Camille Green est une consultante en communication qui, en parallèle à ses études, a travaillé pendant 2 ans, en tant que correspondante, dans un journal quotidien régional.
Désormais salariée dans une agence de communication parisienne, à 38 ans, elle s'intéresse toujours au journalisme et en particulier à la musique, tout en gardant un œil attentif sur la mode et le monde artistique !
camillegreeniswalkingwith@gmail.com
Le groupe pop-rock américain One Republic n'a plus à faire ses preuves. Et pour cause, leur tube mondial Apologize affiche les 5 millions de téléchargements et est ainsi devenue la chanson la plus téléchargée aux Etats-Unis.
Après avoir fait les premières parties de Bon Jovi et de U2, One Republic arrive à Paris, mardi 11 février pour présenter son troisième album Native lors d'un showcase privé organisé par Virgin Radio. Le premier single Counting Stars affiche déjà plus de 150 millions de vues sur YouTube et laisse donc présager un avenir radieux pour cet opus.
Des places pour ce concert privé sont actuellement à gagner en écoutant Virgin Radio ! Les moins chanceux pourront suivre le concert en live icimardi 11 février à 21h00.
Dans la famille des chanteurs français Corson se démarque. Et pour cause, au fil des années il a su travailler ses deux atouts de taille : sa voix de ténor et ses chansons écrites en anglais qui ne sont pas sans rappeler des mélodies pop-rock entrainantes composées par de célèbres artistes issus de la perfide Albion. A 34 ans, le chanteur délivrera en mars 2014 The Rainbow, son premier album prometteur où le spectre de sa mère décédée lui fait certes aborder des thèmes graves mais il réussit à ne jamais faire sombrer ses compositions dans une totale mélancolie. Les failles et la créativité de cet artiste méritent qu'on se penche sur sa musique.
Comment as-tu fait tes débuts dans la musique ?
C'est ma mère institutrice qui voulait que je fasse de la musique. A l'âge de 8 ans, elle m'a inscrit à des cours de solfège et un an plus tard, j'ai commencé à faire du piano. Très vite, j'ai eu des aptitudes, j'ai développé mon oreille. J'ai rapidement commencé à composer, je m'enregistrais sur des K7. A l'époque, ce n'était pas commun de chanter, surtout quand on vient d'un village perdu dans la Lorraine, je chantais donc en cachette.
Adolescent, j'ai découvert U2, ce groupe a été une révélation pour moi. J'ai acheté leurs K7 pour rattraper mon retard car je suis né quand le groupe faisait ses débuts. Je m'amusais sur mon radio K7 à m'enregistrer en interprétant la partie de Luciano Pavarotti dans la chanson Miss Sarajevo. C'est comme ça que j'ai découvert ma voix lyrique. Par la suite, je suis entré au Conservatoire de Thionville. En parallèle, à 17 ans, j'ai fait mes premières scènes avec un groupe de rock appelé Samsara.
Que signifie ton nom de scène Corson ?
"Cor" est la base de mon nom de famille et "Son" est le début du prénom de ma mère, Sonia. Ce projet lui est dédié. Je pense qu'elle a ressenti une aptitude en moi dès mon plus jeune âge. Petit, ma cousine avait un piano et je lui empruntais, c'est comme ça qu'elle a dû se dire : "Il faut le mettre à la musique".
As-tu toujours écrit tes chansons en anglais ?
Avec le groupe à l'époque, on ne s'est pas posé la question d'écrire en français, on adorait les Red Hot Chili Peppers, U2, Nirvana, les Guns, Police, avec toutes ces influences, écrire en anglais était une évidence. En plus, on vivait à la frontière luxembourgeoise, allemande, belge donc si on voulait jouer autour de chez nous, on devait forcément chanter en anglais.
La majorité de mes textes sont en anglais mais certaines de mes chansons sont tout de même en français comme Raise Me Up, une chanson en français avec un refrain en anglais. Par contre la langue anglaise a des sonorités qui me ressemblent plus.
D'où te vient cette aussi bonne maîtrise de la langue de Shakespeare ?
Mes parents m'ont beaucoup envoyé dans des familles en Angleterre, en Ecosse, aux Etats-Unis. Lors de mon BTS en commerce international, j'ai effectué trois mois de stage aux Etats-Unis dans une entreprise d'import-export, ça m'a permis de découvrir le Texas, la Louisiane. J'ai pas mal baroudé, j'ai notamment passé mon permis en anglais, je me suis donc imprégné de cette langue.
Quel a été le déclic dans ton changement de vie lorsque tu es passé de salarié de banque à chanteur ?
En 1999, ma mère est décédée, ça m'a fait prendre conscience qu'il fallait que je vive ma vie très vite. Je travaillais dans une banque au Luxembourg et quand on m'a proposé un CDI, j'ai eu peur. Je me suis vu à 30 ans avec une femme, un chien et un jardin, une vie dont je ne rêvais pas.
Au moment de prendre ta décision, la précarité du métier d'artiste ne t'a pas arrêté ?
J'avais passé une audition pour aller dans une école de chant à Paris et j'ai été accepté. Cela a été déterminent. J'ai pris un appartement avec un ami qui voulait faire du théâtre. J'ai habité à Barbès pendant plus de 2 ans, je prenais des cours de chant et faisais des petits boulots comme ouvreur à Mogador, j'ai aussi fait des émissions de télé-marketing. J'étais loin des banques et des salaires du Luxembourg mais j'étais plus heureux !
Quel a été ton chemin, jusqu'à la réalisation de ton premier EP ?
J'ai tout de suite essayé d'être intermittent du spectacle et de gagner ma vie en tant que chanteur. J'ai fait des cœurs pour des téléfilms, des spectacles musicaux, je me suis aussi déguisé en John Travolta pour la fête d'un club du 3ème âge, je passais des castings pour pouvoir vivre de la musique. Malgré des périodes difficiles et certains emplois improbables, je m'en sortais. J'étais content de vivre de la musique. J'ai aussi refusé des projets de comédies musicales pour mon projet solo.
J'ai rencontré mon producteur Selim Mouhoubi après un concert. A la fin du show, il m'a proposé de me produire alors qu'il n'avait pas encore de boite de production. On est devenu ami et on a commencé l'aventure ensemble. On a fait un EP de 5 titres avec un clip, We'll come again.
We'll come again
Tu as un style original qui mélange pop, rock et lyrisme. Tu n'as pas peur de surprendre le public ?
Il n'y a que deux chansons avec ce mélange de styles, Raise Me Up et We'll come again. Pour moi, il s'agit de la meilleure chanson de l'album car elle a une âme particulière. Elle sort du lot. Son pont lyrique rappelle la chanson Miss Sarajevo. En studio, j'avais hésité à gommer l'aspect lyrique. J'avais peur que ça fasse trop démonstration. Au final, on l'a gardé car c'est ce qui me correspond. C'est une belle carte de visite pour me présenter.
De qui t'es-tu entouré pour ce premier album The Rainbow (sortie le 31.03.14) que tu as écrit, composé et arrangé ?
Polydor m'a donné les moyens de faire l'album. On a repris tous les musiciens avec qui on avait travaillé pour l'EP et en plus, on s'est payé le luxe de travailler avec l'orchestre philharmonique de Budapest, 40 chordes, un moment magique de ma carrière que je n'oublierai jamais. Pour les arrangements, j'ai été aidé par Bris Davoli, un ami et un grand nom de la publicité et le réalisateur de l'album François Maxime Boutault. On a fait cet album à trois. J'avais fait des maquettes à la maison et ils les ont sublimées. Quant aux musiciens qui ont fait l'album, ils sont pour la plupart sur scène avec moi.
Je ne connaissais pas le travail en studio. L'équipe autour de moi m'a appris le processus et m'a donné confiance. C'est un album hors codes radio, non formaté. Mais dans 10 ans, ces chansons pourront toujours être écoutées. La maison de disque ne nous a rien imposé. J'ai fait l'album que je souhaitais.
J'écris mes chansons de façon instinctive et seulement à la fin de la chanson, je sais ce qu'elle veut dire. L'album parle de ce que j'ai vécu, de ma mère, de la mort, de l'espoir, d'amour. Il y a beaucoup de mélancolie car j'aime me sentir triste pour pouvoir sortir des choses. Il y a beaucoup d'image de mort, d'anges, de personnes qui accompagnent d'autres personnes à une nouvelle vie. Il y a aussi des chansons gaies.
Les réseaux sociaux sont-ils un passage obligé pour tout nouvel artiste ?
On m'a conseillé d'avoir un compte Twitter que j'ai appris à découvrir et maintenant je commence à apprécier l'outil. Par contre j'avais déjà un compte Facebook et les gens sont parfois surpris de voir que je leur réponds directement. Je réponds à tout le monde, cette proximité est essentielle selon moi. Ces réseaux sont utiles pour récupérer des images et des vidéos à la suite d'un concert. Je trouve idiot d'interdire de filmer un concert. On ne peut plus contrôler ça. Au contraire, il faut s'aider de ce nouveau système. L'idée d'organiser un concert uniquement filmé par les fans me plait énormément. Cela permet d'être encore plus performant sur scène, on n'a pas le droit à l'erreur. Les réseaux sociaux poussent les artistes à être au top n'importe où et n'importe quand !
Certains l'ont vue aux côtés de Mouloud Achour dans l'émission Clique sur Canal+, d'autres l'ont aperçue derrière ses platines, d'autres encore ont entendu parler de son collectif Girls Girls Girls. Mais qui se cache derrière la DJ Louise Chen ?
Une enfance entre Taïwan et Luxembourg
Déjà enfant, Louise baignait dans un univers artistique. Elevée par une mère française et un père taïwanais, elle passe un tiers de son temps en Asie. Elle vit alors près de ses tantes, l'une actrice et chanteuse, l'autre productrice TV. Et lorsque son père n'est pas sur le même continent que sa fille, il garde le contact avec elle en lui envoyant des K7 de compilations. "C'est comme ça que j'ai connu Barry White, Stevie Wonder et même les Beatles !" avoue Louise Chen. Puis "dès l'âge de 10 ans, j'avais tout le temps mon walkman avec moi et ma préoccupation première était d'avoir assez de batterie."
A 14 ans, la jeune fille vit désormais au Luxembourg et sèche ses cours de mathématiques pour suivre les répétitions d'une bande de copains musiciens plus âgés. Dès l'adolescence, elle se construit donc déjà son réseau et passe du temps avec les membres du collectif Schalltot. "Ils étaient de vrais mentors pour moi, tous les week-ends ils organisaient des concerts avec des groupes de métal, punk, hardcore au Marignan, un bar en Belgique". En parallèle, Louise côtoie à ses cours de danse d'autres styles musicaux aux accents pop et R'n'B.
De Louise Chen à... DJ MTV
En 2006, la jeune femme commence à être DJ pour s'amuser avec des copains au café Chérie à Paris. Un collègue Diego, lui apprend les bases pour mixer et la surnomme rapidement DJ MTV, un clin d’œil aux tubes qu'elle joue pour que les gens dansent. Louise se prend au jeu et monte un trio appelé Frangipane. L'objectif : jouer des morceaux plus rock que ceux habituellement repris par les DJ. Puis elle trace sa route et part à Londres, pour étudier et à New York où elle se rend pour les CMJ music marathon. L’échappée américaine prévue à l'origine pour 1 semaine se prolonge. Elle fait alors de la colocation avec le batteur des Willows. Mais quelques jours avant Noël, elle se fait cambrioler et soudain un sentiment de solitude l'envahit. Louise contacte alors un copain tourneur qui cherche une assistante. La chance lui sourit, elle rentre à Paris.
C'est à cette période qu'elle rencontre DJ Mehdi et tombe amoureuse. "Il ne m'a rien appris d'un point de vue technique mais il m'a incité à jouer. Il m'a donné confiance en moi" avoue la DJ. "Lors d'une soirée new-yorkaise, DJ Mehdi la pousse derrière les platines. Louise se remémore ce jour : "J'ai passé la journée à graver des CD et à faire en sorte que tous les morceaux dessus soient géniaux".
Girls Girls Girls, un collectif de DJettes
En septembre 2011, lors d'une soirée arrosée, Louise accompagnée de sa bande de copines analysent les soirées parisiennes et constatent que les "DJ ne jouent pas de musique pour faire en sorte que les filles dansent". Le collectif naît de ce constat et s'appellera Girls Girls Girls, un nom qui évoque toutes les petites copines de DJ présentes autour de la table et une chanson du rappeur Jay Z.
Depuis le 28 février 2012, date du premier concert du collectif, les trois membres de Girls Girls Girls, Louise, Betty et Piu Piu ont fait du chemin. Elles préparent une collaboration avec Chicky Boom, elles ont des idées de soirées plein la tête et d'après les dernières rumeurs elles mixeront durant la fasion week new yorkaise. Pour leur deuxièmes anniversaire, les trois acolytes préparent une soirée au Social Club, "c'est la maison, ce sont eux qui nous ont donné notre chance" constate Louise.
Clique sur Canal+
Etre un DJ rentable
Louise est très lucide face aux exigences qu'implique son travail.Selon elle, "le plus important en tant que DJest de créer un set avec des morceaux que les gens connaissent pour qu'ils aient des références et d'arriver à faire découvrir au public des morceaux inédits et même bizarres !" C'est le rôle de Betty et Piu Piu. "Moi, je suis toujours DJ MTV qui joue des tubes".
"A la base, l'économie du DJ, c'est celle du chiffre. Pour un club, il est moins cher d'employer un DJ qui va remplir un endroit et faire boire le public qu'un groupe de musique qui en plus va nécessiter des personnes pour installer du matériel. Le DJ est là pour ramener des gens qui vont consommer. On n'est pas seulement présent pour rendre un endroit cool. C'est comme ça que l'on valorise nos cachets, notre capacité à ramener du monde. Et pour ça les réseaux sociaux ont facilité notre métier. Par contre, il faut faire la part des choses entre la vie privée et professionnelle. Pour moi, les réseaux sociaux sont une sorte de téléphone qui permet d'envoyer un sms à la planète entière mais il y a certaines qu'on n'a pas envie de dire à tout le monde."
Et en contemplant la carrière d'un des DJ les plus populaires, David Guetta, Louise reconnaît son talent : "Il a fait plein de trucs que le public ne soupçonne absolument pas. Il a un nom d'artiste où il produit de la house. Si lui ne faisait pas cette musique, quelqu'un d'autre le ferait et ça serait probablement pire. Il travaille dur et mérite amplement son succès. Ce n'est pas la musique que j'écoute mais je n'ai aucune mauvaise critique à faire. Si cette musique plait à des gens, c'est qu'il y a une raison."
Ses débuts sur Canal+
Louise Chen sait aussi se diversifier puisqu'elle a fait ses débuts à la télévision grâce à l'émission hebdomadaire Clique, diffusée sur Canal+. La DJ revient sur sa rencontre avec Mouloud : "On se croisait souvent. Au festival de Cannes, un matin vers 7h00 j'étais en robe sur la terrasse du Baron et devant tout le monde j'ai mis mon bas de pyjama sous ma robe. Mouloud m'a remarquée et s'est foutu de moi."Puis, nous nous sommes recroisés à la soirée Nous sommes 2013 et on a discuté autour d'un petit-déjeuner, c'est là qu'il a commencé à me parler de son émission Clique".
La DJ a déjà beaucoup de recule sur ce métier : "La télévision est un milieu horrible, il faut accepter la critique et pouvoir entendre qu'on ne plait pas aux auditeurs, qu'on n'est pas assez souriante, pas assez drôle". "Avec cette expérience, j'ai d'autant plus d'admiration pour les gens qui font carrière dans ce secteur". Louise n'est pas prête de s'éloigner de ses platines.
Lorsque l'on croise William Fitzsimmons, le regard s'attarde forcément sur son allure peu commune. Sa longue barbe travaillée depuis des années, son crâne rasé et sa salopette y sont sûrement pour quelque chose. Mais au delà des apparences, le chanteur folk mérite également qu'on se penche sur sa prestation.
Samedi soir, l'artiste américain venu clôturer à Paris sa tournée européenne, a rapidement réussi à conquérir le public de La Loge avec un humour anti star-système et un concert très intimiste.
Le clap de fin a eu lieu dans le public avec deux titres en version "unplugged" et une promesse, un retour en mars 2014 pour présenter son prochain album. On ne pouvait pas espérer mieux, ses flèches ont atteint le public en plein cœur.
Pour débuter la tournée de son deuxième album solo Orpailleur, Gaëtan Roussel s'est offert le 3 décembre 2013 son premier Trianon !
Face à un public plutôt froid, le chanteur a pourtant excellé dans l'exercice aidé par des jeux de lumière très aboutis - à tel point qu'on aurait aimé voir l'utilisation de la réalité augmentée.
L'artiste, rempli d'énergie, a su faire monter l'intensité du concert jusqu'au célèbre titre Help Myself où il invite les spectateurs à se lâcher en lançant: "Le Trianon vous appartient". Gaëtan Roussel revisite ses propres chansons en donnant un autre souffle à certains titres comme Inside Outside. Il présente des reprises travaillées avec une grande habileté : émouvant hommage à Bashung avec le titre J'envisage, il réussit même à donner une nouvelle vie au titre Road to nowhere du groupe Talking Heads. Le chanteur termine son "show" avec le sublime titre La barbarie, un texte qui laisse place à la réflexion.
Andy Robinson est une sorte de troubadour des temps modernes, prêt à quitter son Angleterre natale avec quelques dollars en poche pour partir à la conquête des Etats-Unis à l'aide de ses chansons. Il paye son audace en rentrant avec un coeur brisé mais aussi des anecdotes prêtes à alimenter son troisième album, sorti cet été.
Dans Willamina Machine, le chanteur de 28 ans transporte l'auditeur au coeur de l'histoire de Jack Willamina, l'inventeur de la machine qui répare les coeurs brisés et dont aurait sans doute aimé bénéficier Andy à son retour des USA, mais ça l'histoire ne le dit pas.
Rencontre avec un chanteur à la plume affinée qui a un don pour raconter des histoires aux mélodies entrainantes.
Autoportrait - septembre 2013
Comment as-tu fait tes premiers pas dans la musique ?
C'était à l'école primaire, j'avais 9 ans, j'allais aux toilettes quand soudain j'ai entendu quelqu'un qui jouait de la clarinette; ce son, je ne l'avais jamais entendu auparavant. En rentrant chez moi, j'ai demandé à ma mère si je pouvais apprendre à en jouer. Et il s'est avéré que lorsque mon grand-père est décédé, j'avais alors 3 ans, il a légué sa clarinette à ses descendants. Mes oncles ont accepté de me la donner et depuis, je n'ai jamais arrêté d'en jouer.
Grâce à l'enseignement musical que j'ai reçu, j'ai pu assez facilement passer d'un instrument à un autre, du saxophone tenor au piano, instrument que j'ai appris seul. C'est comme ça que j'ai commencé à écrire des chansons et à chanter...
Tes deux frères ont-ils aussi l'oreille musicale ?
Mon frère aîné a commencé récemment à apprendre à jouer du violon et mon autre frère écoutait du grunge dans les années 1990, il adorait Nirvana, Pearl Jam et jouait de la guitare électrique. Il y joue d'ailleurs toujours mais il n'a pas le sens du rythme, ce qui ne l'empêche pas d'apprécier de prendre sa guitare !
Pourquoi affirmes-tu que ton environnement familial constitue un élément déclencheur pour ton inspiration ?
J'ai l'impression que cette prédisposition pour la musique est innée, je l'ai dans le sang. J'ai donc cherché à savoir d'où je venais pour mieux comprendre qui je suis.
L'histoire de ma famille mêle romance et injustice... En effet, Jack Robinson était un des derniers bandits anglais à être pendu à Tyburn, Lors Burgess a couché avec une bonne qui a donné naissance à un bâtard, mon arrière grand-père, laissé à l'orphelinat. Tout cela mélangé avec des histoires de miniers, de femme battues, d'alcoolique, sans oublier les Tinkers, une lignée d'Irlandais vendeurs de chevaux et grands voyageurs qui sont arrivés en Angleterre après la grande famine irlandaise (ndlr: 1845 - 1851). Quand j'écris mes chansons, toutes ces histoires sont omniprésentes.
Andy Robinson - Always talk to strangers
En 2005, dans ton album England's Bleeding, tu as écrit une chanson au rythme fabuleux intitulée Always talk to strangers, quelle histoire se cache derrière cette chanson ?
J'ai écrit cette chasnon en hiver, alors qu'il faisait très froid, le genre de froid glacial que tu ressens au moment de mourir. Il faisait nuit et les rues étaient remplies d'éclats de rire, de gens aux joues rosées portant des gants et des manteaux bien chauds, buvant du vin chaud. En passant dans une de ces rues plein de monde, j'ai baissé le regard et j'ai vu un homme assis par terre, affamé et surtout très seul. Je me suis assis à côté de lui, j'ai roulé une cigarette, un groupe de jeunes est passé devant nous, l'un d'entre eux à frappé dans la jambe de ce SDF comme si c'était un ballon de football. Je lui ai alors dit "venez, on va boire un verre". On est allé dans un bar, on a bu quelques bières, il m'a raconté sa vie. Il était écrivain et m'a montré ce qu'il rédigeait. Avant que je parte, il m'a dit "personne ne parle jamais aux étrangers" (ndlr: "no one ever talks to strangers").
Dans la chanson England's Bleeding, tu fais une triste observation de l'état de l'Angleterre, aujourd'hui ton point de vue est le même ?
Non, je pense que le pays est en plein redressement. L'attitude des gens est meilleure, un réveil général s'est opéré.
Après ton album England's Bleeding tu as sorti Beneath the Ballrom, que raconte cet opus ?
C'était une période un peu confuse pour moi, je ne savais plus vraiment quel genre de musique je voulais faire. J'étais complètement obsédé par les silences que contenaient ma musique, je voulais absolument remplir chaque silence de chaque chanson avec n'importe quel instrument.
Je n'avais pas une vision très claire de la production de mes chansons, je changeais d'avis à chaque titre. C'était une période très frustrante qui a abouti à un album qui, si on le compare à une famille contenait plein d'enfants adoptés, sans aucun lien les uns avec les autres, je les aime tous mais ce sont des îles désertes. Il est cependant important pour moi de me rappeler de cette période, surtout avant d'entrer en studio.
Tu as sorti cet année, un album intitulé Willamina Machine, qu'est-ce que cela veut dire ?
Willamina est une petite ville située en plein milieu d'une fôret.Jack Willamina y vivaitet avait inventé une machine pour réparer les coeurs brisés. Mais sa machine a pris feu, elle a alors saccagé la ville, brisé le coeur des habitants, leur confiance en eux et menaçait leur bonheur. Jack a alors capturé la machine, il l'a détruite puis enterré dans un endroit où jamais personne ne pourrait la trouver. Et personne ne vit jamais plus Jack ni sa machine. Toute cette histoire est bien sûr un mythe ! En mémoire de cet inventeur, la ville a alors pris son nom "Willamina" et son invention fut appelée "Willamina machine".
Pourquoi es-tu parti aux Etats-Unis pour faire cet album, tu avais besoin d'un nouvel endroit pour trouver de l'inspiration ?
Ma grand-mère est décédée et m'a laissé 700£. C'était une période où je n'avais pas trop de chance et je n'avais écrit aucune chanson depuis un an. J'ai donc décidé d'aller en Californie. J'ai acheté un billet d'avion, j'avais rassemblé mes affaires dans un sac, j'ai pris ma guitare, ma clarinette et arrivé à l'aéroport de Los Angeles j'avais environ 20 dollars en poche. Le jour de mon arrivée, j'ai dormi dans la rue à Venice Beach, je tenais ma guitare entre mes jambes et ma clarinette dans mes bras. J'ai été réveillé par le soleil et le bruit des vagues. Toute la journée, j'ai joué de la guitare dans le rue et j'ai récolté 97 dollars. J'ai ainsi pu me trouver un hôtel et après plusieurs concerts dans la rue, j'ai pu m'installer dans un appartement en colocation à Hollywood. Mon meilleur souvenir: lorsque je me suis retrouvé au Norm's Café avec la fille dont je suis tombé éperdument amoureux. Lorsque j'ai emménagé avec elle, j'ai pensé que je me marierai avec elle, on était heureux mais elle avait un mari et l'a d'ailleurs toujours...
"Swan Lake" du Suédois Fredrik Rydman dépoussière les conventions en revisitant un chef d’œuvre classique. Il ajoute des touches pop, R'n'B, du trash, de l'humour et des effets spéciaux là où on ne les attend pas.
Le spectacle signé par le créateur du groupe de danse urbaine "Bounce" est une invitation à la danse, merveilleusement imaginée. Il fallait oser bousculer autant la musique de Tchaïkovski, pari réussi, c'est une prouesse.
B. Montague et J. Walsh au Hard Rock Café Paris le 13.09.13
Le 13 septembre dernier, James Walsh, l'ancien chanteur du groupe Starsailor aux trois millions d'albums vendus et Ben Montague, jeune talent de la scène anglaise, sont venus clore leur tournée appelée "Simply acoustic tour" au Hard Rock Café de Paris. Rencontre avec ces deux chanteurs anglais qui terminent leur tournée européenne des Hard Rock Cafés pour récolter des fonds en faveur de l'ONG, la Ligue contre le cancer.
1. Comment vous est venue l'idée de participer ensemble à cette tournée acoustique Hard Rock Café en faveur de la Ligue contre le cancer ?
J.W: Ben et moi sommes amis depuis plusieurs années, on a travaillé sur son précédent album. Par ailleurs, j'avais déjà fait des représentations au Hard Rock Café de Londres donc quand le projet s'est présenté à nous, la décision a été prise rapidement.
B.M: J'ai rencontré James en 2010 alors que j'étais venu le voir à un concert à Londres. A la fin du concert, je lui ai demandé s'il voulait travailler avec moi et il a accepté !
Concernant notre soutien pour la ligue contre le cancer, on connaît tous quelqu'un touché par le cancer, personnellement, mes parents en ont souffert, cette tournée a donc été une grande opportunité pour sensibiliser le public.
James Walsh au Hard Rock Café Paris
2. James, le succès que tu as connu avec ton groupe Starsailor constitue-t-il aujourd'hui une pression supplémentaire lorsque tu composes de nouvelles chansons ou au contraire une force grâce à l'attention que te porte le public ?
J.W: Les deux ! D'un côté les fans me témoignent leur soutien et sont très réactifs sur les réseaux sociaux. Mais de l'autre, même si certaines critiques sont positives, immédiatement une comparaison est faite avec la chanson Four to the floor.
3. James, vas-tu jouer des nouvelles compositions ce soir ?
J.W: Oui, je vais notamment jouer une nouvelle chanson intitulée "We could try". Elle se veut optimiste et raconte que malgré la négativité ambiante dans laquelle évoluent nos pays, il faut y croire. Il est important d'essayer, d'échouer mais d'avoir foi en ce que l'on fait. Quand on fait partie d'un groupe, il y a toujours une bonne raison de ne pas sortir un album parce qu'un autre grand groupe en sort un au même moment. Certains exercent un travail qu'ils détestent mais l'important malgré ces contraintes est de rester fort et d'y croire.
We could try by James Walsh
4. Ben, tu as commencé ta carrière en 2010, ton premier album Overcome a reçu notamment les acclamations de la BBC et pourtant tu as rencontré des difficultés pour arriver à commercialiser ton album. As-tu rencontré les mêmes problémes pour sortir "Tales of flying and falling" (janvier 2013) ?
B.M: Un grand écart sépare effectivement ce premier album enregistré dans une chambre, de façon indépendante, et "Tales of flying and falling"qui a bénéficié de l'aide d'un label.
En 2012, je me suis dit que je n'avais pas envie de disparaître une année supplémentaire de la scène musicale, je me suis alors remis au travail et en deux mois l'album était terminé.
Ben Montague au Hard Rock Café Paris
5. Ben, le 6 octobre, tu vas sortir un EP intitulé "The Truth", de quoi parle-t-il ?
B. M: "Tales of flying and falling" est un album écrit à la suite d'une relation amoureuse qui s'est terminée. Il parle donc des bons et mauvais moments d'une histoire d'amour, des regrets qui s'en suivent. Mais "The Truth" est un EP plutôt joyeux ! Il reflète mon état d'esprit depuis le début de l'année, période depuis laquelle j'enchaîne les concerts. La chanson "Sleeping with the lights on" parle de mon petit frère qui a vécu des moments difficiles et de l'aide que j'ai essayé de lui apporter.
Love like stars by Ben Montague
6. Aujourd'hui, les réseaux sociaux sont-ils un outils à savoir maitriserobligatoirement en tant qu'artiste ?
J.W: Ca dépend des artistes, certains sont très réservés et maintiennent une part de mystère en restant en dehors des réseaux sociaux. D'autres sont plus ouverts et sont très contents de dévoiler toute leur vie à leur public. Personnellement, j'essaye de trouver un équilibre entre les deux car mes fans s'en fichent si je leur annonce que je suis en train de me séparer de mon manager.
B.M: C'est un outil génial pour lever toutes les barrières entre un artiste et ses fans. Mais je ne comprendrai jamais pourquoi deux célébrités se disputent publiquement sur un réseau social.
James et moi, nous nous partageons bien les rôles, en règle générale, il parle de football et moi de nourriture !
7. Quel artiste aimeriez-vous voir sur la scène du Hard Rock Café ?
J.W: Van Morisson, on raconte qu'il était grincheux et qu'il avait ses humeurs mais j'aurais aimé le voir sur scène car il fait partie de mes héros musicaux. J'ai eu beaucoup de chance durant ma carrière j'ai pu voir Bruce Springsteen en concert à de nombreuses reprises ainsi que Neil Young, Les Rolling Stones, U2.
B.M: J'adorerais aller à un concert de Led Zeppelin.
James Walsh en concert
Dimanche 22 septembre - Black Sheep Bar à Isle of Wight
Autoportrait le 3.06.13 au Starbucks Café des Grands Boulevards
Depuis que nous avons quitté Marion Corrales en juillet 2012 alors qu’elle
venait d’effectuer la première partie du chanteur britannique King Charles,
elle ne s’est pas arrêtée une seconde : réalisation de 3 vidéos clip,
voyages à Bali puis à Rio de Janeiro, préparation de son EP chez Mirador, duo avec Tom Fire ! A la veille de l’enregistrement de
son EP dont la sortie est prévue en fin d’année, Marion Corrales a quand même
pris le temps de s’asseoir à une terrasse pour revenir sur ces 12 derniers
mois.
Raconte nous ta collaboration avec Ludovico Einaudi. En quoi t’a t-il
influencé musicalement ?
En 2012, je suis partie à Milan pour
faire des morceaux piano-voix avec Ludovico Einaudi et par la suite, il m’a
invitée à faire sa première partie au Casino de Paris devant4 000 personnes.
Ce concert fait partie de mes meilleurs souvenirs. Au rappel, il m’a invitée sur
scène pour chanter des morceaux qu’on avait fait ensemble. J’adore le côté
épuré d’une chanson guitare-voix mais avoir tout un orchestre derrière soi
emporte vraiment le chanteur. Je suis toujours impressionnée de me dire que
j’ai chanté avec les musiciens de La Scala.
Ludovico arrive à donner aux
chansons une impression acoustique tout en gardant l’extrême puissance des
instruments, ça m’a donné des idées pour mes propres compositions.
J’ai beaucoup appris en travaillant
avec Ludovico Einaudi, il a une grande aura, dans la rue on l’appelle
Maestro ! Avec lui tu te sens pousser des ailes, d’ailleurs c’est lui qui
m’a poussé à écrire en français la chanson The Peacock (« Le paon » ndlr). A la fin de l’enregistrement de cette chanson, il m’a même dit
« Marion Corrales is born » !
Le paon par Marion Corrales pour Camille Green Unplugged
Est-il plus facile de rédiger tes textes en français ou en anglais ?
Pour moi, c’est la même difficulté.
Au début, j’ai beaucoup joué à l’étranger et chanter en anglais ne me posait
pas de problème. Puis, j’ai multiplié les dates en France et j’ai voulu que le
public comprenne mes textes y compris les spectateurs plus âgés qui ne parlent
pas forcément anglais.
Comment va Alexandre Bellando, le guitariste avec qui tu formes un duo ?
On a décidé d’explorer d’autres
univers chacun de notre côté. Il travaille en ce moment sur le futur album
d’Hindi Zahra, il va même jouer avec le batteur de Sting et un de ses morceaux
va être synchronisé sur le prochain film de Martin Scorsese. Mais on va se
retrouver dans quelques jours pour faire notre EP !
Qu’est-ce que le « Vidrix project » ?
C’est un ensemble de vidéos et de
chansons composées avecDrixxxé, le fondateur de Triptik et membre du duo McLuvin. Je l’ai rencontré lors de la répétition d'un de ses concerts au Bus
palladium et j’ai fini dans son studio. On a alors fait une dizaine de chansons
ensemble, lui compose et moi je fais les paroles et les images des vidéos clip.
Cette collaboration m’a permis de sortir de mes habitudes, Drixxé m’a appris à
interpréter mes textes différemment. A la différence du travail effectué avec
Alexandre, cette collaboration n’a donné lieu à aucune prestation scénique.
Au final, le « Vidrix project » est pour le
moment composé de 3 vidéos:
- PSM
- Meet my neighbour
- Keen.
A quelle occasion as-tu collaboré avec les Junkers No Junkies ?
De retour d’Indonésie, j’étais à la
recherche de musiciens capables de reproduire le son de la roche, entendu sur
place pour ma chanson « Bali » et j’ai tout de suite pensé à eux.
C’est ma première chanson à être diffusée sur la radio FIP, elle a été
qualifiée de « dream pop ».
Tu sembles particulièrement apprécier les collaborations puisque tu as
également travaillé avec le grand Tom Fire !
Lors d’un concert à FGO, pour le
festival au Féminin, Charlotte Picas, la directrice artistique de Tom Fire
était dans la salle et elle cherchait une voix comme la mienne ! On a
alors travaillé sur un morceau qui s’appelle Queen qui sortira en septembre. On
a aussi travaillé sur la « cover » de « No stopping us »
des Dirtyphonics et Foreign Beggars qui sortira sur le label Dim Mak aux
Etats-Unis et en Amérique latine.
La chanson « No Stopping us » ne pourra donc pas être écoutée en
France?
Si… comme je suis une folle des
vidéos, je ferai un clip qui pourra être vu en France.
Tu as également travaillé avec Jesse Harris, le compositeur de Norah
Jones.
Oui, je l’ai rencontré lors d’une
soirée pour mon projet avec la photographe Iris Della Roca fait en
collaboration avec avec des enfants de la favela Vigidal à Rio. On a commencé à
discuter de notre travail respectif et il m’a proposé de remplacer Mélodie
Gardot pour des duos qu’il devait faire avec elle !
Parle nous de la préparation de ton prochain EP chez Mirador.
Je vais travailler entre autres
avec Jérémi Derrupe, qui a fait mes premières démo durant mes débuts avec
Alexandre. Lors de nos débuts à Solidays en 2009, il s’occupait déjà du son
pour nous.
Alexandre et moi allons sublimer les
morceaux les plus forts qu’on a fait en live pendant 3 ans. On va travailler
entre autres avec Valentin Mussou, violoncelliste qui travaille avec Woodkid,
Ben Mcconnell, le batteur de BeachHouse rencontré à New York, Alexis Pivot au clavier et piano. L’objectif étant
tout de même de garder l’esprit original du morceau. J’aimerais qu’au final le
son ressemble à celui de Villagers : basse, batterie et un peu de
clavier.Cet EP de 4 titres
sortira à la fin de l’année 2013.
Et j’ai également postulé pour suivre une formation d’art thérapie à la
rentrée avec un collectif d’artistes. Cette formation donne des outils pour
renforcer notre pratique artistique et faire que notre art puisse avoir des
vertus thérapeutiques. Avec l’aide de ce collectif, j’espère que mes
performances sur scène seront différentes.
J’aimerais également organiser une
résidence pour construire « un live » avec les nouveaux musiciens qui
ont composé l'EP et faire des concerts avec eux !
Son nom lui va comme un gant et
pour cause Swann est un clin d’œil à l’épisode de la sonate de Vinteuil qui
évoque le pouvoir de la musique. La chanteuse folk de 23 ans s’émerveille ainsi
de cette capacité qu’a la musique à ramener vers des souvenirs, des
lieux ; elle s’étonne également de ses propres pouvoirs et donc des éloges
chaleureuses qui lui sont faites la comparant entre autres à Cat Power :
« J’ai encore du mal à admettre que l’on parle de moi en ces termes »
avoue-t-elle en pleine interview. Et pourtant Swann est en grande partie la
raison de son succès.
Elevée dans une famille où l’on
écoutait des chanteurs anglophones comme Neil Young, les Rolling
Stones, Velvet, Swann avait choisi de ranger la musique dans la case
« passion » et ne se voyait pas abandonner ses études de
communication. Mais c’était sans compter sur son stage, à Londres, qui lui a
ouvert les portes des scènes de bars anglais.
La jeune femme se remémore ses
débuts londoniens en riant: « J’avais ouvert un magazine avec le nom
de tous les bars de la capitale et j’ai dû envoyer 60 e-mails pourdemander à me produire sur scène. Au
final j’ai effectué une dizaine de concerts ». Mais malgré son jeune âge,
l’artiste n’est pas novice, à 11 ans, elle écrivait sa première chanson et à 16
ans elle se produisait déjà sur scène. La chanteuse arrive même à se rappeler
du cadre dans lequel elle a écrit Hold Me Close, à 14 ans, une chanson,
présente dans son album : « Je me rappelle du micro, tenu grâce à des
livres, que je branchais sur un ordinateur énorme. La mélodie est venue
rapidement avec des accords assez basiques. Aujourd’hui les paroles sont
quasiment les mêmes. Il faut savoir que je compile tout ce que je fais et quand j'ai fait écouter cette chanson à mes proches, à l’unanimité elle a été
déterrée ! »
2009, Stephen Munson
entre dans sa vie
En 2009, sa carrière prend un
autre tournant, lorsqu’elle commence sa collaboration avec Stephen Munson un
ami de la famille, ancien membre de groupes de punk des années 80, qui lui
propose de travailler ensemble. « On a enregistré des maquettes et on
s’est pris au jeu, on voulait toujours enregistrer plus de chansons. Il m’a
présenté des musiciens qui au final ont participé à l’enregistrement de
l’album ». De cette collaboration naîtra un EP intitulé Show Me Your Love,
sorti le 14 janvier 2013. Les thèmes de cet EP se retrouvent dans son album,
« la peur de la fin d’une histoire d’amour, d’une amitié, d’un bon moment,
d’un bon repas ». « L’amour fait évoluer chaque personne, l’attention
que l’on porte à la personne lui donne une force qui va lui permettre
d’avancer. J’ai voulu parler de ce qui relie les êtres humains entre
eux ». Ce thème perdure même dans sa reprise du titre de Franck Zappa, une
chanson que Swann écoutait en famille en rentrant de vacances au ski.
L’artiste cherche à se justifier : « Il ne faut pas s’étonner que ma
musique parle de moi et des gens qui m’ont construite ».
Bobby Brown (Goes Down) by Swann
Rob Ellis, chef d’orchestre de son premier album
Pour son album Neverending sorti
le 15 avril 2013, le label de Swann lui a permis de travailler avec une sacrée
pointure, Rob Ellis, membre du groupe de PJ Harvey, producteur entre autres de
Marianne Faithful, Placebo, Anna Calvi. Swann se remémore cette
collaboration : « Cela a été comme une évidence de l’intégrer dans le
projet, il a peaufiné l’album, il a apporté une cohérence que seule une
personne externe au projet pouvait apporter, il a joué un rôle de chef d’orchestre ».
Quant au choix d’un album
uniquement en anglais, Swann l’explique simplement : « Petite, j’ai
été sensibilisée à la musique anglophone, ces chanteurs sont devenus mes
modèles et ma première chanson, je l’écrivais déjà en anglais. C’est un défi pour
moi, car j’ai toujours envie de m’améliorer, de découvrir des mots
nouveaux ».
Au final, les critiques sont
élogieuses, la chanteuse à la voix éraillée est comparée à Cat Power et semble
même gênée du compliment. « C’est très touchant d’entendre de telles
critiques, j’ai garde toujours une certaines distances face à ces remarques, je
comprendrai davantage que l’on parle de mes musiciens en termes
élogieux ! », remarque modestement la chanteuse.
Très lucide quant à sa carrière
difficile à prévoir sur la durée, Swann n’a pas peur de se diversifier :
« cela m’intéresse de faire de la musique pour les autres, faire de la
musique pour des films ou des publicités ».
Au vu de la communauté qu’elle a
réussi à construire autour d’elle à la suite de sa tournée avec l’Anglais Tom
McRae, de sa quête incessante pour donner à son public des morceauxaux sonorités à chaque fois différentes
sur scène, Swann a su acquérir certains codes du monde artistique qui lui ont
permis de se faire brillamment remarquer lors de son entrée sur la scène
musicale.