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mercredi 30 septembre 2015

Coming Soon : 10 ans d'âge et toujours autant d'inventivité !



Il est bien rare d’arriver encore  à croiser des groupes qui peuvent se targuer d’avoir 10 ans d’âge. Pari relevé pour Coming Soon, un groupe de pop inde, originaire d’Annecy. Agés de 22 à 33 ans, les 5 membres du groupe (Leo Bear Creek, Howard Hughes, Ben Lupus, Billy Jet Pilot, Alexander Van Pelt) ont réussi se diversifier à chaque nouvel album pour mieux surprendre les auditeurs, jonglant entre des sonorités éthiopiennes, des expérimentations électroniques et leur travail de bande-son pour le théâtre sans jamais oublier leur base folk. Aujourd’hui, ils reviennent sur le devant de la scène avec un EP intitulé « Sun gets in »,  qui possède certes, une signature plus mélancolique que leurs précédents albums mais reste une ode aux vacances qui plaira à tous les amoureux de musique acoustique teintée de touches électro…
Autoportrait le 21.09.15 @FrenchTouche 90 rue Legendre/Paris


Comment avez-vous fait vos premiers pas dans la musique ?

Coming Soon : Nous avons plus ou moins commencé à faire de la musique tous ensemble au lycée, il y a 10 ans pour certains d’entre nous ! On a commencé par créer un groupe d’indie rock en faisant nos propres chansons car on ne savait pas faire de reprises. Au final, on est tous autodidacte même si les plus jeunes membres du groupe ont suivi des cours de solfège.

Pourquoi avoir choisi d’appeler le groupe « Coming Soon » ?

Tous les balbutiements du groupe remontent à l’époque du lycée quand nous n'avions pas vraiment de nom. Puis les choses sont devenues plus ou moins sérieuses et il a bien fallu nous trouver un nom. « Coming Soon » fait écho à une mauvaise blague, lorsque l’on disait aux gens que le nom de notre groupe allait arriver bientôt (ndlr : to come soon).


Vous avez plusieurs collaborations marquantes à votre actif : une chanson sur la BO du film américain Juno ; vous avez contribué à l’album Miss Météores d’Olivia Ruiz, vous avez enregistré une version de la chanson Private Tortures en duo avec Etienne Daho. Comment avez-vous fait ces rencontres ?

La fille qui a composé la chanson présente sur la BO du film Juno était une amie avec qui on jouait en concert et cette chanson a été enregistrée dans un appartement en un après-midi. Et nous avons rencontré Olivia Ruiz et Etienne Daho de façon complètement informelle, lors de festivals.

Si on revient sur votre discographie, vous alternez les genres entre un album plus rock ("ghost train tragedy"), votre travail pour le spectacle Dark Spring. Dans quel état d’esprit avez-vous travaillé sur cet EP ?

Pour cet EP, on a essayé d’avoir une démarche différente. Pour l’album précédent on avait beaucoup travaillé, on avait une méthode de composition lente. On passait notre temps à « déconstruire » chaque chanson. Dans ce cas, au contraire, on a eu envie de faire un EP rapidement. Cela représente en tout 3 mois de travail mais au final l’album a été fait en une 10e de jours. Nous avons voulu recréer l’énergie qu’on avait  à nos débuts, mélanger les sons acoustiques de nos débuts et ajouter des touches électros apparues au fil du temps. L’objectif était de retrouver notre fraicheur. Cet EP est très atmosphérique, on a voulu créer l’ambiance de l’été : soleil,  vagues, l’amour estival.

Vous avez créé votre label Kinderminster pour être plus libre ?
Nous avons créé ce label dès le 1er album. Avant d’être un label, c’était une maison d’édition pour garder nos droits d’édition puis nous l’avons structuré en label. Cela nous permet de sortir la musique que l’on veut quand on veut. Grâce à ce label, on peut aussi travailler plus rapidement : on contrôle notre calendrier et notre musique.


Quel est le secret de votre longévité car il est rare aujourd’hui de voir des groupes qui durent plus de 10 ans ?

On est tous plus ou moins frères, on peut donc se dire les choses sans créer trop d’incidents (rires) ! Notre logique d’indépendance avec notre propre label, nous permet de passer les caps. C’est vrai que l’on constate qu’au fil de notre parcours nous avons croisé beaucoup de groupes qui n’existent plus.  Ca aide aussi de ne pas avoir un manager qui nous dit quand notre musique n’est plus viable. Ca nous permet de continuer à faire ce que l’on a envie.

Est-ce que c’est facile aujourd’hui de gagner sa vie en tant qu’artiste ?

Ce n’est pas si facile mais on a la chance de ne jamais avoir eu de travail en parallèle pour survivre. En France, on a la chance d’avoir le statut d’intermittent et ce, encore pendant quelques temps, mais c’est un combat permanent.

Vous préférez Facebook, Instagram ou Twitter ?

On adore Facebook ! Mais on utilise Instragram de façon personnelle.  Et on conçoit également l’utilisation de Twitter mais plus à titre personnel car ce n’est pas facile de s’exprimer au nom de plusieurs personnes sur ce réseau social.

Coming Soon en ligne
Prochains concerts

- 1er octobre 2015 - Espace B à Paris
-  23 octobre 2015 - Limoges
- 24 octobre 2015 -  Bordeaux
- 7 novembre 2015 - Angers
- 9 janvier 2016 - Annecy
- Tournée française en février/mars.

Discographie
- 2006 : The Escort (EP)
- 2008 : New Grids
- 2009 : Participation à Miss Météores, album d'Olivia Ruiz.
- 2009 : Love In the Afternoon (EP)
- 2009 : Ghost Train Tragedy
- 2011 : B-Sides & Rarities vol. 1 et vol. 2 et vol. 3 (EP)
- 2012 : Dark Spring (Soundtrack)
- 2013 : Disappear Here (EP)
- 2014 : Tiger Meets Lion
- 2015 : Sun Gets In 






lundi 31 août 2015

Malo’ peaufine son deuxième album avec Charlie Winston et Jean-Louis Aubert


A seulement 21 ans, Malo’ peut se targuer d’avoir déjà une longue carrière derrière lui ! Et pour cause, le jeune chanteur prépare actuellement son deuxième album avec le coup de pouce des talentueux Charlie Winston et Jean-Louis Aubert. Sans aucun doute, les deux artistes ont été charmés par le timbre de voix  du jeune homme et son parcours initiatique entre la France et l’Australie. L’artiste multi casquettes (mixeur, arrangeur, compositeur, etc.) a d’ores et déjà su se créer avec brio un univers musical entêtant et enivrant qui laisse présager un deuxième album doté de très belles chansons.

Autoportrait

Atypique. C’est le mot qui pourrait résumer l’enfance de Malory Legardinier alias Malo’. Son père est très jeune lorsque Malo’ nait et sa mère quitte la France pour l’Australie quelques mois plus tard. Proche de son père, manager de groupes et guitariste en Normandie,  Malo' l’accompagne dans son travail et donc en tournée dès l’âge de 7 ans. Il suit notamment un groupe de musique de rue avec lequel son père travaille. En tournée, le garçon commence à écrire ses propres chansons sur la route. Lors d’un concert à Bergerac, le groupe que manage son père poussera même Malo' sur scène pour y interpréter sa première chanson. C’est à cette période que naît alors sa forte envie de faire de la musique.

Puis une rencontre est déterminante dans sa vie. « Vers l’âge de 10 ans, j’ai rencontré Stéphane Bruscolini, directeur du studio d’enregistrement et de production de la salle de spectacle Le Cargö, à Caen. Il m’a pris sous son aile et m’a appris comment utiliser des tables de mixage.  Je passais la plupart de mon temps avec lui » se rappelle Malo'. Sa passion pour la musique ne fait alors que grandir.

Retrouvailles avec sa mère partie en Australie
A 7 ans, il commence à écrire des chansons dans sa chambre. A 15 ans, un parcours initiatique l’attend : il part retrouver sa mère, qu’il n’a jamais vraiment connue, en Australie et s’installe un temps chez elle. En parallèle à sa vie d’écolier, il réalise alors son premier album « The Old way », en autoproduction. « J’ai réussi à choper une table de mixage, un Mac pro, une guitare dans sa maison » souligne le chanteur. A l’image de certains grands artistes, Malo’ joue de tous les instruments présents sur l’album, ce qui dénote pour son jeune âge,  et cumule les casquettes : mixeur, arrangeur, compositeur... Le garçon a déjà un univers bien marqué grâce en partie à sa voix,  elle aussi atypique.

Pour couronner le tout, sur place, Malo’ rencontre John Stone, le père d’Angus et Julia Stone. A l’occasion de sa tournée en Tasmanie, le jeune chanteur l’accompagnera avec l’orchestre symphonique « Barrenjoey Band ». Il monte aussi un groupe et participe à un tremplin où il termine 1er parmi 100 groupes australiens. Son talent est déjà reconnu.

 Malo’ décrit ce premier album « The old way » comme un carnet de bord des voyages qu’il a effectués pour retrouver sa mère. « La chanson « Mon cœur de pierre » est totalement en accord avec la sensation que j’avais lorsque je partais pour l’Australie » indique l’artiste. « C’est un album très personnel mais aussi un album de voyage, de découverte de soi... Je suis conscient qu’il n’est pas donné à tout le monde, de changer de pays à 15 ans pour rencontrer une mère qu’on n’a pas connu ». Les propos de Malo laissent penser que l’artiste est doté d’une grande maturité…

© Photo : Stéphane Girard / Design : Alexandre Aubert
Deezer remarque Malo’
Puis le site Deezer lui donne un coup de pouce. En effet, Malo’ apparaît en mars 2012 sur la page d’accueil du site même si son album est autoproduit. Et le site lui décerne un coup de cœur musical. L’artiste est très reconnaissant de ce coup de publicité : « Grâce à ça, j’ai été contacté par des maisons de disques en France. C’est alors que j’ai pris la décision de retourner en France pour revoir mon père et signer avec le label Atmosphériques en 2012 ». Et en 2013, Malo' commence à se faire remarquer grâce à la chanson Paradise qu'il interprète en duo avec la chanteuse Noa Moon.

Un deuxième album « Be/être » en préparation
Le chanteur prépare actuellement son deuxième album « Be/être », dont environ 70% des titres ont été composés chez lui mais une chose est certaine il sait bien s’entourer. En effet, cet album est produit par Charlie Winston, mixé par Craig Silvey (Noel Gallager, Arcade Fire, etc.) et bénéficie même de la touche de Jean-Louis Aubert.

« C’est toujours impressionnant pour moi de rencontrer des gens comme Jean-Louis Aubert et Charlie Winston » souligne Malo’. « J’ai rencontré Jean-Louis alors que j’étais revenu en France, j’étais en contact avec Bénédicte Schmitt et Dominique Blanc-Francard producteurs parisiens du Labomatic, studio mythique des Champs-Elysées. C’est suite au réenregistrement du titre « Requiem of happiness » au Labomatic, que j’ai rencontré Jean-Louis. On a sympathisé et comme je souhaitais faire cet album en 2 langues, il était très bien placé pour m’aider. Ce grand poète a su trouver les mots… ». 




« Tandis que ma rencontre avec Charlie Winston s’est faite grâce à mon premier album qu’il a eu l’occasion d’écouter car nous sommes  signés dans le même Label. Il m’a ensuite proposé de le rejoindre lors d’un concert à Lyon. Puis il m’a invité à Londres et il m’a demandé si j’avais besoin d’aide pour peaufiner mes morceaux en anglais. ». Le courant passe tellement bien entre les deux artistes qu’ils ont collaboré à l’écriture de la chanson « light » présente en deux versions sur l’album « Curio City » du chanteur anglais. « On a fait cette chanson chez lui, à Londres, quand on travaillait sur mes titres.  On est descendu dans son studio, on avait l’air puis on a écrit la chanson rapidement. Au final, on ne savait pas si on allait faire un duo ou si cette chanson allait être sur son album ou sur le mien. Elle correspond tout à fait à l’ambiance de l’album  « Curio City » mais peut-être qu’on la retrouvera aussi sur mon album, peut-être qu’un jour on en fera un duo. Rien n’est définitif ».

Be/être : un croisement entre la culture française et australienne
Et lorsqu’on demande à Malo’ ce qui l’a inspiré pour réaliser ce nouveau projet, il raconte que « cet album va raconter l’histoire de mes deux cultures (France/Australie). Il va parler de voyages, de rêves accomplis ou à accomplir, des sentiments que j’ai ressentis en rencontrant ma mère, en étant loin de mon père, la solitude que j’ai éprouvé à plusieurs reprises ». 



Et l’artiste explique que cet album, plus personnel que le premier, a exigé beaucoup de travail afin d’arriver à faire passer des émotions dans des textes à la fois en français et en anglais. A ce jour, Malo’ ne semble pas encore prêt à laisser échapper plus de 2 ans et demi de travail : « Il n’y a pas de date de sortie officielle. Peut-être qu’il sera prêt en janvier 2016, mais aujourd’hui je ne suis pas arrivé au bout de cet album. Je ne  suis pas encore satisfait du son, sur ce point, je ressemble à Dr Dre. C’est compliqué de faire un album, on part d’une page blanche, c’est excitant, c’est comme changer de ville, de maison mais lorsque la fin approche, on se demande si on a bien réuni tout ce qu’on voulait ». A 21 ans, Malo’ connaît déjà bien ce que signifie la remise en question,  un bon signe pour ce deuxième album qui s’annonce très prometteur… Et qui lui permettrait peut-être de retourner faire des concerts en Australie, « ce qui serait très émouvant » confie l’artiste.

Malo’ en ligne

Discographie
- 2ème album « Be/être » - à paraître d’ici 2016
- EP 4 titres « Let it go » - 2015
- 1er album « The old way » – 2012

Actualité 
Tournée d'octobre à décembre 2016 en 1er partie de Vianney
- 14/10 aux Cuizines de Chelles

dimanche 26 juillet 2015

Un été avec la chanteuse De Laurentis


La chanteuse, auteur, compositrice et productrice, De Laurentis a hérité de son nom d’un grand-père d’origine italienne. Il avait pour habitude de faire des films en super 8 dont les bobines illustrent la méditerranée des années 60. Ses origines méditerranéennes constituent un bon prétexte pour parler de l’été avec cette chanteuse, à l’univers pop, qui a sorti son EP éponyme en juin dernier.

Autoportrait par De Laurentis - juillet 2015

- Quelle est la chanson synonyme des vacances pour toi ?

 "Our House" de The Young Gods... "Our house is an house that move just like the ocean"...
Les arpèges de guitares dès le début du morceau m'inspirent la mer, le soleil du soir... J'aime l'écouter à la fin d'une longue journée de plage. 

- Quel album est inévitablement à emporter sur la route des vacances ?

L'album jazz/bossa culte de Stan Getz et Joao Gilberto avec la voix sexy d'Astrid Gilberto. Il y a toujours un moment où cet album se trouve être la B.O parfaite !
 
- Quel est le festival de l'été à ne pas manquer ?

D'origine toulousaine mais vivant à Paris depuis 4 ans, je dirai donc Rock-en-Seine. Les Chemical Brothers, Ben Howard, Jeanne Added... Et ce, le dernier week-end d'août, juste avant la rentrée !

- Quel est ton meilleur souvenir de concert vu l'été ?

Massive attack en plein air aux arènes de la cité de Carcassonne ! Et j'y ai découvert une très belle artiste Stephanie Dosen qui reprenait "Teardrop" tout en délicatesse...

- Quels sont tes devoirs de vacances ?

Piano, compo, écriture... Un programme plutôt introspectif et solitaire de recherche dans mon labo !! Je prépare l'album qui suivra l'EP, sorti en juin 2015.

- A la rentrée, quel sera ton programme ?

Tout le contraire ! Des concerts, résidences, de nouvelles vidéos montées avec les films 8mm de mon grand père, un clip pour le titre "Woman" que j'ai chanté sur la compilation Bristol de Marc Collin... Et d'autres collaborations artistiques à venir...

De Laurentis en ligne
 

mardi 30 juin 2015

Grand Océan, un courant musical auquel il faut prêter l’oreille


Autoportrait par Grand Océan - Juin 2015

Lorsque Clem (ex-CKLM / Maniacx et Sweem) rencontre Flo (alias Pep’s, auteur du tube Liberta) à une soirée, le duo se met naturellement à jouer de la musique ensemble. Les deux artistes ne le savent pas encore mais ce sont les premières notes du groupe français Grand Océan. Et pour cause, en 2014, les deux acolytes enregistrent dans les conditions du live, leur premier EP « USA ». Puis début 2015, le groupe repart en studio pour créer une autre version du titre USA. Pas de doute, même si les deux artistes proviennent d’univers artistiques différents, ils sont en symbiose. Le duo folk aux influences roots, teintées de touches reggae, porte une signature sur sa peau, celle qui invite au voyage…


©Vanessa Andrieux
De qui tenez-vous votre goût pour la musique ?
Clem : Mon père, auteur compositeur interprète, m'a emmené dans son univers. Puis il m'a transmis les outils pour que je crée le mien.

Comment vous êtes-vous rencontrés et pourquoi avoir décidé de travailler ensemble alors que vous êtes issus de 2 univers musicaux différents ?
C : Nous nous sommes rencontrés à une soirée, on a « jammé » et le feeling est tout de suite passé. Les différences font les grandes richesses, cela semblait évident de créer un groupe ensemble.

En parallèle du groupe, continuez-vous votre carrière solo ?
C : On continue à exister en tant qu'artiste, Pep's restera toujours Pep's et Sweem toujours Sweem. Mais la priorité est donnée à Grand Océan.

Que signifie le nom de votre groupe Grand Océan ?
C : L'envie de voyager, la prétention de voir les choses en grand et d'être unis par des symboles très purs. C'est aussi un clin d'œil à un titre de JohnButler "Ocean", et à mon amour personnel pour le Pacifique.

Que raconte votre EP "USA" ? Pourquoi avoir décidé de l'enregistrer dans les conditions du live ?
C: USA rappelle les doutes et fantasmes que l'on a en couple... les faiblesses de l'homme face à la femme.
L’enregistrement live était voulu pour tous les titres enregistrés au studio Ferber avec Jean Lamoot car on voulait encore parler de pureté et d'instantané… Cette envie de faire découvrir nos morceaux en live est pour nous une manière de parler plus franchement. C'est aussi notre manière à nous de faire de la musique, donc cela était évident qu’on enregistre de la sorte.

Pourquoi avoir décidé d'enregistrer une seconde version du titre USA et avoir travaillé avec Matthieu Tosi sur ce titre ?
C : C'est une chance que l'on a eue de rencontrer Mat. Son approche de la musique était complémentaire à la nôtre. Un titre plus hybride en est sorti, et nous en sommes tous très fiers. On continue de travailler ensemble sur d'autres titres.
©Vanessa Andrieux

De qui vous êtes-vous entouré pour tourner le clip "The Rivers" ? Et que signifient ces symboles sur les murs ?
C : The Rivers est un titre que l'on a tourné avec Julien Bossenie et Corentin Coëplet. Corentin a toujours suivi Pep's dans sa carrière et nous nous sommes rencontrés au début du projet Grand Océan, avec Julien. Ils sont devenus des amis et nous sommes très fiers du rendu de ces premiers travaux ensemble.

Le squat d'artiste "le wonder", dans lequel nous avons tourné, est un squat que j'ai eu la chance de découvrir suite à un intérêt personnel sur les squats d'artistes parisiens. Il était pour moi évident d'y revenir tourner des images. Et les symboles sur les murs nous ont séduits comme le travail d’Elliott Causse en général. Cela peut rappeler nos tatouages mais pour nous c'est surtout cette pièce mystique qui nous a séduits. 



Parmi vos influences, vous citez Ben Harper, John Butler Trio, Jack Johnson... Une reprise d'un de ces artistes a-t-elle déjà été envisagée sur scène ?
C : Pas pour l’instant, mais on fait un clin d’œil à Damian Marley.

De nouvelles chansons sont-elles en cours d'écriture ?
C : Nous continuons de travailler avec Matthieu Tosi, plusieurs titres sont déjà prêts. On a hâte de les défendre sur scène.


©Vanessa Andrieux

  
Grand Océan en ligne

lundi 25 mai 2015

La soul folk de Joe Bel séduit Asaf Avidan


La soul folk de Joe Bel est bien trompeuse ! Effectivement, tout laisse à croire que cette artiste de 27 ans est une Américaine biberonnée à la soul de Marvin Gaye. Et pourtant, cette chanteuse est bel et bien une Française autodidacte, originaire de Grenoble. Mais on comprend mieux ses influences lorsque l’on apprend que Joe Bel est issue d’une famille éparpillée aux quatre coins du monde et notamment aux Etats-Unis. Ainsi, à peine un an après avoir donné ses premiers concerts seule, à la guitare,  à Lyon, elle est repérée par le chanteur Asaf Avidan qui l’emmène avec lui lors de sa tournée européenne, en 2013. Elle foulera alors les planches de l’Olympia. Puis après une tournée en Allemagne durant l’été 2014, la chanteuse réalise son 2ème EP « Hit the roads » (mars 2015), 4 chansons portées par les mélodies de sa guitare acoustique.

Autoportrait mars 2015
Comment as-tu fait tes premiers pas dans la musique ?
Mes parents écoutaient beaucoup de musique et mon père avait un piano. J'ai d’ailleurs pris des cours quand j'avais 6 ou 7 ans, mais j'ai vite arrêté. J'ai passé mon enfance à chercher des choses, inventer des chansons, à l'oreille, à tâtons, sur cet instrument. La guitare est arrivée dans mon univers bien plus tard, vers l’âge de 22 ans.

Comment as-tu décidé d'en faire ton métier ?
Plus les années passaient et plus la composition prenait de la place dans mon esprit. Les chansons s'entremêlaient, résonnaient sans cesse dans ma tête et un jour, alors que j'étais à la fac, j'ai compris que pour être heureuse j'avais besoin de m'occuper de tout ça sérieusement, de prendre ces chansons, ces mélodies, et de les amener à vivre vraiment. 

En 2013, ton 1er album est repéré par le chanteur israélien Asaf Avidan qui t'invite à faire la première partie de sa tournée européenne. T'a-t-il donné des conseils musicaux ?
J'ai quasiment découvert ce métier avec lui, cela ne faisait qu'un an que j'avais fait mon premier concert dans un café ! J'ai découvert ce que signifie se préparer techniquement avant un concert, gérer le son, le temps, les déplacements, la fatigue. J'ai observé son implication et son exigence professionnelle, son talent et son lâcher prise sur scène. Il m'a conseillé d'assumer mes émotions quelles qu'elles soient, et notamment la tristesse ou la mélancolie, de ne pas les cacher.

 Comment a été créé ton EP "Hit the roads" ? 
Les chansons « Stronger » et « Lonely as I Am » existent depuis longtemps tandis que « A While » et « Hit The Roads » n'ont que quelques mois. J'aime que les chansons m'accompagnent longtemps, j'aime les faire vivre sur scène, les transformer, les interpréter encore plus près de ce que je suis. 

Les quatre chansons évoquent des thèmes différents : « Hit The Roads » parle de l'aventure, d'oser se lancer vers l'inconnu pour mieux se connaître. « A While » : d'oser être libre, être soi, sans penser à ce que les autres vont penser. « Stronger » parle d'oser montrer ses faiblesses pour être plus fort. Et la chanson « Lonely as I am », évoque la difficulté d'aller vers l'autre et de la solitude. Le thème majeur de cet EP est « oser », quelque chose de récurrent dans ma musique.

Le titre de l'EP est-il un clin d’oeil à la chanson "Hit the road Jack" de Ray Charles ?
Non, « Hit the road » signifie prendre la route, c'est une expression très courante. Ma chanson signifie « prendre les routes », partir à l'aventure.



De qui t'es-tu entourée pour le créer ?
Je compose, j'écris et j'arrange les chansons. J'ai cherché à m’entourer d’un réalisateur multi instrumentistes afin de réaliser cet EP à deux, uniquement.  Je voulais rester dans un univers très intime, car même si ce disque est bien plus orchestré que le premier, je ne voulais pas que cela parte dans tous les sens. Plus on est en studio, plus il y a d'idées, ce qui est super, mais je ne voulais pas me perdre. C'est Julien Jussey du groupe Animali qui a travaillé avec moi. C'était une vraie aventure, incroyablement éprouvante et belle.

J'ai lu que cet EP est un « carnet de croquis sonores d'un voyageuse alternativement spectatrice et actrice de son trajet », qu'est-ce que cela signifie ?
Pour écrire j'ai besoin de vivre les choses et de les comprendre. Je pense que c'est ce que signifie cette phrase. 
Je pense être « spectatrice », « observatrice » des sentiments, des gens, des émotions, et actrice dans ma musique pour retranscrire tout ce que je vis ou ce que je ressens.

En écoutant ton EP, on pourrait penser qu'une Américaine est derrière le micro... Quelles sont tes influences ?
C'est toujours difficile de savoir ce qui nous « influence ». J'écoute très peu de musique, peut-être justement pour ne pas être « influencée », mais surtout parce que lorsque j’écoute un disque, j'ai besoin de m'asseoir et de l'écouter, vraiment. Je ne peux pas écouter de la musique en faisant autre chose, ça me déconcentre ! Et j'ai beaucoup écouté Stevie Wonder et Paul McCartney, chez mes parents quand j'étais plus jeune, c'étaient un peu les dieux de la musique ! Ce sont deux icônes très fortes, deux mélodistes aussi sensibles que géniaux, l'un pour la soul et le groove, la musique afro-américaine, et l'autre pour la pop anglaise, simple et complexe à la fois, naturelle et savante.  



Les réseaux sociaux sont-ils indispensables pour percer aujourd'hui en tant qu'artiste qui débute sa carrière ?
C'est une possibilité de présenter facilement son travail ! Cela permet de partager ce que l'on créé avec les autres, et d'avoir une première existence « publique » en tant qu'artiste, c'est quand même génial. Mais cela ne suffit pas, justement parce que tout le monde peut le faire. C'est une super base de partage, mais ce n'est pas là que se trouve la réalité de la vie d'artiste. Heureusement !

Est-ce pour toi un plaisir ou une contrainte d'être sur les réseaux sociaux ?
C'est un plaisir, bien sûr, de partager mon travail et des moments importants de ma vie avec ceux qui me suivent depuis le début, ou les personnes qui me découvrent. J'ai l'impression qu'on vit ça tous ensemble, ça me porte énormément.


Joe Bel en ligne
Prochains concerts

 


Discographie
2012 – In the City
2014 – Hit the roads