Camille Green est une consultante en communication qui, en parallèle à ses études, a travaillé pendant 2 ans, en tant que correspondante, dans un journal quotidien régional.
Désormais salariée dans une agence de communication parisienne, à 38 ans, elle s'intéresse toujours au journalisme et en particulier à la musique, tout en gardant un œil attentif sur la mode et le monde artistique !
camillegreeniswalkingwith@gmail.com
A
seulement 21 ans, Shanice a déjà l'étoffe d'une artiste complète.
Auteure, compositrice, interprète, elle enfile tous les costumes
pour son premier EP intitulé « Un peu de moi », créé
et enregistré dans sa chambre. Cinq chansons intimes nous emportent
dans son univers acoustique où piano, guitare, voix nous parlent
d'amour, de vulnérabilité et d'imperfections. La chanteuse s'est
déjà fait remarquer puisqu'elle a gagné le prix Cécile Pollet (abritée par la Fondation de France),
qui soutient les artistes émergentes auteures, compositrices,
interprètes de la chanson française. La récompense de 8 000 euros
lui permettra peut-être de faire ses premiers pas dans un « vrai »
studio d'enregistrement.
Selfie
Comment
as-tu fait tes premiers pas dans la musique ?
Je
suis née dans une famille de musiciens, chanteurs : mes deux
parents et mon frère sont dans la musique (tous mes cousins aussi).
Pour l’anecdote, je me suis retrouvée dans la musique avant même
mes premiers pas, ma maman qui est choriste montait sur scène
même quand j’étais dans son ventre !
Que
raconte "Un Peu de Moi" ? De qui t'es tu entourée pour
réaliser ces 5 chansons ?
Je dirai
que “Un Peu de Moi“ est une boule de sensibilité, comme moi du
coup haha. Je parle d’amour mais aussi de mes réflexions sur
moi-même et de ma connexion au monde.
J’ai
écrit, composé et enregistré seule mais j’ai eu la chance d’être
épaulée par Jauris Bardoux à la photo/vidéo, Wissem à la photo,
Fred Nlandu au mix, Ekaï au graphisme et Sokhan qui m’a aidée à
penser et réaliser tout ça.
Tu es
lauréate du prix Cécile Pollet. Que va te permettre de faire ce
prix (la lauréate remporte 8 000 euros) ?
Ce prix
me permet déjà de voir l’aboutissement de ce petit projet
indépendant, je me dis « bravo de t'être fait
confiance ». Plus concrètement il va me permettre de
financer tout le matériel dont j’ai besoin pour continuer à créer
en qualité et avoir des moyens pour mon futur projet. En plus de
tout ça, une programmation aux Trois Baudets est prévue ! J’ai
hâte malgré le contexte actuel déprimant...
En quoi consiste ce soutien de la salle Les Trois Baudets (Paris) tout au long de l'année 2021 ?
J’aurai
la chance d’être conseillée par des personnes bienveillantes,
professionnelles et à l’écoute qui m’accompagneront dans mon
projet que ce soit dans le travail du live, en studio, au stylisme ou
toute question que je me pose en général.
Ces
périodes de confinement, couvre-feux, ont-elles été une source de
création pour toi ?
ABSOLUMENT
PAS ! L’atmosphère pesante actuelle brouille un peu mon
inspiration..
Quels
sont tes projets ?
Je
travaille sur moi et sur les prochaines chansons qui verront le jour.
Tu es
plus addict à TikTok, Twitch, Facebook, Twitter ou Instagram ?
Elle
est dure cette question. Je peux avoir un joker ?! J’ai envie de
dire Alicia Keys mais aussi Tori Kelly. Alicia Keys pour son aura et
parce que c’est le premier exemple de femme chanteuse et pianiste
que j’ai eu et Tori Kelly parce qu’à son tour elle m’a donné
envie de jouer de la guitare. Son premier projet "homemade" m’a
beaucoup inspirée. Je trouve que c’est une excellente chanteuse,
guitariste et mélodiste.
Quelle
chanson écoutes-tu en boucle en ce moment ?
“Brut"
le nouvel EP d’Yseult. J’ai un peu triché mais c’est tout l’EP
que j’écoute en boucle haha !
Auteure, interprète et compositrice… La jeune artiste Donamaria multiplie les talents et elle le prouve avec son dernier EP « Amnesya ». Il nous emmène dans un voyage qui passe de l’acceptation, à l’apaisement et se termine par la libération. La chanteuse nous fait découvrir avec brio la douceur de son univers mélancolique où les métaphores et Baudelaire se côtoient pour aboutit à un lâcher prise salvateur en temps de crise.
Comment as-tu fait tes premiers pas dans la musique ?
Mes premiers pas dans la musique se sont faits très tôt, c'était vraiment quotidien, la musique et beaucoup le cinéma aussi. A la maison, je regardais en boucle les films d'Hitchcock, les films musicaux avec Barbra Streisand, Audrey Hepburn, le combo Jacques Demy & Michel Legrand... Avec ma fratrie, on faisait régulièrement des spectacles à la maison, chant, danse, théâtre, enregistrements de chansons, tournages de clip... c'était toujours beaucoup de créativité chez nous ! Ma grand-mère était une artiste qui n'a pas pu exceller car son père ne l'a pas laissée faire, c'était une autre époque. Elle jouait du piano divinement bien, je revois ses mains et toutes ses bagues jouer et fredonner des morceaux de jazz, j'adorais la regarder. De là où elle est, elle doit être très heureuse de me voir m'assumer dans cette voie.
Que raconte ton EP "Amnesya" ? Avec qui as-tu collaboré sur cet EP ?
Amnesya est une introspection. C'est la proposition d'un voyage qui tend à l'acceptation, l'apaisement et la libération de ses propres chaînes. Sur cet EP, j'ai collaboré avec mon binôme Robin Morgenthaler, mon compositeur qui est aussi très présent dans la direction artistique de tout ce qui est lié à mon projet, tout comme Camille Plunian et Charlotte Forsans, deux graphistes qui gèrent toute la direction artistique visuelle. A nous quatre, on se complète beaucoup et c’est dans ce petit collectif que l’on surnomme « L’Aquarium » que sont prises beaucoup de décisions importantes.
Que raconte le titre "Ennemi Féroce" ?
Ce titre est très sombre. Je parle de dépression, de maladie, d'agression, de noirceur, de colère... finalement de toutes ces choses de la vie qui à mon sens viennent se nourrir de l'âme, viennent empoisonner à petit feu, s'emparent du corps. Je parle aussi du passager noir qui nous accompagne tous et tente systématiquement de nous rabaisser, de nous dénigrer, de nous dévaloriser, quand il prend le dessus, il nous boycotte et le reste devient contre-productif. J'avais envie de faire un titre évoquant toutes ces choses qui font qu'un moment donné dans la vie, le vase déborde. Et c'est quand on atteint ce climax qu'on rééquilibre et qu'on est en mesure d'accepter cette partie-là de soi-même, notamment en relativisant.
On y entend des passages d’un texte de Baudelaire, « L’héautontimorouménos », signifiant « Bourreau de soi-même ». Baudelaire est-il une source d'inspiration ?
Baudelaire fait partie de ces humains inspirants, quand je le lis, je me sens comprise. Sur cet EP, les sujets que j'évoque sont des sujets qui connectent à plusieurs poèmes des « Fleurs du Mal », j'ai donc eu envie de me faire le featuring de l'impossible.
La chanson "Crateagus" fait référence à ton grand-père. Peut-on dire que c'était un grand aventurier ? Parle-nous de sa traversée de l'Atlantique notamment.
Oui mon grand-père était pour moi un pilier et j'ai toujours été fascinée par toutes les aventures qu'il a vécues, j'adorais ces échanges avec lui, c'était quelque chose de très précieux pour moi. Il était médecin et quand il a pris sa retraite il a décidé de traverser l'Atlantique en voilier, son bateau s'appelait Crataegus. Pour la petite explication, c'est une sorte d'arbuste de l'hémisphère nord qu'on appelle le plus souvent aubépine et qui a pour but en médecine de soulager les palpitations du cœur, d'apaiser et calmer l'anxiété, l'insomnie, c'est ce dont je parle dans ce titre. Concernant sa traversée de l'Atlantique, ce qui m'avait marquée c'est l'histoire détaillée d'une nuit de tempête où son bateau s'est retourné un long moment et où il s'est clairement demandé ce qu'il faisait là tout en acceptant ce qu'il se passait, et puis une vague l'a finalement ramené à la surface, j'ai beaucoup de chance d'avoir autant parlé avec mon grand-père.
Sur ta chaîne YouTube tu fais entre autres des reprises comme "Heroes" de David Bowie, à moitié en anglais et à moitié en français. Comment choisis-tu ces chansons ? Pourquoi ce mix anglais/français ?
Pour faire un cover, j'ai besoin d'accrocher avec le texte et avec la mélodie, j'ai vraiment besoin des deux pour avoir envie de proposer une version personnelle avec ma propre empreinte. Dans le titre Heroes, David Bowie parle d'alcoolisme, et pourtant elle est vue comme une chanson libératrice au final. J'aime beaucoup ce flirt entre une réalité très sombre et une parure plus poétique, le parallélisme entre le héros d'un jour, qui se relève de quelque chose de difficile à affronter, et l'humain qui veut juste se sentir invincible grâce à l'euphorie qu'il peut ressentir par des moments intenses dans la vie ou notamment sous l'emprise d'une substance.
Ton confinement a t'il été "créatif" ou "dépressif" ?
Mes confinements ont été créatifs avec des hauts et des bas mais ils ont été très bénéfiques, c'est au final très bon pour l'épanouissement personnel et l'équilibre de son moi intérieur je crois. Le plus difficile c'est de se dire que depuis presque 1 an, je n'ai plus la possibilité de vivre ce qui anime mon quotidien, c'est à dire être proche des gens que j'aime, les terrasses, les concerts, les festivals, les pièces de théâtre et les comédies musicales, manger au restaurant... Ça manque. J'ai vraiment hâte qu'on reprenne ces libertés et qu'on les savoure !
En cette période d'incertitude, est-il facile en tant qu'artiste de faire des projets ? Quels sont tes projets ?
Oui, ce n’est pas simple ! Mais c'est le cas pour tout le monde non ? J'essaie de rester positive, de trouver des solutions et d'être patiente... Après la sortie de mon EP, il était prévu que je donne des concerts, je voulais également faire des nouvelles scènes dans des festivals, mais la situation a clairement compliqué les choses c'est sûr et puis quand on n’est pas très friand des réseaux sociaux, devoir se cantonner uniquement à ça, c'est dur ! Je profite de tout ce temps pour mettre en place toute la suite, notamment le tournage de mon prochain clip et des live sessions que j'ai hâte de sortir !
Avec qui rêverais-tu de collaborer ?
Travailler avec Woodkid serait absolument incroyable ! Son univers est puissant, poétique et d'une grande profondeur, sa direction artistique est pointilleuse et recherchée, c'est vraiment tout ce que j'aime. Il m'accompagne depuis son premier album et à vrai dire j'ai toujours pensé qu'une collaboration avec lui serait nourrissante, que nos univers se connecteraient bien, cette idée m'intrigue et j'espère un jour avoir l'occasion de le vérifier. Cela dit, j'aimerais beaucoup faire un feat avec un rappeur sur mon prochain EP.
Tu es plus addict à Instagram, TikTok, Facebook, Twitter, Youtube ?
La vérité c'est que je ne suis pas ultra friande des réseaux sociaux ! haha. Je sais que de nos jours on ne peut pas faire sans mais disons que je trouve que c'est un peu la porte ouverte à toutes les fenêtres. C'est comme si aujourd'hui, il fallait d'abord percer sur les réseaux sociaux, j'ai vraiment l'impression qu'il y a une course aux abonnés et que le nombre d'adhésion a du poids dans la balance dans une carrière. De mon point de vue, le nombre d'abonnés est en cohérence totale avec la visibilité dans les médias, les tournées, etc, et non l'inverse. Combien de fois ai-je entendu "fais en sorte d'avoir plus d'abonnés, en dessous de 10 000 abonnés tu n'as pas assez de poids", ça me parait un peu absurde.
Instagram est le réseau que j'utilise le plus au quotidien, mais vous pouvez aussi me trouver sur Facebook et YouTube !
Quelle chanson écoutes-tu en boucle en ce moment ?
Avis aux amateurs de bonnes musiques... La salle de concerts parisienne Les Trois
Baudets a organisé en décembre un calendrier musical, en ligne. Pour les
retardataires, il est possible de revivre ces spectacles sur
la page Facebook des Trois Baudets
ou
leur chaîne YouTube.
Inderdiction de remettre à plus tard ces visionnages car ils disaparaîtront
comme par magie le dimanche 24 janvier 2021. Au programme : Baptiste W. Hamon,
Mauvais Oeil, Petit Prince, Brisa Roché, Pépite, Laura Cahen, Iconopop, Bernard
Werber, HK...
Plus de 50 000 abonnés à son
compte Instagram, près de 200 000 abonnés à sa chaîne YouTube,
Jonathan Roy fait exploser les compteurs des réseaux sociaux. A 31
ans, le chanteur canadien a déjà une carrière très chargée, à
18 ans il raccroche ses patins de hockey quand il comprend qu'il ne
fera pas la même carrière que son père (un des plus grands
gardiens de but de l'histoire de la ligue nationale de hockey) pour
se lancer dans la musique. Après avoir vécu dans le Colorado, celui
qui se dit plus anglophone que francophone revient en chansons sur
son expérience aux Etats-Unis. Sur sa chaîne YouTube, nous
découvrons un artiste autodidacte (ça ne s'entend pas) à la voix
rocailleuse qui multiplie les reprises habiles de tubes et incite au
voyage en pleine nature. Le chanteur a même reçu le trophée
YouTube créateur d'argent pour les 100 000 abonnés dépassés sur
sa chaîne. Un conseil, il faut suivre cet artiste qui n'a pas encore
révélé tous ses talents et dont l'album est prévu en 2021.
Selfie - Jonathan Roy
Comment as-tu fait tes premiers pas
dans la musique ? Enfile-tu toujours tes patins de hockey?
Enfant, j'étais sportif, je voulais
suivre les traces de mon père, grand sportif. J'ai été attiré par
le hockey grâce à lui. J'ai joué au hockey jusqu'à mes 18/19
ans mais j'ai toujours aimé la musique, j'ai toujours écrit.
Et à un moment donné ma mère m'a
acheté une guitare et m'a poussé dans cette voie. Quand je me suis
rendu compte que je ne faisais pas carrière dans le sport, j'ai eu
envie de tenter ma chance dans la musique. C'est un milieu difficile,
avec beaucoup de talents, dans lequel il est très dur de faire
carrière. Puis j'ai eu la chance de rencontrer quelqu'un qui a cru
en ma musique depuis, je continue d'écrire, à faire des spectacles,
des tournées. Mon rêve et ma passion sont devenus un mode de vie :
faire des spectacles partout au Canada, prendre un autobus, un avion
pour aller d'un endroit à l'autre.
Je suis chanceux de faire ça tous les
jours. C'est le plus beau travail au monde.
Pourquoi avoir décidé de laisser
le Québec pour t'installer à Malibu ?
Je viens de Montréal. Il y a 5 ans,
j'ai déménagé dans le Colorado. Je me sens plus anglophone que
français. Je pense en anglais... Mon frère avait un emploi dans le
Colorado d'où mon déménagement sur place. Puis je suis revenu au
Québec, j'y suis depuis l'âge de 16 ans.
Tu es un artiste autodidacte ?
Oui, j'ai appris la guitare sur
YouTube, c'est d'ailleurs une plateforme incroyable pour apprendre
plein de choses, construire une maison, entretenir une ferme comme la
mienne. Je me suis connecté et j'ai appris jour après jour à jouer
de la guitare, en interprétant les chansons qui me plaisaient.
Est-ce qu'une chanson comme
« Keeping Me Alive » peut bouleverser une carrière (30
millions de vues sur YouTube en 1 an) ?
On pense ça de chaque chanson qu'on
crée. On pense que c'est celle-là qui va nous faire réussir. Si
c'est « Keeping Me Alive » qui doit changer ma carrière,
ce serait magnifique. C'est incroyable de voir à quel point les gens
sont connectés avec cette chanson.
Je souhaite simplement sortir ma
musique tranquillement, je n'ai pas de but ultime. Je veux juste
faire des tournées.
L'écriture, c'est comme une thérapie.
Je le fais pour moi et voir que ça touche les gens, c'est fabuleux.
Jamais je n'aurai pensé que cette chanson pourrait avoir un tel
pouvoir. Trente millions de personnes ont écouté cette chanson sur
Youtube, c'est incroyable !
Que raconte "Keeping Me
Alive" ?
La chanson évoque le fait de ne jamais
arrêter de croire en nos rêves, jamais laisser des pensées
négatives nous envahir, toujours avancer, garder la tête haute.
Moi, c'est la musique, c'est ça qui me fait avancer et me fait me
sentir bien ainsi que ma femme, mes animaux et ma ferme. Mais c'est
vraiment la musique qui me fait du bien.
Que raconte la chanson « Lights
of Los Angeles » ?
Je vivais à Toronto et j'avais du
succès avec ma chanson « Daniella Denmark ». Et pourtant
je n'étais pas si heureux que ça, j'avais un autre mode de vie. Je
me suis dit ce n'est pas ça la vie, j'aime voyager, sortir du
cadre que la société impose. Du coup, j'ai tout vendu, j'ai acheté
un vieux van et je suis parti à l'aventure pendant presque 3 ans. Ma
femme n'est pas venue avec moi, pour la première fois de ma vie je
voyais seul. Cette chanson évoque le fait d'être seul, de ne pas
avoir d’interaction avec les gens, d'apprécier les choses que l'on
a autour de soi. J'ai écrit cette chanson après ce voyage. J'étais
seul avec de nombreuses peurs.
Fin août 2020 tu as fait un road trip en
van, de Montréal jusqu'à Vancouver pour préparer un nouvel album.
Comment s'est déroulé ce voyage ?
On est parti à Vancouver pendant 1 moi
et demi. Pendant le road trip, on a fait plusieurs vidéos comme la
reprise de la chanson de Sia, Breathe Me, on a réalisé des
vidéos acoustiques, sans grosse production, dans des endroits sans
électricité. J'adore les endroits extérieurs, où l'on peut faire
de l'escalade, pêcher, tout simplement apprécier la nature et
m'évader du monde extérieur.
On aimerait sortir le prochain single
en janvier 2021 ou cet été, tout dépendra de l'évolution de
l'épidémie.
Jonathan Roy
Quelles seront tes prochaines
reprises, diffusées sur ta chaîne YouTube ?
Surement Let It Be Me de Ray
LaMontagneou une autre chanson qu'onon a filmée dans un train qui avait
déraillé dans le bois. Et ça fait 100 ans que le train est là.
Comment choisis-tu ces chansons ?
Je trouve ça fun d'attirer l'attention
des fans de ces artistes.Une chanson m'inspire, je m'amuse avec et je
la chante.
Ecris-tu aussi en français ?
Dans le futur peut-être, je ne suis
pas fermé à cette idée. Mes parents m'ont donné un fabuleux
cadeau, de pouvoir parler deux langues. Et j'ai déjà fait une
chanson en français avec Natasha St-Pier, La Route. Je suis ouvert à
tout.
Pourquoi avoir décidé de
participer à l'émission America's Got Talent ?
J'étais en Californie et j'ai eu un
appel pour faire les auditions. Je m'y suis rendu, il y avait
beaucoup de gens. Je n'ai pas été retenu pour faire partie du reste
du show. Mais ça reste une belle expérience, d'autant plus que j'ai
toujours rêvé de chanter pour Simon Cowell.
Qu'as tu fait pendant le
confinement, est-ce une période propice à la création pour toi ?
Ma femme et moi, nous venons d'acheter
une maison vers Mont Tremblant (Laurentides). J'ai travaillé dans la
maison pendant 5/6 mois pour arranger la ferme, prendre soin des
animaux. C'est la première fois qu'on a des animaux, des lapins, des
cochons, j'ai fait des marches dans le bois. On a un lac, on peut
pêcher. On n'a pas vu le confinement de la même manière que des
gens qui vivent à Montréal.
Tu es plus addict à Instagram, TikTok,
Facebook, Twitter, Youtube ou les jeux en réalité virtuelle ?
J'adore le casque de réalité
virtuelle. Les réseaux sociaux, c'est plus un job pour moi car c'est
une perte de temps mais dans la musique c'est beau de pouvoir
directement être connecté avec ses fans. Si je ne faisais pas de la
musique, je ne serais pas sur les réseaux sociaux. C'est assez
incroyable cette connexion.
Tu as reçu le trophée créateur
d'argent sur YouTube pour tes 100 000 abonnés à ta chaîne, une belle récompense.
Je trouve ça magnifique, j'apprécie
énormément l'amour que les gens envoient via les réseaux. C'est
grâce à eux si je peux continuer à faire ce que je fais. Cette
chaîne me donne l'opportunité de dire merci aux gens.
Quel est le compte Instagram que tu
nous recommandes de suivre ?
Des gens qui font des activités
extérieures, de l'escalade, de la randonnée, des alpinistes. Je
recommandes des comptes comme celui de Alex
Honnold, Jimmy
Chin, etc.
J'écoute aussi des artistes comme Ben
Howard, Depth
Over Distance est ma chanson préférée.
Avec qui rêverais-tu de collaborer
?
Il y a tellement de personnes. Je
rêverais d'écrire une chanson avec Ray LaMontagne.
J'adore sa façon d'écrire, ses
mélodies. Sa voix est complètement folle...
Quand j'étais jeune, j'étais fan de
lui, de John Mayer, de Jonny Lang. J'essayais de copier leur voix. Et
puis j'ai trouvé ma voix en chantant ces chansons.
Imaginez
8 vagabonds débouler dans votre salon en plein confinement pour
animer vos journées au son de merveilleuses mélodies folk… Pour
que ce rêve devienne réalité, il suffit de quelques clics. En
effet, trois ans après la sortie de leur premier album, le groupe
français The Yokel est de retour en octobre 2020, avec un deuxième
opus appelé "Y" (prononcer "why"). Cette joyeuse tornade
composée de 8 artistes (rien que ça) s’amuse avec les instruments
dans un album où violon, banjo, trompette, contrebasse et batterie
se répondent, accentués par des harmonies vocales en abondance et
des chœurs vigoureux, portés par la voix rauque de Thibaut et
soulignés par la voix maîtrisée de Lulu. Un moment de douceur et
d’apaisement à saisir de toute urgence.
Crédit photo : Michael Dispersio
Comment
avez-vous fait vos débuts dans la musique ?
Thibaut :
J'ai commencé la musique au collège avec des potes dont Damien au
banjo dans le groupe. On a commencé à faire de la musique, du punk
pour ensuite faire du punk hardcore dans le groupe Tess qui existe
encore aujourd'hui.
Que
signifie The Yokel ?
The Yokel signifie l'idiot du village.
En référence à nos débuts où nous n'étions encore que deux
(Lulu et moi) et le projet était pas mal à l'arrache, on faisait beaucoup de musique dans la rue, on trouvait que ça nous
correspondait bien et que ça sonnait bien.
Ce
n'est pas trop difficile de prendre des décisions quand on est 8
dans un groupe ?
Cela
peut l'être parfois mais on a réussi à s'organiser tous ensemble
avec le temps pour que chacun ait son propre rôle au sein du groupe
que l'on a défini à force de discussions, de réunions,
d'ajustements. Et ça fonctionne plutôt pas mal !
Que
raconte votre 2e album « Y » paru le 2.10.20 ? Pourquoi
ce titre ?
« Y »
évoque toutes les questions, les choix, les émotions que l'on peut
ressentir au quotient peu importe nos âges. « Y », à
prononcer « why », est un genre de voyage introspectif.
Que
raconte le single « Morgon Peak » ?
Le single
Morgon Peak raconte un road trip au Pic Morgon, un sommet des Alpes
du Sud qui se trouve à côté du lac de Serre-Ponçon.
Un
voyage dans l’inconnu où l'on suit la rivière de la Durance, puis
au fil des rencontres et des changements de plans nous conduiront à
poursuivre l’Ubaye. Des heureux hasards qui nous emmèneront à la
rencontre de gens incroyables, à être hébergés par des inconnus
puis à travailler dans un café-concert et jouer de la musique dans
des jardins. C'est une histoire sur les valeurs fortes du partage, et
la beauté du voyage.
D'où
vous est venu l'idée de faire un clip à l'image d'un jeu vidéo (où
l'on choisit son chemin) ?
Le
concept de départ, imaginé par Damien, était assez simple :
une destination, 2 chemins. Il a donc fallu imaginer 2 histoires
« opposées », nous ne voulions pas d'histoires
manichéennes avec le bien et le mal (une histoire positive et une
autre négative), nous avons donc imaginé 2 univers différents avec
Brice et le réalisateur. Le premier est centré sur la solitude et
l’introspection dans une imagerie basée sur la nature et les
grands espaces, le second est plus sujet aux rencontres humaines dans
un milieu urbain, ce qui nous a permis de jouer sur ces deux concepts
sans qu'un trajet soit envieux de l'autre.
Comme
le titre traite des choix, nous voulions immergé le spectateur dans
le vif du sujet. Et l'idée de Vincent (réalisateur) de faire deux
clips sert complètement le thème du titre.
Crédit photo : Michael Dispersio
Pour
faire une longue tournée de plus de 2 ans et plus de 60 concerts en
France, faut-il une hygiène de vie digne d'un grand sportif ?
Ahaha
non pas pour l'instant. Par contre le plus gros défi c'est qu’il
faut savoir parfois lever le pied sur la fête et se concentrer sur
la musique.
Qu'est-ce
que la covid a changé dans votre vie d'artiste ?
Pas
mal de choses malheureusement. L'album a été repoussé de mai 2020
à octobre 2020 ainsi que toutes nos dates de l'été 2020 à l'été
2021. On essaie de garder le moral, de profiter de ce temps pour
composer de nouvelles choses. Mais c'est une période longue, on a
vraiment hâte de pouvoir défendre cet album sur scène.
Est-ce
qu'il est facile de gagner sa vie en étant artiste, d'autant plus
dans un groupe composé de 8personnes ?
Et
d'autant plus en période de covid ! Ce n’était déjà pas
chose aisée mais là ça devient pas mal compliqué. On use les
plans b,c,d,e,f,g...
Quels
sont vos projets ?
Nous
annoncerons très bientôt la sortie d'un nouveau clip...et ensuite
on compte bien pouvoir remonter sur scène un jour et de pouvoir
revivre des moments de feu avec le public.
Avec
qui rêveriez-vous de collaborer ?
Pour
ma part je pense à Willie Watson, ancien banjoïste dans Old Crow
Medicine show. Mais nous sommes très nombreux dans le groupe avec
vraiment beaucoup d'influences différentes donc je parle vraiment en
mon nom.
Vous
êtes plus addict à Facebook, Twitter, TikTok, Instagram ou Snapchat
?
Addict
je ne sais pas mais on essaie de tenir à jour nos comptes Facebook
et Instagram. Les autres, pas encore. Mais pourquoi pas !
Quelle
est la chanson que vous écoutez en boucle en ce moment ?
Matt
Heckler - Haw River Ballad
Alexiane s'est fait connaître dans
le monde entier avec son tout premier single « A Million On My
Soul », révélé dans le film « Valérian et la Cité
des Mille Planètes » de Luc Besson, le mari de la tante
de la chanteuse. Attention aux conclusions hâtives, l'artiste a
travaillé dur pour en arriver là. Après une enfance au Sénégal
puis au Canada, Alexiane fait ses gammes à l'UCLA (Université de
Californie à Los Angeles), crée son propre label et a la force de
caractère de ne pas écouter ceux qui lui disent de surfer
rapidement sur le succès de son titre « A Million On My Soul »
(plus 40 millions de streams). Elle prend son temps pour mener à
bien son conte de fées et peaufine l'écriture de son premier album,
co-réalisé avec Carla Bruni (sortie prévue en janvier 2021).
Rencontre avec une jeune artiste de 28 ans, prometteuse.
Comment as-tu fait tes débuts dans
la musique ?
Je ne
me rappelle pas l'âge exacte mais je me rappelle que j'ai commencé
à chanter très jeune au Sénégal et que j'ai pris des cours de
djembé à l'âge de 7 ans. Puis j'ai pris des cours de chansons pop
et classiques à l'âge de 10 ans, au Canada. J'ai commencé à
écrire plus tard quand j'étais adolescente. Je suis passée de
l'écriture d'un journal intime à l'écriture de courtes histoires
puis enfin à des chansons.
Comment as-tu réagi face au succès
de ton 1er single « A Million On My Soul » ? Est-ce
que cela t'a mis de la pression pour la suite ?
Quand j'ai écrit
« A million on my soul » et quand la chanson est sortie,
j'étais encore étudiante. J'étais à UCLA (Université de
Californie à Los Angeles), je suivais des cours de « music
business and production » et en parallèle je créais mon
premier album. Le titre « A million on my soul » était
mon tout 1er single. Ce succès (plus de 40 millions de streams) a
été très gratifiant tout en mettant la barre très haut. Il m'a
mis une certaine pression mais je suis contente de l'avoir eue. Après
la sortie de ce titre, j'ai continué l'école, j'ai été diplômée
et j'ai créé mon propre label « Gion record ». J'ai
aussi travaillé trois années supplémentaires sur mon premier album
afin qu'il me ressemble vraiment. Beaucoup de personnes dans le
milieu souhaitaient que je diffuse ma musique rapidement mais c'était
important pour moi de travailler davantage avant de sortir quoi que
ce soit. Je suis contente d'avoir attendu car je suis fière du
travail accompli sur« Bad sounds », sorti en juin
2020.
Est-il parfois difficile d'être vu
comme la nièce de Luc Besson ?
Pas vraiment, je crois en mon propre
talent.
Ton premier album « Into the
Sun » est co-produit par Carla Bruni. Comment vous êtes vous
connues ?
Carla Bruni m'a
contactée après avoir écouté « A million on my soul »
et m'a demandé de lui envoyer une démo sur laquelle je travaillais.
Je lui ai envoyé ma chanson « Safe haven ». Après
l'avoir entendue, en 2018, elle m'a proposé de co-produire mon album
« Into the Sun ». Carla a été une vraie mentor durant
toutes ces années. Elle a un bon fond, elle est intelligente et une
sacrée oreille qui m'a guidée durant tout le processus d'écriture
de mon premier album. Je lui serai toujours reconnaissante d'avoir
été là pour moi et d'avoir cru en moi.
Que raconte l'album « Into the
sun » ?
C'est un voyage introspectif vers la
guérison. Une avancée vers la lumière. L'album traite de
l'isolement, de l'oppression, de la maladie, de la sexualité, des
relations avec les autres, de l'imagination, de la perte, de la mort,
du temps qui passe, de la spiritualité et de l'émancipation. Cet
album équivaut à 5 ans de thérapie.
Alexiane aux côtés de Salif Keita
Quel est ton lien avec le Sénégal ?
Comment ce pays influence ta musique ?
Mon père est à
moitié français, à moitié sénégalais. Et nous avons vécu
quelques années à Dakar quand j'étais enfant. Si vous écoutez
attentivement des titres comme « Bad Sounds » et « Into
the Sun » vous comprendrez comment mon enfance en Afrique a
influencé ma musique, que cela soit en termes de sensation,
d’interprétation et de rythmes. Dans l'album « Bad Sounds »,
vous pouvez écouter ma collaboration avec le légendaire chanteur
malien Salif Keita sur le titre « Gold ».
Que raconte cette chanson « Gold » ?
C'est une chanson spéciale que je
chante accompagnée de la voix en or d'Afrique, un cher ami et
mentor, Salif Keita. Elle évoque la beauté de vieillir, le fait
d'accepter la différence. Elle parle de force et d'amour propre. Il
y a aussi beaucoup de sens cachés que je révélerai avec le temps.
Que raconte le titre « Soldier »
et quelle est l'histoire du clip ?
"Soldier" est un hymne à
l'autonomie, à la force, au courage et à la confiance en soi.
Lorsque tout semble hors de portée, lorsque la solitude et
l'oppression des éléments extérieurs règnent, nous avons la
capacité de trouver en nous la force de surmonter les difficultés.
Avec qui rêverais-tu
de chanter ?
Mr Eazi, Rema, Dido,
Celine Dion, Carla Bruni... Et Amy Winehouse et Leonard Cohen s'il
étaient encore en vie ! C'est difficile ! Il y en a tellement
d'autres !! Chanter avec Salif est un
rêve qui est devenu réalité. C'est un de mes artistes préférés.
J'ai grandi en l'écoutant !
Tu es plus addict à
Facebook, Twitter, TikTok ou Instagram !
Après ses études Louise Philia Druelle
alias Loup Blaster, est revenue s’installer à Calais, sa ville
natale. Elle fréquente alors les
squats, les camps de fortune,
la Jungle de Calais et s'engage au quotidien en faveur des personnes migrantes. L'artiste touche à tout, à la musique, au
dessin, à la réalisation et multiplie les projets qui font écho
aux personnes exilées qu'elle côtoie.
Le 11 septembre 2020, Loup reviendra sur le
devant de la scène en musique, avec un EP intitulé « Philia ».
La chanteuse de 28 ans évoque le quotidien pas toujours rose de sa
vie natale mais reste optimiste en montrant que rien n'est terminé
malgré les expulsions. Loup, une artiste engagée comme on les aime.
Comment as-tu fait tes premiers pas
dans la musique ?
Mes parents se sont rencontré dans une
fanfare ! Mon père est luthier (réparateur d'instruments de
musique) et j'ai grandi entouré de musique. Enfant, je passais de
longs moments à m'amuser sur des pianos. J'ai appris le violon et la
contrebasse quelques années mais j'ai abandonné en entrant au
lycée, et je me suis tournée vers le dessin.
J'ai commencé à composer mes
premières chansons vers 20 ans sur garageband.
J'expérimentais beaucoup en bricolant ma voix, en faisant
des boucles. Par la suite j'ai été entourée d'amis « beat
makers » et donc j'ai sauté le pas et composé mes
propres instrus. Ça fait quelques années que je rode mes titres en
live et je vais maintenant les partager avec tout le monde : https://soundcloud.com/loupblaster
Tu es une artiste
pluridisciplinaire, dessinatrice, musicienne, réalisatrice. Est-ce
que tu pratiques ces différentes disciplines séparément ou tu
arrives à faire des oeuvres qui allient toutes ces disciplines ?
Tout est lié pour moi. J'ai toujours
aimé la pluridisciplinarité, c'est pour ça que je me suis d'abord
tourné vers le cinéma d'animation, le clip, le VJing. La relation
entre le son et l'image me passionne et j'ai aussi du mal à rentrer
dans une seule case.
Il y a tant de façons de raconter des
choses, j'aime que ça puisse passer par quelque chose de sensoriel,
de sensible. C'est ce qui m'a amenée à créer
une performance audiovisuelle (JUNGLE)
avec mon ami NUMéROBé et que je me lance aujourd'hui dans la mise
en scène de mon propre univers musical. Je prépare un premier
clip.
Avec ton oeil de réalisatrice, quel
est ton clip le plus abouti selon toi ?
Ça a été des années riche en
expérience. J'ai tourné avec lui en Europe sur son show, en étant
VJ sur scène, moi aussi. Donc faire du live et pouvoir travailler
sur tous ces supports comme le design d'un vinyl c'est ce que je
préfère et ce que je trouve le plus abouti.
Que raconte ton prochain EP
« Philia » ?
Philia, c'est un mot en grec
ancien pour désigner l'amitié, un amour inconditionnel. Cet EP
sortira début septembre.
En revenant vivre à Calais, j'ai été
aussi bouleversée qu'inspirée par la vie ici. A travers mes
rencontres avec des personnes exilées et grâce à une prise de
conscience politique. On a vécu des choses brutales et construit des
choses incroyablement belles. C'est cette histoire que j'essaye
de raconter dans mes chansons.
J'essaye aussi de mettre en lumière le
fait que rien n'est fini malgré les expulsions. Il y a et il y aura
toujours des gens de passage à Calais, et il faut les traiter avec
dignité dans le respect des droits fondamentaux. On ne peut pas
priver des personnes d'accès à l'eau, à la nourriture, aux
sanitaires comme c'est le cas aujourd'hui.
De qui t'es-tu entourée pour le
faire ?
J'ai fait cet EP seule, de la musique à
l'écriture, aux enregistrements.
Un ami, Bonzai DJ, a participé à un
des beats et pour le mastering des morceaux j'ai reçu l'aide
d'Amédée Duhamel et Alex Debuchy. Un 1er single est sorti le 1er
août 2020, sur la compile ALLOPOP de LaSouterraine, le clip
sera diffusé dans la foulée.
Que raconte le titre End it Up ?
End it up raconte le sentiment
d'enfermement et d'être prise au piège dans une ville qui se
barricade. C'est un appel à manifester, à marcher ensemble contre
la violence des frontières et tout ce que ça implique. Soyez à nos
côté, on a besoin de vous, de vos regards et de vos voix.
Qu'est-ce qui t'a donné envie de
t'engager pour la cause des migrants ?
Comme je disais, j'ai eu une prise de
conscience à partir de 2014 quand j'ai commencé à aller sur les
campements. J'ai vu le jeux malsain des élus politiques et
leurs manipulations médiatiques.
Je me suis dit que je devais agir et
montrer autre chose. En étant Calaisienne j'ai rencontré des gens
différents, de tous pays, avec des parcours et des caractères
différents. Ils ont changé ma compréhension du monde parce que
j'ai pu décentrer mon point de vue.
J'ai l'intuition et l'espoir qu'avec
les arts on peut montrer les choses autrement, avec douceur parfois,
ou en laissant exploser sa colère.
C'est aussi par la culture que j'ai
appris à connaître les exilés, à travers le langage, la
musique, la cuisine.
Tu es plus addict à Facebook,
Twitter, Instagram, Tik Tok ?
Je suis sur Instagram surtout et je
suis active sur ma page artiste Facebook. J'ai un tumblr aussi où je
partage mes créations visuelles.
Mais j'essaye de ne pas être trop
accro à tout ça. C'est pour ça que j'aime Calais qui est une
petite ville où l'on vit un peu comme dans un village parfois. On
croise des amis et des connaissances tout le temps sans avoir besoin
de son téléphone.
Quelle est la playlist que tu nous
recommandes d'écouter cet été ?
Je ne peux que recommander la compile
ALLOPOP de La Souterraine, sortie le 1er août.
20 morceaux de pop underground, variés
et généreux ! J'aime que La Souterraine s'intéresse à la musique
dans sa diversité, hors du flot mainstream. Dans un univers de plus
en plus sponsorisé, je trouve que c'est important de soutenir tout
le monde. C'est une démarche engagée dans ce sens.
Moi aussi j'espère trouver ma place
dans la cette sphère musicale, dont la première marche est de
sortir un morceau sur une plateforme collective. J'ai hâte d'avancer
et de partager de nouveaux morceaux.
Après un voyage initiatique en Norvège, Morgane Imbeaud est de
retour avec un magnifique album « Amazone ». En effet, à
30 ans la Clermontoise décide d'affronter sa phobie, la solitude et
part seule en voyage pour la première fois de sa vie afin
de faire face à ses démons. La petite fille a désormais grandi. Elle
est devenue une Amazone impliquée dans des causes et qui
sait en plus bien s'entourer. Jean-Louis Murat, l'actrice Marina
Hands, Renaud Brustlein font partie de ce voyage dont la bande-son
est un petit bijou pop folk d'une grande douceur qui nous dévoile
les doutes et les combats de cette grande artiste.
On t'a quittée sur ce blog en 2017 avec
les songes de Léo, depuis en 2018 tu as notamment enregistré
avec le chanteur Elias Dris un album de reprises des chansons du duo
Simon & Garfunkel. Comment s'est effectuée cette collaboration ?
Avec Elias, on voulait depuis quelques temps faire de la musique
ensemble et un producteur a évoqué l'idée de reprendre Simon and
Garfunkel. C'était un grand défi très enrichissant ! En plus
d'avoir pu faire de la musique avec Elias, j'ai surtout rencontré un
ami pour la vie.
Comment est né le projet Amazone ?
Le point de départ, le déclencheur, fut mon départ en Norvège
lorsque je suis partie seule pour la première fois de ma vie. J'ai
longtemps été submergée d'angoisses et de peurs que je trainais
depuis l'adolescence et qui s'étaient accentuées avec les années,
elles faisaient encore trop partie de mon quotidien.
Depuis ce voyage tout à changé, je me suis sentie libre, en accord
avec mes envies, j'ai quitté la petite fille pour devenir une femme.
Pourquoi
à 30 ans, as-tu ressenti le besoin de partir dans un pays nordique ?
J'ai toujours été fascinée par les couleurs des pays nordiques et
ma deuxième passion est la photo. La solitude a longtemps été une
phobie, et je voulais m'en débarrasser pour oser être libre.
Parce que je travaille sur moi depuis toujours, étant lassée de
trainer toutes ces peurs, j'ai enfin pu les affronter et surtout
les faire disparaître.
Je suis arrivée à Oslo, j'ai pris le ferry, je me suis arrêtée
sur l'île de Gressholmen, j'ai pleuré de voir tant de beauté
pour la première fois de ma vie, j'ai passé quelques heures à
faire des photos et j'ai surtout réussi à profiter de l'instant
présent, la plénitude. Cette île est mon refuge, personne ne
pourra jamais me gâcher ce que je ressens lorsque je vais là-bas.
C'est très rassurant, j'aime savoir que tout est possible et que je
ne suis jamais piégée quelque part.
Que raconte cet album Amazone ?
Amazone dénonce des normes d'une société que je n'aime pas, je
parle également de mes doutes (Storm), d'amour (si l'amour est un
sport), de déception (je t'en veux / rien ne dure), d'affirmation de
soi dans mes envies (Gressholmen).
Avec qui as-tu collaboré pour faire cet album ?
Renaud Brustlein de H-Burns a réalisé l'album et m'a confié
quelques chansons. C'était une vraie collaboration qui m'a beaucoup
appris autant sur la plan personnel que professionnel.
Comment as-tu rencontré Jean-Louis Murat et l'actrice Marina
Hands ?
Je connaissais Jean-Louis depuis longtemps, nous avons collaboré
plusieurs fois ensemble sur ses albums et sur mon projet "Les
songes de Léo" dans lequel il m'a aidée à formuler en chanson
mon histoire.
J'ai toujours travaillé avec des hommes et les femmes m'ont manqué.
Marina représente pour moi L'amazone des temps modernes. C'est une
femme libre et indépendante, passionnée, douce et affirmée, je
l'aime beaucoup. Nous avons des amis en commun, je me suis permise de
leur demander son contact pour lui proposer le duo sur Messenger,
elle a acceptée et j'ai adoré notre rencontre !
Amazone est aussi un clin d'oeil au féminisme. Quelles causes te
tiennent à coeur ?
Plusieurs causes me tiennent à coeurs mais je vais vous parler
de l'association Caméléon qui défend les enfants victimes de
violences sexuelles aux philippines et fait de la prévention contre
la pédocriminalité. Pendant le confinement, les filles victimes de
violences sexuelles recueillies dans les centres ont écrit un
texte en anglais car elles voulaient remercier le personnel
soignants. J'ai mis ce texte en musique et la chanson s'appelle
"Modern Heroes", il est possible de la télécharger via
Bandcamp pour seulement 1 euro. Tous les droits sont reversés
directement à l'association.
Je deviens également marraine d'une petite fille, je vous encourage
à aller visiter leur site, toutes les infos sont inscrites :
https://www.cameleon-association.org/
J'ai été extrêmement touchée par Laurence, la fondatrice de
l'association et l'histoire des filles. Laurence me redonne foi en
l'humanité. Je n'aime pas le monde dans lequel on évolue et c'est
important pour moi d'aider les autres, à mon niveau.
Que raconte le morceau « Beautiful Losers » ?
Tout est dans le titre, c'est un enchaînement de quelqu'un qui
ne sait pas prendre des bonnes décisions. « I lose
everything that I'm trying to keep close » est une phrase que
j'adore et qui me correspondait très bien auparavant.
Dans le titre « Gressholmen » tu
écris «Je n’ai plus peur de dire que sans vous
tout va bien.». Ce voyage a t'il permis de couper
le cordon avec tes proches ?
Tout à fait ! Mais couper le cordon avec ses proches ne signifie pas
les abandonner ou les renier, bien au contraire. J'aime les gens qui
m'entourent pour ce qu'ils sont, pas parce que j'en ai besoin pour
assouvir une peur irrationnelle.
Quels sont tes projets cet été ?
Je reste beaucoup en Auvergne pour écrire et enregistrer puis je
pars un peu dans les landes.
Où rêverais-tu d'aller cet été ?
Je devais partir en Norvège, faire un voyage dans les îles
lofoten... C'est bien évidemment remis à plus tard !
Quelle est ta playlist en ce moment ?
Je réécoute
toute la discographie de Patti Smith !
DJ Wallace est de retour avec un nouvel
album dont les mélodies du single « Love Novice » nous
feront danser tout l'été (à écouter ici) !
Le producteur et compositeur français s'amuse à mélanger les
genres musicaux et les collaborations avec des talents issus
d'univers différents que le sien. Les titres du DJ aux accents pop,
rock, soul, funk, électro rythmeront l'été.
Comment avez-vous fait vos premiers
pas dans la musique ?
J'ai fait mes premiers pas dans la
musique grâce à mes parents, mon grand frère, qui écoutaient Nana
Mouskouri, de la musique africaine et divers artistes
internationaux, rock, funk, dance...
Mes premiers sons je les ai
effectués sur la platine vinyle de mon père avec ses vinyles,
en m'amusant à mixer et scratcher dessus.
Pourquoi avoir décidé de créer
votre propre label en 2012 ? Cela signifie-t-il avoir plus de
libertés ?
J'ai décidé de
fonder mon propre label car en tant que DJ aujourd'hui, il est
pratiquement impossible d'exister sans produire ses titres. Cela veut
dire aussi que j'ai une liberté musicale sans être dicté par des
majors ou qui que ce soit grâce à cette indépendance. J'ai pu
créer ma signature vocale reconnaissable parmi tant d'autres. Cela
amène aussi une identité professionnelle pour pouvoir être
référencé et être crédible aux yeux de tous.
Votre musique a des influences
électro pop, funk, soul, hip-hop. Peut-on dire que vous êtes un DJ
touche à tout ?
Mes influences
font partie de mon ADN musical (mon enfance mes humeurs ma diversité
culturelle et sociale) effectivement on retrouve des influences, funk
électro, pop, dance et hip hop...
Toutes ces
influences m'appartiennent en quelques sorte car j'y ai baigné très
tôt. Je me considère comme un DJ hybride qui n'a pas de frontière
musicale mais qui assemble les influences d'hier et d'aujourd'hui qui
l'ont marqué pour ne faire qu'un.
Que raconte le titre Love Novice ?
Avec qui avez-vous travaillé pour le réaliser ?
Le titre Love Novice parle d'amour de
respect, de compassion et d'espoir. L'auteur qui interprète ce
magnifique titre s'appelle Mormoro, un artiste américain du
Minnesota. Je l'ai rencontré au Midem de Cannes, éco système
des intervenant de la musique mondiale et on à sympathisé. J'ai
composé la musique en France et je l'ai envoyée aux Etats-Unis pour
le mastering.
Que raconte votre nouvel album ?
Mon premier album est sortie au mois de
mai 2020, je n'est pas voulu changer la date de sortie (ndlr : malgré
le covid) car le printemps est symbolique selon moi pour une sortie
d'album. Il parle d'amour, de relations amoureuses qui finissent mal,
des situations du quotidien en général entre les personnes du sexe
opposée le message véhiculé par les artistes et la tolérance, la
compréhension, le désespoir, et les émotions primaires entre les
les hommes et les femmes.
Avec qui avez-vous collaboré ?
Les artistes avec
lesquels j'ai collaboré s'appellent Mormoro, Sophia Mojo,
Sizzlin Sunny, Eva Longa, Sandra Costa, Poulikiss, Miral... Tout ces
artistes sont anglo-saxons et indépendants.
Est-ce qu'il est facile de gagner sa
vie en tant que DJ ?
Vivre de sa passion est difficile tant
que l'on n'a pas une assise financière suffisante. Cependant
pour en vivre il faut faire des sacrifices et travailler sans cesse.
Il faut aussi être bien entouré pour que ça se concrétise et être
médiatisé grâce aux médias et réseaux sociaux..
Le confinement a t'il pour vous été
source de créativité ? Comment avez-vous vécu cette période ?
Le confinement n'a été en aucun cas
pour moi une source d'inspiration car l'atmosphère était trop
anxiogène. Il m'était impossible d'être créatif. La période
vécue était spéciale mais très enrichissante en même temps, avec
certaines prises de conscience.
Vous êtes plus addict à Facebook,
Instagram, Snapchat, TikTok ou Twitter ?
Je ne suis addict à aucun réseau
social, je les utilise par nécessité pour mon activité.
Quelle playlist nous conseillez-vous
d'écouter cet été ?
La playlist à écouter cet été est
Colors AllShows, playlist qui permet de découvrir les nouveaux
talents de demain.