Rechercher dans ce blog

dimanche 11 septembre 2016

WeVibes Festival : 1ère édition du festival collaboratif et écologique, les 24 et 25 septembre 2016


Autoportrait par Laura Vazquez
Avis aux amateurs de musique, les 24 et 25 septembre, La Flèche d’Or (Paris) accueillera la 1ère édition du WeVibesFestival. Joseph Chedid, alias Selim, endossera le costume de parrain de cet événement durant lequel il dévoilera en exclusivité les chansons de son dernier album. Mais au delà de l’événement musical, l’ADN de ce festival est fort puisqu’il prône le respect de l’environnement et se veut collaboratif et écologique. Rencontre avec la toute jeune fondatrice de cet événement, Laura Vazquez qui vient de souffler ses 24 bougies.
Quel est votre parcours ? Comment en êtes-vous venue à créer un festival ?
J'ai un parcours un peu particulier... J'ai commencé une licence de théâtre,cinéma après le bac en même temps que les cours Florent. Puis j’ai passé une licence d'espagnol. Et j'ai enfin décidé de me faire confiance et je suis passé en MBA (Master) de production musicale. C'est ainsi que la grande histoire du festival a commencé. Depuis longtemps, j’avais envie de créer ce festival, comme pour montrer que je ne me suis pas trompée de chemin.

En quoi consiste le festival WeVibes Festival ?
Le WeVibes festival est un festival qui, pendant deux jours, a pour but à la fois de mettre en avant des associations écologiques et un savoir vivre écologique. Cela se retrouve d’ailleurs dans la façon dont nous avons conçu le festival.
Mais il a aussi pour but de mettre en avant le travail de jeunes professionnels, prêts à montrer de quoi ils sont capables. L'idée est venue d'elle-même. Nous sommes sensibles à la cause écologique et en tant que jeunes professionnels nous savions combien sans expérience dans notre métier il peut être difficile de trouver un stage ou un poste. Alors on a souhaité être les bénéficiaires de notre propre expérience et surtout permettre à d'autres jeunes d’acquérir une expérience en travaillant au sein du festival.
En quoi consistent les WeVibes Sessions ?
Les sessions sont un moyen pour nous de proposer au public nos artistes coup de cœur. Les groupes, souvent en développement, ont accepté de jouer le jeu du bénévolat. Et ils sont ainsi entrés dans la famille WeVibes en contribuant à leur manière au projet.
Nous avons tenu plusieurs sessions au cours de l'année et nous en tiendrons encore. Dans les bars concerts de Paris comme l'International ou le Supersonic.
De nombreux étudiants semblent faire partie de l'organisation. Est-ce un projet en partenariat avec des écoles ?
Nous avons mis en place un partenariat avec notre école d'abord : MBA ESG pour la partie production. Ensuite, nous avons établi un partenariat avec HETIC, l’école du Web dont les étudiants ont imaginé et créé le site Internet du WeVibes Festival ainsi que des vidéos en motion design pour présenter le projet au public.
Tous les autres étudiants ont souhaité eux-mêmes faire partie de l'aventure. Nous venons tous d'horizons et de formations différentes, ce qui nous as permis de compter sur les compétences des uns et des autres pour avancer.
On parle beaucoup de la crise de la culture. Est-ce que créer un festival en 2016 est toujours possible ? 
Oui, nous l'avons bien fait ;) Mais il est vrai que nous sommes confronté à des réalités économiques qui nous ont parfois demandé de prendre des risques. Mais cela en valait la peine, nous sommes passionnés, on a besoin de partager cela avec un public, des artistes, etc.


Le festival se veut écologique. En quoi se différencie-t-il de We Love Green ?
Nous sommes tous sensibles à la cause écologique et nous pensons que c'est aussi à notre génération d'agir. Nous en avons les moyens et la voix pour. Nous ne serons jamais assez nombreux à nous battre pour cela. Surtout à Paris, il est encore difficile d'être "écolo". Ca avance, mais certainement pas assez vite au vu de tous les dégâts déjà causés. Nous avions à cœur d'en parler. De mettre nous aussi notre grain de sable.
Pourquoi avoir choisi Joseph Chedid comme parrain de cette 1ère édition ?
Joseph est un ami. J'ai commencé par travailler sur l'un de ses clips pour un projet d'école. Nous avons énormément échangé et sommes devenus de bons amis. C'est une des premières personnes à qui j'ai parlé de créer un festival. Il a tout de suite été emballé et m'a encouragée à le faire. Alors, au moment de choisir à qui nous allions proposer d'être le parrain de cette première édition, il était évident que Joseph était le premier de la liste.
Il présentera en exclusivité des nouveaux morceaux sur la scène de la Flèche d'or le 25 septembre. Nous sommes très fiers qu'il nous fasse ce cadeau. Je suis moi même très impatiente de découvrir ça !
 Pourquoi des acteurs comme Greenpeace s'associent à un festival de musique ?
Je pense qu'ils ont la même démarche que la nôtre, c'est à dire de parler le plus possible de leur cause. Il faut donc être présent. Souvent et partout. Nous sommes très heureux d'accueillir Greenpeace sur le festival et de leur donner une occasion de plus de pouvoir échanger avec le public.
Comment ont été choisis les artistes qui seront présents sur scène ? Peut-on dire que le festival aura plutôt une touche pop ?
La plupart par affinité, ce sont des artistes que nous connaissons bien et nous souhaitions les faire jouer, les faire entrer dans l'aventure avec nous. Cézaire lui est particulièrement attaché à la cause écologique, c'est la raison pour laquelle il a accepté aussi de venir jouer samedi 24 septembre.
Je ne sais pas vraiment si le festival sera "pop", on souhaitait surtout proposer des artistes avec leur univers.

Quelle est votre playlist de la rentrée ?
Soleil - Selim pour prolonger l'été
Dolores - Ginkgoa pour swingger !

dimanche 24 juillet 2016

Une invitation au voyage sous les airs pop de Bel Plaine


Selfie par Bel Plaine - juin 2016
Les apparences sont parfois trompeuses…  Avec leurs mélodies entrainantes qui rappellent les tubes des Britanniques The Kooks, le duo pop-rock-folk Bel Plaine est pourtant bel et bien un cru « made in France ». Antoine et Morgan sont deux Français avides de voyages, ils nous entrainent ainsi dans les contrées lointaines qu’ils ont parcourues (Sri Lanka, Islande, Costa Rica, etc.), au rythme de leurs chansons qui ont le potentiel de devenir des tubes. Des pépites devraient se cacher dans leur album à paraître cet automne.

Comment avez-vous fait vos premiers pas dans la musique ?
Antoine : J’ai grandi en Bourgogne où j’ai appris la guitare et le chant. Le chant pour m’amuser, la guitare au Conservatoire. J’ai donc commencé une formation un peu plus classique assez tôt, vers l'âge de 6-7 ans. Et je suis arrivé à Paris, il y a 7 ans à peine.

Morgan : De mon côté, j’ai grandi à Angers. J’ai une formation plutôt autodidacte, je me suis mis à la musique assez tard, à l’adolescence. J’ai fait comme beaucoup de lycéens : je me suis acheté une guitare et j’ai commencé à chanter et à jouer des morceaux dans ma chambre.  Ensuite, j’ai eu quelques groupes puis j’ai déménagé à Paris,  comme Antoine.
Comment vous êtes-vous rencontrés ?
On a fait connaissance lors d’une soirée du Nouvel An 2011. Et par hasard, dès le lendemain, on s’est recroisé sur un quai de métro et on s’est tout de suite montré des chansons.
©Bel Plaine

D'où vient le nom Bel Plaine ?
On est tombé sur ce nom, écrit sur un t-shirt dans une friperie. Et ça a fait ’tilt tout de suite, comme une évidence. Dans l’expression « Bel Plaine », on a retrouvé une impression d’ouverture et de liberté qu’il y avait dans nos morceaux.

Que raconte l'EP Lifeboat ? Comment en êtes-vous venu à travailler avec Julien Delfaud ?
L’EP « Lifeboat » raconte 5 années de vie : les voyages, les rencontres marquantes et les épreuves bien entendu. On voulait depuis longtemps collaborer avec Julien Delfaud car nous sommes très sensibles à tout ce qu’il a fait dans la pop en France, notamment avec Phoenix, Woodkid ou Herman Dune.
Vous expliquez cultiver le "storytelling", qu'est-ce que cela signifie ? Tous les artistes/compositeurs ne suivent-ils pas "ce chemin" ?
On ne pense pas. Beaucoup d’artistes cherchent seulement à faire danser les gens par exemple, ce qui peut être très bien dans certains styles. Nous, à la base, on adore les ballades folk et quand on a commencé le projet, on a eu cette envie d’écrire des chansons sincères qui fonctionneraient avec seulement deux guitares et deux voix en parlant de choses qui nous touchent au quotidien.
©Bel Plaine

En vous écoutant on a l'impression que vous aimez particulièrement voyager. Est-ce le cas ?
Oui, car au niveau créatif,  le déplacement met l’esprit en ébullition, tout en installant un climat de détente propice à l’écriture de chansons. Sans parler bien sûr, de tout ce que le voyage peut apporter humainement. On parle donc du Sri Lanka, de l’Islande, du Costa Rica dans l’album…
Votre 1er album sera-t-il dans la continuité de votre EP aux couleurs folk, empreint d'évasion, de voyage ? Y-a-t-il une date officielle de sortie ?
Oui, il y aura tout ça, des morceaux frais et ensoleillés à l’image de Summer Ends, mais aussi de propositions plus profondes ou contemplatives, comme Dead White Tree que l’on retrouve dans l’EP. Sinon, tout ce qu’on sait, c’est que l’album sortira à l’automne, rien de plus précis !
Depuis combien de temps le préparez-vous ? Que racontera-t-il ?
On a travaillé dessus pendant deux années, entre la compo et l’enregistrement. Comme on l’a dit, on évoque beaucoup nos voyages et nos expériences personnelles. Il y aura un titre, « North », qui est issu d’un voyage en Islande, un pays très prolifique sur la scène musicale.
De qui vous êtes-vous entouré pour faire l'album ?
Toute la composition s’est faite à deux, mais le studio nous a permis de collaborer avec notre réalisateur Julien Delfaud, bien sûr, et on a eu la chance de pouvoir inviter la section de cuivre de Woodkid pour une journée. C’était un grand moment pour nous, car ce qui est ressorti de cette session est puissant. Il est possible d’écouter ça sur la chanson « Dead White Tree », entre autres.


Est-ce que la nostalgie est un fil rouge dans votre musique ?
Oui, mais la « douce nostalgie », celle qui vous fait esquisser des sourires en coin, les sourires sereins.
Vous serez en concert en septembre 2016 à la Boule Noire. Préparez-vous un show particulier ?
On présentera tout l’album dans ce live du 20 septembre à la Boule Noire, ainsi que des morceaux plus anciens, parfois revisités. Le but étant de créer une vraie fête lors de ce live, plutôt que de juste « jouer les chansons ».
Vous êtes plus des adeptes de Facebook ou Twitter ou Instagram ?
On n’hésite pas à beaucoup utiliser tous les réseaux sociaux de Bel Plaine car ils permettent de créer un contact direct avec notre public, et ça, c’est important pour nous.

Bel Plaine en ligne

jeudi 30 juin 2016

Catfish passe du blues au rock en quelques notes


Selfie par Catfish
Après avoir fait leurs gammes de blues, le duo français Catfish montre de quoi il est capable dans un style plus rock avec des touches punk et électro. Leur nouveau single Rebirth dévoile les charmes de la voix roque de la chanteuse et donne envie de découvrir le groupe en concert. D’ailleurs, sur scène, Damien et Amandine jouent avec ferveur et touchent à tout : guitare, batterie, clavier, basse… Patience... leur deuxième album, Dohyō, ne sortira que le 14 octobre 2016.
Comment avez-vous fait vos 1ers pas dans la musique ?
Damien : On a toujours écouté beaucoup de musique à la maison : Les Beatles, Pink Floyd, Fela Kuti et d'autres choses moins avouables. Enfant, j'ai pris des cours de batterie, puis d'accordéon. A l'adolescence, Nirvana oblige, je suis retourné à la batterie, ensuite j'ai découvert le blues et joué de l'harmonica, la guitare est le dernier instrument que j'ai pratiqué et c'est celui qui me convient le mieux car c'est vraiment la composition que je préfère.
Amandine : J’ai pratiqué la flûte traversière pendant 14 ans, puis ensuite, je me suis mise à chanter dans une chorale. Tout cela m'a permis d'intégrer un groupe de jazz puis différentes formations musicales. Enfin, je me suis mise petit à petit à la batterie, à la basse et au clavier en jouant dans Catfish.
Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Nous nous connaissons depuis le lycée, nous étions dans la même classe. Nous avons eu plusieurs projets ensemble avant de former Catfish.

©Catfish

D'où vient le nom "Catfish" ?
Nous cherchions un nom qui représente bien notre duo, une sorte de monstre à deux têtes. Le poisson-chat est un animal qui évolue dans des eaux un peu troubles, marécageuses, cela convenait bien à notre musique, brute, dépouillée, crasseuse. Et puis il y a un clin d'œil au titre Catfish blues, joué par de grands bluesmen.
On a l'impression que vous laissez beaucoup de place à l'aspect visuel, très travaillé. Est-ce une volonté de votre part ? 
Nous avons toujours fait attention à l'aspect visuel de notre projet, en essayant d'être cohérent. Sur scène, dans les médias, dans les supports visuels, tout cela donne du sens au projet, avec la musique, c'est un tout. Nous travaillons depuis le début avec les mêmes graphistes de l'atelier Rouge Poisson, elles nous connaissent bien et savent retranscrire notre univers sonore. Avant d'écouter la musique, on regarde d'abord une pochette, des gens sur scène, ça en dit long, c'est important.
 
©Catfish
Pourquoi après une période blues avez-vous pris un tournant plus rock, avec des touches punk, électro ?
L'évolution se fait naturellement, au gré de nos envies, de nos influences. Nous avons beaucoup tourné, vu et entendu des choses qui nous ont marqué ou donné envie. Le rock indé, certaines influences punk, c'est dans notre culture, c'est naturel. L'électro est un peu nouveau pour nous, il y en a quelques touches discrètes. Le blues est toujours là, mais en filigrane, nous l'avons un peu plus digéré, bien que ce soit toujours une musique qu'on adore.

Que raconte le clip Rebirth ?
Rebirth, comme l'indique son nom, est un titre qui parle de la renaissance d'un être. Autrement dit, comment se servir de ses expériences passées, bonnes ou mauvaises, pour mieux rebondir et repartir de plus belle. Il faut toujours croire, ne jamais baisser les bras et mettre toutes les chances de son côté.

Que raconte Dohyō, votre 2ème album à paraître cet automne ?
Dohyo, à l'image du single Rebirth, est un album très optimiste, ce qui contraste beaucoup avec l'album précédent. Les sujets des chansons sont majoritairement autobiographiques, même si quelques titres vont évoquer des rencontres avec des personnages dont l'histoire a été quelque peu tourmentée. Il y a un vrai message d'espoir, de renouveau.
Concernant le genre de musique et l'inspiration de nos chansons, nous puisons beaucoup dans la vie et ses vicissitudes. Nous créons au gré de nos envies et de nos expériences, et c'est en cela que la musique peut devenir une sorte de "thérapie" qui nous aide à dire tout haut ce que l'on pense tout bas.
Vous commencez à être des habitués des festivals, est-ce qu'un festival vous a particulièrement marqués ?
En France Les Eurockéennes nous ont particulièrement marqués. C'est un festival que nous avons bien connu en tant que spectateur, c'était un rêve d'y jouer, qui plus est sur la scène de La Plage, qui est une des plus belles scènes que l'on a vu, elle est sur l'eau et le public sur la plage. Le Monsoon Festival à Hanoï au Vietnam était complètement dingue aussi, une foule immense, ultra réactive, à l'autre bout de la planète !

Catfish en ligne :
Single disponible :
Prochains concerts :
29 juillet : Au Fil du Son / Civray (56)
17 septembre : Centre Social Culturel André Dhotel / Charleville-Mézières (08)
1er octobre : Le Moulin - Release party / Brainans (39)
12 novembre : La Souris Verte / Epinal (88)
25 novembre : Le VO / Montauban

vendredi 27 mai 2016

L’Irlandais I Have A Tribe dévoile son premier album, un bijou pop-folk intemporel

Autoportrait avril 2016 @Hotel Alba Opéra

Le chanteur irlandais Patrick O’Laoghaire, alias I Have A Tribe, signe avec son premier album, « Beneath a Yellow Moon », 11 titres intemporels marqués par la douceur et l’émotion (sortie le 27 mai 2016 – Groenland Records). Ces morceaux laissent plus de place à la voix, atypique, du chanteur que ses deux précédents EP (Yellow Raincoats 2014, No Countries 2015). Et cet album, rempli d’enthousiasme, dévoile la joie enfantine de cet artiste de 28 ans qui a ouvert une boite aux trésors en entrant dans le studio du producteur Paul Savage, « une pièce débordante de jouets ». Le jeu semble être dans l’ADN de Patrick qui a effectué cette interview en français pour retrouver ses marques avec la langue de Molière, langue à laquelle il montre son attachement dans cet album, avec un titre en français « La Neige ». 

Comment as-tu fait tes premiers pas dans la musique ?

Il y a toujours eu un piano chez moi mais mes parents n’y jouaient pas. Par contre, ils m’ont encouragé à faire de la musique si je le souhaitais. J’ai ainsi pris mes premiers cours de piano vers l’âge de 4 ans. Mon professeur disait que j’avais des atouts pour divertir les gens… Lorsque mon professeur me demandait ce que je voulais jouer, je lui répondais du jazz. J’ai le souvenir de moments agréables, sans pression.

Puis, durant un an seulement, j’ai étudié le piano au lycée. A l’université, j’ai étudié la musique et j’ai joué de la guitare, du piano dans un groupe qui s’appelait Slow Skies. On joue d’ailleurs toujours ensemble quand on a du temps. Ce groupe était une bonne façon de commencer dans l’univers de la musique ! Durant plusieurs années, je m’épanouissais à écrire des chansons dans mon coin.  Puis j’ai envoyé une lettre à mon ami Conor O’Brien (Villagers) afin qu’il m’aide à faire des chansons pour mon 1er EP.


D’où est venu ton nom de scène I Have A Tribe ?

Pour moi, le mot « tribe » (ndlr : tribu en français) est synonyme de sécurité, de calme, c’est la famille. A un concert, selon moi, le public et l’artiste sont comme une tribu, il n’y a pas de séparation.

En 2014, tu as sorti ton 1er EP « Yellow Raincoats », enregistré avec Rob Ellis et Conor O’Brien. Comment as-tu fait la connaissance de Rob Ellis qui a notamment travaillé avec PJ Harvey, Anna Calvi ?

J’aimais beaucoup les arrangements d’un CD d’Anna Calvi, alors j’ai de nouveau envoyé une lettre mais à Rob Ellis cette fois-ci. Et son manager m’a répondu ! De manière spontanée, il m’a donné beaucoup d’idées pour mon album.
En 2015, tu as sorti l’EP « No Countries », au mois de mai 2016, tu t’apprêtes à sortir ton 1er album « Beneath A Yellow Moon »,  t’es-tu donné comme objectif de sortir des nouveaux morceaux chaque année ?

Non ce n’est pas mon objectif d’autant plus que dans cet album certaines chansons sont très vieilles, d’autres nouvelles. Mais il est vrai que j’aimerai faire le prochain album l’année prochaine. C’est un bon rythme, pas trop exigeant si on a assez d’idées. Il est d’ailleurs plus fatiguant d’avoir des idées et de ne pas pouvoir les retranscrire en musique.

De quoi parle « Beneath A Yellow Moon » ? Et de qui t’es-tu entouré pour faire cet album?

Pour cet album j’avais juste envie de jouer comme un enfant, comme ma petite nièce de 2 ans,  qui, assise au piano chante de façon spontanée. Je suis donc allé au studio avec Paul Savage (ndlr : le producteur de cet album) et on a fait les chansons aussi naturellement.
Cet album est comme un journal intime sur ma vie mais j’ai voulu éviter d’être trop triste. Ce journal intime sert aussi à s’adresser aux autres, à être reconnaissant. Par exemple, pendant l’enregistrement de l’album on a fait un concert avec des amis à Dublin. Et j’ai écrit la chanson « La Neige » pour les remercier.

Paul Savage m’a beaucoup fait rire dans le studio. Pour moi, c’est très important de ne pas trop se prendre au sérieux sinon la magie de l’enregistrement est en danger. Paul a vite compris quelle direction musicale je voulais prendre, je tapais la mesure avec un stylo et il savait où je voulais aller. Il est très ouvert et aussi critique.

Dans cet album on peut à un moment entendre le plancher craquer sous ton piano, c’est plutôt original…

Il nous arrivait une fois une chanson terminée de faire 2 ou 3 prises supplémentaires avec les bruits des mouvements dans la pièce, les conversations.

Pourquoi le titre du 1er single « La Neige » est en français ?

« La Neige », c’est une chanson que j’ai écrite pour dire merci à mes amis après un concert. Et il s’avère que le bassiste s’appelle Dan Snow et que mon batteur l’appelle « Snow » (ndlr : neige en français). Et à l’origine d’ailleurs, le titre de l’album était aussi en français.



La pochette de l’album est peinte par Dave Hedderman comment en êtes-vous venu à travailler ensemble ?

C’est un ami à moi qui habite entre Dublin et Berlin qui a d’ailleurs déjà peint la pochette de l’EP « No Countries ». Lorsque j’ai terminé les chansons de cet album, je lui ai envoyé. Et il s’est promené dans un parc en écoutant ces chansons et après ça il a peint la couverture.  Je retrouve les gens de la couverture dans chaque chanson, je sais qui est qui.

Tu es plus un utilisateur de Facebook, Instagram ou Twitter ?

Instagram est plus simple à utiliser pour moi, d’autant plus que je ne suis pas trop sur les réseaux sociaux.  Pour moi, c’est un peu étrange, je n’aime pas être tout le temps avec mon portable. Mais comme tous les autres sont connectés, je suis obligé de l’être moi aussi.  D’ailleurs quand j’avais perdu mon portable c’était super, j’étais libre…


I have a tribe en ligne

samedi 30 avril 2016

William Fitzsimmons est rattrapé par le fantôme de sa grand-mère, devenue une muse inconnue

Crédit : Erin Brown


On ne se dirige jamais vers une carrière de psychothérapeute par hasardEt pour cause, le destin semble encore rattraper l’artiste américain, William Fitzsimmons, avec l’histoire que dévoile son nouvel EP « Charleroi : Pittsburgh volume 2 » (1er avril 2016). « Charleroi » est la seconde moitié de l’album « Pittsburgh » (2015) qui parlait de sa grand-mère maternelle. Ainsi, le chanteur folk nous emmène cette fois-ci sur les traces d’une muse – sa grand-mère paternelle - si proche de lui mais qu’il n’a pourtant jamais rencontrée. L’histoire fera en sorte que Thelma, cette grand-mère ne connaisse jamais son fils, qu’elle a cru mort. De cette découverte, William Fitzsimmons créera 6 chansons d’une touchante sensibilité qu’il a rendues très poignantes sur la scène des trois Baudets, à Paris, le 20 avril 2016. En 2014,  le chanteur me confiait : « Au final, en voulant soigner les gens on essaye de se soigner soi-même ». Espérons que ces chansons pansent quelques plaies du passé. 
Autoportrait déformé par William Fitzsimmons 20.04.16 @Les3Baudets
De quoi parle ton nouvel EP « Charleroi : Pittsburgh volume 2 » ?
Il parle de Thelma, ma grand-mère biologique que je n’ai jamais connue.
Bébé, mon père a été emmené à l'hôpital parce qu’il avait la coqueluche. A la suite de cette hospitalisation, il a été adopté par un médecin qui est devenu son père.
Etant papa de deux enfants adoptés, j’ai eu envie de faire des recherches sur cette partie de ma famille que je ne connaissais pas, juste pour voir ce qu’il pouvait en ressortir, essayer de savoir d’où je venais. Et en 2015, j’ai retrouvé les traces de cette partie de la famille.
Mon père avait été déclaré mort bébé par erreur. Sa famille biologique n'a donc jamais cherché à le retrouver. Et malheureusement, sa mère est décédée plusieurs années avant d'avoir pu revoir son fils. Elle s'appelait Thelma et c'était ma grand-mère. Elle venait de Charleroi en Pennsylvanie.
Thelma est donc devenue la muse inconnue de cet album ?
Oui en quelque sorte, j’ai essayé de comprendre ce qu’elle représentait pour mon père et pour moi. C’est une situation bizarre : je lui ressemble et pourtant je n’ai jamais pu avoir aucun contact avec elle avant sa mort.
Est-ce l’histoire de ton père t’a donné envie d’adopter tes deux enfants ?
Il existe une expression en anglais qui dit « It was the last straw that broke the camel’s back » (ndlr : « c’est la goute d’eau qui fait déborder le vase ») qui signifie qu’il y avait déjà beaucoup de raisons qui me poussaient vers l’adoption et cette histoire a été un nouvel élément déclencheur. Ma femme m’a aussi rappelé que de part mon histoire, il était normal d’adopter. Et quand elle m’a dit ça, je me suis dit que c’était vrai, pourquoi je n’adopterai pas moi aussi.
Peut-on dire que cet EP « Charleroi : Pittsburgh volume 2 » est plus paisible, plus chargé d’émotions que les autres ?
Ils sont tous chargés d'émotions. Selon moi, dans cet EP je montre un côté plus résigné et je suppose, aussi de la colère. L’album « LIONS » était plus empreint de confusion et de colère. Mais l’adjectif paisible mon convient bien, même si c’est bizarre parce que je ne me sentais pas du tout paisible pendant la phase de création.  
William Fitzsimmons et Abby Gundersen à Paris Crédit : W.Fitzsimmons

De qui t’es-tu entouré pour faire cet EP ?
J’ai produit cet album moi-même mais j’ai introduit une amie, Abby Gundersen dans ce projet. Certains artistes ont différentes sensibilités quand ils jouent, certains jouent très rapidement, d’autres de façon violente. Et je voulais travailler avec Abby car en plus d’être chanteuse, elle joue du piano, du violon et elle a cette sensibilité, cette douceur qui s’accordent parfaitement avec le sujet sensible de l’album.
Après l’album Pittsburgh (2015) sur ta grand-mère maternelle, étais-tu pressé de faire ce volume 2 de l’album ?
Pittsburgh n’était pas censé avoir de suite. J’ai découvert le passé de Thelma lorsque j’étais en tournée pour l’album Pittsburgh. Je me suis dit que c’était le destin, l’autre partie de l’histoire était là.  Le bon côté des choses lorsqu’on a une mauvaise passe, c’est que l’on écrit rapidement, tu n’as plus qu’à prendre ta guitare et écrire. Ainsi, cet EP « Charleroi » a été écrit très rapidement.
Où te trouves-tu dans la vidéo du clip « A Part » ?
Dans une petite ville appelée, Alton (Illinois) au nord de Saint-Louis. C’est un mini Pittsburgh. C’est horrible ce que je vais dire mais je voulais trouver une ville avec la même tristesse que Pittsburgh.

Ce soir le concert se joue à guichet fermé. Est-ce que tu entretiens un lien particulier avec le public français ?
Pas spécialement. Chaque soir l’expérience est toujours différente mais je pense que la raison pour laquelle les gens viennent à mes concerts est presque toujours la même au-delà de la langue, du sexe, de l’âge. Il y a d’ailleurs parfois de grands écarts d’âge à mes concerts. Je crois que les gens veulent ressentir quelque chose de fort dans un environnement où ils se sentent bien tout en étant entouré. C’est une chose de pleurer tout seul mais partager des émotions avec d’autres personnes,  s’en est une autre. C’est très puissant, ça peut changer certaines perceptions.

Après les attaques terroristes à Paris, est-ce qu’en tant qu’artiste on réfléchit à deux fois avant de se produire sur scène ?
Bien sûr, j’ai des enfants. D’ailleurs, on a joué à Bruxelles dernièrement et notre vol a été annulé à cause des attentats. J’y pense parce que j’ai des enfants mais dans le cas contraire je ne crois pas que cela me préoccuperait. Je ne veux pas paraître ringard mais on dirait qu’à Bruxelles et à Paris, les gens ont l’air de suivre le cours de leur vie. Et c’est super. La première chose à laquelle j’ai pensé quand j’ai entendu parler du Bataclan est « c’est horrible » puis je me suis dit « ils s’attaquent à des gens qui font mon métier ». C’est plutôt égoïste comme pensée et je n’en suis pas fier. C’est encore tout nouveau, on est dans un monde en plein changement…
Crédit : Erin Brown
Tu es plutôt un utilisateur de Facebook, Instagram ou Twitter ? 
Ah ah… Je ne suis pas très doué avec ça ! J’adore entrer en contact avec les gens. J’aime encore parler avec les gens et oui je suis vieux ! Si tu me donnes le choix, je préfère m’asseoir et parler avec quelqu’un et je twitterai sur notre conversation plus tard…
As-tu d’autres projets ?
Oui, je vais faire de la musique pour un film. C’est encore un peu tôt pour en parler mais je suis très excité. Ma musique a déjà été utilisée pour la télévision (ndlr : Grey’s Anatomy) mais ce n’était pas pareil, là je vais réellement être impliqué dans la phase de création.
La musique est tellement géniale… J’adore cette sensation quand on regarde un film, qu’une musique commence et qu’on pleure car l’ensemble de la scène est magnifique. Je veux être impliqué dans ce genre de projet.
Et j’ai lu que tu allais aussi participer à un album « Say Yes ! » qui rend hommage à Elliott Smith (American Laundromat Records) qui sortira en octobre 2016.
C'est vrai, je chante "Say Yes", je suis un grand fan de cette chanson. J’ai été honoré qu’on me propose de participer à cet album d’autant plus qu’Elliott Smith m’a beaucoup influencé, c’est un héros pour moi. Ma version de la chanson est plutôt différente de l’originale. Je joue cette chanson depuis que je suis tout petit.
Peut-on s’attendre à un nouvel album en 2017 ?
Je ne sais pas (rires) ! Peut-être... si j’ai de l’inspiration pourquoi pas mais je ne tirerai pas trop sur la corde. Je l’ai fait une fois et je ne le referai jamais. Il faut parfois prendre le temps de s’asseoir et voir ce qu’il en sort. Une chanson, ça n’a rien de facile. C’est comme une relation amoureuse, il faut parfois savoir tirer la personne vers le haut et d’autre fois, se retirer.
 
William Fitzsimmons en ligne :
Discographie :
2016 : Charleroi : Pittsburgh Volume 2
2015 : Pittsburgh
2014 : LIONS
2011 : Gold in the shadows
2010 : Derivitaves
2009 : Live from the downtown studios
2008 : The sparrow and the crow
2006 : Goodnight
2005 : Until when we are ghosts

jeudi 31 mars 2016

Soem trouve les mots sur le quai du métro


Paris, Opéra, ligne 3. Une voix atypique se fait entendre du bout du couloir de métro. Quelques pas supplémentaires et un visage se dessine pour finalement tomber nez à nez avec Soem, sa guitare et ses chansons bien affutées. Derrière cette voix se cache déjà un long parcours musical, des castings et des doutes. Rencontre avec la chanteuse Soem en pleine préparation de son deuxième album.

Autoportrait par Soem
Comment as tu fait tes 1er pas dans la musique ?
Mes parents ne sont pas du tout issus de l’univers du spectacle. Mon père a une très belle voix et il chantait toujours des reprises, à la guitare, de classiques français : Brassens, Brel, Léo Ferré mais uniquement dans le cadre du cercle familial. Il y avait beaucoup d’émotion quand il chantait. Quand j’ai découvert Léo Ferré, je me suis même dit que je préférais l’interprétation de mon père. Ma mère, elle, a toujours eu envie d’avoir des enfants artistes, elle a donc mis mes deux sœurs et moi à la musique. Et elle m’a proposé de faire de la guitare.

Concernant l’opportunité d’accomplir ses rêves, j’ai suivi l’exemple de mon père qui a exaucé un rêve d’enfant, celui de devenir pilote de ligne. J'aimais tellement sa voix que je trouvais d’ailleurs, que c’était un peu du gâchis qu’il ne soit pas chanteur.

Comment as-tu saisi l’opportunité de devenir chanteuse « professionnelle » ?
©Soem
Vers l’âge de 15, 16 ans, j’ai très vite transformé mes poèmes en chansons. D’autant plus que j’avais le sens de l’improvisation des mélodies. Puis, j’ai effectué mon premier concert au lycée avant d’en faire à peu près un par an.

Ça ne m’a pas traversé l’esprit de devenir chanteuse avant d’arriver en 3ème année d’école de commerce. A cette époque, j’ai rencontré des musiciens dans la rue et j’ai fini par aller les voir en concert. Je me suis alors rendue compte que ce n’est pas impossible de jouer de la musique sans être connue. Et je me suis dit que je pouvais jouer aussi bien que ce groupe. Ce qui m’a vraiment poussée à prendre ce tournant, c’est que je pensais avoir plus de talent dans ce secteur que dans celui du business que j’étudiais.

Ainsi, après avoir terminé mon école de commerce, j’ai contacté un jeune réalisateur, Chris Gorski et on a fait notre première maquette qui m’a conduite dans les bureaux de Warner.

Que signifie ton nom de scène Soem ?
Après avoir écumé les noms comme ON, Vega, le nom de Soem est arrivé, un nom trouvé par Olivier Berthelot qui a travaillé avec moi sur mon premier album. Il s’agit d’un mix entre les mots « soul » et « poème ».

Comment as-tu fait ta 1ère maquette de 5 titres ?
En 2003, je suis partie à la conquête de Paris ! Avec l’aide de Chris Gorski, rempli comme moi d’idéalisme, j’enregistre une première maquette de 5 titres. Cet enregistrement me permet de rencontrer Olivier Berthelot qui devient mon frère de composition pendant plusieurs années.

Puis d’un projet à 4 mains, Soem est devenu un projet solo avec mon premier album (2008). Puisqu'Olivier, le 2ème pilier de Soem a d’autres appétits musicaux. Mais je me suis vite rendue compte que j’avais moins de pression seule. Car en solo, je n'ai de comptes à rendre qu'à moi-même, que cela soit pour trouver des dates de concert, réaliser la communication…

Que raconte ton 1er album Soem (2008) ?

Cet album évoque une époque de ma vie où j’étais jeune, idéaliste et innocente. Quand j’écris des chansons, je décris les émotions que je traverse. Il n’y a pas de thème global pour l’album, plusieurs sentiments sont évoqués. Certaines chansons ont une lecture mystérieuse, mystique, spirituelle (« Marionnettes », « Les signes », « Le sel de mon âme »). Certaines évoquent des prises de conscience que j’ai eu à l’époque à un niveau psychologique, artistique, ou de ma vie quotidienne (« Je me rassemble », « Dans ma peau », « le mécanisme », « Désinvolture »). D’autres parlent d’amour : avant,  au début, pendant, au moment de la rupture (« Qu’il arrive », « Ne dis mot Trésor », « Eclipse »). Le chanson « le mécanisme » relate d’ailleurs une relation de couple dysfonctionnelle dans laquelle j’ai été. Le texte souligne que nous ne sommes pas obligés de nous enfermer dans un idéal. Si tu es trop stricte, la vie à deux devient comme une prison.


Cet album de 12 titres est ponctué de 3 collaborations. Sully Sefil est un rappeur que j’ai rencontré via Myspace tout comme San Lluis. Et j’ai aussi collaboré avec Lokua Kanza, virtuose de la chanson africaine, à l’époque, j’avais entendu parler de lui grâce à des magazines de musique du monde. C’est un incroyable chanteur doté de sacrées nuances dans sa voix. Je suis très sensible aux voix.

Cet album a été accouché dans la douleur, l’enregistrement était difficile. Olivier qui m’a aidé à le faire était très exigeant, perfectionniste. Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi il voulait que je retravaille certains textes de l’album. Je ne l’ai pas écouté pendant de nombreuses années. Mais encore aujourd’hui, je le trouve encore très beau.


©Soem
Tu as passé de nombreux castings comme celui de The Voice, quel est l’envers du décor ?
A La Nouvelle Star, c’était horrible, on nous traitait comme du bétail et ils s’en enorgueillissent. Je ne sais pas si c'est toujours le cas aujourd'hui. Les candidats attendaient dehors, dans le froid toute la journée. Quand j’ai vu l’intérieur de l’immeuble, j’étais révoltée car il y avait la place pour abriter une bonne partie de la foule. En 2012, j’ai candidaté à The Voice, un casting très classe, on se sent respecté en tant qu'artiste. Il y  a même un coach pour t’épauler avant l’audition.

As-tu envie de retenter ta chance à ce genre de castings ?

Oui, c’est possible que je retente ma chance à The Voice. Mais aujourd’hui si je participe de nouveau à ce genre de casting, j’irai sans peur. Si je suis retenue je serai juste heureuse plutôt que d’angoisser pour la suite. La chance sourit quand tu es prêt à l’accueillir. A l’époque je n’étais pas prête car quelque chose en moi avait peur d’aller plus loin. C’est pour cela que je n’ai pas réussi ces castings dans le passé. J’ai toujours voulu être une artiste reconnue mais comme ça ne s’est pas produit, j’ai compris qu’il y avait quelque chose en moi qui me freinait. Une peur que j’ai démêlée et résolue aujourd’hui, j’ai passé un cap. 

Je t’ai découverte dans le métro parisien, comment en es-tu arrivée à chanter dans ces couloirs ?
Au départ, je trouvais que c’était humiliant de faire ça ! Et puis j’ai rencontré des artistes de métro, des talents, des gens extraordinaires qui m’ont éblouie. Un jour, un ami m’a proposé de passer le casting pour avoir la carte d’accès à la RATP. J’ai aimé la façon dont j’ai été accueillie par l’équipe de la RATP.

Au début, je trouvais ça très dur puis un ami m’a donné des conseils.  J’ai trouvé un endroit qui me plaisait, sur le quai du RER A. Mais j’ai été attrapée par les contrôleurs car je jouais sur le quai, ce qui est interdit. Puis, j’ai appris à reconnaître les endroits du métro où j’aime jouer, près des quais notamment car les gens peuvent s’y attarder avant de prendre leur métro. Sinon ils passent à toute vitesse et c’est très frustrant.
Mais ce n’est pas si dur que ça si l’argent tombe ! Si les passants lâchent une pièce, ça redonne confiance en soi. 



As-tu un projet d’album ?
Ça fait longtemps que je veux sortir un 2e album et un ami Niko Coyez m’a conseillée de réfléchir à ce que je veux vraiment, de me fixer un petit objectif, puis un plus grand… Je me suis alors fixé l’objectif de faire un album !

Niko Coyez a enregistré son 2ème album en une semaine. J’ai alors voulu faire pareil mais je n’ai pas le même génie que lui. Il a une grande confiance en lui et une très bonne oreille.  Il repère tout de suite ce qui ne va pas. La création de l’album a été ralentie car Niko a émigré en Malaisie en 2014. Quand il était en France, tout allait plus vite.
En 2015, j’étais découragée et je me suis dit que j’arrêtais face à la masse de travail à effectuer. Je ne me sentais plus soutenue.

Mais depuis janvier 2016, tout s’est débloqué. Yannick Vorangine, un ingénieur du son m’accompagne. Niko est revenu en France pour quelques mois. En 2 jours, on a réalisé ce que j’aurai  pu faire seule en 2 mois. D’ici l’été on devrait avoir bien avancé. Si tout va bien l’album devrait sortir d’ici le début de l’année 2017.

Ça sera un album très acoustique, très « joué », contrairement au 1er album qui contient beaucoup de programmations. Il contient des percussions, de la guitare, de la flûte, de l’harmonica. Les auditeurs retrouveront le son de Nico et se retrouveront face à de nombreux ressentis : la mélancolie, la folie, la gaité, la fantaisie. Je prends plus de risques, je suis plus audacieuse que dans le premier album où j’étais face à quelqu’un de très perfectionniste. J’avais peur de faire des erreurs. Dans ce deuxième album, je me lâche !


Tu es plutôt inactive sur les réseaux sociaux, est-ce une volonté de ta part ?

Depuis 2015, je ne communique plus car j’avais peur de me retrouver face à mes fans  car je n’ai pas respecté le planning de sortie de ce deuxième album. La honte m’a  donc détournée des réseaux sociaux. De plus, j’ai eu à répétition des problèmes de matériel (téléphone, ordinateur). Et de toute façon, je n’avais pas d’actualité à mettre en avant. Ce que j’aimerais c’est produire des vidéos régulièrement sur YouTube. Mais il y a un juste milieu à trouver par rapport à mon exigence de qualité et la nécessité aujourd’hui d’aller vite. Et le mieux est l’ennemi du bien…
Cette interview est ainsi une bonne occasion pour communiquer de nouveau sur mes réseaux sociaux.


Soem en ligne
Site Internet

Concert
23.04.16 - Bistrot Pyramide