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vendredi 27 mai 2016

L’Irlandais I Have A Tribe dévoile son premier album, un bijou pop-folk intemporel

Autoportrait avril 2016 @Hotel Alba Opéra

Le chanteur irlandais Patrick O’Laoghaire, alias I Have A Tribe, signe avec son premier album, « Beneath a Yellow Moon », 11 titres intemporels marqués par la douceur et l’émotion (sortie le 27 mai 2016 – Groenland Records). Ces morceaux laissent plus de place à la voix, atypique, du chanteur que ses deux précédents EP (Yellow Raincoats 2014, No Countries 2015). Et cet album, rempli d’enthousiasme, dévoile la joie enfantine de cet artiste de 28 ans qui a ouvert une boite aux trésors en entrant dans le studio du producteur Paul Savage, « une pièce débordante de jouets ». Le jeu semble être dans l’ADN de Patrick qui a effectué cette interview en français pour retrouver ses marques avec la langue de Molière, langue à laquelle il montre son attachement dans cet album, avec un titre en français « La Neige ». 

Comment as-tu fait tes premiers pas dans la musique ?

Il y a toujours eu un piano chez moi mais mes parents n’y jouaient pas. Par contre, ils m’ont encouragé à faire de la musique si je le souhaitais. J’ai ainsi pris mes premiers cours de piano vers l’âge de 4 ans. Mon professeur disait que j’avais des atouts pour divertir les gens… Lorsque mon professeur me demandait ce que je voulais jouer, je lui répondais du jazz. J’ai le souvenir de moments agréables, sans pression.

Puis, durant un an seulement, j’ai étudié le piano au lycée. A l’université, j’ai étudié la musique et j’ai joué de la guitare, du piano dans un groupe qui s’appelait Slow Skies. On joue d’ailleurs toujours ensemble quand on a du temps. Ce groupe était une bonne façon de commencer dans l’univers de la musique ! Durant plusieurs années, je m’épanouissais à écrire des chansons dans mon coin.  Puis j’ai envoyé une lettre à mon ami Conor O’Brien (Villagers) afin qu’il m’aide à faire des chansons pour mon 1er EP.


D’où est venu ton nom de scène I Have A Tribe ?

Pour moi, le mot « tribe » (ndlr : tribu en français) est synonyme de sécurité, de calme, c’est la famille. A un concert, selon moi, le public et l’artiste sont comme une tribu, il n’y a pas de séparation.

En 2014, tu as sorti ton 1er EP « Yellow Raincoats », enregistré avec Rob Ellis et Conor O’Brien. Comment as-tu fait la connaissance de Rob Ellis qui a notamment travaillé avec PJ Harvey, Anna Calvi ?

J’aimais beaucoup les arrangements d’un CD d’Anna Calvi, alors j’ai de nouveau envoyé une lettre mais à Rob Ellis cette fois-ci. Et son manager m’a répondu ! De manière spontanée, il m’a donné beaucoup d’idées pour mon album.
En 2015, tu as sorti l’EP « No Countries », au mois de mai 2016, tu t’apprêtes à sortir ton 1er album « Beneath A Yellow Moon »,  t’es-tu donné comme objectif de sortir des nouveaux morceaux chaque année ?

Non ce n’est pas mon objectif d’autant plus que dans cet album certaines chansons sont très vieilles, d’autres nouvelles. Mais il est vrai que j’aimerai faire le prochain album l’année prochaine. C’est un bon rythme, pas trop exigeant si on a assez d’idées. Il est d’ailleurs plus fatiguant d’avoir des idées et de ne pas pouvoir les retranscrire en musique.

De quoi parle « Beneath A Yellow Moon » ? Et de qui t’es-tu entouré pour faire cet album?

Pour cet album j’avais juste envie de jouer comme un enfant, comme ma petite nièce de 2 ans,  qui, assise au piano chante de façon spontanée. Je suis donc allé au studio avec Paul Savage (ndlr : le producteur de cet album) et on a fait les chansons aussi naturellement.
Cet album est comme un journal intime sur ma vie mais j’ai voulu éviter d’être trop triste. Ce journal intime sert aussi à s’adresser aux autres, à être reconnaissant. Par exemple, pendant l’enregistrement de l’album on a fait un concert avec des amis à Dublin. Et j’ai écrit la chanson « La Neige » pour les remercier.

Paul Savage m’a beaucoup fait rire dans le studio. Pour moi, c’est très important de ne pas trop se prendre au sérieux sinon la magie de l’enregistrement est en danger. Paul a vite compris quelle direction musicale je voulais prendre, je tapais la mesure avec un stylo et il savait où je voulais aller. Il est très ouvert et aussi critique.

Dans cet album on peut à un moment entendre le plancher craquer sous ton piano, c’est plutôt original…

Il nous arrivait une fois une chanson terminée de faire 2 ou 3 prises supplémentaires avec les bruits des mouvements dans la pièce, les conversations.

Pourquoi le titre du 1er single « La Neige » est en français ?

« La Neige », c’est une chanson que j’ai écrite pour dire merci à mes amis après un concert. Et il s’avère que le bassiste s’appelle Dan Snow et que mon batteur l’appelle « Snow » (ndlr : neige en français). Et à l’origine d’ailleurs, le titre de l’album était aussi en français.



La pochette de l’album est peinte par Dave Hedderman comment en êtes-vous venu à travailler ensemble ?

C’est un ami à moi qui habite entre Dublin et Berlin qui a d’ailleurs déjà peint la pochette de l’EP « No Countries ». Lorsque j’ai terminé les chansons de cet album, je lui ai envoyé. Et il s’est promené dans un parc en écoutant ces chansons et après ça il a peint la couverture.  Je retrouve les gens de la couverture dans chaque chanson, je sais qui est qui.

Tu es plus un utilisateur de Facebook, Instagram ou Twitter ?

Instagram est plus simple à utiliser pour moi, d’autant plus que je ne suis pas trop sur les réseaux sociaux.  Pour moi, c’est un peu étrange, je n’aime pas être tout le temps avec mon portable. Mais comme tous les autres sont connectés, je suis obligé de l’être moi aussi.  D’ailleurs quand j’avais perdu mon portable c’était super, j’étais libre…


I have a tribe en ligne

samedi 30 avril 2016

William Fitzsimmons est rattrapé par le fantôme de sa grand-mère, devenue une muse inconnue

Crédit : Erin Brown


On ne se dirige jamais vers une carrière de psychothérapeute par hasardEt pour cause, le destin semble encore rattraper l’artiste américain, William Fitzsimmons, avec l’histoire que dévoile son nouvel EP « Charleroi : Pittsburgh volume 2 » (1er avril 2016). « Charleroi » est la seconde moitié de l’album « Pittsburgh » (2015) qui parlait de sa grand-mère maternelle. Ainsi, le chanteur folk nous emmène cette fois-ci sur les traces d’une muse – sa grand-mère paternelle - si proche de lui mais qu’il n’a pourtant jamais rencontrée. L’histoire fera en sorte que Thelma, cette grand-mère ne connaisse jamais son fils, qu’elle a cru mort. De cette découverte, William Fitzsimmons créera 6 chansons d’une touchante sensibilité qu’il a rendues très poignantes sur la scène des trois Baudets, à Paris, le 20 avril 2016. En 2014,  le chanteur me confiait : « Au final, en voulant soigner les gens on essaye de se soigner soi-même ». Espérons que ces chansons pansent quelques plaies du passé. 
Autoportrait déformé par William Fitzsimmons 20.04.16 @Les3Baudets
De quoi parle ton nouvel EP « Charleroi : Pittsburgh volume 2 » ?
Il parle de Thelma, ma grand-mère biologique que je n’ai jamais connue.
Bébé, mon père a été emmené à l'hôpital parce qu’il avait la coqueluche. A la suite de cette hospitalisation, il a été adopté par un médecin qui est devenu son père.
Etant papa de deux enfants adoptés, j’ai eu envie de faire des recherches sur cette partie de ma famille que je ne connaissais pas, juste pour voir ce qu’il pouvait en ressortir, essayer de savoir d’où je venais. Et en 2015, j’ai retrouvé les traces de cette partie de la famille.
Mon père avait été déclaré mort bébé par erreur. Sa famille biologique n'a donc jamais cherché à le retrouver. Et malheureusement, sa mère est décédée plusieurs années avant d'avoir pu revoir son fils. Elle s'appelait Thelma et c'était ma grand-mère. Elle venait de Charleroi en Pennsylvanie.
Thelma est donc devenue la muse inconnue de cet album ?
Oui en quelque sorte, j’ai essayé de comprendre ce qu’elle représentait pour mon père et pour moi. C’est une situation bizarre : je lui ressemble et pourtant je n’ai jamais pu avoir aucun contact avec elle avant sa mort.
Est-ce l’histoire de ton père t’a donné envie d’adopter tes deux enfants ?
Il existe une expression en anglais qui dit « It was the last straw that broke the camel’s back » (ndlr : « c’est la goute d’eau qui fait déborder le vase ») qui signifie qu’il y avait déjà beaucoup de raisons qui me poussaient vers l’adoption et cette histoire a été un nouvel élément déclencheur. Ma femme m’a aussi rappelé que de part mon histoire, il était normal d’adopter. Et quand elle m’a dit ça, je me suis dit que c’était vrai, pourquoi je n’adopterai pas moi aussi.
Peut-on dire que cet EP « Charleroi : Pittsburgh volume 2 » est plus paisible, plus chargé d’émotions que les autres ?
Ils sont tous chargés d'émotions. Selon moi, dans cet EP je montre un côté plus résigné et je suppose, aussi de la colère. L’album « LIONS » était plus empreint de confusion et de colère. Mais l’adjectif paisible mon convient bien, même si c’est bizarre parce que je ne me sentais pas du tout paisible pendant la phase de création.  
William Fitzsimmons et Abby Gundersen à Paris Crédit : W.Fitzsimmons

De qui t’es-tu entouré pour faire cet EP ?
J’ai produit cet album moi-même mais j’ai introduit une amie, Abby Gundersen dans ce projet. Certains artistes ont différentes sensibilités quand ils jouent, certains jouent très rapidement, d’autres de façon violente. Et je voulais travailler avec Abby car en plus d’être chanteuse, elle joue du piano, du violon et elle a cette sensibilité, cette douceur qui s’accordent parfaitement avec le sujet sensible de l’album.
Après l’album Pittsburgh (2015) sur ta grand-mère maternelle, étais-tu pressé de faire ce volume 2 de l’album ?
Pittsburgh n’était pas censé avoir de suite. J’ai découvert le passé de Thelma lorsque j’étais en tournée pour l’album Pittsburgh. Je me suis dit que c’était le destin, l’autre partie de l’histoire était là.  Le bon côté des choses lorsqu’on a une mauvaise passe, c’est que l’on écrit rapidement, tu n’as plus qu’à prendre ta guitare et écrire. Ainsi, cet EP « Charleroi » a été écrit très rapidement.
Où te trouves-tu dans la vidéo du clip « A Part » ?
Dans une petite ville appelée, Alton (Illinois) au nord de Saint-Louis. C’est un mini Pittsburgh. C’est horrible ce que je vais dire mais je voulais trouver une ville avec la même tristesse que Pittsburgh.

Ce soir le concert se joue à guichet fermé. Est-ce que tu entretiens un lien particulier avec le public français ?
Pas spécialement. Chaque soir l’expérience est toujours différente mais je pense que la raison pour laquelle les gens viennent à mes concerts est presque toujours la même au-delà de la langue, du sexe, de l’âge. Il y a d’ailleurs parfois de grands écarts d’âge à mes concerts. Je crois que les gens veulent ressentir quelque chose de fort dans un environnement où ils se sentent bien tout en étant entouré. C’est une chose de pleurer tout seul mais partager des émotions avec d’autres personnes,  s’en est une autre. C’est très puissant, ça peut changer certaines perceptions.

Après les attaques terroristes à Paris, est-ce qu’en tant qu’artiste on réfléchit à deux fois avant de se produire sur scène ?
Bien sûr, j’ai des enfants. D’ailleurs, on a joué à Bruxelles dernièrement et notre vol a été annulé à cause des attentats. J’y pense parce que j’ai des enfants mais dans le cas contraire je ne crois pas que cela me préoccuperait. Je ne veux pas paraître ringard mais on dirait qu’à Bruxelles et à Paris, les gens ont l’air de suivre le cours de leur vie. Et c’est super. La première chose à laquelle j’ai pensé quand j’ai entendu parler du Bataclan est « c’est horrible » puis je me suis dit « ils s’attaquent à des gens qui font mon métier ». C’est plutôt égoïste comme pensée et je n’en suis pas fier. C’est encore tout nouveau, on est dans un monde en plein changement…
Crédit : Erin Brown
Tu es plutôt un utilisateur de Facebook, Instagram ou Twitter ? 
Ah ah… Je ne suis pas très doué avec ça ! J’adore entrer en contact avec les gens. J’aime encore parler avec les gens et oui je suis vieux ! Si tu me donnes le choix, je préfère m’asseoir et parler avec quelqu’un et je twitterai sur notre conversation plus tard…
As-tu d’autres projets ?
Oui, je vais faire de la musique pour un film. C’est encore un peu tôt pour en parler mais je suis très excité. Ma musique a déjà été utilisée pour la télévision (ndlr : Grey’s Anatomy) mais ce n’était pas pareil, là je vais réellement être impliqué dans la phase de création.
La musique est tellement géniale… J’adore cette sensation quand on regarde un film, qu’une musique commence et qu’on pleure car l’ensemble de la scène est magnifique. Je veux être impliqué dans ce genre de projet.
Et j’ai lu que tu allais aussi participer à un album « Say Yes ! » qui rend hommage à Elliott Smith (American Laundromat Records) qui sortira en octobre 2016.
C'est vrai, je chante "Say Yes", je suis un grand fan de cette chanson. J’ai été honoré qu’on me propose de participer à cet album d’autant plus qu’Elliott Smith m’a beaucoup influencé, c’est un héros pour moi. Ma version de la chanson est plutôt différente de l’originale. Je joue cette chanson depuis que je suis tout petit.
Peut-on s’attendre à un nouvel album en 2017 ?
Je ne sais pas (rires) ! Peut-être... si j’ai de l’inspiration pourquoi pas mais je ne tirerai pas trop sur la corde. Je l’ai fait une fois et je ne le referai jamais. Il faut parfois prendre le temps de s’asseoir et voir ce qu’il en sort. Une chanson, ça n’a rien de facile. C’est comme une relation amoureuse, il faut parfois savoir tirer la personne vers le haut et d’autre fois, se retirer.
 
William Fitzsimmons en ligne :
Discographie :
2016 : Charleroi : Pittsburgh Volume 2
2015 : Pittsburgh
2014 : LIONS
2011 : Gold in the shadows
2010 : Derivitaves
2009 : Live from the downtown studios
2008 : The sparrow and the crow
2006 : Goodnight
2005 : Until when we are ghosts

jeudi 31 mars 2016

Soem trouve les mots sur le quai du métro


Paris, Opéra, ligne 3. Une voix atypique se fait entendre du bout du couloir de métro. Quelques pas supplémentaires et un visage se dessine pour finalement tomber nez à nez avec Soem, sa guitare et ses chansons bien affutées. Derrière cette voix se cache déjà un long parcours musical, des castings et des doutes. Rencontre avec la chanteuse Soem en pleine préparation de son deuxième album.

Autoportrait par Soem
Comment as tu fait tes 1er pas dans la musique ?
Mes parents ne sont pas du tout issus de l’univers du spectacle. Mon père a une très belle voix et il chantait toujours des reprises, à la guitare, de classiques français : Brassens, Brel, Léo Ferré mais uniquement dans le cadre du cercle familial. Il y avait beaucoup d’émotion quand il chantait. Quand j’ai découvert Léo Ferré, je me suis même dit que je préférais l’interprétation de mon père. Ma mère, elle, a toujours eu envie d’avoir des enfants artistes, elle a donc mis mes deux sœurs et moi à la musique. Et elle m’a proposé de faire de la guitare.

Concernant l’opportunité d’accomplir ses rêves, j’ai suivi l’exemple de mon père qui a exaucé un rêve d’enfant, celui de devenir pilote de ligne. J'aimais tellement sa voix que je trouvais d’ailleurs, que c’était un peu du gâchis qu’il ne soit pas chanteur.

Comment as-tu saisi l’opportunité de devenir chanteuse « professionnelle » ?
©Soem
Vers l’âge de 15, 16 ans, j’ai très vite transformé mes poèmes en chansons. D’autant plus que j’avais le sens de l’improvisation des mélodies. Puis, j’ai effectué mon premier concert au lycée avant d’en faire à peu près un par an.

Ça ne m’a pas traversé l’esprit de devenir chanteuse avant d’arriver en 3ème année d’école de commerce. A cette époque, j’ai rencontré des musiciens dans la rue et j’ai fini par aller les voir en concert. Je me suis alors rendue compte que ce n’est pas impossible de jouer de la musique sans être connue. Et je me suis dit que je pouvais jouer aussi bien que ce groupe. Ce qui m’a vraiment poussée à prendre ce tournant, c’est que je pensais avoir plus de talent dans ce secteur que dans celui du business que j’étudiais.

Ainsi, après avoir terminé mon école de commerce, j’ai contacté un jeune réalisateur, Chris Gorski et on a fait notre première maquette qui m’a conduite dans les bureaux de Warner.

Que signifie ton nom de scène Soem ?
Après avoir écumé les noms comme ON, Vega, le nom de Soem est arrivé, un nom trouvé par Olivier Berthelot qui a travaillé avec moi sur mon premier album. Il s’agit d’un mix entre les mots « soul » et « poème ».

Comment as-tu fait ta 1ère maquette de 5 titres ?
En 2003, je suis partie à la conquête de Paris ! Avec l’aide de Chris Gorski, rempli comme moi d’idéalisme, j’enregistre une première maquette de 5 titres. Cet enregistrement me permet de rencontrer Olivier Berthelot qui devient mon frère de composition pendant plusieurs années.

Puis d’un projet à 4 mains, Soem est devenu un projet solo avec mon premier album (2008). Puisqu'Olivier, le 2ème pilier de Soem a d’autres appétits musicaux. Mais je me suis vite rendue compte que j’avais moins de pression seule. Car en solo, je n'ai de comptes à rendre qu'à moi-même, que cela soit pour trouver des dates de concert, réaliser la communication…

Que raconte ton 1er album Soem (2008) ?

Cet album évoque une époque de ma vie où j’étais jeune, idéaliste et innocente. Quand j’écris des chansons, je décris les émotions que je traverse. Il n’y a pas de thème global pour l’album, plusieurs sentiments sont évoqués. Certaines chansons ont une lecture mystérieuse, mystique, spirituelle (« Marionnettes », « Les signes », « Le sel de mon âme »). Certaines évoquent des prises de conscience que j’ai eu à l’époque à un niveau psychologique, artistique, ou de ma vie quotidienne (« Je me rassemble », « Dans ma peau », « le mécanisme », « Désinvolture »). D’autres parlent d’amour : avant,  au début, pendant, au moment de la rupture (« Qu’il arrive », « Ne dis mot Trésor », « Eclipse »). Le chanson « le mécanisme » relate d’ailleurs une relation de couple dysfonctionnelle dans laquelle j’ai été. Le texte souligne que nous ne sommes pas obligés de nous enfermer dans un idéal. Si tu es trop stricte, la vie à deux devient comme une prison.


Cet album de 12 titres est ponctué de 3 collaborations. Sully Sefil est un rappeur que j’ai rencontré via Myspace tout comme San Lluis. Et j’ai aussi collaboré avec Lokua Kanza, virtuose de la chanson africaine, à l’époque, j’avais entendu parler de lui grâce à des magazines de musique du monde. C’est un incroyable chanteur doté de sacrées nuances dans sa voix. Je suis très sensible aux voix.

Cet album a été accouché dans la douleur, l’enregistrement était difficile. Olivier qui m’a aidé à le faire était très exigeant, perfectionniste. Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi il voulait que je retravaille certains textes de l’album. Je ne l’ai pas écouté pendant de nombreuses années. Mais encore aujourd’hui, je le trouve encore très beau.


©Soem
Tu as passé de nombreux castings comme celui de The Voice, quel est l’envers du décor ?
A La Nouvelle Star, c’était horrible, on nous traitait comme du bétail et ils s’en enorgueillissent. Je ne sais pas si c'est toujours le cas aujourd'hui. Les candidats attendaient dehors, dans le froid toute la journée. Quand j’ai vu l’intérieur de l’immeuble, j’étais révoltée car il y avait la place pour abriter une bonne partie de la foule. En 2012, j’ai candidaté à The Voice, un casting très classe, on se sent respecté en tant qu'artiste. Il y  a même un coach pour t’épauler avant l’audition.

As-tu envie de retenter ta chance à ce genre de castings ?

Oui, c’est possible que je retente ma chance à The Voice. Mais aujourd’hui si je participe de nouveau à ce genre de casting, j’irai sans peur. Si je suis retenue je serai juste heureuse plutôt que d’angoisser pour la suite. La chance sourit quand tu es prêt à l’accueillir. A l’époque je n’étais pas prête car quelque chose en moi avait peur d’aller plus loin. C’est pour cela que je n’ai pas réussi ces castings dans le passé. J’ai toujours voulu être une artiste reconnue mais comme ça ne s’est pas produit, j’ai compris qu’il y avait quelque chose en moi qui me freinait. Une peur que j’ai démêlée et résolue aujourd’hui, j’ai passé un cap. 

Je t’ai découverte dans le métro parisien, comment en es-tu arrivée à chanter dans ces couloirs ?
Au départ, je trouvais que c’était humiliant de faire ça ! Et puis j’ai rencontré des artistes de métro, des talents, des gens extraordinaires qui m’ont éblouie. Un jour, un ami m’a proposé de passer le casting pour avoir la carte d’accès à la RATP. J’ai aimé la façon dont j’ai été accueillie par l’équipe de la RATP.

Au début, je trouvais ça très dur puis un ami m’a donné des conseils.  J’ai trouvé un endroit qui me plaisait, sur le quai du RER A. Mais j’ai été attrapée par les contrôleurs car je jouais sur le quai, ce qui est interdit. Puis, j’ai appris à reconnaître les endroits du métro où j’aime jouer, près des quais notamment car les gens peuvent s’y attarder avant de prendre leur métro. Sinon ils passent à toute vitesse et c’est très frustrant.
Mais ce n’est pas si dur que ça si l’argent tombe ! Si les passants lâchent une pièce, ça redonne confiance en soi. 



As-tu un projet d’album ?
Ça fait longtemps que je veux sortir un 2e album et un ami Niko Coyez m’a conseillée de réfléchir à ce que je veux vraiment, de me fixer un petit objectif, puis un plus grand… Je me suis alors fixé l’objectif de faire un album !

Niko Coyez a enregistré son 2ème album en une semaine. J’ai alors voulu faire pareil mais je n’ai pas le même génie que lui. Il a une grande confiance en lui et une très bonne oreille.  Il repère tout de suite ce qui ne va pas. La création de l’album a été ralentie car Niko a émigré en Malaisie en 2014. Quand il était en France, tout allait plus vite.
En 2015, j’étais découragée et je me suis dit que j’arrêtais face à la masse de travail à effectuer. Je ne me sentais plus soutenue.

Mais depuis janvier 2016, tout s’est débloqué. Yannick Vorangine, un ingénieur du son m’accompagne. Niko est revenu en France pour quelques mois. En 2 jours, on a réalisé ce que j’aurai  pu faire seule en 2 mois. D’ici l’été on devrait avoir bien avancé. Si tout va bien l’album devrait sortir d’ici le début de l’année 2017.

Ça sera un album très acoustique, très « joué », contrairement au 1er album qui contient beaucoup de programmations. Il contient des percussions, de la guitare, de la flûte, de l’harmonica. Les auditeurs retrouveront le son de Nico et se retrouveront face à de nombreux ressentis : la mélancolie, la folie, la gaité, la fantaisie. Je prends plus de risques, je suis plus audacieuse que dans le premier album où j’étais face à quelqu’un de très perfectionniste. J’avais peur de faire des erreurs. Dans ce deuxième album, je me lâche !


Tu es plutôt inactive sur les réseaux sociaux, est-ce une volonté de ta part ?

Depuis 2015, je ne communique plus car j’avais peur de me retrouver face à mes fans  car je n’ai pas respecté le planning de sortie de ce deuxième album. La honte m’a  donc détournée des réseaux sociaux. De plus, j’ai eu à répétition des problèmes de matériel (téléphone, ordinateur). Et de toute façon, je n’avais pas d’actualité à mettre en avant. Ce que j’aimerais c’est produire des vidéos régulièrement sur YouTube. Mais il y a un juste milieu à trouver par rapport à mon exigence de qualité et la nécessité aujourd’hui d’aller vite. Et le mieux est l’ennemi du bien…
Cette interview est ainsi une bonne occasion pour communiquer de nouveau sur mes réseaux sociaux.


Soem en ligne
Site Internet

Concert
23.04.16 - Bistrot Pyramide 

lundi 29 février 2016

Lola Marsh la révélation indie folk de cet hiver


Lola Marsh, le duo israélien de musique indie folk, est la découverte de cet hiver. Avec la sortie de leur EP « You’re mine » le 29 janvier 2016, la chanteuse, Yaeli et le guitariste, Gil montrent leur talent. En effet, le timbre de voix particulier de Yaeli et les chansons entrainantes de ce duo laisseront peu d’auditeurs insensibles. Et la vidéo très esthétique de leur chanson « You’re mine » ajoute un charme supplémentaire à cette musique qui pourrait devenir un futur tube !

Selfie de Lola Marsh - février 2016



Comment avez-vous fait vos premiers pas dans la musique ?

Yaeli : Je me rappelle que déjà très jeune je chantais et dansais. J’ai toujours aimé être sur scène et la sensation que procure de raconter une histoire ou chanter une chanson face à un public. J’ai appris à jouer de la guitare à l’âge de 13 ans et j’ai étudié la musique au lycée. Mon professeur de guitare a été le premier musicien de ma vie à me dire de me lancer dans la chanson.

Gil : J’ai grandi dans une maison remplie de musique, et aussi loin que je puisse me souvenir, la musique a toujours joué un rôle important pour moi. Mon père jouait de la guitare et chantait un peu. C’est lui qui m’a montré comment jouer de cet instrument. Et j’ai aussi pris des cours de piano à l’âge de 6 ans et de guitare à l’âge de 11 ans.





Comment vous êtes-vous rencontré ?
Yaeli : On se connaissait déjà avant de fonder le groupe mais le moment déterminant a été la fête d’anniversaire de Gil. On a joué quelques chansons ensemble et ça a fonctionné.

Gil : Je crois qu’à cette période nous cherchions tous les deux la bonne personne avec qui faire de la musique. Avec Yaeli ça a été magique. On aurait dit que sa voix et ma façon de jouer étaient en symbiose.

Yaeli, comment avez-vous pris votre décision de travailler plutôt dans la musique que dans le monde de la mode ?
La musique a toujours fait partie de ma vie. J’ai toujours joué, chanté, écris et été sur scène. Après le lycée, j’ai voyagé en Inde et quand je suis rentrée j’ai ressenti que je voulais essayer quelque chose d’autre et de nouveau, j’ai donc étudié la mode et le stylisme. Puis, je me suis rendue compte que ce n’était pas ce que je voulais faire et que je voulais refaire de la musique. Ca a toujours été mon “vrai” rêve.





Yaeli, quelle histoire se cache derrière votre timbre de voix si particulier ?
Il y a quelques années, j’ai été opérée des cordes vocales, je pensais que c’était la fin de ma carrière, ma voix avait changé et soudain, je ne pouvais plus utiliser ma voix comme avant. J’étais déprimée et cela m’a pris du temps pour m’habituer à cette nouvelle voix. Quand j’ai rencontré Gil, il aimait mon timbre de voix bas et rocailleux et j’ai commencé à l’aimer de nouveau et à tel point que j’ai recommencé à croire en mon rêve…

Que raconte votre EP “You’re Mine” ?
Il parle de la vie de tous les jours, les rêves, les fantasmes, la peur d’échouer, le succès. Il traite d’amitié et d’amour. On écrit sur tous les sujets qui nous viennent à l’esprit et qui nous tiennent à coeur.

Quelle est votre méthode de travail ?

Elle change tout le temps. Parfois on écrit d’abord les paroles et parfois la mélodie. On aime alterner les instruments parce que chaque instrument nous apporte une atmosphère différente : le piano, la guitare, le ukulélé, la batterie… Parfois nous écrivons chacun de notre côté, parfois ensemble, ça nous stimule. On s’inspire des films, des livres, des paysages, des gens et bien sûr des musiques que nous adorons.



Les médias français parlent beaucoup du conflit israélo-palestinien. Cela a t-il un impact sur votre musique ?
On sait que la situation en Israël est très compliquée. Bien sûr que cela nous affecte. Cependant, l’objectif de notre musique est d’amuser les gens et de réchauffer leur cœur. Nous voulons les rendre nostalgique, romantique et les faire s’évader de leur quotidien pendant quelques minutes.


Vous êtes plus accros à Facebook, Twitter ou Instragram ?
Sans hésitation, Facebook parce que c’est plus populaire en Israël. Mais on utilise également Instragram et Twitter. Vous pouvez aller visiter nos comptes !


Quels sont vos prochains projets ?
On vient juste de sortir notre premier EP et notre première vidéo. La prochaine étape est de sortir notre album en écrivant et enregistrant de nouvelles chansons. En parallèle on a beaucoup de concerts prévus en Europe et aux Etats-Unis.

Pour gagner l'EP du groupe, c'est par ici : http://po.st/LolaMarshCG

Concerts
13.04.16 - Les Etoiles à Paris
14.04.16 - Le Printemps de Bourges


Lola Marsh en ligne

dimanche 31 janvier 2016

Noiserv, l’homme orchestre qui a apprivoisé 100 instruments

Autoportrait par Noiserv

Les artistes comme David Santos, alias Noiserv, sont désormais rares ! En effet, le chanteur portugais ne se contente pas de jouer 4 ou 5 instruments sur scène, il préfère multiplier les prises de risques et utilise une 15e d’instruments lors de ses concerts et en possède 100 dans son studio. L’exploit est impressionnant, tout comme la réédition française (2015) de son album Almost Visible Orchestra (A.V.O), sorti en 2013 au Portugal. Il révèle des morceaux électro-acoustiques qui alternent entre douceur et complexités mélodiques. L’exercice semble pourtant facile pour celui qui accumule jusqu’à 15 mélodies dans une même chanson.  Cet album révèle un homme avide de découvertes et même un duo avec le Français Cascadeur sur la chanson Don’t Say Hi If You Don’t Have Time For A Nice Goodbye. Rencontre avec cet impressionnant multi instrumentaliste qui pourrait être surnommé l’homme orchestre.

Comment as-tu fait tes premiers pas dans la musique ?
J’ai commencé par créer mon premier groupe à l’âge de 14 ans avec des amis. Et à la même période, j’ai pris des cours de guitare.

Qu’est-ce qui t’a poussé à arrêter tes études d’ingénieur pour te lancer dans la musique ?
Je n’ai pas arrêté mes études, j’ai obtenu mon master et j’ai même travaillé pendant 3 ans dans une entreprise. Puis, j’ai décidé de tout arrêter pour essayer de mon consacrer 100% à la musique.

Quel est le secret pour apprendre à jouer autant d’instruments ?
C’est juste une question de temps, il faut juste essayer et encore essayer. Et puis un jour on sait jouer !

As-tu une méthode de travail particulière pour écrire tes chansons ?
Ce n’est jamais la même. Parfois, ça commence avec une mélodie au piano ou à la guitare accompagnée de ma voix. Puis je vais en studio et passe des heures à essayer plein de choses !

Que signifie ton nom de scène « Noiserv » ?
Si tu intervertis le « e » avec le « r » et lis dans le sens inverse, tu comprendras !

Que raconte ton dernier album "Almost Visible Orchestra" ?
C’est essentiellement sur moi et la manière dont je fais face à tout ce qui m’entoure. Le thème principal de l’album s’intéresse à comment on devrait réagir à la déception face à nos rêves. Et je pense qu’échouer va de pair avec le fait d’être acteur de notre vie.

Quelle est l’histoire derrière ta chanson faite avec Cascadeur ? Comment l’as-tu rencontré ?
J’ai découvert sa musique et l’ai rencontré grâce à Marie, son manager. J’ai adoré sa voix plutôt aiguë et son tempérament mélancolique, on a donc travaillé ensemble !



Tu as joué sur des scènes très prestigieuses, dans des festivals dans lesquels tu as partagé l’affiche avec de grands noms comme Arcarde Fire, Portishead. Est-ce qu’il y a des endroits plus excitants que d’autres pour se produire ?
Non, je ne pense pas. Tous les concerts que l’on peut faire dans une carrière font de toi un meilleur musicien. Tous ces concerts ont quelque chose de spécial que les autres n’ont pas. Jouer face à 20 000 personnes dans un festival n’est pas mieux que jouer face à 50 personnes et l’inverse est également vrai. Ce qui est génial avec ce métier c’est que tu peux essayer de partager tes émotions n’importe où !

Quels sont tes futurs projets ? Tes envies pour la suite ?
Un nouvel album dont je pourrai être fier.

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