C’est la belle note de la rentrée Ben Mazué, Gaël Faye et Grand corps malade, réunis autour d’un album « Éphémère », à paraître le 16 septembre 2022. Quand les maîtres des mots s’unissent, cela ne peut présager que poésie et finesse.
…
Camille Green est une consultante en communication qui, en parallèle à ses études, a travaillé pendant 2 ans, en tant que correspondante, dans un journal quotidien régional. Désormais salariée dans une agence de communication parisienne, à 38 ans, elle s'intéresse toujours au journalisme et en particulier à la musique, tout en gardant un œil attentif sur la mode et le monde artistique ! camillegreeniswalkingwith@gmail.com
C’est la belle note de la rentrée Ben Mazué, Gaël Faye et Grand corps malade, réunis autour d’un album « Éphémère », à paraître le 16 septembre 2022. Quand les maîtres des mots s’unissent, cela ne peut présager que poésie et finesse.
Le 10 juin n'était pas une journée comme les autres pour l'autrice-compositrice-interprète, réalisatrice et productrice de radio française, Barbara Carlotti. En effet, elle s'est vu remettre la médaille de "chevalière" de l'ordre du mérite dans le domaine artistique à la villa Médicis. L'autrice a volontairement choisi de féminiser le titre ("chevalière") et d'insister sur l'apport des femmes dans le domaine artistique et culturel.
Cela a été l'occasion de retracer le parcours de l'artiste qui a plusieurs cordes à son arc : ses 7 albums musicaux (2005 à aujourd'hui), ses duos et collaborations, la bande dessinée musicale avec le dessinateur Christophe Blain, ses émissions de radio pour France Inter et ses ateliers de créations radiophoniques sur France Culture ainsi ses spectacles mêlant littérature et musique ("Nébuleuse, Dandy", "Rock and Roll Lies", "Le laboratoire Onirique", son premier film comédie musicale "Quatorze ans" tourné dans le village familial de Poggio Di Venaco tourné en 2019, son dernier son album "Corse île d'amour" en hommage à la chanson corse des années 1960 et 1970 sorti en 2020 et finissant par évoquer le prochain album à venir composé en grande partie lors d'une résidence à la Villa Médicis.
L'artiste a donné un concert sur la Terrasse du Bosco à la Villa Médicis, avec ses amis Bertrand Belin et David Numwami qui figureront sur son nouvel opus. Elle a interprété avec eux des duos surprises et reprises. Accompagnée de son groupe pop avec Pierre Leroux (guitare électrique), Benjamin Esdraffo (claviers), Mathias Fisch (batterie), elle a chanté des titres de ses 7 albums et 2 titres de son nouvel album, à paraître au printemps 2023, ont été dévoilés pour la première fois.
| Concert de Barbara Carlotti à la Villa Médicis Source : Instagram |
Cette année encore de grands noms vont se succéder face au public : Keren Anne, Jane Birkin, Jacques, Lonny, Isha, Thylacine, Pierre de Maere, Jazzy Bazz, Bob Sinclar & Pedro Winter, PR2B, Youv Dee, Sam Isha, Florent Marchet, Bachar Mar Kalife, Superpoze, Aloïse Sauvage, Terrenoire, The Doug, Arooj Aftab, Bertrand Belin.
Le festival sait faire durer le suspense car les noms de six autres artistes participant à l'événement seront dévoilés le 16 juin.
En 10 ans l'événement peut se targuer de rassembler 100 000 spectateurs chaque année et d'offrir gratuitement au public une programmation très riche.
Plus que quelques jours pour aller frissonner (de plaisir) en assistant au Cabaret des Monstres de l'artiste Demi Mondaine sur la scène des Trois Baudets (Paris), jusqu'au 30 avril 2022.
"Le Cabaret des Monstres est un petit cabaret gothique qui joue avec jubilation des ambiances macabres du fantastique. « La Blanche », dame fantôme en robe de mariée, au piano, au chant et dans une interprétation miel et fauve, influe la vie à quinze monstres : Ghoul, Glob, Sorcière, Monstre Plante, Monstre de Frankenstein… Demi Mondaine a composé une partition dessinant des portraits tendrement horrifiques, mélancoliques et hallucinatoires."
Une chose est sûre, on sort des codes traditionnels du cabaret car pour ce spectacle, Demi Mondaine fait appel à des artistes venus du monde de la danse ou du cirque qui donnent vie à de magnifiques créatures terrifiantes. Pendant 1h30, les spectateurs se laisseront envoûter par 6 "artistes-montres". A ne pas rater !
En attendant, l'album "Aqua" de Demi Mondaine, prévu en 2023, c'est aux Trois Baudets qu'il faut vite aller côtoyer les monstres.
Pour réserver (entre 20€ et 12€ en prévente) : https://lestroisbaudets.com/l-agenda/demi-mondaine
Pour relire l'interview de Demi Mondaine par Camille Green en 2018 : http://camillegreen.blogspot.com/2018/11/quand-jean-paul-gaultier-deniche-la.html
L'auteur compositeur interprète britannique, Tom Odell était à la gare de Bucarest (Roumanie) le 11 mars afin d'accueillir les réfugiés ukrainiens en chanson. L'artiste portant un t-shirt aux couleurs de l'Ukraine a essayé d'apaiser les esprits en chantant notamment son tube "Another love", cumulant près de 400 millions de vues YouTube.
Le chanteur de 31 ans indique sur son compte Instagram : https://www.instagram.com/p/CbAd5JdsvML/
"Hier, j'ai eu l'honneur de chanter "Another love" à la gare de Bucarest en compagnie de nombreux réfugiés ukrainiens. Des milliers d'ukrainiens fuyant la guerre transitent tous les jours par cette gare et beaucoup voyagent depuis 3 jours sans repos, déracinés de leur maison, de leurs biens, de leur travail et de leur famille. Leur monde a été bouleversé de façon inimaginable. Ce sont principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées mais ce qui est le plus remarquable chez eux c'est leur force d'esprit. Ils sont formidables."
Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe, 3 millions de personnes ont fui l'Ukraine à date (15.03.22).
Voici une raison de plus de s’impatienter avant l’arrivée du printemps : la sortie à cette période du nouvel album d’Ulrich Forman « CHAPITRE IV - Vulnerable ». En attendant, l’artiste a tout prévu pour nous faire patienter en douceur. Il a d’abord sorti en janvier un très beau titre « Breathin », aux accents pop dont il a le secret. Le chanteur nous parle de tomber amoureux sans y être préparé, le souffle tourne court ou s’accélère au premier baiser… Ceux qui s’impatientent déjà peuvent être rassurés, rendez-vous le 4 mars pour un nouveau clip !
On s'est laissé en
2018, avec "Chapter III - A perfect Storm", qu'as-tu fait depuis ?
Depuis 2018, je n'ai pas vraiment chômé ! J'ai composé et/ou produit les albums d'autres artistes comme ''Safe and Sound'' de Awa Ly ou encore ''No Curfew'' de Bergmann et même certains albums dont les sorties sont imminentes comme ceux de Omoh ou de Toukan Toukan. J'ai par ailleurs signé quelques bandes originales pour le cinéma dont celle du film ANDY de Julien Weill avec Alice Taglioni et Vincent Elbaz et dont est tiré un « maxi » que j'ai sorti en 2019 porté par le titre ''Before The Night''.
Ton confinement a-t'il été créatif ou a-t-il imposé une pause ?
J'ai été testé positif
au Covid la veille du premier confinement… à ce moment-là, on connaissait mal
ce virus et j'ai jugé préférable pour mes proches de m'isoler. Assez
rapidement, j'ai choisi de me confiner dans mon studio d'enregistrement et non
chez moi.
Ça a véritablement été à cette période que j'ai posé les premières bases de cet album qui allait devenir mon Chapter IV. Une pause imposée mais créative que je me remémore avec une certaine nostalgie.
Que raconte
"Chapter IV - Vulnerable" ? De qui t'es-tu entouré pour faire cet
album ?
Comme je l'évoquais,
j'ai entamé l'écriture de cet album pendant le premier confinement. Les thèmes
évoqués dans ces nouveaux morceaux, la rupture, les blessures, la
reconstruction, la résilience … j'avais même provisoirement trouvé le titre de
''Vulnérable'' pour cet album...
Puis, presque un an
après, j'ai eu un accident de moto assez sévère. Plus que jamais la notion de
''Vulnérabilité'' prenait une dimension encore plus large que celle à laquelle
je pensais initialement.
Immobilisé, je ne
pouvais plus jouer de piano ou de guitare qui sont les instruments principaux
avec lesquels j'avais jusqu'ici l'habitude de composer. J'ai donc dû revoir ma
façon de travailler et pour la première fois j'ai commencé l'écriture de
nouveaux titres par les paroles. Les mots avant les mélodies. Des mots, des
phrases, des expressions plein les carnets et plein le téléphone.
Puis, j'ai travaillé avec des samples, des textures, des boucles. Et enfin, j'ai cherché les mélodies qui seraient l'écrin de ces paroles introspectives tournées vers une forme de renouveau.
J'ai alors sollicité
un ami de longue date guitariste, Hugo Martin, avec qui nous avons ouvert de
nouvelles perspectives harmoniques pour ces titres.
J'ai coécrit le
dernier titre de cet album, ''Abide With Us'' avec un ami trompettiste avec qui
je jouais dans un groupe lorsque nous avions 15 ans, Yann Lupu.
Et pour la première
fois, j'ai invité deux artistes sur un titre, Bergmann et Days (RacecaR) sur le
titre ''I Wish I Loved You More''. Super expérience !
Enfin, mon acolyte
Florent Livet a mixé cet album masterisé par Antoine ''Chab'' Chabert ! La
Famille !
Quel sera le prochain
chapitre ?
C’est un peu tôt pour
le prédire surtout que je réserve encore quelques surprises autour de cet
album.
Que raconte « Breathin
» ainsi que son clip ?
Le titre ''Breathin'' évoque la peur que l'on peut avoir à aimer à nouveau après une rupture. Faire confiance et se faire confiance à nouveau.
A quel moment
sommes-nous prêts à aimer ? Le sommes-nous jamais vraiment ?
Alors, peu importe les cicatrices du passé avec lesquelles il faudra apprendre à vivre et peu importe l'issue, il faut se lancer, sans réserve, vivre l'instant sans compter les minutes, même si on a le souffle court. ''Rien ne sert de fuir''... C'est ça que raconte ce titre et ce clip.
Pourquoi avoir comparé
le fait de tomber amoureux avec la course effrénée que l'on voit dans le clip ?
Ce coureur illustre la
personne qui regarde sans cesse vers l'avant et jette de temps en temps de
furtifs coups d'œil en arrière, vers le passé, mais n'ose jamais s’arrêter pour
vivre l'instant présent. S’arrêter pour contempler, aimer, tout simplement
vivre.
Lorsque cette course
prendra fin, d'une manière ou d'une autre il sera trop tard, alors ''Osons !''.
Quels sont tes projets
?
Je travaille
actuellement à la finalisation des petites ''surprises'' que j'évoquais tout à
l'heure.
Par ailleurs, je
termine la bande originale de la première série Warner France, VISITORS écrite
et réalisée par Simon Astier et qui sortira en mai, presque en même temps que
mon album.
Tu es plus addict à
Facebook, TikTok ou Instagram ?
Clairement plus addict
à Instagram ! Même si j'y perds de précieuses heures de sommeil.
Quelle chanson écoutes-tu en boucle en ce moment ?
Depuis la nuit du
SuperBowl regardé avec des amis à la maison et ce show de mi temps incroyable,
je me réécoute en boucle le titre ''Love Yourself'' de Eminem... avec les
images c'est encore meilleur !
En 2022, tu aimerais… que cet album m'ouvre les portes de
certaines collaborations dont je rêve depuis des années. Leslie, si tu
m'entends...;)
Ulrich Forman en ligne
C’est depuis 2018 que nous n’avions pas croisé la route de l'auteur compositeur DEER, accompagné de son brillant trio, Yoann Godefroy (contrebasse/chant), Nagui Mehany (guitares/chant) et Axel Hache (batterie/chant). A l’époque, ils montaient sur la scène des Trois Baudets pour la sortie de leur EP « From the Shore ». Quatre ans se sont écoulés durant lesquels DEER a multiplié les projets (2 tournées nationales en 2019 et 2020, la composition musicale du spectacle "Seareines" mis en scène par Malou Vigier/compagnie Halem théâtre, etc.) et revient sur le devant de la scène avec une riche actualité (nouvel album, futur EP, etc.) sans oublier d’allier musique et éco-responsabilité grâce à des concerts qui « consomment moins ». Au fil des années, DEER trace sa route et se fait repérer, il fait ainsi partie des lauréats 2022 des Labos Artistiques de Montpellier. Rencontre avec un artiste, toujours aussi passionné.
| DEER ©sidiomaralami |
Tout d’abord le clip « From The shore » a reçu le prix SACEM X ULULE ce qui nous a permis de le produire plus facilement, il a donc bénéficié de plus de visibilité.
J’ai été Lauréat Du RIFFX en 2018
dans le 92 et j'ai fait plein de concerts qui ont porté la sortie de l’album ainsi
que des résidences avec mes musiciens. J'ai rencontré de super coachs qui nous ont permis d’améliorer le set. J’ai bénéficié d’une bonne revue de presse avec un article
Rolling Stone magazine, et surtout trois sélection FIP notamment dans
"l’émission sous les jupes de FIP."
Le live s’est enrichi au cours de nos deux tournées nationales de 2018 et 2019 que j’ai auto-produites : les fameux « DEER SUMMER TOUR ».
A partir de 2020 je me suis
concentré sur mon album avec :
- Matthieu Lefèvre, un super
réalisateur/ingé son/directeur duTIKI Studio, qui m’a aidé à produire
l’album dans son studio.
- Edouard Bonan qui nous a accueillis dans son studio Edroom pour enregistrer les batteries et les basses de l’album.
- Gunnar Ellwanger (Gunwood) à la
direction artistique avec moi, qui signe l’arrangement d’un de mes titres
- Et "last but not the least" Alex Finkin (réalisateur du projet Roseaux), mon mentor, réalisateur de mon premier EP avec qui j’ai re-enregistré les voix de 5 chansons et qui a re mixé certains titres et masterisé l’album.
J’ai gardé mon équipe de musiciens
avec Nagui Mehany, à la guitare, Axel Hache, à la batterie et Yoann Godefroy, à
la contrebasse.
Enfin j’ai créé mon association de concert éco-responsable GREEN DEER EVENT qui a pour vocation de produire des spectacles qui "consomment moins".
| DEER ©elledudvisuals |
Un moment de pause car je devais
commencer à produire mon album et aussi un moment créatif car j’ai composé plein de
nouvelles chansons pour l’occasion. Cette période à aussi été propice à une belle remise en question, avec un vrai challenge : faire du nouveau avec de l’ancien car beaucoup de mes
chansons de cœur n’avaient jamais eu la chance d’être enregistrées en studio.
J’ai pris énormément de plaisir à me poser et à retraverser des centaines de mémos sur mon téléphone pour trouver la/les chansons qui ferai(en)t de cet album, un album « conclusif » de cette première trilogie DEER. C’est un tournant dans le projet, je pense que je vais partir sur de nouveaux sentiers pour le prochain opus en 2024, avec des tonalités potentiellement plus électriques et alternatives.
Montpelliérain de naissance j’ai dit
très tôt (à 18 ans) à ma mère que je reviendrai pour faire quelque chose ici.
J’ai toujours eu envie de créer un pôle artistique indépendant à
Montpellier.
En rencontrant le LABO artistique sur les réseaux, je me suis dit que c’était cool de dire clairement que j’étais de retour dans ma région, et de la belle manière... j’ai postulé et j’ai était retenu. Ca nous apporte une visibilité sur la région et un vrai partenariat avec les maisons pour tous de Montpellier ainsi que l’accès à certaines salles de concert et de répétition (le Black Sheep, Théâtre Jean Vilar, Victoires 2). J’ai découvert ce réseau que je connaissais peu et je trouve ça super, ces lieux sont vraiment de beaux tremplins pour des artistes comme moi qui ont besoin de salles alternatives pour se produire et qui nous tendent la main, j’ai rencontré des directeurs de salle que m’a présenté Mounir Retabia le directeur du Labo sans qui je ne les aurais pas directement rencontré, je tiens dans ce sens à le remercier.
| DEER ©maelysnegrit |
L’album vient tout juste d’être
masterisé, la pochette est en cours de sélection. Plusieurs
collaborations artistiques ont été faites : Omar Sidi Alami, Elle Dud
visuals en photographie, Sascha Bokobza en peinture, Ferdi production
pour mes logos, et bien d’autres…
Un clip est en préparation avec les
talentueux Pauline Saint Esteben et Stan Cointe, un duo de réalisateurs que j’ai
découverts l’année dernière.
La création d’un live avec des
videos projections est prévu avec le super magicien visuel Romain Lalire, en
résidence.
J’ai produit avec NUMA production et
François Galarneau deux superbes live sessions enregistrées dans un studio
mythique à Paris.
Nous sommes en train de faire le
rétro planning de 2023 pour la sortie de l’album.
Et je suis déjà en train de préparer
un EP très spécial mais je ne peux pas en dire plus...
En 2018,
nous avions discuté de l'engagement écologique de DEER. En ce début d'année,
quel bilan fais-tu pour la planète ?
Le bilan est très mauvais lorsque
l’on voit les chiffres du WWF on ne va pas dans le bon sens.
Il faut agir localement ce que je
fais avec mon association même si ça prend du temps et que les moyens ne sont pas
toujours en place ou les mentalités pas prêtes au changement…
Faut y aller et ne pas rester les bras croisés. On peut revenir à des choses simples, sans se priver, je pense que ça nous rapprocherait sans retourner à l’âge de pierre évidemment mais en étant moins techno-dépendant et en revoyant les enjeux de la production artistique pour ce qui est de notre métier par exemple.
Tu es plus addict à Facebook, TikTok
ou Instagram ?
Instagram je fais de la photo alors forcément….
"Heart and Soul » de Roseaux lien Spotify : https://open.spotify.com/track/4CGtfGtkS2mCcedBqFq75i?si=25967d8fc34c45df
Pour regarder le magnifique clip : https://www.youtube.com/watch?v=N6_PAfftTkk
DEER en concert
Le 12 mai au Blackheep (Montpellier) avec les lauréats Quincy Gane et Late on Monday
DEER en ligne
Jamaican Soul, Rythm & Blues, Shaolin Soul, NuSoul et Hip-Hop… les influences du nouvel EP « Dont’ blame the hammer » de John Milk sont nombreuses pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Derrière les musiques de l’artiste dont les sonorités rappellent la pop anglaise, il est difficile de deviner que John est un producteur et compositeur français. Avec brio, il réussit à créer des musiques qui le distinguent, tout en ayant un son en perpétuelle évolution... Cet EP de 6 titres est à écouter de toute urgence.
| Selfie John Milk |
Comment as-tu fait tes premiers pas dans la musique ?
Tardivement, à l’âge de 17 ans. Mon petit frère avait acheté
une guitare pour apprendre la guitare classique et j’ai commencé par reprendre
des morceaux simples grâce aux tablatures, à chanter des morceaux de Ben Harper
dont le « Live from Mars » m’avait beaucoup parlé à l’époque. Une
démarche d’autodidacte. Il n’y a pas de musiciens dans notre famille. Je n’ai
donc pas de formation académique.
Cela a toujours été une évidence pour toi de chanter en
anglais ?
Oui le chant en anglais ouvre des portes à un auditoire plus large. La puissance de cette langue dans sa concision également est un vrai bonheur lorsqu’il s’agit d’exprimer des sentiments en peu de mots. Mon éducation et la musique qu’on écoutait à la maison ont également joué un rôle clé dans cette orientation. Mon père écoutait beaucoup de musique nord-américaine et anglaise, du blues, du rock et de la folk principalement. Très peu de disques de musique française tournaient à la maison.
Que raconte ton EP "Don't Blame The Hammer"?
Je suis heureux qu’on me pose cette question :) Il raconte l’ère du digital. Ce n’est peut-être pas évident à première vue, mais « Don’t blame the Hammer » et « Offline Love » sont inspirés du monde connecté dans lequel nous vivons. A force d’entendre que les effets néfastes d’Internet sur nos vies sont la faute des réseaux sociaux, je me suis dis : ok, mais en fait ces réseaux ce sont des outils. C’est ce que nous en faisons qui les rend bons ou mauvais. Alors ne blâme pas l’outil mais réfléchi à ce que tu fais avec. Car ces réseaux ou le progrès technologique en général ont des tas de côtés très positifs. C’est donc à mon humble échelle une chanson de prise de conscience. « Offline Love » a un message plus direct : arrête de mater ton téléphone quand tu es entouré des gens que tu aimes (et des autres aussi). L’amour se trouve en mode avion chez moi.
Avec qui as-tu collaboré pour le faire ?
Les titres originaux ont été fait par mes soins 100%
dans mon studio. Les remixes sont réalisés par deux producteurs avec qui j’ai
déjà eu la chance de collaborer. Blanka qui gravite dans le milieu du hip-hop
et masterise souvent mes morceaux. Il a une très belle oreille et une super
sensibilité aux musiques noires qui m’inspirent. Bruno Patchworks pour le
second remix pour qui je chante parfois. Qui a été mon professeur en quelques
sortes pendant mes premières années en tant que producteur et qui a également rejoint
mon groupe pour la tournée de 2015 sur l’album « Treat Me Right ».
Des gens bien en somme.
Après un 1er album de Soul classique puis un album de
R&B "Paris Show Some Love", quelles sont les influences de
cet EP ?
J’aime à penser que ce nouvel EP est une synthèse des deux premiers albums. Mes influences pour cet EP : Al Green, Durand Jones, Van Morrison, Neil Young, Shuggie Otis, Childish Gambino.
Tu expliques faire de la contrainte technologique et de
moyens limités une force, un vecteur de créativité et d’identité. Est-ce
qu'avec plus de moyens ta musique serait différente ?
Avec plus de moyens ma musique serait certainement
différente et surement moins personnelle. Je pense que les gens cherchent de la
musique qui leur parle. Et pour que ça nous parle, on a besoin de ressentir
l’humanité derrière la production. Selon moi cette humanité réside dans un son
parfois imparfait, parfois hors des codes dont se dégage de l’authentique.
C’est comme pour tout : une équipe de foot avec que des stars, une femme toute
refaite, une déco d’appart comme dans un magazine déco. Sur le papier c’est
censé être le top mais en vrai ça ne marche pas forcément. Ce n’est donc pas
mon rêve de bosser un album dans un grand studio connu. Je me sentirais
dépossédé de ce qui fait mon son.
Que raconte la vidéo "Don't blame the hammer"?
Pourquoi avoir décidé de la réaliser ?
Elle raconte au premier degré l’histoire du marteau qui est
mal utilisé. Elle raconte la schizophrénie. Un personnage renverse un mec, des
ponts et chaussés, décide de l’achever plutôt que de l’aider. Dans sa fuite il
est poursuivi par la police mais également par son ombre. Cette ombre prenant
finalement la place de notre homme qui se retrouve alors bloqué dans une boucle
sans fin. J’ai décidé de participer à la réalisation du clip car la vidéo est
mon métier en parallèle de la musique.
Tes confinements ont-ils été créatifs ou cela a été un
moment de pause pour toi ?
Oui super créatifs. Il faut savoir qu’un producteur
n’est pas étranger au concept de tanière et d'hibernation. Prendre du temps
hors du temps c’est un must pour composer et produire même si ça ne rapporte
pas d’argent pour vivre.
Tu es plus addict à Instagram, TikTok ou Facebook ?
Instagram. Je me dis souvent que c’est débile de l’ouvrir juste par réflexe. Encore une fois tout est une question de dosage.
Quel titre écoutes-tu en boucle en ce moment ?
Bénédicte Schmitt c’est une artiste touche à tout, un électron libre de l’industrie musicale, fasciné par le son. Elle produit, enregistre, mixe et réalise des podcasts « En sac à dos » avec une touche bien à elle. Ces podcasts constituent un vrai voyage avec les personnes qu’elle rencontre, une immersion au cœur de la musique, dans les coulisses des concerts, au plus près des palpitations du cœur des artistes.
3…2…1… Mettez
vos écouteurs, ces cartes postales sonores vous
emportent dans un vrai voyage immersif : https://soundcloud.com/studio-sac-a-dos
Quel est ton
parcours, comment es-tu devenue ingénieure du son, réalisatrice artistique ?
Je suis devenue
Ingénieure du son et réalisatrice artistique en fabriquant une guitare en
carton. Mais c’était l’électricité qui m’intéressait.
Comment marche
le son ? Je le découvre en s’amusant à enregistrer sur une K7, puis je découpe
des bouts de bande. Le son devient alors l’outil pour exprimer mon imaginaire,
j’ai 12 ans.
Côté scolaire c’est totalement atypique, un bac A1, un passage éclair en histoire de l’art, une mise à niveau BEP d’électrotechnique et un BTS de Régie Son. Et arrivent mes premières expériences professionnelles théâtres, salles de concert, festivals, même le Parc Astérix avec une saison technicienne de Mehnir Fm la radio qui barde. Puis la rencontre avec Dominique Blanc-Francard et je me retrouve embarquée dans l’aventure des Studios Labomatic, fondés par Dominique et ses fils Hubert BoomBass et Mathieu Sinclair. Aujourd’hui je co-pilote avec Dominique, les Labomatic Studios, nous ne nous sommes plus quittés, passion du son partagée, 25 années qui filent, enregistrer, mixer, découvrir, guider, construire, rêver, casser les codes, innover, « Etre au service de la musique / hors cadre ».
Quel
est le concept d'"en sac à dos" ?
"En
Sac à Dos" c'est une immersion entre et hors les murs d'un lieu, un son en
360°, entre 2 oreilles, vivant, la bande son d'un film sans images. C’est une
série de podcasts que je produis j’ai toutes les casquettes, enregistrement,
mixage et réalisation. Au fil de mes escapade je propose à des artistes de la
scène actuelle des cartes postales sonores, je les suis sur une journée
de concert, de leur arrivée à leur départ, une journée de sons.
Tout
y passe, les portes, les balances, les rires, les couloirs, les doutes, le
concert en coulisse et dans la salle. Permettre à l’auditeur d’entendre un rêve
éveillé, avec les aspérités des salles, des enregistrements nomades libres et
fulgurants. La technique et ses progrès m’ont bien aidé, j’ai toujours été en
quête de nouveaux terrains de jeux et un peu geek aussi. Avant il fallait un
camion, un studio mobile pour enregistrer des lives, seuls les artistes
importants pouvaient le faire à cause du coût faramineux ! Aujourd’hui tu peux
enregistrer un concert avec un laptop, un cable éthernet et des enregistreurs
pour les ambiances, même un smartphone ça marche. Du coup, pour me dégourdir
les jambes entre 2 albums j’ai commencé à faire des enregistrements nomades,
puis des soirées notamment beaucoup de Fêtes Souterraines, j’ai vraiment pris
goût à la liberté que cela m’apportait. Le concept a évolué, StudioSacàDos est
né.
Puis
le 1 er confinement est tombé. Je me suis retrouvée sur ma planche à mixer à
Trouville, un jour je vois passer le Printemps de Bourges imaginaire, j’avais
fait un StudioSacàDos sur les Inouies en 2018, je regarde la liste des artistes
qui auraient dû y jouer et je réalise que je les ai quasiment tou.te.s dans mes
8 to d’archives sonores de mes escapades. J’ai proposé à Rebecca Manzoni de
faire la voix de ce Voyage imaginaire, au printemps de Bourges, j’ai écrit
le scénario, sorti mes grands ciseaux et après 3 jours et 3 nuits le voyage
était en ligne.
La
fibre journalistique fraternel résonne en moi depuis la disparition brutale et
tragique de mon petit frère le 3 juin 2020, aujourd’hui j’écris et je scénarise
mes EnSacàDos, ma collaboration avec la dream team de Louie Média
m’apporte aussi énormément de connaissances sur le monde du Podcast.
![]() |
| Selfie B.Schmitt |
Actuellement,
les podcasts se multiplient et sont très tendance, est-ce que cela t'a fait
peur de lancer un enième podcast ?
Pas
du tout, Podcast est devenu un terme générique, fourre-tout un peu comme un sac
à dos ahaha ! Plus sérieusement, il n’y a quasiment pas de podcast sur la
musique, En SacàDos est un objet sonore non identifié, proposer un podcast hors
format, original, est un atout, il sera plus visible dans cette masse, un peu
comme un mouton multicolore dans un troupeau de moutons blanc. La difficulté
est de le rendre audible au plus grand nombre d’auditeurs. La multiplication
est dans tous les domaines aujourd’hui et celui n’empêche pas d’avoir des
projets émergeants et de qualité.
"En
sac à dos" pourrait parfaitement se décliner en émission télé, y as-tu déjà
pensé ?
Ah
non surtout pas, l’image tue l’imaginaire, le son laisse la place au rêve,
c’est un film sans image. Une écoute d’En Sac au casque est un voyage,
chaque auditeur peut y voir des images différentes, de même chaque écoute est
différente. L’image fige, enferme le spectateur dans une boite, sa télé. En
plus je réalise mes EnSacàDos seule, en field recording, multi-zoom, ce qui me
permet d’être au plus près des artistes, pas sûre qu’ils acceptent une équipe
avec 3 à 4 camera !
Avec
quel matériel "pars-tu en sac à dos" ?
Il
vient de Londres, c’est un cadeau de mon frère Olivier Schmitt journaliste et
étoile filante de l’underground. Il est en toile de jute bleu et beige, le dos
est renforcé, ses sangles sont en cuirs. Il a une petite poche intérieure pour
y glisser un laptop et une extérieure pour mes affaires personnelles. Je le
garnie de petites trousses Pijama dans lesquelles je range mon matériel par
famille, c’est assez militaire comme organisation.
J’adapte
mon packtage sur chaque EnSacàDos, des enregistreurs Zoom, j’ai une sacré
collection, H1, F1, H8, F8, QN2, des micro XY, MS un illustre PCM D1 Sony mon
premier enregistreur qui a fait ses classes avec Camille à l’église Saint
Eustache en 2005. J’ai un fabuleux micro ambisonique Sennheiser qui prend le
son en 360 degrés, un casque avec des micro sur les écouteurs, des batteries
pour éviter les piles, pleins de petits accessoires pour accrocher mes
enregistreurs. Après ce sont des outils, ce qui est le plus important c’est
l’expérience, la rapidité, être au bon endroit au bon moment, prendre des notes...
Construire ton scénario sur le fil d’une journée, savoir s’effacer quand il le
faut sans effacer le son pour autant…
Quel
"en sac à dos" t'a le plus marqué ?
Aucun,
ils sont tous différents, chaque EnSacDos est un kiff une expérience faite de
rencontres, de découvertes et d’émotions aussi. Il y en a un fort en émotions,
Ian Caulfield & Friends au FGO, il m’aura fallu cette date pour réaliser la
douleur des musicien.ne.s de ne plus pouvoir jouer ensemble devant un public,
la joie du public d’écouter de la musique dans une salle, et à quel point cela
m’a manqué de ne plus pouvoir me glisser en coulisse, enregistrer ces moments
de vie. Depuis le 8 juin 2021, j’avoue une boulimie de EnSacàDos, ça m’a aussi
poussé à lancer officiellement la série, à travailler avec Mélissa Phulpin, à
démarcher les plateformes, répondre à des itv comme la tienne.
Tu
es adepte d'évasions en sac à dos ?
Oui
c’est addictif, un de mes rêves faire le festival Iceland AirWaves festival à
Reykjavik, mais aussi un Music tour bus, ou encore enregistrer un album en
pleine forêt. Tout est possible avec ce StudioSacàDos, enregistrer hors les murs
d’un studio, puis passer des heures à découper, mixer, réaliser raconter une
histoire avec ces sons dans les murs de mon studio.
Qui
rêverais-tu de suivre "en sac à dos" ?
C’est
le projet, le contenu qui guide mes envies pas une personne. C’est comme un
album, tu peux avoir envie de travailler avec un artiste sur un projet, mais
pas sur le suivant. Comme je te le disais ci-dessus, enregistrer un album au
cours d’un voyage, au fil des rencontres, et faire d’un EnSacàDos 2 formats,
l’album et le documentaire sonore qui l’accompagne, traduire en son le
processus de création et surtout sans image ! $
Quels
sont tes projets ?
Le
prochaine EnSacàDos mise en ligne est avec Stephan Eicher à Engelberg, pour les
30 ans de son album Engelberg, je suis en train de le finaliser. Mardi je serai
avec Barbara Carlotti à la Cigale, y’a aussi les soirées A définir dans un
futur proche, à la Boule Noire puis Magenta à L’Olympia. En 2022, je retourne
au Festival Variations à Nantes, je continue les soirées Souffle Collectif au
Consulat. Y’a le Festival des 36 heures de Saint Eustache qui pointe son nez
aussi.
En
parallèle j’ai une belle activité au Labomatic avec des enregistrements, des
mixages et des réalisations. Les Résistances Poétiques de Cyril Dion et
Sébastien Hoog, un album avec la magnifique Ingrid Caven, la réalisation d’une
série de podcast pour Louie Média où je compose également la musique. En bonus
il faut que je trouve le temps de prendre la mer avec mon Stellar Waveski
pourquoi pas avec mon StudioSacàDos enregistrer le silence et les sons qui
glissent sur l’eau.
Quel
titre tourne en boucle chez toi en ce moment ?
Le
dernier album de Parcel et d’Efterklang et fip tous les matins dans ma salle de
bain.
![]() |
| ©Asja Caspar |
Tu as sorti
une première chanson en espagnol, "Gravedad". Pourquoi avoir choisi
cette langue ? Tu pourrais chanter dans n'importe quelle langue ?
Je me suis
toujours demandé comment mes chansons sonneraient dans différentes langues.
L'espagnol est un choix naturel, car il est très proche de l'italien, et j'ai
beaucoup de personnes qui écoutent mes chansons au Mexique, en Argentine, au Chili,
alors j'ai décidé de faire un essai. Mais ce n'est qu'un début : une version
portugaise de Life Could Be So Simple va bientôt sortir, et je travaille à des
versions de mes chansons en hindi, en français et en coréen !
![]() |
| ©Asja Caspar |