoup de tristesse sur la scène du Café de la danse le 9 mai 2019, en dévoilant son dernier album "No words left". Mais ces notes mélancoliques ont été ponctuées par de la douceur et par la virtuosité des trois musiciens qui accompagnent l'artiste sur scène. 

La chanteuse, compositrice et multi-instrumentiste anglaise a attendu quelques chansons avant d'oser discuter avec son public mais c'était pour mieux nous laisser rentrer dans le concert et encore plus apprécier son humour "so british". 

 
"Shiver" par Lucy Rose au Café de la danse

Concernant le fil conducteur très triste de ce dernier album, la chanteuse a avoué espérer ne jamais plus écrire un tel album et que son père lui demande d'ailleurs pourquoi ses chansons sont aussi tristes. On n'aura pas la réponse, qu'elle même avoue ne pas connaître mais ses compositions folk, sa voix envoûtante et sa présence pétillante sur scène en font une artiste à découvrir en live pour un moment de douceur, reposant.

mardi 23 avril 2019

La douceur et l’adrénaline d’un road-trip aux côtés de Bear’s Towers


Bear’s Towers c’est tout d’abord une voix atypique, rauque, entrainante, reconnaissable parmi des centaines et qui se marie parfaitement avec les rythmiques pop-folk de ce groupe composé de quatre amis qui se sont rencontrés au collège. Pour son deuxième album « Kyma », le groupe prend un tournant plus rock tout en conservant la force de ses mélodies folk. Après seulement quatre ans de carrière et des premières parties dans des festivals aux côtés de Ben Harper, Selah Sue, Shaka Ponk, Asaf Avidan, Talisco, Bear’s Towers continue sa montée en puissance. Cette fois-ci, le groupe nous embarque dans un road-trip où l’on alterne entre la douceur et l’adrénaline de l’aventure. Ca vaut le coup de monter le son notamment sur des titres comme Midnight Girl ou Oak.
©Bear's Towers

Comment avez-vous fait vos premiers pas dans la musique ?
Tommy et Nathan : L’éducation musicale de notre père a beaucoup joué dans notre envie d’apprendre la guitare, dès la fin de l’école primaire.
Aurélien et Olivier : C’est venu un peu plus de nul part, plus ou moins à la même période.
Comment vous êtes-vous rencontrés ?
On s'est rencontrés à la fin du collège, on a ensuite eu des projets musicaux ensemble, parfois séparément, mais rien de conséquent. En 2015, le groupe s’est doucement créé entre Tommy, Nathan et Aurélien. Olivier n’était pas dans le projet initialement mais il a réalisé nos premiers enregistrements, et naturellement il a intégré le groupe peu après.
D'où vient le nom Bear's Towers ?
L’ours, c’est Aurélien, les tours, ce sont les jumeaux. Sur scène, quand on était encore que trois, ça faisait l’ours et ses tours de part et d’autre. C’est aussi simple que ça !



Que raconte votre 2e album " Kyma" ?
Kyma s’est écrit tout naturellement lors de la composition de l’album. Le terme Kyma vient du grec et signifie “vague”. A l’image de cet opus, entre les mouvements lancinants de l’eau et la puissance des vagues.
Vous développez un seul et même récit décliné autour de quatre grands thèmes : l’errance, l’amour, la mort et la renaissance. Pourquoi faire ce choix et ne pas s'en écarter ?
C’était important pour nous de parler de sujets qui nous inspirent et qui nous parlent dans la vie de tous les jours. Nos espoirs, nos peurs, nos rêves. L’idée était de faire ressentir, à travers nos expériences et notre vision du monde, les différentes émotions auxquelles on peut être confrontés.

Pourquoi avoir décidé de prendre un tournant plus rock dans cet album ?
On a beaucoup d’influences différentes à nous 4, mais si il y a un univers dans lequel on se retrouve tous, c’est bien le rock. Si notre premier album « Never Alone », est plus accentué folk, « Kyma » l’est moins. Nous avons vraiment essayé de laisser une place beaucoup plus importante à nos influences, c’est donc tout naturellement qu’on y retrouve cette touche rock.
De qui vous êtes-vous entourés pour le faire ?
On s’est toujours entourés de personnes de confiance afin de pouvoir travailler dans les meilleures conditions. C’est pourquoi nous avons décidé d’enregistrer cet album avec Jean-Christophe Lefevre, dans les studios de notre label, Single Bel. On a également fait appel à Alexandre De Charrin pour les arrangements et Antoine Depoisier, pianiste, à qui l’on doit l’intro du titre Oak.

Vous avez fait des premières parties de grands artistes : Ben Harper, Selah Sue, Shaka Ponk, Asaf Avidan, Talisco. Est-ce qu'une rencontre durant ces premières parties a été marquante pour vous ?
Difficile de n’en citer qu’une, il y en a tellement ! Néanmoins, notre rencontre avec le groupe Diva Faune fut une des plus marquantes je pense. On a eu l’occasion de partager la scène à plusieurs reprises avec eux et c’est toujours le même plaisir à chaque fois.
Vous êtes plus addict à Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram ?
Si il fallait en choisir qu’un seul, Instagram serait le gagnant. A vrai dire, on n’est pas tellement addict, on se sert essentiellement des réseaux sociaux pour communiquer avec notre public, mais comme on est encore loin d’avoir autant d’abonnés que Kim Kardashian, on peut encore profiter de la vraie vie.
Vous écoutez quoi en ce moment ? `
En ce moment, on écoute essentiellement Foals, Tame Impala, Matt Corby, ou encore Kings of Leon et Mumford And Sons.
Avec qui rêveriez-vous de collaborer ?
Collaborer avec des artistes tels que Mumford and Sons, Matt Corby, ou encore Talisco serait vraiment fou pour nous.
Quels sont vos projets ?
On a pas mal d’idées en tête pour la suite. Actuellement on travaille sur un nouvel opus, un EP de quelques titres qui devrait voir le jour en fin d’année si tout se passe bien. Pour le reste, on préfère garder quelques surprises sous le coude et ne pas tout dévoiler, donc il 
faudra faire preuve d’imagination et de patience !

18.05.19 - Parc Floral (Paris)
17.05.19 - Les 24 heures de l'INSA 2019 (Lyon)
4.05.19 - Tremplin Guitare en Scène (Genève)
24.04.19 - Ibis Music Tour (Lyon)
 Bear's Towers en ligne :
Site Internet 

Bear's Towers


dimanche 31 mars 2019

L’écriture pop, les ambiances planantes et l’énergie rock de YULES


Après 20 ans de carrière, le duo YULES continue sa route en toute indépendance sur la scène musicale française. Et le 12 avril 2019, les deux frères dévoileront leur dernier album « A Thousand Voices », concocté pendant 1 an et demi. Cet opus a été l’occasion de refaire un saut dans le passé en ressortant une vieille guitare électrique, laissée de côté pendant des années et un vieux Juno 106. Au programme : une écriture pop comme on les aime et une énergie rock dont on ne peut que raffoler. A écouter de toute urgence.
YULES
Comment avez-vous fait vos premiers pas dans la musique ?
Avec Bertrand, nous avons à peu près commencé la guitare en même temps, j’avais 14 ans et il en avait 18. Je relie vraiment l’apprentissage de la musique à une forme de quête de sens, je cherchais à m’extraire de l’ennui dans lequel j’évoluais, dans cette petite ville de province dans laquelle je vivais. J’ai pensé que la musique serait la clé, j’ai eu de la chance d’avoir un cousin musicien amateur qui m’a initié et encouragé, mon père m’a montré quelques accords de guitare et c’était parti !
D'où vient le nom YULES ?
Cela vient du prénom d’un des enfants de Bertrand qui est né au moment où nous avons créé Yules. Son prénom trottait dans nos têtes, nous l’avons légèrement déformé pour lui donner une forme ni anglo-saxonne, ni française… nous voulions deux syllabes et puis ça se dit : « Youless ». Probablement un reste des cours de latin…

YULES
Lorsqu'on écoute votre musique on pourrait penser que vous êtes un groupe anglo-saxon. Comment votre style musical s'est construit ?
Justement il s’est construit en écoutant principalement des groupes anglo-saxons. Nous sortions d’une expérience de groupe de 6 ans et nous chantions exclusivement en français. Alors, tout naturellement, nous avons d’abord essayé d’écrire les premières chansons de Yules en français, c’est Bertrand qui s’y collait mais sincèrement, le son et l’intention n’étaient pas du tout au rendez-vous. Ça changeait trop l’esthétique musicale, et puis ma voix est très différente lorsque je chante en français.
Rapidement, je me suis mis à écrire en anglais les premiers textes et notre son commençait à se profiler. On nous a beaucoup posé la question du pourquoi nous chantions en anglais mais c’est simplement une histoire d’esthétique. Nous aimons beaucoup la langue française mais n’avons pas du tout réussi à la faire sonner avec notre musique.
Pour ce qui est du style musical, les débuts étaient plutôt planant, trip-hop atmosphérique mais toujours avec un côté pop qui ne nous a jamais lâché. Nous sommes des enfants des années 80 et avons reçu la pop music en pleine face. Par la suite, notre son est devenu plus acoustique et le nouvel album est une synthèse avec un retour à l’électrique mais sans oublier les chansons.
En 2014, vous avez sorti l'album "I'm your man...Naked" en hommage à Leonard Cohen. L'artiste était un mentor pour vous ?
Oui sincèrement, d’ailleurs en parlant de chansons, Leonard Cohen est un maître, il a élevé le « songwriting » au plus haut point. Son oeuvre nous touche énormément. Il a d’ailleurs été aussi un guide par son témoignage de vie, pas seulement à travers sa musique mais aussi dans sa vie d’homme, cherchant un équilibre entre le terrestre et le spirituel. Le voir sur scène a été une consécration, lui rendre hommage sur scène en recréant un de ces albums est un immense bonheur. Nous enfilons ses chansons comme on enfile une veste de costume le temps d’une soirée… Cela m’a remis dans l’écriture aussi, moins complexé bizarrement… 

 

Que raconte votre dernier album "A Thousand Voices" ? De qui vous êtes-vous entourés pour le faire ?
C’est un album de réconciliation avec le passé qui me semble être le meilleur moyen d’épanouissement personnel.
C’est aussi un disque de réappropriation de soi, de sa vie, de notre son. J’ai ressorti ma guitare électrique que je n’avais plus touchée depuis des années, ainsi que mon vieux Juno 106 que j’ai depuis mes 13 ans, et ce fût le point de départ sonique.  La première chanson réécrite fût « A Thousand Voices », elle a donné une direction forte au disque ainsi que son nom à l’album. Elle était une bonne synthèse, on y retrouve l’écriture pop, les ambiances planantes et l’énergie rock contenue.
Je suis très fier de ce disque qui découle d’un long processus de retour au plaisir de jouer de la musique, de manière simple, comme au début, sans enjeu, sans maison de disque, juste un besoin qui nous dépasse un peu.
On a d’abord joué les chansons sur scène en trio avant de les enregistrer, je ne voulais pas aller en studio sans m’être assuré que les chansons puissent toucher le public.
Nous avons enregistré au Wild Horse Studio à Besançon et l’entourage est réduit à un batteur (Antoine Passard sur le disque/ Bertrand Perrin sur scène) et il y a aussi un featuring de la chanteuse Lonny Montem et le label Marjan Records.

Pourquoi avoir décidé de faire un disque en 2 volets (hiver/été) ?
Disons qu’au tout début, on s’est demandé si on allait pas sortir un premier EP qui était les 5 titres de la « Winter Side »… Puis j’ai écrit de nouvelles chansons, peaufiné certains titres jamais sortis et une nouvelle face s’est imposée à nous. Alors on s’est dit qu’il fallait l’enregistrer en été pour voir si l’on pouvait sentir une influence des saisons dans l’enregistrement. On a finalement pas vraiment surfé sur cette idée mais j’aime bien l’idée d’en parler pour que les gens se demandent à l’écoute de l’album « quand a été enregistré telle ou telle chanson ? ».
J’ai aussi par la suite beaucoup réécouté la re-création des Quatre Saisons de Vivaldi par Max Richter, que je trouve splendide.
Quels vos projets ?
Tourner, tourner, tourner… Nous sommes avant toute chose un groupe de scène, c’est là que nous avons appris notre métier; et ce bien avant de faire des albums. Le « power trio » que nous formons avec Bertrand Perrin à la batterie est ultra jouissif. C’est un batteur que nous avions croisé avec Diving With Andy puis chemin faisant, il nous avait accompagné sur la tournée de Strike a Balance en 2011-2012. On le retrouve en très grande forme et les tous premiers concerts furent prometteurs… Nous venons de jouer « I’m your Man…Naked » en version symphonique et avons également l’intention de le rejouer prochainement tant l’expérience fût énorme.
Et puis nous avons enregistré une reprise de Kate Bush qui sortira prochainement sur le volume 2 de « I Wanna Be Kate » une compilation de reprises de Kate Bush par des groupes de la scène de Chicago, c’est produit par Thomas Dunning et nous sommes le seul groupe français à figurer sur cette compilation qui sortira en Amérique du Nord. 
Selfie - YULES
Ca fera bientôt 20 ans que vous avez sorti votre 1er EP auto produit (2003). Quel est votre regard sur votre carrière ?
Que c’est un métier difficile, comme tous les métiers d’ailleurs et que je rêve de sensibiliser les gens à notre réalité. Bien souvent, on pense que les choses vont vite, que les albums sortent facilement, sans douleur mais c’est une image d’Epinal. Il n’y a pas d’acquis, lorsqu’on est indépendant, tout est à construire en permanence, on se fait oublier très vite si l’on n’est pas toujours en train de publier sur les réseaux sociaux.
J’essaie de m’extraire de tout cela au maximum pour me concentrer sur l’essentiel qui est la musique mais malheureusement, je ne peux pas totalement faire l’autruche. C’est un secteur qui est en perpétuel changement, il faut donc s’adapter, sinon il faut aller « jouer de la guitare tout seul sous les tilleuls ».

Selfies - YULES et Bertrand Perrin qui accompagne le groupe sur scène
Vous êtes plus addict à Facebook, Twitter, Instagram ou Snapchat ?
Plutôt Instagram mais je suis beaucoup sur Facebook aussi pour l’aspect professionnel. Twitter, je n’ai jamais pu m’y faire, je n’ai pas l’esprit de synthèse ;-) Et Snapchat, si je n’avais pas 20 ans de carrière, ça m’intéresserait peut-être.
Vous écoutez quoi en ce moment ?
J’ai souvent un train de retard avec les nouveautés, j’aime bien découvrir les albums lorsqu’ils viennent naturellement à moi alors en ce moment de manière totalement aléatoire, j’écoute « Sincerely, Future Pollution » de Timber Timbre, « First Mind » de Nick Mulvey, « Lier » de Barbarossa, « Cusp » de Alela Diane, « Singles » de Future Islands, « You Want it Darker » de Leonard Cohen, « High Violet » de The National, « Beyond the Missouri Sky » de Pat Metheny & Charlie Haden, « Vanishing Act » de Early Winterr, « 22, a Million » de Bon Iver…

dimanche 24 février 2019

Quand la grâce de Portier Dean nous enchante...


Avec « Ancien Majesty », le dernier album du groupe Portier Dean, le duo nous prouve que les Français peuvent aussi brillamment maîtriser les codes de la musique pop anglophone. Biberonnés au rock, Gwendal et Gildas ont choisi comme « musique maternelle », à défaut de langue maternelle, la musique anglo-saxonne et grand bien leur en a pris. Dans cet album, en quelques accords les trentenaires nous font voyager avec des titres forts comme Pythia où les artistes nous font passer d’un registre orchestral à une pop douce sur laquelle on a envie de se laisser emporter. Les médias comparent parfois Portier Dean à The National ou Arcade Fire. On leur souhaite autant de succès.


Comment avez-vous fait vos premiers pas dans la musique ?
Nous ne sommes pas du tout issus de familles de musiciens. Nous avons eu l'idée de faire de la musique parce que nous avions des amis au collège qui jouaient de la batterie et de la guitare. On a vite accroché. On trouvait ça réjouissant de pouvoir reproduire nous même la musique qu'on aimait. Et puis après, on s'est amusé à composer des morceaux.
D'où vient le nom "Portier Dean" ?
Portier et Dean ce sont deux noms de familles rencontrés par hasard sur un interphone. Nous les avons adoptés. Ils sont très différents, c'est ce qui nous a tapé dans l’œil : « Portier » évoque quelque chose de physique, d'ordinaire tandis que « Dean » est cinématographique, littéraire et légendaire.
Lorsqu'on écoute votre musique on pourrait penser que vous êtes un groupe anglais ou américain. Comment votre style musical s'est construit ?
Très clairement nos influences sont majoritairement anglophones. On baigne dedans depuis qu'on est petits, surtout du rock au départ. De la même façon que notre langue maternelle est le Français, notre "musique maternelle" est la musique anglo-saxonne. Nous ne cherchons pas à faire "américain" mais par la force de ce "maternage sonore" notre vocabulaire et notre accent musical peuvent sonner américains.
Mais nous écoutons vraiment de tout sinon, du rock bien sûr mais aussi de la pop, de l'électro, du hip-hop... et pas exclusivement en Anglais. Plus le temps passe et plus nous intégrons ces influences variées dans notre musique. C'est le cas dans notre album Ancient Majesty.
Que raconte votre 1er album Ancient Majesty ?
Ancient Majesty rassemble des titres qui évoquent des valeurs qui nous sont chères : l'amour, l'espérance, la nature, le partage...
De qui vous êtes-vous entourés pour le créer ?
Il y a eu deux phases, nous avons composé surtout à deux, dans un premier temps, en nous laissant guider par le jeu, l'expérimentation.  Dans un second temps, pour les arrangements et la réalisation, nous avons été épaulés et guidés par Adrien Leprêtre de Samba de la Muerte et Concrete Knives. Il a été très précieux en nous aidant à aller au bout de nos idées et à rendre notre son plus abouti.


Que raconte le titre Pythia ? En quelques minutes vous changez de registre dans ce titre, comment ce morceau a été construit ?
Pythia parle de la prêtresse d’Apollon dans le temple de Delphes. Les puissants de la Grèce antique venaient la consulter pour connaître leur avenir. Droguée, plongée dans une forme de transe, elle se mettait à parler dans son délire et livrait des phrases incompréhensibles. Mal interprétés, ces augures incitaient des malheureux à des actes qui les menaient à leur perte.
Ce morceau est parti d'une improvisation avec une ligne de basse et un rythme brut, répétitif. Nous avons voulu tirer ce fil tout au long du morceau avec les mêmes accords en introduisant des variations, une montée. Un peu comme une transe qui atteint son apogée.
Quels sont vos projets ?
Dans l'immédiat, nous voulons faire vivre notre album qui vient de sortir. Nous avons pas mal de concerts qui s'organisent jusqu'à l'été, qui vont nous faire voyager en France et même en Allemagne. Et puis nous avons déjà des envies et des idées pour composer de nouveaux morceaux.
Vous êtes plus addicts à Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram ?
Surtout Facebook et Instagram. Mais on n'est pas vraiment "addicts", pas encore en tout cas on espère :-)
Vous écoutez quoi en ce moment ?
Gwendal : Je fais tourner pas mal un album de 2015 "Kinshasa" de Mbongwana Star. Une musique vraiment puissamment charnelle.
Gildas : Je suis constamment en train de fouiller sur Spotify, de surveiller les nouveautés sur Pitchfork et NPR par exemple, je vais souvent aller chercher des disques plus anciens aussi. En ce moment j'écoute beaucoup de death metal, Thy Art is Murder, par exemple, mais j'écoute pas mal aussi Lord Esperanza et Odezenne, qui sont beaucoup plus hip-hop... Je n'ai pas vraiment de barrières en termes d'écoute.


Selfie - Gwendal

Selfie - Gildas

Portier Dean en ligne