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mardi 23 avril 2019

La douceur et l’adrénaline d’un road-trip aux côtés de Bear’s Towers


Bear’s Towers c’est tout d’abord une voix atypique, roque, entrainante, reconnaissable parmi des centaines et qui se marie parfaitement avec les rythmiques pop-folk de ce groupe composé de quatre amis qui se sont rencontrés au collège. Pour son deuxième album « Kyma », le groupe prend un tournant plus rock tout en conservant la force de ses mélodies folk. Après seulement quatre ans de carrière et des premières parties dans des festivals aux côtés de Ben Harper, Selah Sue, Shaka Ponk, Asaf Avidan, Talisco, Bear’s Towers continue sa montée en puissance. Cette fois-ci, le groupe nous embarque dans un road-trip où l’on alterne entre la douceur et l’adrénaline de l’aventure. Ca vaut le coup de monter le son notamment sur des titres comme Midnight Girl ou Oak.
©Bear's Towers

Comment avez-vous fait vos premiers pas dans la musique ?
Tommy et Nathan : L’éducation musicale de notre père a beaucoup joué dans notre envie d’apprendre la guitare, dès la fin de l’école primaire.
Aurélien et Olivier : C’est venu un peu plus de nul part, plus ou moins à la même période.
Comment vous êtes-vous rencontrés ?
On s'est rencontrés à la fin du collège, on a ensuite eu des projets musicaux ensemble, parfois séparément, mais rien de conséquent. En 2015, le groupe s’est doucement créé entre Tommy, Nathan et Aurélien. Olivier n’était pas dans le projet initialement mais il a réalisé nos premiers enregistrements, et naturellement il a intégré le groupe peu après.
D'où vient le nom Bear's Towers ?
L’ours, c’est Aurélien, les tours, ce sont les jumeaux. Sur scène, quand on était encore que trois, ça faisait l’ours et ses tours de part et d’autre. C’est aussi simple que ça !



Que raconte votre 2e album " Kyma" ?
Kyma s’est écrit tout naturellement lors de la composition de l’album. Le terme Kyma vient du grec et signifie “vague”. A l’image de cet opus, entre les mouvements lancinants de l’eau et la puissance des vagues.
Vous développez un seul et même récit décliné autour de quatre grands thèmes : l’errance, l’amour, la mort et la renaissance. Pourquoi faire ce choix et ne pas s'en écarter ?
C’était important pour nous de parler de sujets qui nous inspirent et qui nous parlent dans la vie de tous les jours. Nos espoirs, nos peurs, nos rêves. L’idée était de faire ressentir, à travers nos expériences et notre vision du monde, les différentes émotions auxquelles on peut être confrontés.

Pourquoi avoir décidé de prendre un tournant plus rock dans cet album ?
On a beaucoup d’influences différentes à nous 4, mais si il y a un univers dans lequel on se retrouve tous, c’est bien le rock. Si notre premier album « Never Alone », est plus accentué folk, « Kyma » l’est moins. Nous avons vraiment essayé de laisser une place beaucoup plus importante à nos influences, c’est donc tout naturellement qu’on y retrouve cette touche rock.
De qui vous êtes-vous entourés pour le faire ?
On s’est toujours entourés de personnes de confiance afin de pouvoir travailler dans les meilleures conditions. C’est pourquoi nous avons décidé d’enregistrer cet album avec Jean-Christophe Lefevre, dans les studios de notre label, Single Bel. On a également fait appel à Alexandre De Charrin pour les arrangements et Antoine Depoisier, pianiste, à qui l’on doit l’intro du titre Oak.

Vous avez fait des premières parties de grands artistes : Ben Harper, Selah Sue, Shaka Ponk, Asaf Avidan, Talisco. Est-ce qu'une rencontre durant ces premières parties a été marquante pour vous ?
Difficile de n’en citer qu’une, il y en a tellement ! Néanmoins, notre rencontre avec le groupe Diva Faune fut une des plus marquantes je pense. On a eu l’occasion de partager la scène à plusieurs reprises avec eux et c’est toujours le même plaisir à chaque fois.
Vous êtes plus addict à Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram ?
Si il fallait en choisir qu’un seul, Instagram serait le gagnant. A vrai dire, on n’est pas tellement addict, on se sert essentiellement des réseaux sociaux pour communiquer avec notre public, mais comme on est encore loin d’avoir autant d’abonnés que Kim Kardashian, on peut encore profiter de la vraie vie.
Vous écoutez quoi en ce moment ? `
En ce moment, on écoute essentiellement Foals, Tame Impala, Matt Corby, ou encore Kings of Leon et Mumford And Sons.
Avec qui rêveriez-vous de collaborer ?
Collaborer avec des artistes tels que Mumford and Sons, Matt Corby, ou encore Talisco serait vraiment fou pour nous.
Quels sont vos projets ?
On a pas mal d’idées en tête pour la suite. Actuellement on travaille sur un nouvel opus, un EP de quelques titres qui devrait voir le jour en fin d’année si tout se passe bien. Pour le reste, on préfère garder quelques surprises sous le coude et ne pas tout dévoiler, donc il 
faudra faire preuve d’imagination et de patience !

18.05.19 - Parc Floral (Paris)
17.05.19 - Les 24 heures de l'INSA 2019 (Lyon)
4.05.19 - Tremplin Guitare en Scène (Genève)
24.04.19 - Ibis Music Tour (Lyon)
 Bear's Towers en ligne :
Site Internet 

Bear's Towers


dimanche 31 mars 2019

L’écriture pop, les ambiances planantes et l’énergie rock de YULES


Après 20 ans de carrière, le duo YULES continue sa route en toute indépendance sur la scène musicale française. Et le 12 avril 2019, les deux frères dévoileront leur dernier album « A Thousand Voices », concocté pendant 1 an et demi. Cet opus a été l’occasion de refaire un saut dans le passé en ressortant une vieille guitare électrique, laissée de côté pendant des années et un vieux Juno 106. Au programme : une écriture pop comme on les aime et une énergie rock dont on ne peut que raffoler. A écouter de toute urgence.
YULES
Comment avez-vous fait vos premiers pas dans la musique ?
Avec Bertrand, nous avons à peu près commencé la guitare en même temps, j’avais 14 ans et il en avait 18. Je relie vraiment l’apprentissage de la musique à une forme de quête de sens, je cherchais à m’extraire de l’ennui dans lequel j’évoluais, dans cette petite ville de province dans laquelle je vivais. J’ai pensé que la musique serait la clé, j’ai eu de la chance d’avoir un cousin musicien amateur qui m’a initié et encouragé, mon père m’a montré quelques accords de guitare et c’était parti !
D'où vient le nom YULES ?
Cela vient du prénom d’un des enfants de Bertrand qui est né au moment où nous avons créé Yules. Son prénom trottait dans nos têtes, nous l’avons légèrement déformé pour lui donner une forme ni anglo-saxonne, ni française… nous voulions deux syllabes et puis ça se dit : « Youless ». Probablement un reste des cours de latin…

YULES
Lorsqu'on écoute votre musique on pourrait penser que vous êtes un groupe anglo-saxon. Comment votre style musical s'est construit ?
Justement il s’est construit en écoutant principalement des groupes anglo-saxons. Nous sortions d’une expérience de groupe de 6 ans et nous chantions exclusivement en français. Alors, tout naturellement, nous avons d’abord essayé d’écrire les premières chansons de Yules en français, c’est Bertrand qui s’y collait mais sincèrement, le son et l’intention n’étaient pas du tout au rendez-vous. Ça changeait trop l’esthétique musicale, et puis ma voix est très différente lorsque je chante en français.
Rapidement, je me suis mis à écrire en anglais les premiers textes et notre son commençait à se profiler. On nous a beaucoup posé la question du pourquoi nous chantions en anglais mais c’est simplement une histoire d’esthétique. Nous aimons beaucoup la langue française mais n’avons pas du tout réussi à la faire sonner avec notre musique.
Pour ce qui est du style musical, les débuts étaient plutôt planant, trip-hop atmosphérique mais toujours avec un côté pop qui ne nous a jamais lâché. Nous sommes des enfants des années 80 et avons reçu la pop music en pleine face. Par la suite, notre son est devenu plus acoustique et le nouvel album est une synthèse avec un retour à l’électrique mais sans oublier les chansons.
En 2014, vous avez sorti l'album "I'm your man...Naked" en hommage à Leonard Cohen. L'artiste était un mentor pour vous ?
Oui sincèrement, d’ailleurs en parlant de chansons, Leonard Cohen est un maître, il a élevé le « songwriting » au plus haut point. Son oeuvre nous touche énormément. Il a d’ailleurs été aussi un guide par son témoignage de vie, pas seulement à travers sa musique mais aussi dans sa vie d’homme, cherchant un équilibre entre le terrestre et le spirituel. Le voir sur scène a été une consécration, lui rendre hommage sur scène en recréant un de ces albums est un immense bonheur. Nous enfilons ses chansons comme on enfile une veste de costume le temps d’une soirée… Cela m’a remis dans l’écriture aussi, moins complexé bizarrement… 

 

Que raconte votre dernier album "A Thousand Voices" ? De qui vous êtes-vous entourés pour le faire ?
C’est un album de réconciliation avec le passé qui me semble être le meilleur moyen d’épanouissement personnel.
C’est aussi un disque de réappropriation de soi, de sa vie, de notre son. J’ai ressorti ma guitare électrique que je n’avais plus touchée depuis des années, ainsi que mon vieux Juno 106 que j’ai depuis mes 13 ans, et ce fût le point de départ sonique.  La première chanson réécrite fût « A Thousand Voices », elle a donné une direction forte au disque ainsi que son nom à l’album. Elle était une bonne synthèse, on y retrouve l’écriture pop, les ambiances planantes et l’énergie rock contenue.
Je suis très fier de ce disque qui découle d’un long processus de retour au plaisir de jouer de la musique, de manière simple, comme au début, sans enjeu, sans maison de disque, juste un besoin qui nous dépasse un peu.
On a d’abord joué les chansons sur scène en trio avant de les enregistrer, je ne voulais pas aller en studio sans m’être assuré que les chansons puissent toucher le public.
Nous avons enregistré au Wild Horse Studio à Besançon et l’entourage est réduit à un batteur (Antoine Passard sur le disque/ Bertrand Perrin sur scène) et il y a aussi un featuring de la chanteuse Lonny Montem et le label Marjan Records.

Pourquoi avoir décidé de faire un disque en 2 volets (hiver/été) ?
Disons qu’au tout début, on s’est demandé si on allait pas sortir un premier EP qui était les 5 titres de la « Winter Side »… Puis j’ai écrit de nouvelles chansons, peaufiné certains titres jamais sortis et une nouvelle face s’est imposée à nous. Alors on s’est dit qu’il fallait l’enregistrer en été pour voir si l’on pouvait sentir une influence des saisons dans l’enregistrement. On a finalement pas vraiment surfé sur cette idée mais j’aime bien l’idée d’en parler pour que les gens se demandent à l’écoute de l’album « quand a été enregistré telle ou telle chanson ? ».
J’ai aussi par la suite beaucoup réécouté la re-création des Quatre Saisons de Vivaldi par Max Richter, que je trouve splendide.
Quels vos projets ?
Tourner, tourner, tourner… Nous sommes avant toute chose un groupe de scène, c’est là que nous avons appris notre métier; et ce bien avant de faire des albums. Le « power trio » que nous formons avec Bertrand Perrin à la batterie est ultra jouissif. C’est un batteur que nous avions croisé avec Diving With Andy puis chemin faisant, il nous avait accompagné sur la tournée de Strike a Balance en 2011-2012. On le retrouve en très grande forme et les tous premiers concerts furent prometteurs… Nous venons de jouer « I’m your Man…Naked » en version symphonique et avons également l’intention de le rejouer prochainement tant l’expérience fût énorme.
Et puis nous avons enregistré une reprise de Kate Bush qui sortira prochainement sur le volume 2 de « I Wanna Be Kate » une compilation de reprises de Kate Bush par des groupes de la scène de Chicago, c’est produit par Thomas Dunning et nous sommes le seul groupe français à figurer sur cette compilation qui sortira en Amérique du Nord. 
Selfie - YULES
Ca fera bientôt 20 ans que vous avez sorti votre 1er EP auto produit (2003). Quel est votre regard sur votre carrière ?
Que c’est un métier difficile, comme tous les métiers d’ailleurs et que je rêve de sensibiliser les gens à notre réalité. Bien souvent, on pense que les choses vont vite, que les albums sortent facilement, sans douleur mais c’est une image d’Epinal. Il n’y a pas d’acquis, lorsqu’on est indépendant, tout est à construire en permanence, on se fait oublier très vite si l’on n’est pas toujours en train de publier sur les réseaux sociaux.
J’essaie de m’extraire de tout cela au maximum pour me concentrer sur l’essentiel qui est la musique mais malheureusement, je ne peux pas totalement faire l’autruche. C’est un secteur qui est en perpétuel changement, il faut donc s’adapter, sinon il faut aller « jouer de la guitare tout seul sous les tilleuls ».

Selfies - YULES et Bertrand Perrin qui accompagne le groupe sur scène
Vous êtes plus addict à Facebook, Twitter, Instagram ou Snapchat ?
Plutôt Instagram mais je suis beaucoup sur Facebook aussi pour l’aspect professionnel. Twitter, je n’ai jamais pu m’y faire, je n’ai pas l’esprit de synthèse ;-) Et Snapchat, si je n’avais pas 20 ans de carrière, ça m’intéresserait peut-être.
Vous écoutez quoi en ce moment ?
J’ai souvent un train de retard avec les nouveautés, j’aime bien découvrir les albums lorsqu’ils viennent naturellement à moi alors en ce moment de manière totalement aléatoire, j’écoute « Sincerely, Future Pollution » de Timber Timbre, « First Mind » de Nick Mulvey, « Lier » de Barbarossa, « Cusp » de Alela Diane, « Singles » de Future Islands, « You Want it Darker » de Leonard Cohen, « High Violet » de The National, « Beyond the Missouri Sky » de Pat Metheny & Charlie Haden, « Vanishing Act » de Early Winterr, « 22, a Million » de Bon Iver…

dimanche 24 février 2019

Quand la grâce de Portier Dean nous enchante...


Avec « Ancien Majesty », le dernier album du groupe Portier Dean, le duo nous prouve que les Français peuvent aussi brillamment maîtriser les codes de la musique pop anglophone. Biberonnés au rock, Gwendal et Gildas ont choisi comme « musique maternelle », à défaut de langue maternelle, la musique anglo-saxonne et grand bien leur en a pris. Dans cet album, en quelques accords les trentenaires nous font voyager avec des titres forts comme Pythia où les artistes nous font passer d’un registre orchestral à une pop douce sur laquelle on a envie de se laisser emporter. Les médias comparent parfois Portier Dean à The National ou Arcade Fire. On leur souhaite autant de succès.


Comment avez-vous fait vos premiers pas dans la musique ?
Nous ne sommes pas du tout issus de familles de musiciens. Nous avons eu l'idée de faire de la musique parce que nous avions des amis au collège qui jouaient de la batterie et de la guitare. On a vite accroché. On trouvait ça réjouissant de pouvoir reproduire nous même la musique qu'on aimait. Et puis après, on s'est amusé à composer des morceaux.
D'où vient le nom "Portier Dean" ?
Portier et Dean ce sont deux noms de familles rencontrés par hasard sur un interphone. Nous les avons adoptés. Ils sont très différents, c'est ce qui nous a tapé dans l’œil : « Portier » évoque quelque chose de physique, d'ordinaire tandis que « Dean » est cinématographique, littéraire et légendaire.
Lorsqu'on écoute votre musique on pourrait penser que vous êtes un groupe anglais ou américain. Comment votre style musical s'est construit ?
Très clairement nos influences sont majoritairement anglophones. On baigne dedans depuis qu'on est petits, surtout du rock au départ. De la même façon que notre langue maternelle est le Français, notre "musique maternelle" est la musique anglo-saxonne. Nous ne cherchons pas à faire "américain" mais par la force de ce "maternage sonore" notre vocabulaire et notre accent musical peuvent sonner américains.
Mais nous écoutons vraiment de tout sinon, du rock bien sûr mais aussi de la pop, de l'électro, du hip-hop... et pas exclusivement en Anglais. Plus le temps passe et plus nous intégrons ces influences variées dans notre musique. C'est le cas dans notre album Ancient Majesty.
Que raconte votre 1er album Ancient Majesty ?
Ancient Majesty rassemble des titres qui évoquent des valeurs qui nous sont chères : l'amour, l'espérance, la nature, le partage...
De qui vous êtes-vous entourés pour le créer ?
Il y a eu deux phases, nous avons composé surtout à deux, dans un premier temps, en nous laissant guider par le jeu, l'expérimentation.  Dans un second temps, pour les arrangements et la réalisation, nous avons été épaulés et guidés par Adrien Leprêtre de Samba de la Muerte et Concrete Knives. Il a été très précieux en nous aidant à aller au bout de nos idées et à rendre notre son plus abouti.


Que raconte le titre Pythia ? En quelques minutes vous changez de registre dans ce titre, comment ce morceau a été construit ?
Pythia parle de la prêtresse d’Apollon dans le temple de Delphes. Les puissants de la Grèce antique venaient la consulter pour connaître leur avenir. Droguée, plongée dans une forme de transe, elle se mettait à parler dans son délire et livrait des phrases incompréhensibles. Mal interprétés, ces augures incitaient des malheureux à des actes qui les menaient à leur perte.
Ce morceau est parti d'une improvisation avec une ligne de basse et un rythme brut, répétitif. Nous avons voulu tirer ce fil tout au long du morceau avec les mêmes accords en introduisant des variations, une montée. Un peu comme une transe qui atteint son apogée.
Quels sont vos projets ?
Dans l'immédiat, nous voulons faire vivre notre album qui vient de sortir. Nous avons pas mal de concerts qui s'organisent jusqu'à l'été, qui vont nous faire voyager en France et même en Allemagne. Et puis nous avons déjà des envies et des idées pour composer de nouveaux morceaux.
Vous êtes plus addicts à Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram ?
Surtout Facebook et Instagram. Mais on n'est pas vraiment "addicts", pas encore en tout cas on espère :-)
Vous écoutez quoi en ce moment ?
Gwendal : Je fais tourner pas mal un album de 2015 "Kinshasa" de Mbongwana Star. Une musique vraiment puissamment charnelle.
Gildas : Je suis constamment en train de fouiller sur Spotify, de surveiller les nouveautés sur Pitchfork et NPR par exemple, je vais souvent aller chercher des disques plus anciens aussi. En ce moment j'écoute beaucoup de death metal, Thy Art is Murder, par exemple, mais j'écoute pas mal aussi Lord Esperanza et Odezenne, qui sont beaucoup plus hip-hop... Je n'ai pas vraiment de barrières en termes d'écoute.


Selfie - Gwendal

Selfie - Gildas

Portier Dean en ligne

mercredi 23 janvier 2019

(This is) Redeye : « J’ai voulu capter le son du voyage, aussi bien physique qu’intérieur »



J-2 avant le grand retour de (This is) Redeye avec la sortie du nouvel opus « Desert Eyes », le 25.01.19. Dans cet album, l’artiste français Guillaume Fresneau revient sur ses 4 ans d’expatriation au Texas, ses voyages et rencontres effectués aux Etats-Unis. Le chanteur dévoile des chansons folks au rythme entrainant et toujours aussi finement travaillées, idéales en bande son d’un bon road-trip.

 
 
Pourquoi avoir décidé de repartir t'installer au Texas, la terre de ton enfance ?
Je suis reparti vivre 4 ans au Texas car j’avais besoin de retrouver une forme d’inspiration, me rapprocher de la musique que j’aime et que j’avais envie de faire, dans un environnement qui me convient et me motive : musiciens, producteurs, studios, clubs, radios etc. J’ai donc fait énormément de musique sur place !

Que raconte « Desert Eyes » qui va sortir le 25.01 ? De qui t'es-tu entouré pour le réaliser ?
« Desert Eyes » raconte ma trajectoire et mes voyages aux Etats-Unis, notamment à travers le désert de l’Ouest Texan, et comment ça m’a nourri personnellement, musicalement, spirituellement… J’ai rencontré un réalisateur et musicien incroyable, Dan Duszynski, qui a travaillé avec Loma, Molly Burch, Cross Records, Shearwater entre autres et qui a très bien compris et accompagné ce que je voulais faire, capter le son du voyage, aussi bien physique qu’intérieur. Son studio est installé en pleine campagne à quelques kilomètres d’Austin.



Et que raconte le premier single « A Name To A Face » ?
« A Name to a Face » raconte une errance sans but, d’être à la recherche de quelque chose sans trop savoir quoi… et espérer, un jour, mettre le doigt sur ce quelque chose, comme enfin retrouver le nom associé a un visage !

La présentation de l'album évoque un changement de son, qu'est-ce que cela veut dire ? Prends-tu un tournant musical ?
Oui, un changement de son dans la façon dont il a été enregistré, avec des magnétos à bande, ou dans de simples chambres, pas forcément dans le studio. Et puis la grosse influence de la scène musicale d’Austin : des echos, des delays, des reverbs, un peu de psyché, un peu de country, etc.

Et le projet est rebaptisé en (Thisis) Redeye au lieu de RedEye, pourquoi ce changement ?
Pour marquer ce changement de son justement. Les disques précédents étaient très travaillés, orchestrés, arrangés, celui-ci est clairement plus brut, comme un re-centrage : this is…


Pour ton album « Be the one », tu avais photographié la pochette de l'album. Es-tu à l'origine de certaine(s) création(s) graphique(s) de ce nouvel opus ?
La photo est de Caroline Ruffault, qui a trempé ses photos dans des bains qui modifient et donnent un côté magique/surréaliste au paysage…mais oui, les dessins sur la photos sont de moi…je voulais des dessins ou écritures qui puissent rappeler les signes rupestres.

Ton groupe Dahlia est-il toujours en pause ?
Oui toujours en pause !

Tu es plus accro à Facebook, Twitter, Instagram ou Snapchat ?
Instagram je pense, pour le côté visuel, je suis beaucoup de dessinateurs, graphistes etc

Que trouve t'on dans ta playlist de cet hiver ?
Coup de Coeur pour Rainbow Kitten Surprise ! Et les nouveaux disques de Molly Burch et RF Shannon.

(This is) Redeye en ligne


dimanche 30 décembre 2018

San Carol : « Enregistrer « Houdini » c’était illustrer une bagarre de loubards sur un nuage, un jour de messe »


Avec son 3e album « Houdini », le groupe San Carol revient sur le devant de la scène avec une écriture plus personnelle voire même politique, où la mélancolie et la joie se côtoient. Maxime Dobosz, leader du groupe, qui a quitté son travail plus « traditionnel » pour vivre de sa passion, évoque également dans cet album cette affection pour la musique qui de manière ambivalente peut aussi être très destructrice… 

Maxime, comment as-tu fait tes 1er pas dans la musique ?
Je suis venu à la musique un peu par hasard, suite à un pari d'été avec des amis d'enfance. A l'adolescence on s'était dit que chacun d'entre nous commencerait à jouer d'un instrument à la rentrée. Moi j'avais choisi la guitare, mes parents m'ont donc offert ma première guitare électrique. Quelques mois après la rentrée, je m'exerçais à reprendre comme tout le monde « Come As You Are », en jouant cette chanson au pouce, pratique.
J'ai eu comme un coup de foudre avec l'instrument. J'ai revendu ma console de jeux et j’ai commencé mes premières démos sur « Audacity » avec un micro que j'avais récupéré je ne sais où. J'ai pris une année de cours mais ça ne me parlait pas trop, mon truc c'était d'écrire des chansons, bidouiller des sons, faire des trucs d'une manière ou d'une autre. A 27 ans, j'oublie encore régulièrement ce qu'est un chevalet ou une frète sur une guitare, c'est dire si je m'intéresse à la technique, qu'elle soit matérielle ou musicale.
J'ai eu un autre coup de foudre un peu au même moment en entrant dans la chorale de mon collège avec un professeur qui était exceptionnel au point d'avoir défini quels sont mes groupes préférés, encore maintenant. C'était une chorale dans laquelle nous chantions beaucoup de classiques rock et de chansons populaires qui nous plaisaient étant jeunes. C'était parfait pour développer une passion viscérale.
Mes parents, mon frère et ma sœur n'étaient pas spécialement musiciens même si un peu tout le monde a joué d'un instrument un jour ou l'autre. Par contre, de la musique était jouée constamment à la maison. J'ai des souvenirs de mon père me faisant écouter très fort « Space Oddity » de Bowie ou « Child In Time » de Deep Purple sur la route entre Fontevraud l'Abbaye et La Ferté Bernard que nous faisions alors tous les weekends, aller et retour. On avait tous les weekends une heure et demie à écouter un nombre incalculables d'albums et de playlists faits par mon père et parfois par ma sœur. Pour dire, encore aujourd'hui une des meilleures manières que j'ai d'apprécier un disque est en voiture, j'estime que c'est la parfaite méthode pour évaluer aussi bien le son que la qualité des chansons, c'est facile de s'emmerder en voiture même avec de la musique.
Je n'ai pas été vraiment été poussé à la musique mais avec le recul je pense que j'ai eu un éveil musical assez rêvé, tout sauf rébarbatif ou écœurant. Je suis très reconnaissant à ma famille et à quelques mentors pour cela. 

Maxime Doboscz © Fred Lombard

Comment as-tu pris la décision de lâcher ton travail dans l'administration pour te consacrer à la musique ?
Je suis toujours étonné que cette histoire revienne aussi souvent, on l'a écrit dans le dossier de presse en réaction je pense, à l'album d'avant où je revendiquais à l'époque l'attachement que j'avais à mon ancien travail, que j'ai finalement d'ailleurs encore. Bon, j'imagine que je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. La décision n'a pas été simple car j'avais une situation financièrement très arrangeante et pleine de sécurité qui plus est, dans un cadre que j'estime. Je travaillais à la Sécurité Sociale, l'Assurance Maladie plus précisément, qui sont pour moi des ciments de notre société, qui sont malheureusement émiettés et souvent insultés par manque de savoir.
J'ai quitté mon travail car mon poste là-bas était profondément ennuyeux et que j'y étais de plus en plus triste car une aussi grande administration, pour un jeune gars avec des espoirs artistiques, ce n'est pas compatible avec mes souhaits. Au bout d'un moment, quand on se rend compte que l'on n'est que l'ombre de soi-même, c'est qu'il faut passer à autre chose et prendre un peu de risques. Ma dulcinée m'a énormément aidé à cela, à réaliser que je n'étais pas heureux et elle m'a offert l'opportunité de faire autre chose de manière plus concrète. Elle travaillait à Nantes et ça m'a un peu décidé à avoir des envies d'ailleurs, casser ma vie métronomique.

Que raconte l'album "Houdini" (Freemount Records) et que signifie "Houdini" ?
Je ne sais pas pourquoi l'album s'appelle « Houdini », j'imagine qu'il y a forcément un sous-texte dicté par mon subconscient. A l'époque, j'ai fini par retomber sur ce nom car c'était le nom que j’avais donné à un vieux projet musical quand j'habitais encore au Mans « Little Houdini ». Je n'avais pas vraiment sorti de musiques, c'était très amateur car à l'époque j'étais dans la découverte la plus totale, mais finalement des années plus tard en réécoutant des chansons de ce temps là, quelques unes ont vraiment retenu mon attention au point de les retravailler et de les intégrer à cet album. « Lone Star » et « Doesn't Matter » qui ferment le disque en l'occurrence.
Maxime Doboscz © Fred Lombard
En quoi la tournée au Texas a influencé le groupe dans la création de cet album ?
Je ne crois pas que les quelques dates au Texas aient influencé quoi que ce soit de manière artistique. Ce qui est certains c'est nous sommes entrés en studio à peine une semaine après notre retour et que nous étions encore dans l'excitation provoquée par cette ville géniale qu'est Austin. Jouer aux Etats-Unis pour des petits Français, c'est forcément un énorme challenge même si nous n'avons pas joué dans des grandes salles devant des foules là-bas, les Américains ont la musique dans le sang et sont généralement à mes yeux des musiciens très bons, il y a comme un complexe d'infériorité. Résultat, nous sentir capable de jouer devant ce public et de les faire aimer notre musique, cela nous a mis dans des conditions optimales pour enregistrer un disque, il y avait l'alchimie du groupe qui joue ensemble, l'envie d'expérimenter et de prendre un plaisir fou.
Etait-ce voulu de prendre une autre direction musicale que les deux précédents albums ?
Je ne pense pas qu'elle ait fondamentalement changé entre « Humain Trop Humain » et « Houdini ». Pour moi les deux albums se ressemblent beaucoup si ce n'est que le premier est plus frontal que le deuxième. Ce qui fait ce ressenti provient à mon sens de la production, du son du disque. En tout cas, quel que soit le disque de San Carol, même en comprenant le premier album « La Main Invisible », je ne me suis jamais trop posé la question de quelle direction prendre, ça dépendant avant tout des moyens à disposition et de l'inspiration. J'aime beaucoup les sons vaporeux et les rythmiques qui claquent, le reste on verra.
De qui t’es-tu entouré pour réaliser "Houdini" ? 
Raphaël d'Hervez (Pégase, Minitel Rose) a réalisé l'album. Il est un peu le 5ème membre du groupe sur cet album. Il a énormément apporté à la patine sonore de ces chansons. On s'est bien trouvé car nous avons énormément de références communes et de terrains d'entente, notamment sur la musique ambiante et les batteries de vandales. En fait, enregistrer « Houdini » avec Raphaël était en gros illustrer une bagarre de loubards sur un nuage, un jour de messe. J'ai du mal à m'imaginer enregistrer de la musique avec quelqu'un d'autre à l'heure actuelle.

Le 1er single « Cancer » est assez mélancolique, non ? Que raconte cette chanson ?
« Cancer » parle des doutes que j'ai quant à la musique et le fait de vouloir développer un projet musical, si ça foire, que faire après ? Une passion est quelque chose de très destructeur dans le sens où il est impossible de s'en passer malgré l'environnement et tout un tas de signaux négatifs emmêlés à des flashs aveuglants assez rares.
Le pire, c'est que cette chanson n'a pas répondu à ma question du tout. Je n'ai juste qu'une profonde conviction, souhaiter être musicien ne sert pas à grand chose, c'est un plaisir profondément égoïste qui peut violemment aider quelques rares personnes. D'autant que désormais, il y a tellement de propositions musicales cachées dans chaque recoin du monde et de l'espace temps qu'à quoi bon, tout ceci est vain et qu'un apport de pollution sonore et visuel supplémentaires. Pourtant, je ne peux pas m'empêcher de vouloir exister dans ce merdier. Jusqu'à nouvel ordre.
Tu es plus addict à Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram ?
Je suis uniquement accro au sucre.


dimanche 25 novembre 2018

Ulrich Forman dévoile une nouvelle pépite où pop et folk cohabitent !


Alors que le 3e single du dernier album « Chapter III – A Perfect Storm » d’Ulrich Forman sort aujourd’hui, l’artiste aux influences anglo-saxonnes nous montrent encore une fois qu’il est capable de nous surprendre. En effet, le chanteur qui avait pris l’habitude de « tout faire seul », a su s’entourer de talents pour ce nouvel opus aux chansons pop intemporelles, où larmes et joie coexistent dans un même tableau.

Selfie Ulrich Forman
En 2014, vous m'expliquiez que Philippe Zdar affirme que « 90% d’un morceau se crée en quelques heures mais que les 10% restants peuvent nécessiter plusieurs mois de réflexion ». Mais vous ajoutiez qu'il faut savoir s’asseoir sur les 10% restants car on perd en fraicheur ». Pour ce nouvel album vous vous êtes assis sur les 10% restants ?
Haha je suis toujours aussi d'accord avec lui sur ce point et je le constate même au quotidien. Pour répondre à la question, je ne me suis pas assis sur les 10% restant et pour être tout à fait honnête j'estime même avoir pris plus de temps qu'il n'en fallait pour finaliser cet album. Autrement dit, j'ai eu du mal à m'assoir sur ces 10%.
J'ai dû enregistrer, produire et mixer une petite trentaine de titres, pour un album qui au final n'en compte que dix. De plus, pour chaque titre, j'ai enregistré différentes versions d'arrangements et le choix final ne s'est finalement fait que très peu de temps avant d'envoyer l'album en fabrication... la veille je dirais.
Il est donc sans doute fort probable que dans les mois à venir je sorte une partie de se travaille d'une façon ou d'une autre. 

Que raconte cet album ?
Je crois que le titre de l'album synthétise bien son propos. ''Chapter III - A Perfect Storm'', un nouveau chapitre, une parfaite tempête. Un paradoxe qui sied bien aux chansons de cet album. Des mélodies plutôt positives portant souvent des propos plus introspectifs et parfois même douloureux. Cet album a été écrit lors d'une période charnière de ma vie d'homme et d'artiste. L'album parle d'amour, de rencontre, de ruptures, de chamboulements de vie dans tout ses excès. Les larmes et la joie coexistant dans un même tableau.

Et de qui vous êtes-vous entouré pour le créer ?
Pour cet album, et contrairement à ce que j'avais fait jusqu'ici, je ne voulais pas tout faire seul. J'ai eu besoin de la présence, de l'écoute et du regard bienveillant de proches. De personnes qui connaissaient l'homme que je suis et pas seulement le musicien. Je co-signe donc certains titres avec Cédric O'Heix ou Loïc Desplanques.
Je suis par ailleurs parti quelques mois à New York pour travailler avec Fab Dupont (Paul McCartney / The Do ...) qui m'a de plus, permis de rencontrer une partie des musiciens de Paul McCartney et notamment son batteur Graham Hawthorne qui joue sur plusieurs titres de l'album.

En France, j'ai collaboré avec Florent Livet (Phoenix / Bloc Party) et Pavle Kovacevic (Sébastien Tellier) qui sont des amis proches et qui ont respectivement travaillé sur le mixage et les arrangements de certains titres de l'album. Le mastering a été confié à Antoine ''Chab'' Chabert (Feist / Daft Punk), un ami de longue date.

Cet album est le fruit d'un travaille en famille et ce n'est pas une formule toute faite ! Pour preuve, mes filles chantent sur certains titres !


D'où vous est venue l'envie de passer derrière la caméra pour le clip « Today » ?
Pour cet album, et compte tenu de son propos très personnel, j'avais envie exploiter moi même chaque media pour compléter les pièces du puzzle. C'est pour cette raison que je tenais à réaliser moi même les clips des ''singles'' de cet album dont trois sont déjà sortis. Par ailleurs, il est important de souligner que ces clips, je les ai co-réalisés avec Alexandre Tissot avec qui je crois nous nous complétons bien sur ce terrain là. 

Ce clip évoque-t-il votre envie de retourner en enfance ?
Sans rentrer dans une explication de texte, le clip de ''Today'' met en scène le parcours d'un homme qui au contact d'une personne qui a su garder son âme d'enfant, parvient lui même à retrouver la sienne.
Le clip ne montre que le reflet de leurs âmes et la route, que le chemin de vie. Tout est une question de rencontres.

Est-ce que vous continuez votre activité multiple : création de musiques de films, de publicité, votre propre label ?
Je continue bien sûr de composer et produire pour d'autres. Au printemps sortira notamment le film ANDY de Julien Weill avec Vincent Elbaz et Alice Taglioni dont la bande originale est signée Ulrich Forman.
Par ailleurs, au cours des prochains mois sortiront sur mon label AU REVOIR MA BELLE PRODUCTIONS les maxis des projets respectifs de deux des musiciens qui m'accompagnent sur scène, Gaëtan Allard (Solar Parachute) et Clément Febvre. 


Vous êtes plus addict à Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram ?
Je suis addict à plein de choses mais pas trop aux réseaux sociaux. Ceci dit, celui sur lequel je passe le plus de temps est sans aucun doute Instagram.  

Quelle est la chanson que vous écoutez en boucle en ce moment ?
Le titre que j'écoute en boucle en ce moment c'est ''Don't Miss It'' deJames Blake. Un pur bijou ! Dans le propos et dans la façon dont il est produit.

Vous rêveriez de collaborer avec qui ?
Je rêvais de collaborer avec Feist dont la musique me touche profondément et ce depuis des années. J'ai eu la chance de pouvoir échanger avec elle à ce sujet là. Ça a failli se faire puis ''plouf'', pour des questions d'agenda de sortie ça ne s'est pas fait. Peut-être une prochaine fois. Le rêve reste donc intact. 

Ulrich Forman en ligne