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Camille Green est une consultante en communication qui, en parallèle à ses études, a travaillé pendant 2 ans, en tant que correspondante, dans un journal quotidien régional. Désormais salariée dans une agence de communication parisienne, à 38 ans, elle s'intéresse toujours au journalisme et en particulier à la musique, tout en gardant un œil attentif sur la mode et le monde artistique ! camillegreeniswalkingwith@gmail.com
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1.
Découvrir de nouvelles musiques
- 80 % des personnes présentes sur TikTok affirment qu'il s'agit du premier réseau où découvrir de nouvelles chansons, bien avant toute autre plateforme digitale, service de streaming ou même des recommandations d'amis. Et après avoir écouté une nouvelle musique, près de la moitié des utilisateurs l'ajoutent à leur favoris (47 %), vont regarder le profil de l'artiste (46 %) et vont jusqu'à le suivre sur TikTok (43 %).
2. Découvrir de nouveaux artistes
- 4 utilisateurs TikTok sur 10 affirment découvrir de nouveaux artistes sur la plateforme. Pour les talents émergents, peu importe le style musical, TikTok constitue une opportunité de faire connaître leur musique à de nouvelles publics.
3.
Re-découvrir de vieux classiques
- 4 utilisateurs sur 5 considèrent que les morceaux nostalgiques améliorent et apportent davantage de valeur à leur expérience sur la plateforme.
TikTok a ainsi permis de remettre au goût du jour d'anciens morceaux. Cela a notamment été le cas avec la chanson « Dreams » de Fleetwood Mac, créée il y a plus de 43 ans, qui s'est hissée en deuxième position du classement Top 100 du magazine Rolling Stone, après qu'un Américain, Nathan Apodaca, ait publié une vidéo devenue virale, alors qu'il faisait du skateboard.
*Une étude qualitative menée en collaboration avec PRS IN VIVO sur le second semestre 2020 et une étude quantitative réalisée avec InSites Consulting, début 2021, auprès de 4 013 répondants situés en France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie et Espagne
Née dans les années 1990, biberonnée aux pop-stars d’MTV, MEY fait partie de cette nouvelle génération d’artistes qui utilise ses créations pour nous pousser à nous remettre en question sur des thèmes de société. Et pour cause, la chanteuse s’interroge et nous interroge sur la place de l’apparence dans la vie des femmes, avec un très beau premier EP, au titre évocateur, « With the lights off » ( « avec les lumières éteintes » ). L’omniprésence de l’apparence, l’artiste peut en parler, car elle en a été victime, allant jusqu’à se remaquiller 50 fois dans une même journée. Les chansons de MEY voguent entre rage, colère, rêverie, rock, folk et hip-hop. Elles sont intenses, tout comme l’artiste qui nous montre avec pugnacité sa volonté d’être considérée et respectée en tant que femme. Discussion avec une artiste engagée.
J’ai su que je voulais faire de la musique assez jeune, vers l’âge de 6/7 ans.
Mes parents ne sont pas du tout musiciens, mais ma mère écoutait quand même beaucoup de musique : Stevie Wonder, Enya, Mylène Farmer... J’ai commencé à chanter comme ça, par dessus ses disques, et puis c’est devenu une passion très rapidement. Dans ma jeunesse, j’ai fait beaucoup de reprises. J’ai intégré des groupes de cover et c’est ce qui m’a permis de faire mes premières scènes.
En parallèle, j’ai vécu une expérience difficile au cours de mon adolescence : mon père a été accusé de viol et agressions sexuelles, et a donc été incarcéré alors que j’avais 14 ans.
La musique a été mon refuge pendant cette adolescence compliquée, à la fois pour m’évader mais également comme exutoire de ma souffrance et ma colère.
Que raconte ton EP "With the lights off" ? De qui t'es-tu entourée pour le faire ?
Cet EP compte beaucoup pour moi. Il a été mon premier pas vers la reconnaissance de ma vulnérabilité. Je l’ai voulu intime, très personnel et sans concession.
Jusqu’en 2016, j’avais toujours été uniquement chanteuse et autrice dans des groupes, ce qui est déjà beaucoup bien sûr, mais j’avais besoin de faire mon chemin seule, d’être aux commandes, de ne pas avoir à négocier quoi que ce soit concernant les choix artistiques.
Jusqu’à présent, la composition, pour moi, c’était toujours en groupe, un effort collaboratif, et la plupart du temps j’écrivais et chantais sur des thèmes instrumentaux composés par d’autres personnes.
Cet EP m’a donc permis de mieux me découvrir en tant que compositrice et d’aller vers une atmosphère sonore bien à moi.
Pour le faire, je me suis entourée de Julien Portmann, producteur son et guitariste. Nos goûts sont différents mais se complètent parfaitement, il apporte les influences trip-hop et grunge qu’on peut ressentir sur l’EP. Mes influences à moi sont plus pop, rock et néo métal.
Les musiciens qui m’accompagnent sur scène ont également apporté leur touche sur certains titres de l’EP : Fabien Louail (guitares, basse), Florent Portmann (piano) et Valentin Provendier (batterie).
Pourquoi avoir choisi de chanter en anglais ?
Le choix de l’anglais s’est présenté à moi comme une évidence, ayant toujours grandi en écoutant de la musique anglo saxonne, et aussi parce que la langue anglaise en elle-même permet je trouve, de dire les choses plus directement, sans détours.
La chanson française a très peu fait partie de ma vie, que ce soit jeune ou adolescente. J’ai quelques coups de coeur, mais c’est quand même très rare ! (Rires)
Je suis avant tout attirée par les musiques « alternatives » ou « rock », qui sont reposent souvent davantage sur les mélodies, l’énergie et la production, que sur les textes : Muse, Florence and The Machine, Bjork, Radiohead, Korn, London Grammar, Royal Blood, Glass Animals…
Mais j’expérimente avec le français, petit à petit, et je compte bien en intégrer quelques titres sur mes projets futurs. Je trouve intéressant d’essayer de sortir davantage de mes influences pour créer quelque chose dans un style qui me parle. C’est une vraie prise de risque pour moi.
« RESPECT » est un titre que j’ai écrit avec beaucoup de spontanéité et dans lequel j’ai mis beaucoup de colère. Une colère que j’avais, je pense, accumulée depuis l’adolescence.
Lorsqu’on grandit en tant que femme dans la société qu’est la nôtre, on se retrouve très souvent dans des situations choquantes, humiliantes, sidérantes même. On intériorise tout ça, ne sachant pas forcément comment réagir sur le coup, mais la colère reste là.
Je pense que mon expérience dans le monde de la musique m’a obligée à ouvrir les yeux sur le degré de misogynie de notre société.
D’abord, parce que c’est un milieu très masculin : de toutes mes expériences passées, j’ai souvent été la seule fille dans des groupes d’hommes, au milieu de techniciens qui étaient aussi toujours des hommes, et j’ai du soumettre mes titres à des professionnels de la musique (labels, tourneurs) qui étaient eux aussi uniquement des hommes. Il en a découlé toutes sortes de débordements : remarques déplacées, attouchements, fixation permanente sur mon physique, infantilisation, mépris de mes capacités d’autrice / compositrice / interprète, etc.
C’est en partie cette expérience qui m’a donné l’idée de faire des concerts dans le noir, de mettre mon apparence au second plan dans ce premier album, d’où le titre « With The Lights Off ».
Ma relation avec mon père a aussi généré énormément d’incompréhension et de colère chez moi : d’origine égyptienne, sa culture est très patriarcale. Je l’ai toujours entendu me dire qu’en Egypte les filles « appartenaient » à leur père, jusqu’au jour de leur mariage, où là, elle « appartenaient » à leur mari, et se devaient de le suivre partout, de lui obéir.
Pour moi, le fil rouge de toutes ces expériences, c’est ce manque absolu de respect de notre individualité, de notre libre arbitre en tant que femmes.
Le respect, la considération, c’est quelque chose qu’un jour, j’ai vraiment eu besoin de réclamer. Et cette chanson, pour moi, c’est ça.
Que raconte le clip de ce titre ?
Le clip s’est imposé à moi car à l’origine je ne comptais pas clipper ce morceau. En septembre 2019, les collages ont démarré dans Paris, et j’ai été scotchée par leur puissance. J’ai trouvé qu’il y avait une rage commune entre ces messages et mon titre « RESPECT ».
J’ai donc monté moi même ces images sur ma musique, et j’ai envoyé la vidéo à Marguerite Stern, l’initiatrice des collages, en lui demandant si j’avais son accord pour la publication de cette vidéo.
Elle a accepté immédiatement, en me disant que ces collages nous appartenaient à toutes.
Je sais que c’est une personnalité controversée dans le milieu féministe, mais quoi qu’il en soit, je trouve que c’est une femme qui a beaucoup de courage, et qui a incontestablement eu une idée de génie, qui j’en suis convaincue, fera date.
La chanson "Spiky Love" dévoile ton côté sombre ?
En fait, je crois que ma musique en général me permet d’exprimer les aspects plus sombres de ma personnalité, et c’est ce qui m’intéresse et ce que j’ai envie de creuser, en tous cas pour l’instant.
Je fais partie de ces gens qui ont presque trop bien intégré les conventions sociales : la politesse, le fait de prendre sur soi, de rester toujours souriant et d’intérioriser les choses... La musique me permet d’exprimer cette autre facette de moi, et ces sentiments plus sombres, qui ne font pas bonne figure en société, et qui pourtant sont essentiels, et font partie de la vie.
« Spiky Love » parle de la face destructrice du désir, et des pulsions masochistes qui peuvent nous happer. C’est une chanson qui parle du fait de se complaire dans une relation toxique, sans réussir à s’en libérer.
Comme je l’ai dit plus haut, j’ai beaucoup souffert de la misogynie ambiante, dans ma vie personnelle et professionnelle, et ce depuis mes premières scènes, à l’âge de 14/15 ans.
Ce regard masculin obsédé par le physique, combiné avec l’obsession de notre culture pour l’apparence des femmes : être mince, être belle, être bien maquillée, bien coiffée, avoir de beaux vêtements, être un objet de désir.
Toute notre société nous éduque à être cela lorsqu’on est une femme, et quand on fait de la scène, ces injonctions sont permanentes et décuplées. On l’a encore vu récemment avec le scandale autour des remarques sur l’apparence d’Hoshi. Je ne suis pas du tout étonnée de ce débordement de la part de Fabien Lecoeuvre, car j’ai grandi avec ce type de discours autour de moi en permanence, que ce soit de la part des professionnels de la musique, des musiciens qui travaillent autour de moi, ou même du public.
On résume encore beaucoup trop les femmes à leur apparence, on leur demande d’être belle et sexy (selon des critères masculins bien sûr), sinon, elles n’ont pas de valeur.
J’ai eu beaucoup de mal à gérer cette pression là. C’est devenu à un moment de ma vie quelque chose de vraiment pathologique. Certains boivent, fument, se droguent. Moi, je me remaquillais 50 fois dans une même journée, je m’observais en permanence, je me détestais physiquement. Quoi que je fasse, ce n’était jamais assez. Et c’était vraiment une prison pour moi, parce que c’était ambivalent : je m’efforçais de répondre à un standard de beauté parce que j’avais la sensation que c’était la chose la plus importante aux yeux de tous, et lorsque qu’on me complimentait sur mon physique, je me sentais terriblement réduite à ça, méprisée, vide.
Un jour, j’ai pensé : « tout serait tellement plus simple, si je pouvais juste être là, sur scène, faire ce que j’aime, sans avoir à répondre en permanence à ces injonctions ». Alors, j’ai eu l’idée des concerts dans le noir, et ça a été extrêmement libérateur pour moi.
A travers cette démarche, j’ai aussi envie de montrer aux jeunes filles, qu’on peut être une femme et qu’on peut monter sur scène sans avoir à forcément donner quelque chose à voir ou être un objet de séduction.
Après, je ne compte pas faire uniquement des lives dans le noir complet, ni forcément rester « cachée » éternellement, mais je pense que c’est quelque chose qui fait partie de moi et que j’y reviendrai toujours à certains moments, quand le besoin s’en fera sentir.
Tes confinements ont-ils été créatifs ou au contraire ont suscité un manque d'inspiration ?
Disons qu’au moment du début du confinement, j’étais dans une phase de création scénique : j’avais plusieurs résidences planifiées dans l’année, je devais peaufiner mon live et faire un maximum de dates courant 2020. Autant dire que ça a été bien compromis ! (Rires)
Du coup j’ai profité de ce contexte pour sortir un peu de ma zone de confort : j’ai fait mes premiers lives sur Instagram, pris du temps pour me connecter davantage avec mon public via les réseaux sociaux..
Mais de façon générale, le confinement a été plutôt pénible pour moi. J’ai tendance à être très obsessionnelle quand je crée, et du coup c’est très important pour moi de m’aérer l’esprit, de voir mes amis ou faire du sport pour compenser. J’ai eu quelques moments de grosse angoisse du coup, des insomnies à répétition, je pense comme beaucoup. Et puis, la musique et la scène étant mon métier, ça a fait un très gros vide dans ma vie d’un seul coup, avec beaucoup d’incertitudes sur l’avenir.
En revanche, sur la plan de la consommation, j’ai trouvé ça plutôt reposant : moins de tentations, aller davantage à l’essentiel, se contenter de ce qu’on a, vivre plus simplement, c’était pas mal.
Quels sont tes projets ?
Déjà, la sortie de mon premier album, qui est pour très bientôt. Ce premier opus aura été très long à maturer et à produire, mais j’en suis vraiment fière.
Par ailleurs, ne veux pas trop en dire, mais je travaille depuis un moment sur un autre projet qui me passionne et que j’ai hâte de pouvoir partager.
Tu es plus addict à Facebook, Twitter, Instagram, TikTok ou ClubHouse ?
Instagram, hélas ! (Rires)
Même si les réseaux sociaux peuvent vraiment devenir toxiques et même si je pense qu’il faut trouver un équilibre pour ne pas finir pas vivre sa vie à travers un écran, c’est la plateforme qui m’a permis de vraiment rencontrer mon public et je l’apprécie.
Je trouve que c’est une plateforme un peu plus complète que les autres, qui permet d’étayer un peu plus un propos. Et même si ça reste du zapping pour beaucoup d’utilisateurs, on peut quand même y mettre un peu de profondeur et de sens.
Avec qui rêverais-tu de collaborer ?
Ça, c’est une question difficile !
Je pense qu’en réalité, je serai trop impressionnée pour collaborer avec mes artistes favoris.
En revanche, en terme de production, j’adorerais faire mixer mon album par Spike Stent. (Massive Attack- Mezzanine, Coldplay - Ghost Stories).
J’admire énormément James Blake aussi, autant pour cette voix incroyable qu’en tant que producteur. Il a vraiment un son unique.
Tu écoutes quoi en ce moment ?
Ce dernier mois, les nouveaux albums de Royal Blood (Typhoons) et LondonGrammar (Californian Soil) sont sortis, donc ces deux albums là tournent beaucoup chez moi. En ce moment, j’écoute aussi beaucoup Tool, et je découvre (enfin!) Gojira, avec leur dernier album Fortitude.
Mey en ligne :
Après plus d’1 an d’attente et de secrets, "We Are The People", l’hymne de l’UEFA EURO 2020 a été dévoilé... Le DJ Martin Garrix a commencé à travailler sur ce morceau il y a 3 ans et rêvait de la voix de Bono. Lorsque ce rêve se réalise, Bono écrit paroles et mélodies, The Edge ajoute les riffs de guitare, pour obtenir un tube pop, aux accents rock et dance, qui rappelle l’univers de chacun de ces artistes.
JOKO il faut d’abord l’écouter les feux fermés. Sa voix bluesy vous fait
voyager dans des contrées lointaines. Puis il faut s’intéresser à la personnalité
de cette jeune chanteuse strasbourgeoise qui a fait ses premiers pas d’artiste,
cachée : « J'écrivais des chansons en secret, je chantais en secret,
je m'inventais des noms de scène en secret » révèle-t-elle. Heureusement,
la chanteuse a osé sortir de son cocon et la voilà sur la scène électro
française, elle sortira d’ailleurs le 19 mai 2021 son nouvel EP "I've
never been good with words". En attendant, on peut découvrir un de ses
nouveaux titres « Mood » qui alterne entre élégance, douceur et poésie.
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| Selfie JOKO |
Comment as-tu fait
tes premiers pas dans la musique ?
Mes deux parents sont
chanteurs d'opéra et j'ai été au conservatoire enfant mais en grandissant la
musique est devenue le secret le mieux gardé de France... j'étais très timide !
J'écrivais des chansons en secret, je chantais en secret, je m'inventais des noms
de scène en secret ! C'est vraiment avec JOKO que j'ai pu commencer à partager
mes chansons avec mon entourage, tout le monde était surpris !
Comment est né JOKO ? Que
signifie ce nom ?
JOKO c'est la contraction de John (Lennon) et Yoko (Ono), c'est la rencontre entre moi et Arthur Vonfelt. Elle a marqué mon début dans la musique et c'est un clin d'oeil à cette période ! Mais c'est un projet solo.
Que raconte ton nouveau titre « Mood » ?
Mood : je l'ai écrite
après une relation très toxique, on était à la cave avec mon producteur (Arthur
Vonfelt) et je n'étais pas au top...j'ai un rapport assez complexe avec la
musique, je me sens rarement à la hauteur, j'ai souvent peur d'échouer et donc
d'essayer. Cet après-midi là j'étais bloquée, en pleurs, je ne savais plus quoi
dire, je supportais plus ma voix, je me supportais plus. Arthur a commencé à
jouer de la guitare en boucle et m'a dit "allez maintenant chante, peu
importe quoi on s'en fout mais chante". Au bout d'un
long long silence et des larmes, ça a commencé à sortir et les paroles suivantes
: « I can't escape out of my head and I don't know how to behave the right way
». Et bizarrement c'est
un des morceaux qui me représente le plus, le fait de ne pas savoir comment se
comporter c'est l'histoire de ma vie, se sentir enfermée dans sa tête avec
comme barrières ses propres peurs et le refrain pour dire que je veux juste un
peu de paix, d'amour, de me ficher la paix, de m'accepter, c'est un peu un cri
de délivrance.
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| JOKO par Axelle Manfrini |
Que va raconter ton nouvel EP "I've never been good with words" qui sortira le 19 mai 2021
? De qui t'es-tu entourée pour le faire ?
J'ai fait cet EP avec
le même producteur que le premier, Arthur Vonfelt. On l'a fait tous les deux,
dans notre ancien studio. Pour moi mon projet et tout particulièrement cet
EP là, je le vois comme un miroir, ce moment où tu scrutes ton reflet et où tu
vois tous tes défauts, tes cicatrices, ce que tu aimes, ce que tu ne supportes
pas, pas de filtres, juste ton reflet, ces moments où tu te regardes avec
honnêteté, sans fierté mal placée, sans le jugement des autres mais juste avec
le tien, peut-être le plus dur de tous. Je suis dans une période de ma vie où
je me rends compte que je ne suis pas la meilleure pour communiquer mes
émotions et que j'ai souvent peur d'exprimer mes limites en pensant que ça
donnera aux autres l'envie de partir. Du coup l'écriture de cet EP m'a permis
d'exprimer tout ce que j'avais retenu depuis pas mal d'années pour sauver la
face ! C’est ce que racontait déjà un peu « U GOT », ce qui nous rend
plus humain (real) ce sont aussi nos faiblesses, nos ratés, nos doutes. Le
héros parfait zéro défaut n'existe pas et quand je prétends l'être, c’est pour
cacher mon mal-être. Sur le premier EP je regardais les autres, sur le deuxième
j'ai retourné le miroir vers moi ! J'aimais l'idée d'avoir un long titre,
l'entassement de mots pour exprimer le fait qu'on ait du mal à s'exprimer !
Cette période de
confinement, couvre-feux, est-elle source de création ?
J'ai eu de la chance
car l'annonce de l'audition pour les Inouïs a engendré tout un tas de travail :
fallait monter un nouveau groupe, avec des nouveaux morceaux ! Je voulais
absolument retrouver quelque chose de plus organique, instrumental pour ce
nouveau live, donc j'ai monté un nouveau groupe avec guitare électrique,
saxophone et percussions ! Avec les répétitions, les résidences, le mois de
février a été carrément créatif !
Quels sont tes projets
?
Sortir des nouvelles
chansons tous les mois jusqu'en mai, mois de sortie de l'EP avec pleins de
surprises.
En janvier, tu as annoncé avoir été sélectionnés aux auditions des inouïs du Printemps de
Bourges. Où en est ce projet ?
Je passe les auditions
demain (ndrl : début mars) !
Tu es plus addict
à Facebook, Twitter, Instagram, TikTok ou ClubHouse ?
Instagram mais
j'essaye de décrocher tous les jours !
Avec qui rêverais-tu de collaborer ?
Quelle chanson tourne
en boucle chez toi en ce moment ?
Les deux albums de
Warhaus.
JOKO en ligne
A seulement 21 ans, Shanice a déjà l'étoffe d'une artiste complète. Auteure, compositrice, interprète, elle enfile tous les costumes pour son premier EP intitulé « Un peu de moi », créé et enregistré dans sa chambre. Cinq chansons intimes nous emportent dans son univers acoustique où piano, guitare, voix nous parlent d'amour, de vulnérabilité et d'imperfections. La chanteuse s'est déjà fait remarquer puisqu'elle a gagné le prix Cécile Pollet (abritée par la Fondation de France), qui soutient les artistes émergentes auteures, compositrices, interprètes de la chanson française. La récompense de 8 000 euros lui permettra peut-être de faire ses premiers pas dans un « vrai » studio d'enregistrement.
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| Selfie |
Comment as-tu fait tes premiers pas dans la musique ?
Je suis née dans une famille de musiciens, chanteurs : mes deux parents et mon frère sont dans la musique (tous mes cousins aussi). Pour l’anecdote, je me suis retrouvée dans la musique avant même mes premiers pas, ma maman qui est choriste montait sur scène même quand j’étais dans son ventre !
Que raconte "Un Peu de Moi" ? De qui t'es tu entourée pour réaliser ces 5 chansons ?
Je dirai que “Un Peu de Moi“ est une boule de sensibilité, comme moi du coup haha. Je parle d’amour mais aussi de mes réflexions sur moi-même et de ma connexion au monde.
J’ai écrit, composé et enregistré seule mais j’ai eu la chance d’être épaulée par Jauris Bardoux à la photo/vidéo, Wissem à la photo, Fred Nlandu au mix, Ekaï au graphisme et Sokhan qui m’a aidée à penser et réaliser tout ça.
Tu es lauréate du prix Cécile Pollet. Que va te permettre de faire ce prix (la lauréate remporte 8 000 euros) ?
Ce prix me permet déjà de voir l’aboutissement de ce petit projet indépendant, je me dis « bravo de t'être fait confiance ». Plus concrètement il va me permettre de financer tout le matériel dont j’ai besoin pour continuer à créer en qualité et avoir des moyens pour mon futur projet. En plus de tout ça, une programmation aux Trois Baudets est prévue ! J’ai hâte malgré le contexte actuel déprimant...
En quoi consiste ce soutien de la salle Les Trois Baudets (Paris) tout au long de l'année 2021 ?
J’aurai la chance d’être conseillée par des personnes bienveillantes, professionnelles et à l’écoute qui m’accompagneront dans mon projet que ce soit dans le travail du live, en studio, au stylisme ou toute question que je me pose en général.
Ces périodes de confinement, couvre-feux, ont-elles été une source de création pour toi ?
ABSOLUMENT PAS ! L’atmosphère pesante actuelle brouille un peu mon inspiration..
Quels sont tes projets ?
Je travaille sur moi et sur les prochaines chansons qui verront le jour.
Tu es plus addict à TikTok, Twitch, Facebook, Twitter ou Instagram ?
Instagram, sans aucune hésitation !
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| ©JaurisBardoux |
Avec quel artiste rêverais-tu de collaborer ?
Elle est dure cette question. Je peux avoir un joker ?! J’ai envie de dire Alicia Keys mais aussi Tori Kelly. Alicia Keys pour son aura et parce que c’est le premier exemple de femme chanteuse et pianiste que j’ai eu et Tori Kelly parce qu’à son tour elle m’a donné envie de jouer de la guitare. Son premier projet "homemade" m’a beaucoup inspirée. Je trouve que c’est une excellente chanteuse, guitariste et mélodiste.
Quelle chanson écoutes-tu en boucle en ce moment ?
“Brut" le nouvel EP d’Yseult. J’ai un peu triché mais c’est tout l’EP que j’écoute en boucle haha !
Shanice en ligne
Plus de 50 000 abonnés à son compte Instagram, près de 200 000 abonnés à sa chaîne YouTube, Jonathan Roy fait exploser les compteurs des réseaux sociaux. A 31 ans, le chanteur canadien a déjà une carrière très chargée, à 18 ans il raccroche ses patins de hockey quand il comprend qu'il ne fera pas la même carrière que son père (un des plus grands gardiens de but de l'histoire de la ligue nationale de hockey) pour se lancer dans la musique. Après avoir vécu dans le Colorado, celui qui se dit plus anglophone que francophone revient en chansons sur son expérience aux Etats-Unis. Sur sa chaîne YouTube, nous découvrons un artiste autodidacte (ça ne s'entend pas) à la voix rocailleuse qui multiplie les reprises habiles de tubes et incite au voyage en pleine nature. Le chanteur a même reçu le trophée YouTube créateur d'argent pour les 100 000 abonnés dépassés sur sa chaîne. Un conseil, il faut suivre cet artiste qui n'a pas encore révélé tous ses talents et dont l'album est prévu en 2021.
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| Selfie - Jonathan Roy |
Comment as-tu fait tes premiers pas dans la musique ? Enfile-tu toujours tes patins de hockey?
Enfant, j'étais sportif, je voulais suivre les traces de mon père, grand sportif. J'ai été attiré par le hockey grâce à lui. J'ai joué au hockey jusqu'à mes 18/19 ans mais j'ai toujours aimé la musique, j'ai toujours écrit.
Et à un moment donné ma mère m'a acheté une guitare et m'a poussé dans cette voie. Quand je me suis rendu compte que je ne faisais pas carrière dans le sport, j'ai eu envie de tenter ma chance dans la musique. C'est un milieu difficile, avec beaucoup de talents, dans lequel il est très dur de faire carrière. Puis j'ai eu la chance de rencontrer quelqu'un qui a cru en ma musique depuis, je continue d'écrire, à faire des spectacles, des tournées. Mon rêve et ma passion sont devenus un mode de vie : faire des spectacles partout au Canada, prendre un autobus, un avion pour aller d'un endroit à l'autre.
Je suis chanceux de faire ça tous les jours. C'est le plus beau travail au monde.
Pourquoi avoir décidé de laisser le Québec pour t'installer à Malibu ?
Je viens de Montréal. Il y a 5 ans, j'ai déménagé dans le Colorado. Je me sens plus anglophone que français. Je pense en anglais... Mon frère avait un emploi dans le Colorado d'où mon déménagement sur place. Puis je suis revenu au Québec, j'y suis depuis l'âge de 16 ans.
Tu es un artiste autodidacte ?
Oui, j'ai appris la guitare sur YouTube, c'est d'ailleurs une plateforme incroyable pour apprendre plein de choses, construire une maison, entretenir une ferme comme la mienne. Je me suis connecté et j'ai appris jour après jour à jouer de la guitare, en interprétant les chansons qui me plaisaient.
Est-ce qu'une chanson comme « Keeping Me Alive » peut bouleverser une carrière (30 millions de vues sur YouTube en 1 an) ?
On pense ça de chaque chanson qu'on crée. On pense que c'est celle-là qui va nous faire réussir. Si c'est « Keeping Me Alive » qui doit changer ma carrière, ce serait magnifique. C'est incroyable de voir à quel point les gens sont connectés avec cette chanson.
Je souhaite simplement sortir ma musique tranquillement, je n'ai pas de but ultime. Je veux juste faire des tournées.
L'écriture, c'est comme une thérapie. Je le fais pour moi et voir que ça touche les gens, c'est fabuleux. Jamais je n'aurai pensé que cette chanson pourrait avoir un tel pouvoir. Trente millions de personnes ont écouté cette chanson sur Youtube, c'est incroyable !
Que raconte "Keeping Me Alive" ?
La chanson évoque le fait de ne jamais arrêter de croire en nos rêves, jamais laisser des pensées négatives nous envahir, toujours avancer, garder la tête haute. Moi, c'est la musique, c'est ça qui me fait avancer et me fait me sentir bien ainsi que ma femme, mes animaux et ma ferme. Mais c'est vraiment la musique qui me fait du bien.
Que raconte la chanson « Lights of Los Angeles » ?
Je vivais à Toronto et j'avais du succès avec ma chanson « Daniella Denmark ». Et pourtant je n'étais pas si heureux que ça, j'avais un autre mode de vie. Je me suis dit ce n'est pas ça la vie, j'aime voyager, sortir du cadre que la société impose. Du coup, j'ai tout vendu, j'ai acheté un vieux van et je suis parti à l'aventure pendant presque 3 ans. Ma femme n'est pas venue avec moi, pour la première fois de ma vie je voyais seul. Cette chanson évoque le fait d'être seul, de ne pas avoir d’interaction avec les gens, d'apprécier les choses que l'on a autour de soi. J'ai écrit cette chanson après ce voyage. J'étais seul avec de nombreuses peurs.
Fin août 2020 tu as fait un road trip en van, de Montréal jusqu'à Vancouver pour préparer un nouvel album. Comment s'est déroulé ce voyage ?
On est parti à Vancouver pendant 1 moi et demi. Pendant le road trip, on a fait plusieurs vidéos comme la reprise de la chanson de Sia, Breathe Me, on a réalisé des vidéos acoustiques, sans grosse production, dans des endroits sans électricité. J'adore les endroits extérieurs, où l'on peut faire de l'escalade, pêcher, tout simplement apprécier la nature et m'évader du monde extérieur.
On aimerait sortir le prochain single en janvier 2021 ou cet été, tout dépendra de l'évolution de l'épidémie.
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| Jonathan Roy |
Quelles seront tes prochaines reprises, diffusées sur ta chaîne YouTube ?
Surement Let It Be Me de Ray LaMontagne ou une autre chanson qu'on on a filmée dans un train qui avait déraillé dans le bois. Et ça fait 100 ans que le train est là.
Comment choisis-tu ces chansons ?
Je trouve ça fun d'attirer l'attention des fans de ces artistes.Une chanson m'inspire, je m'amuse avec et je la chante.
Ecris-tu aussi en français ?
Dans le futur peut-être, je ne suis pas fermé à cette idée. Mes parents m'ont donné un fabuleux cadeau, de pouvoir parler deux langues. Et j'ai déjà fait une chanson en français avec Natasha St-Pier, La Route. Je suis ouvert à tout.
Pourquoi avoir décidé de participer à l'émission America's Got Talent ?
J'étais en Californie et j'ai eu un appel pour faire les auditions. Je m'y suis rendu, il y avait beaucoup de gens. Je n'ai pas été retenu pour faire partie du reste du show. Mais ça reste une belle expérience, d'autant plus que j'ai toujours rêvé de chanter pour Simon Cowell.
Qu'as tu fait pendant le confinement, est-ce une période propice à la création pour toi ?
Ma femme et moi, nous venons d'acheter une maison vers Mont Tremblant (Laurentides). J'ai travaillé dans la maison pendant 5/6 mois pour arranger la ferme, prendre soin des animaux. C'est la première fois qu'on a des animaux, des lapins, des cochons, j'ai fait des marches dans le bois. On a un lac, on peut pêcher. On n'a pas vu le confinement de la même manière que des gens qui vivent à Montréal.
Tu es plus addict à Instagram, TikTok, Facebook, Twitter, Youtube ou les jeux en réalité virtuelle ?
J'adore le casque de réalité virtuelle. Les réseaux sociaux, c'est plus un job pour moi car c'est une perte de temps mais dans la musique c'est beau de pouvoir directement être connecté avec ses fans. Si je ne faisais pas de la musique, je ne serais pas sur les réseaux sociaux. C'est assez incroyable cette connexion.
Tu as reçu le trophée créateur d'argent sur YouTube pour tes 100 000 abonnés à ta chaîne, une belle récompense.
Je trouve ça magnifique, j'apprécie énormément l'amour que les gens envoient via les réseaux. C'est grâce à eux si je peux continuer à faire ce que je fais. Cette chaîne me donne l'opportunité de dire merci aux gens.
Quel est le compte Instagram que tu nous recommandes de suivre ?
Des gens qui font des activités extérieures, de l'escalade, de la randonnée, des alpinistes. Je recommandes des comptes comme celui de Alex Honnold, Jimmy Chin, etc.
Quelle est ta chanson coup de coeur du moment ?
L'accompagnement au piano de Ludovico Einaudi – Fly is amazing.
J'écoute aussi des artistes comme Ben Howard, Depth Over Distance est ma chanson préférée.
Avec qui rêverais-tu de collaborer ?
Il y a tellement de personnes. Je rêverais d'écrire une chanson avec Ray LaMontagne.
J'adore sa façon d'écrire, ses mélodies. Sa voix est complètement folle...
Quand j'étais jeune, j'étais fan de lui, de John Mayer, de Jonny Lang. J'essayais de copier leur voix. Et puis j'ai trouvé ma voix en chantant ces chansons.
Jonathan Roy en ligne