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dimanche 30 mars 2014

William Fitzsimmons, le roi de la folk a fait escale à Paris pour présenter son dernier album

Autoportrait par William Fitzsimmons le 14.03.14 à La Maroquinerie
Le 14 mars, William Fitzsimmons est venu présenter, Lions, son dernier album sur la scène de La Maroquinerie, à Paris. L'artiste américain dont la barbe est désormais sa marque de fabrique, a réussi à enchanter le public avec son autodérision, sa décontraction habituelle et son groupe qui porte un spectacle bien rodé, donnant une deuxième vie aux chansons de l'artiste. Rencontre avec le roi de la folk.

Elevé par des parents aveugles, enfant, William Fitzsimmons baigne dans la musique. Son père lui ouvre les portes du monde classique tandis que sa mère l’initie à la musique folk. « La musique est importante quand tes oreilles jouent le rôle de tes yeux », souligne l’artiste. « Mes parents étaient musiciens pour le plaisir, excepté mon père qui en aurait bien fait son métier ! ». « Mon frère et moi, on jouait du piano, de la guitare », « on avait une vie normale, mon père jouait de l'orgue, on écoutait des chansons de Joni Mitchell ». « C'était notre façon d'être comme tout le monde car avec la musique, on n'a pas besoin du regard ».

Adulte, William se dirige vers une carrière médicale pour devenir psychothérapeute. A cette période, la musique lui sert alors à apaiser ses maux. « J’avais beaucoup de problèmes, c’est pourquoi j’ai été attiré par ce métier » avoue avec humour le chanteur. « Au final, en voulant soigner les gens on essaye de se soigner soi-même ». « Certains de mes pairs se soignaient en se faisant eux-mêmes psychanalyser, moi ma méthode pour aller mieux c’était d’écrire des chansons ».  Et pour appliquer les enseignements qu’il a reçu, William se met à écouter sa propre musique, comme une thérapie de groupe où chacun écoute les problèmes des autres et se sent mieux en comprenant que d’autres personnes ont les mêmes soucis : « Ecouter ma musique m’aidait à comprendre comment je me sentais ». Il se rend d’ailleurs compte aujourd’hui que même s’il a lâché sa casquette de psychothérapeute, elle lui colle toujours à la peau puisqu'à la fin de ses concerts, des fans lui avouent que ses chansons les ont aidés dans des moments difficiles. « Je me souviens d'un homme qui a tatoué mon visage sur son bras, ça peut paraître bizarre mais il m’a avoué avoir été en difficultés et en écoutant mes chansons, il s’est senti moins seul. Quand j’entends ce genre d’histoires ça me fait moi aussi me sentir moins seul ».



De Myspace à Grey’s Anatomy
Né en 1974, William Fitzsimmons ne fait pas partie de la e-génération. Et pourtant, l’artiste aux plus de 21 000 followers (sur Twitter) a très vite compris l’utilité des réseaux sociaux. A l’heure où Myspace était à son apogée, le chanteur y publie ses compositions. Il se fait remarquer et reçoit un message pour utiliser une de ses chansons dans la célèbre série Grey’s Anatomy. Après avoir compris, qu’on ne lui faisait pas une blague, l’artiste accepte la proposition. Quelques mois plus tard, alors qu’il exerce encore le métier de psychothérapeute, sa chanson est diffusée à une heure de grande écoute à la télévision. C’est l’apothéose. Mais le chanteur reste très humble face à cette histoire : « Je suis conscient que le facteur chance était de mon côté car il existe des meilleurs chanteurs et de meilleurs compositeurs que moi ». 

©ErinBrown

Lions, un tournant vers la paternité
Depuis la sortie de son premier album Until when we are ghosts en 2005, William Fitzsimmons avait l’habitude de laisser un an entre la sortie de ses albums. Mais depuis 2011 et son album Gold in the shadow, le chanteur laissait patienter ses fans de façon inhabituelle. Et pour cause, William admet qu’il avait besoin de retrouver de l’inspiration, « j’avais besoin d’arrêter d’enregistrer des albums parce que j’étais supposé faire ça ». Mais un grand changement vient aussi expliquer cette absence : « J’ai aussi adopté une petite fille il y a deux ans et un autre bébé il y a un peu plus d'un mois », confie le chanteur. Son dernier album parle inévitablement de cette expérience, « il évoque le jour où je suis arrivé à l’hôpital avec la mère biologique de mon enfant et où elle a dû faire ce sacrifice. Elle a passé le pire jour de sa vie alors que c’était le plus beau jour de ma vie. L’album évoque le fait de ressentir de la joie et de la douleur au même moment. Expérimenter ces deux sentiments au même instant était nouveau pour moi ».

Sur cet album, l’artiste s’est notamment entouré de Michael Flynn, un ami avec qui il était déjà parti en tournée. « J’étais un peu coincé, j’essayais de tout faire moi-même : écrire, enregistrer… Et puis en vieillissant, je me suis rendu compte qu’il fallait aussi savoir déléguer ». William Fitzsimmons a également travaillé avec Chris Walla,  guitariste et producteur du groupe Death Cab for Cutie, un ami d’un ami à qui il a envoyé ses morceaux. « Je me suis de nouveau senti dans la peau d’un étudiant ». « Si j’avais fait cet album seul, il aurait été beaucoup plus chargé. Je voulais utiliser tout le matériel à notre disposition, les 20 guitares qui nous attendaient dans un placard. Chris, lui, a su rendre l’album plus épuré pour mettre davantage en valeur les chansons. C’est la raison pour laquelle c’est une rock star. »

William Fitzsimmons sur la scène de La Maroquinerie ©ThomasBader
La magie opère sur scène
Alors que les avancées technologiques peuvent être mal vues par les artistes qui, impuissants, voient leur musique téléchargée illégalement, William Fitzsimmons est conscient qu’il faut s’adapter au monde qui nous entoure et se battre contre ce phénomène en travaillant ses prestations scéniques. Même si l’artiste avoue qu’il est difficile  de prévoir à l’avance l’ambiance qu’il y aura sur scène, « certains concerts sont magiques et d’autres acceptables », le chanteur a habitué son public à de très belles prestations, à l’exemple de celle effectuée le 14 mars dernier à La Maroquinerie. William Fitzsimmons réussit facilement à créer un lien avec son public, à parler de ses failles avec humour et à donner une deuxième vie à ses chansons. Il oublie alors toute la retenue qu’il a pu avoir en enregistrant son album et laisse la magie opérer en terminant les dernières notes du concert au milieu du public. William Fitzsimmons a une signature propre aux grands artistes.

Williams Fitzsimmons online

Concerts



vendredi 28 février 2014

Filago, tout l'art de créer de belles imperfections

Autoportrait de Jim, chanteur de Filago - 4.02.14

Parmi les cinq Parisien qui forment le groupe Erevan Tusk deux membres se sont échappés de cette aventure musicale pour former en parallèle, le trio Filago. Les influences sont similaires, cette musique pop rock qui s'apparente à certains airs des Smiths, mais un vent de liberté s'est emparé du groupe. Explications.


Les premiers souvenirs musicaux de Jim remontent à l’école primaire, lorsqu’aux douze coups de midi il échappait à la cantine scolaire et que sa mère suédoise lui préparait à manger en musique : « Elle écoutait beaucoup les Beach Boys, elle a participé à mon éveil musicale », confie le chanteur franco-suédois de 32 ans.
« Ma mère m’avait d’ailleurs acheté une guitare mais enfant, j’étais davantage passionné par le sport ». « Je me suis réellement mis à la musique à la fac, je faisais sciences éco et c’était un échec total, du coup j’avais beaucoup de temps à consacrer à autre chose. C’est comme ça que j’ai appris la guitare jusqu’à l’âge de 25 ans ».
En 2006, alors que Jim vit aux Pays-Bas, il fait écouter à un copain ses compositions, lorsque celui-ci comprend que Jim est l’auteur du morceau, il l’encourage à jouer en public. « Il m’a sorti de ma chambre » se rappelle le chanteur. Ensemble, ils créent leur premier duo intitulé Starboard Silent Side. En 2007, le groupe est de retour à Paris et sort un album Because our friendship was meant to sail qui leur permet de partir en tournée.
En 2009, le duo se lance dans une nouvelle aventure et crée le groupe Erevan Tusk, ce nom ne fait aucun clin d’œil à l’Arménie mais représente un assemblage de sonorités qui plait aux cinq membres du groupe. Aujourd’hui Erevan Tusk comptabilise déjà près de 80 concerts, un beau chiffre qui pourrait encore exploser si le groupe persiste avec cette même ferveur pour créer son prochain EP - composé d’une nouvelle chanson et de 3 remixes - qui sortira d’ici septembre 2014. « Ca sera un peu plus moderne, un plus électro mais toujours avec cette touche 70’s » révèle le chanteur.
©Filago

Filago, un EP réalisé à l’ancienne et… dans le froid
En parallèle, durant l’hiver 2013, Jim s’est lancé dans la création d’un nouveau groupe Filago, ce nom est emprunté à une plante à fleurs jaunes dont les consonances plaisent à l’artiste. Jim est alors poussé par l’envie de mettre en place une nouvelle méthode de travail et surtout beaucoup plus de spontanéité dans ses phases de création. Il s’entoure alors de Pierre également membre de Erevan Tusk et  de Nicolas, batteur pour le jazzman Thomas Enhco.
Avec Erevan Tusk, « le processus de création est plus lent car on est très pointilleux, perfectionniste, rien n’est laissé au hasard, chaque détail compte » analyse Jim.
« Filago induit une liberté artistique plus grande car le projet a été créé de façon très spontanée, dans l’urgence. On a fait ça à l’ancienne, nous sommes partis nous reclure dans un manoir en Belgique. Les conditions étaient difficiles, il n’y avait presque pas de chauffage, une seule pièce était chauffée avec un feu de cheminée, c’était même compliqué d’avoir de l’électricité ! ». « Dans la maison il n’y avait rien excepté des toiles d’araignée et 6 mètres de hauteur de plafond ». « On faisait une prise puis on allait se réchauffer près de la cheminée, nous n’avions pas le droit à l’erreur. » « C’était plaisant d’avoir ce ressenti, cet exotisme que je n’avais plus avec Erevan car on a un studio à disposition à Paris ».
Le manoir belge qui a accueilli Filago ©Filago

Au final,  la voix que l’on entend sur cet EP intitulé Filago n’a subi aucun arrangement, « elle est brute » se plait à souligner Jim. « Quand on écoute cet album, on l’aime ou on le déteste, il n’y a pas de juste milieu ». L’identité de Filago réside dans cette contre-production, « ce disque a beaucoup d’imperfections mais est doté d’une âme, d’une ambiance » particulière.
Cette « petite parenthèse qui s’est produite m’a permis de réunir beaucoup plus de souvenirs pendant seulement 5 jours d’enregistrement, probablement plus qu’en une semaine de studio avec Erevan ». Il y’a un « côté plus rêveur » constate le chanteur. 
©Filago
Des titres autobiographiques écrits par une génération élevée par Nirvana
Les 5 titres de l’EP sont écrits par Jim, excepté Thimister – le nom du village situé à côté du manoir – écrit par le groupe en 2 heures ! Cette chanson est née de l’observation du feu qui chauffait les trois garçons. Ebbing « est une chanson qui me tenait à cœur, avant je n’avais jamais eu l’occasion d’exprimer un tel ressenti. C’est une chanson très bucolique, très pastorale » imitant « le poète américain Walt Whitman ». Elle invite à s’imprégner de la nature, des odeurs d’un cerisier en fleurs ou de l’herbe fraichement tondue ». I can see you spark « fait encore référence au feu et aussi à la personne qu’on peut apercevoir tous les jours et qui continue d’être incandescente à nos yeux, une sorte de déclaration d’amour ». Les métaphores sont nombreuses et la maitrise de la langue de Shakespeare par le groupe mérite une écoute attentive de leurs textes.
En effet, à l’instar de Erevan Tusk, l’anglais est la langue de prédilection de Filago. Le chanteur s’explique : « J’ai beaucoup écouté Nirvana, Pearl Jam, des chanteurs aux textes évocateurs et ça m’a donné envie d’écrire en anglais ». « Pour moi, cette langue sonne plus musicale que le français ». « Rare sont les artistes qui chantent en français que j’admire, par contre, quand ils le font bien, je suis subjugué. Bashung était le meilleur pour moi ». « L’exercice en français est compliqué mais des groupes le font bien comme François & the Atlas Mountains ou Baden Baden ».
Malgré les nombreux projets qu’entreprend Jim, la vie d’artiste ne permet pas toujours de gagner sa vie. « Je donne des cours particuliers, ça m’aide à arrondir les fins de mois » souligne le chanteur. « On a un statut précaire. Avant de signer dans un label avec Erevan, on s’était demandé si on devait faire appel au crowdfunding (ndlr : financement participatif). Pour Filago, je me pose la même question pour financer le premier clip du groupe, on aimerait bien que la chanson Funnel sorte en vidéo au printemps prochain ».
Quant à l’avenir de Filago, Jim avoue ne pas avoir trop réfléchi au projet sinon « il serait mort-né et  aurait été laissé dans un tiroir ». « Le projet principal reste Erevan Tusk mais je n’avais pas envie d’être frustré ». « Pour moi, ce projet est plus intimiste, il a moins de potentiel commercial que Erevan Tusk, mais ça ne me dérange pas du tout. ». « C’est sain que chaque membre du groupe trace sa propre route, ça garantit une ouverture d’esprit qui peut ensuite être réinjectée dans Erevan Tusk ».
Où trouver Filago ?


mardi 4 février 2014

One Republic en concert privé à Paris mardi 11 février



Le groupe  pop-rock américain One Republic n'a plus à faire ses preuves. Et pour cause, leur tube mondial Apologize affiche les 5 millions de téléchargements et est ainsi devenue la chanson la plus téléchargée aux Etats-Unis.

Après avoir fait les premières parties de Bon Jovi et de U2, One Republic arrive à Paris, mardi 11 février pour présenter son troisième album Native lors d'un showcase privé organisé par Virgin Radio. Le premier single Counting Stars affiche déjà plus de 150 millions de vues sur YouTube et laisse donc présager un avenir radieux pour cet opus.

Des places pour ce concert privé sont actuellement à gagner en écoutant Virgin Radio ! Les moins chanceux pourront suivre le concert en live ici mardi 11 février à 21h00.

dimanche 26 janvier 2014

Corson, le chanteur français que les Anglais vont nous envier !

               Autoportrait au bar Le vrai Paris - 9.12.13
Dans la famille des chanteurs français Corson se démarque. Et pour cause, au fil des années il a su travailler ses deux atouts de taille : sa voix de ténor et ses chansons écrites en anglais qui ne sont pas sans rappeler des mélodies pop-rock entrainantes composées par de célèbres artistes issus de la perfide Albion. A 34 ans, le chanteur délivrera en mars 2014 The Rainbow, son premier album prometteur où le spectre de sa mère décédée lui fait certes aborder des thèmes graves mais il réussit à ne jamais faire sombrer ses compositions dans une totale mélancolie. Les failles et la créativité de cet artiste méritent qu'on se penche sur sa musique.

Comment as-tu fait tes débuts dans la musique ?
C'est ma mère institutrice qui voulait que je fasse de la musique. A l'âge de 8 ans, elle m'a inscrit à des cours de solfège et un an plus tard, j'ai commencé à faire du piano. Très vite, j'ai eu des aptitudes, j'ai développé mon oreille. J'ai rapidement commencé à composer, je m'enregistrais sur des K7. A l'époque, ce n'était pas commun de chanter, surtout quand on vient d'un village perdu dans la Lorraine, je chantais donc en cachette.

Adolescent, j'ai découvert U2, ce groupe a été une révélation pour moi. J'ai acheté leurs K7 pour rattraper mon retard car je suis né quand le groupe faisait ses débuts. Je m'amusais sur mon radio K7 à m'enregistrer en interprétant la partie de Luciano Pavarotti dans la chanson Miss Sarajevo. C'est comme ça que j'ai découvert ma voix lyrique. Par la suite, je suis entré au Conservatoire de Thionville. En parallèle, à 17 ans, j'ai fait mes premières scènes avec un groupe de rock appelé Samsara.

Que signifie ton nom de scène Corson ?
"Cor" est la base de mon nom de famille et "Son" est le début du prénom de ma mère, Sonia. Ce projet lui est dédié. Je pense qu'elle a ressenti une aptitude en moi dès mon plus jeune âge. Petit, ma cousine avait un piano et je lui empruntais, c'est comme ça qu'elle a dû se dire : "Il faut le mettre à la musique". 

As-tu toujours écrit tes chansons en anglais ?
Avec le groupe à l'époque, on ne s'est pas posé la question d'écrire en français, on adorait les Red Hot Chili Peppers, U2, Nirvana, les Guns, Police, avec toutes ces influences, écrire en anglais était une évidence. En plus, on vivait à la frontière luxembourgeoise, allemande, belge donc si on voulait jouer autour de chez nous, on devait forcément chanter en anglais.

La majorité de mes textes sont en anglais mais certaines de mes chansons sont tout de même en français comme Raise Me Up, une chanson en français avec un refrain en anglais. Par contre la langue anglaise a des sonorités qui me ressemblent plus.

Sortie du single le 27.01.14 ©Guillaume Kayacan

D'où te vient cette aussi bonne maîtrise de la langue de Shakespeare ?
Mes parents m'ont beaucoup envoyé dans des familles en Angleterre, en Ecosse, aux Etats-Unis. Lors de mon BTS en commerce international, j'ai effectué trois mois de stage aux Etats-Unis dans une entreprise d'import-export, ça m'a permis de découvrir le Texas, la Louisiane. J'ai pas mal baroudé, j'ai notamment passé mon permis en anglais, je me suis donc imprégné de cette langue.

Quel a été le déclic dans ton changement de vie lorsque tu es passé de salarié de banque à chanteur ?
En 1999, ma mère est décédée, ça m'a fait prendre conscience qu'il fallait que je vive ma vie très vite. Je travaillais dans une banque au Luxembourg  et quand on m'a proposé un CDI, j'ai eu peur. Je me suis vu à 30 ans avec une femme, un chien et un jardin, une vie dont je ne rêvais pas.

Au moment de prendre ta décision, la précarité du métier d'artiste ne t'a pas arrêté ?
J'avais passé une audition pour aller dans une école de chant à Paris et j'ai été accepté. Cela a été déterminent. J'ai pris un appartement avec un ami qui voulait faire du théâtre. J'ai habité à Barbès pendant plus de 2 ans, je prenais des cours de chant et faisais des petits boulots comme ouvreur à Mogador, j'ai aussi fait des émissions de télé-marketing. J'étais loin des banques et des salaires du Luxembourg mais j'étais plus heureux !

Quel a été ton chemin, jusqu'à la réalisation de ton premier EP ?
J'ai tout de suite essayé d'être intermittent du spectacle et de gagner ma vie en tant que chanteur. J'ai fait des cœurs pour des téléfilms, des spectacles musicaux, je me suis aussi déguisé en John Travolta pour la fête d'un club du 3ème âge, je passais des castings pour pouvoir vivre de la musique. Malgré des périodes difficiles et certains emplois improbables, je m'en sortais. J'étais content de vivre de la musique. J'ai aussi refusé des projets de comédies musicales pour mon projet solo.
J'ai rencontré mon producteur Selim Mouhoubi après un concert. A la fin du show, il m'a proposé de me produire alors qu'il n'avait pas encore de boite de production. On est devenu ami et on a commencé l'aventure ensemble. On a fait un EP de 5 titres avec un clip, We'll come again.

                                                            We'll come again
Tu as un style original qui mélange pop, rock et lyrisme. Tu n'as pas peur de surprendre le public ?
Il n'y a que deux chansons avec ce mélange de styles, Raise Me Up et We'll come again. Pour moi, il s'agit de la meilleure chanson de l'album car elle a une âme particulière. Elle sort du lot. Son pont lyrique rappelle la chanson Miss Sarajevo. En studio, j'avais hésité à gommer l'aspect lyrique. J'avais peur que ça fasse trop démonstration. Au final, on l'a gardé car c'est ce qui me correspond. C'est une belle carte de visite pour me présenter.

De qui t'es-tu entouré pour ce premier album The Rainbow (sortie le 31.03.14) que tu as écrit, composé et arrangé ?
Polydor m'a donné les moyens de faire l'album. On a repris tous les musiciens avec qui on avait travaillé pour l'EP et en plus, on s'est payé le luxe de travailler avec l'orchestre philharmonique de Budapest, 40 chordes, un moment magique de ma carrière que je n'oublierai jamais. Pour les arrangements, j'ai été aidé par Bris Davoli, un ami et un grand nom de la publicité et le réalisateur de l'album François Maxime Boutault. On a fait cet album à trois. J'avais fait des maquettes à la maison et ils les ont sublimées. Quant aux musiciens qui ont fait l'album, ils sont pour la plupart sur scène avec moi.

Je ne connaissais pas le travail en studio. L'équipe autour de moi m'a appris le processus et m'a donné confiance. C'est un album hors codes radio, non formaté. Mais dans 10 ans, ces chansons pourront toujours être écoutées. La maison de disque ne nous a rien imposé. J'ai fait l'album que je souhaitais.

©Jean-Marc Lubrano


Que raconte ton album ?
J'écris mes chansons de façon instinctive et seulement à la fin de la chanson, je sais ce qu'elle veut dire. L'album parle de ce que j'ai vécu, de ma mère, de la mort, de l'espoir, d'amour. Il y a beaucoup de mélancolie car j'aime me sentir triste pour pouvoir sortir des choses. Il y a beaucoup d'image de mort, d'anges, de personnes qui accompagnent d'autres personnes à une nouvelle vie. Il y a aussi des chansons gaies.

Les réseaux sociaux sont-ils un passage obligé pour tout nouvel artiste ?
On m'a conseillé d'avoir un compte Twitter que j'ai appris à découvrir et maintenant je commence à apprécier l'outil. Par contre j'avais déjà un compte Facebook et les gens sont parfois surpris de voir que je leur réponds directement. Je réponds à tout le monde, cette proximité est essentielle selon moi. Ces réseaux sont utiles pour récupérer des images et des vidéos à la suite d'un concert. Je trouve idiot d'interdire de filmer un concert. On ne peut plus contrôler ça. Au contraire, il faut s'aider de ce nouveau système. L'idée d'organiser un concert uniquement filmé par les fans me plait énormément. Cela permet d'être encore plus performant sur scène, on n'a pas le droit à l'erreur. Les réseaux sociaux poussent les artistes à être au top n'importe où et n'importe quand !


En ce moment, Corson écoute…

Prochains concerts
1er février – 1ere partie de Laura Pausini
8 avril – Concert au Divan du Monde

Corson en ligne

mardi 31 décembre 2013

Comment Louise Chen est devenue DJ MTV ?

Autoportrait - décembre 2013

Certains l'ont vue aux côtés de Mouloud Achour dans l'émission Clique sur Canal+, d'autres l'ont aperçue derrière ses platines, d'autres encore ont entendu parler de son collectif Girls Girls Girls. Mais qui se cache derrière la DJ Louise Chen ?

Une enfance entre Taïwan et Luxembourg
Déjà enfant, Louise baignait dans un univers artistique. Elevée par une mère française et un père taïwanais, elle passe un tiers de son temps en Asie. Elle vit alors près de ses tantes, l'une actrice et chanteuse, l'autre productrice TV. Et lorsque son père n'est pas sur le même continent que sa fille, il garde le contact avec elle en lui envoyant des K7 de compilations. "C'est comme ça que j'ai connu Barry White, Stevie Wonder et même les Beatles !" avoue Louise Chen. Puis "dès l'âge de 10 ans, j'avais tout le temps mon walkman avec moi et ma préoccupation première était d'avoir assez de batterie."

A 14 ans, la jeune fille vit désormais au Luxembourg et sèche ses cours de mathématiques pour suivre les répétitions d'une bande de copains musiciens plus âgés. Dès l'adolescence, elle se construit donc déjà son réseau et passe du temps avec les membres du collectif Schalltot. "Ils étaient de vrais mentors pour moi, tous les week-ends ils organisaient des concerts avec des groupes de métal, punk, hardcore au Marignan, un bar en Belgique". En parallèle, Louise côtoie à ses cours de danse d'autres styles musicaux aux accents pop et R'n'B.

De Louise Chen à... DJ MTV
En 2006, la jeune femme commence à être DJ pour s'amuser avec des copains au café Chérie à Paris. Un collègue Diego, lui apprend les bases pour mixer et la surnomme rapidement DJ MTV, un clin d’œil aux tubes qu'elle joue pour que les gens dansent. Louise se prend au jeu et monte un trio appelé Frangipane. L'objectif : jouer des morceaux plus rock que ceux habituellement repris par les DJ. Puis elle trace sa route et part à Londres, pour étudier et à New York où elle se rend pour les CMJ music marathon. L’échappée américaine prévue à l'origine pour 1 semaine se prolonge. Elle fait alors de la colocation avec le batteur des Willows. Mais quelques jours avant Noël, elle se fait cambrioler et soudain un sentiment de solitude l'envahit. Louise contacte alors un copain tourneur qui cherche une assistante. La chance lui sourit, elle rentre à Paris.

C'est à cette période qu'elle rencontre DJ Mehdi et tombe amoureuse. "Il ne m'a rien appris d'un point de vue technique mais il m'a incité à jouer. Il m'a donné confiance en moi" avoue la DJ. "Lors d'une soirée new-yorkaise, DJ Mehdi la pousse derrière les platines. Louise se remémore ce jour : "J'ai passé la journée à graver des CD et à faire en sorte que tous les morceaux dessus soient géniaux".

Girls Girls Girls, un collectif de DJettes
En septembre 2011, lors d'une soirée arrosée, Louise accompagnée de sa bande de copines analysent les soirées parisiennes et constatent que les "DJ ne jouent pas de musique pour faire en sorte que les filles dansent". Le collectif naît de ce constat et s'appellera Girls Girls Girls, un nom qui évoque toutes les petites copines de DJ présentes autour de la table et une chanson du rappeur Jay Z.

Depuis le 28 février 2012, date du premier concert du collectif, les trois membres de Girls Girls Girls, Louise, Betty et Piu Piu ont fait du chemin. Elles préparent une collaboration avec Chicky Boom, elles ont des idées de soirées plein la tête et d'après les dernières rumeurs elles mixeront durant la fasion week new yorkaise. Pour leur deuxièmes anniversaire, les trois acolytes préparent une soirée au Social Club, "c'est la maison, ce sont eux qui nous ont donné notre chance" constate Louise.

                                                                                  Clique sur Canal+

Etre un DJ rentable
Louise est très lucide face aux exigences qu'implique son travail. Selon elle, "le plus important en tant que DJ est de créer un set avec des morceaux que les gens connaissent pour qu'ils aient des références et d'arriver à faire découvrir au public des morceaux inédits et même bizarres !" C'est le rôle de Betty et Piu Piu. "Moi, je suis toujours DJ MTV qui joue des tubes".

"A la base, l'économie du DJ, c'est celle du chiffre. Pour un club, il est moins cher d'employer un DJ qui va remplir un endroit et faire boire le public qu'un groupe de musique qui en plus va nécessiter des personnes pour installer du matériel. Le DJ est là pour ramener des gens qui vont consommer. On n'est pas seulement présent pour rendre un endroit cool. C'est comme ça que l'on valorise nos cachets, notre capacité à ramener du monde. Et pour ça les réseaux sociaux ont facilité notre métier. Par contre, il faut faire la part des choses entre la vie privée et professionnelle. Pour moi, les réseaux sociaux sont une sorte de téléphone qui permet d'envoyer un sms à la planète entière mais il y a certaines qu'on n'a pas envie de dire à tout le monde."

Et en contemplant la carrière d'un des DJ les plus populaires, David Guetta, Louise reconnaît son talent : "Il a fait plein de trucs que le public ne soupçonne absolument pas. Il a un nom d'artiste où il produit de la house. Si lui ne faisait pas cette musique, quelqu'un d'autre le ferait et ça serait probablement pire. Il travaille dur et mérite amplement son succès. Ce n'est pas la musique que j'écoute mais je n'ai aucune mauvaise critique à faire. Si cette musique plait à des gens, c'est qu'il y a une raison."

Ses débuts sur Canal+
Louise Chen sait aussi se diversifier puisqu'elle a fait ses débuts à la télévision grâce à l'émission hebdomadaire Clique, diffusée sur Canal+. La DJ revient sur sa rencontre avec Mouloud : "On se croisait souvent. Au festival de Cannes, un matin vers 7h00 j'étais en robe sur la terrasse du Baron et devant tout le monde j'ai mis mon bas de pyjama sous ma robe. Mouloud m'a remarquée et s'est foutu de moi."Puis, nous nous sommes recroisés à la soirée Nous sommes 2013 et on a discuté autour d'un petit-déjeuner, c'est là qu'il a commencé à me parler de son émission Clique".

La DJ a déjà beaucoup de recule sur ce métier : "La télévision est un milieu horrible, il faut accepter la critique et pouvoir entendre qu'on ne plait pas aux auditeurs, qu'on n'est pas assez souriante, pas assez drôle". "Avec cette expérience, j'ai d'autant plus d'admiration pour les gens qui font carrière dans ce secteur". Louise n'est pas prête de s'éloigner de ses platines.

Où écouter Girls Girls Girls ? 
Le 24 janvier 2014 au Social Club







lundi 16 décembre 2013

William Fitzsimmons a touché le public de La Loge en plein coeur


Lorsque l'on croise William Fitzsimmons, le regard s'attarde forcément sur son allure peu commune. Sa longue barbe travaillée depuis des années, son crâne rasé et sa salopette y sont sûrement pour quelque chose. Mais au delà des apparences, le chanteur folk mérite également qu'on se penche sur sa prestation. 

Samedi soir, l'artiste américain venu clôturer à Paris sa tournée européenne, a rapidement réussi à conquérir le public de La Loge avec un humour anti star-système et un concert très intimiste. 

Le clap de fin a eu lieu dans le public avec deux titres en version "unplugged" et une promesse, un retour en mars 2014 pour présenter son prochain album. On ne pouvait pas espérer mieux, ses flèches ont atteint le public en plein cœur.


dimanche 8 décembre 2013

Gaëtan Roussel lance sa tournée Orpailleur

©Blog United States of Paris
Pour débuter la tournée de son deuxième album solo Orpailleur, Gaëtan Roussel s'est offert le 3 décembre 2013 son premier Trianon !

Face à un public plutôt froid, le chanteur a pourtant excellé dans l'exercice aidé par des jeux de lumière très aboutis - à tel point qu'on aurait aimé voir l'utilisation de la réalité augmentée. 

L'artiste, rempli d'énergie, a su faire monter l'intensité du concert jusqu'au célèbre titre Help Myself où il invite les spectateurs à se lâcher en lançant: "Le Trianon vous appartient".  Gaëtan Roussel revisite ses propres chansons en donnant un autre souffle à certains titres comme Inside Outside. Il présente des reprises travaillées avec une grande habileté : émouvant hommage à Bashung avec le titre J'envisage, il réussit même à donner une nouvelle vie au titre Road to nowhere du groupe Talking Heads. Le chanteur termine son "show" avec le sublime titre La barbarie, un texte qui laisse place à la réflexion.




jeudi 14 novembre 2013

Andy Robinson, une plume affinée en héritage

Andy Robinson est une sorte de troubadour des temps modernes, prêt à quitter son Angleterre natale avec quelques dollars en poche pour partir à la conquête des Etats-Unis à l'aide de ses chansons. Il paye son audace en rentrant avec un coeur brisé mais aussi des anecdotes prêtes à alimenter son troisième album, sorti cet été. 
Dans Willamina Machine, le chanteur de 28 ans transporte l'auditeur au coeur de l'histoire de Jack Willamina, l'inventeur de la machine qui répare les coeurs brisés et dont aurait sans doute aimé bénéficier Andy à son retour des USA, mais ça l'histoire ne le dit pas.
Rencontre avec un chanteur à la plume affinée qui a un don pour raconter des histoires aux mélodies entrainantes.

Autoportrait - septembre 2013

Comment as-tu fait tes premiers pas dans la musique ?
C'était à l'école primaire, j'avais 9 ans, j'allais aux toilettes quand soudain j'ai entendu quelqu'un qui jouait de la clarinette; ce son, je ne l'avais jamais entendu auparavant. En rentrant chez moi, j'ai demandé à ma mère si je pouvais apprendre à en jouer. Et il s'est avéré que lorsque mon grand-père est décédé, j'avais alors 3 ans, il a légué sa clarinette à ses descendants. Mes oncles ont accepté de me la donner et depuis, je n'ai jamais arrêté d'en jouer.
Grâce à l'enseignement musical que j'ai reçu, j'ai pu assez facilement passer d'un instrument à un autre, du saxophone tenor au piano, instrument que j'ai appris seul. C'est comme ça que j'ai commencé à écrire des chansons et à chanter...

Tes deux frères ont-ils aussi l'oreille musicale ?
Mon frère aîné a commencé récemment à apprendre à jouer du violon et mon autre frère écoutait du grunge dans les années 1990, il adorait Nirvana, Pearl Jam et jouait de la guitare électrique. Il y joue d'ailleurs toujours mais il n'a pas le sens du rythme, ce qui ne l'empêche pas d'apprécier de prendre sa guitare !

Pourquoi affirmes-tu que ton environnement familial constitue un élément déclencheur pour ton inspiration ?
J'ai l'impression que cette prédisposition pour la musique est innée, je l'ai dans le sang. J'ai donc cherché à savoir d'où je venais pour mieux comprendre qui je suis. 
L'histoire de ma famille mêle romance et injustice... En effet, Jack Robinson était un des derniers bandits anglais à être pendu à Tyburn, Lors Burgess a couché avec une bonne qui a donné naissance à un bâtard, mon arrière grand-père, laissé à l'orphelinat. Tout cela mélangé avec des histoires de miniers, de femme battues, d'alcoolique, sans oublier les Tinkers, une lignée d'Irlandais vendeurs de chevaux et grands voyageurs qui sont arrivés en Angleterre après la grande famine irlandaise (ndlr: 1845 - 1851). Quand j'écris mes chansons, toutes ces histoires sont omniprésentes.
Andy Robinson - Always talk to strangers

En 2005, dans ton album England's Bleeding, tu as écrit une chanson au rythme fabuleux intitulée Always talk to strangers, quelle histoire se cache derrière cette chanson ?
J'ai écrit cette chasnon en hiver, alors qu'il faisait très froid, le genre de froid glacial que tu ressens au moment de mourir. Il faisait nuit et les rues étaient remplies d'éclats de rire, de gens aux joues rosées portant des gants et des manteaux bien chauds, buvant du vin chaud. En passant dans une de ces rues plein de monde, j'ai baissé le regard et j'ai vu un homme assis par terre, affamé et surtout très seul. Je me suis assis à côté de lui, j'ai roulé une cigarette, un groupe de jeunes est passé devant nous, l'un d'entre eux à frappé dans la jambe de ce SDF comme si c'était un ballon de football. Je lui ai alors dit "venez, on va boire un verre". On est allé dans un bar, on a bu quelques bières, il m'a raconté sa vie. Il était écrivain et m'a montré ce qu'il rédigeait. Avant que je parte, il m'a dit "personne ne parle jamais aux étrangers" (ndlr: "no one ever talks to strangers").

Dans la chanson England's Bleeding, tu fais une triste observation de l'état de l'Angleterre, aujourd'hui ton point de vue est le même ?
Non, je pense que le pays est en plein redressement. L'attitude des gens est meilleure, un réveil général s'est opéré.

Après ton album England's Bleeding tu as sorti Beneath the Ballrom, que raconte cet opus ?
C'était une période un peu confuse pour moi, je ne savais plus vraiment quel genre de musique je voulais faire. J'étais complètement obsédé par les silences que contenaient ma musique, je voulais absolument remplir chaque silence de chaque chanson avec n'importe quel instrument.
Je n'avais pas une vision très claire de la production de mes chansons, je changeais d'avis à chaque titre. C'était une période très frustrante qui a abouti à un album qui, si on le compare à une famille contenait plein d'enfants adoptés, sans aucun lien les uns avec les autres, je les aime tous mais ce sont des îles désertes. Il est cependant important pour moi de me rappeler de cette période, surtout avant d'entrer en studio.

Tu as sorti cet année, un album intitulé Willamina Machine, qu'est-ce que cela veut dire ?
Willamina est une petite ville située en plein milieu d'une fôret. Jack Willamina y vivait et avait inventé une machine pour réparer les coeurs brisés. Mais sa machine a pris feu, elle a alors saccagé la ville, brisé le coeur des habitants, leur confiance en eux et menaçait leur bonheur. Jack a alors capturé la machine, il l'a détruite puis enterré dans un endroit où jamais personne ne pourrait la trouver. Et personne ne vit jamais plus Jack ni sa machine. Toute cette histoire est bien sûr un mythe ! En mémoire de cet inventeur, la ville a alors pris son nom "Willamina" et son invention fut appelée "Willamina machine".

Pourquoi es-tu parti aux Etats-Unis pour faire cet album, tu avais besoin d'un nouvel endroit pour trouver de l'inspiration ?
Ma grand-mère est décédée et m'a laissé 700£. C'était une période où je n'avais pas trop de chance et je n'avais écrit aucune chanson depuis un an. J'ai donc décidé d'aller en Californie. J'ai acheté un billet d'avion, j'avais rassemblé mes affaires dans un sac, j'ai pris ma guitare, ma clarinette et arrivé à l'aéroport de Los Angeles j'avais environ 20 dollars en poche. Le jour de mon arrivée, j'ai dormi dans la rue à Venice Beach, je tenais ma guitare entre mes jambes et ma clarinette dans mes bras. J'ai été réveillé par le soleil et le bruit des vagues. Toute la journée, j'ai joué de la guitare dans le rue et j'ai récolté 97 dollars. J'ai ainsi pu me trouver un hôtel et après plusieurs concerts dans la rue, j'ai pu m'installer dans un appartement en colocation à Hollywood. Mon meilleur souvenir: lorsque je me suis retrouvé au Norm's Café avec la fille dont je suis tombé éperdument amoureux. Lorsque j'ai emménagé avec elle, j'ai pensé que je me marierai avec elle, on était heureux mais elle avait un mari et l'a d'ailleurs toujours...

Andy Robinson en ligne





mardi 15 octobre 2013

Le Lac des Cygnes réinventé par le Suédois Fredrik Rydman


"Swan Lake" du Suédois Fredrik Rydman dépoussière les conventions en revisitant un chef d’œuvre classique. Il ajoute des touches pop, R'n'B, du trash, de l'humour et des effets spéciaux là où on ne les attend pas.
Le spectacle signé par le créateur du groupe de danse urbaine "Bounce" est une invitation à la danse, merveilleusement imaginée. Il fallait oser bousculer autant la musique de Tchaïkovski, pari réussi, c'est une prouesse.


Où ? Quand ?
Du 1er au 27 octobre 2013 au Casino de Paris
Du mardi au samedi à 20h
Samedi et dimanche à 15h30

dimanche 22 septembre 2013

James Walsh et Ben Montague, de mèche avec le Hard Rock Café pour lutter contre le cancer

B. Montague et J. Walsh au Hard Rock Café Paris le 13.09.13
Le 13 septembre dernier, James Walsh, l'ancien chanteur du groupe Starsailor aux trois millions d'albums vendus  et Ben Montague, jeune talent de la scène anglaise, sont venus clore leur tournée appelée "Simply acoustic tour" au Hard Rock Café de Paris. Rencontre avec ces deux chanteurs anglais qui terminent leur tournée européenne des Hard Rock Cafés pour récolter des fonds en faveur de l'ONG, la Ligue contre le cancer.

1. Comment vous est venue l'idée de participer ensemble à cette tournée acoustique Hard Rock Café en faveur de la Ligue contre le cancer ?
J.W: Ben et moi sommes amis depuis plusieurs années, on a travaillé sur son précédent album. Par ailleurs, j'avais déjà fait des représentations au Hard Rock Café de Londres donc quand le projet s'est présenté à nous, la décision a été prise rapidement.

B.M: J'ai rencontré James en 2010 alors que j'étais venu le voir à un concert à Londres. A la fin du concert, je lui ai demandé s'il voulait travailler avec moi et il a accepté !
Concernant notre soutien pour la ligue contre le cancer, on connaît tous quelqu'un touché par le cancer, personnellement, mes parents en ont souffert, cette tournée a donc été une grande opportunité pour sensibiliser le public.

James Walsh au Hard Rock Café Paris
2. James, le succès que tu as connu avec ton groupe Starsailor constitue-t-il aujourd'hui une pression supplémentaire lorsque tu composes de nouvelles chansons ou au contraire une force grâce à l'attention que te porte le public ?
J.W: Les deux ! D'un côté les fans me témoignent leur soutien et sont très réactifs sur les réseaux sociaux. Mais de l'autre, même si certaines critiques sont positives, immédiatement une comparaison est faite avec la chanson Four to the floor.

3. James, vas-tu jouer des nouvelles compositions ce soir ?
J.W: Oui, je vais notamment jouer une nouvelle chanson intitulée "We could try". Elle se veut optimiste et raconte que malgré la négativité ambiante dans laquelle évoluent nos pays, il faut y croire. Il est important d'essayer, d'échouer mais d'avoir foi en ce que l'on fait. Quand on fait partie d'un groupe, il y a toujours une bonne raison de ne pas sortir un album parce qu'un autre grand groupe en sort un au même moment. Certains exercent un travail qu'ils détestent mais l'important malgré ces contraintes est de rester fort et d'y croire.

We could try by James Walsh

4. Ben, tu as commencé ta carrière en 2010, ton premier album Overcome a reçu notamment les acclamations de la BBC et pourtant tu as rencontré des difficultés pour arriver à commercialiser ton album. As-tu rencontré les mêmes problémes pour sortir "Tales of flying and falling" (janvier 2013) ?
B.M: Un grand écart sépare effectivement ce premier album enregistré dans une chambre, de façon indépendante, et "Tales of flying and falling"qui a bénéficié de l'aide d'un label.
En 2012, je me suis dit que je n'avais pas envie de disparaître une année supplémentaire de la scène musicale, je me suis alors remis au travail et en deux mois l'album était terminé.

Ben Montague au Hard Rock Café Paris
5. Ben, le 6 octobre, tu vas sortir un EP intitulé "The Truth", de quoi parle-t-il ?
B. M: "Tales of flying and falling" est un album écrit à la suite d'une relation amoureuse qui s'est terminée. Il parle donc des bons et mauvais moments d'une histoire d'amour, des regrets qui s'en suivent. Mais "The Truth" est un EP plutôt joyeux ! Il reflète mon état d'esprit depuis le début de l'année, période depuis laquelle j'enchaîne les concerts. La chanson "Sleeping with the lights on" parle de mon petit frère qui a vécu des moments difficiles et de l'aide que j'ai essayé de lui apporter.

Love like stars by Ben Montague

6. Aujourd'hui, les réseaux sociaux sont-ils un outils à savoir maitriser obligatoirement en tant qu'artiste ?
J.W: Ca dépend des artistes, certains sont très réservés et maintiennent une part de mystère en restant en dehors des réseaux sociaux. D'autres sont plus ouverts et sont très contents de dévoiler toute leur vie à leur public. Personnellement, j'essaye de trouver un équilibre entre les deux car mes fans s'en fichent si je leur annonce que je suis en train de me séparer de mon manager.

B.M: C'est un outil génial pour lever toutes les barrières entre un artiste et ses fans. Mais je ne comprendrai jamais pourquoi deux célébrités se disputent publiquement sur un réseau social.
James et moi, nous nous partageons bien les rôles, en règle générale, il parle de football et moi de nourriture !

7. Quel artiste aimeriez-vous voir sur la scène du Hard Rock Café ?
J.W: Van Morisson, on raconte qu'il était grincheux et qu'il avait ses humeurs mais j'aurais aimé le voir sur scène car il fait partie de mes héros musicaux. J'ai eu beaucoup de chance durant ma carrière j'ai pu voir Bruce Springsteen en concert à de nombreuses reprises ainsi que Neil Young, Les Rolling Stones, U2.

B.M: J'adorerais aller à un concert de Led Zeppelin.

James Walsh en concert
Dimanche 22 septembre - Black Sheep Bar à Isle of Wight
Samedi 28 septembre - Barasti beach, Dubaï

A écouter: Time is nigh (2013)


Ben Montague en concert
Dimanche 22 septembre - Black Sheep Bar à Isle of Wight
Dimanche 6 octobre - The Brook à Southampton
Lundi 7 octobre - O2 Academy à Birmingham
Mardi 8 octobre - Nottingham rescue rooms à Nottingham

A écouter: Tales of flying and falling (janvier 2013)

The Truth (6 octobre 2013)