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jeudi 31 mars 2016

Soem trouve les mots sur le quai du métro


Paris, Opéra, ligne 3. Une voix atypique se fait entendre du bout du couloir de métro. Quelques pas supplémentaires et un visage se dessine pour finalement tomber nez à nez avec Soem, sa guitare et ses chansons bien affutées. Derrière cette voix se cache déjà un long parcours musical, des castings et des doutes. Rencontre avec la chanteuse Soem en pleine préparation de son deuxième album.

Autoportrait par Soem
Comment as tu fait tes 1er pas dans la musique ?
Mes parents ne sont pas du tout issus de l’univers du spectacle. Mon père a une très belle voix et il chantait toujours des reprises, à la guitare, de classiques français : Brassens, Brel, Léo Ferré mais uniquement dans le cadre du cercle familial. Il y avait beaucoup d’émotion quand il chantait. Quand j’ai découvert Léo Ferré, je me suis même dit que je préférais l’interprétation de mon père. Ma mère, elle, a toujours eu envie d’avoir des enfants artistes, elle a donc mis mes deux sœurs et moi à la musique. Et elle m’a proposé de faire de la guitare.

Concernant l’opportunité d’accomplir ses rêves, j’ai suivi l’exemple de mon père qui a exaucé un rêve d’enfant, celui de devenir pilote de ligne. J'aimais tellement sa voix que je trouvais d’ailleurs, que c’était un peu du gâchis qu’il ne soit pas chanteur.

Comment as-tu saisi l’opportunité de devenir chanteuse « professionnelle » ?
©Soem
Vers l’âge de 15, 16 ans, j’ai très vite transformé mes poèmes en chansons. D’autant plus que j’avais le sens de l’improvisation des mélodies. Puis, j’ai effectué mon premier concert au lycée avant d’en faire à peu près un par an.

Ça ne m’a pas traversé l’esprit de devenir chanteuse avant d’arriver en 3ème année d’école de commerce. A cette époque, j’ai rencontré des musiciens dans la rue et j’ai fini par aller les voir en concert. Je me suis alors rendue compte que ce n’est pas impossible de jouer de la musique sans être connue. Et je me suis dit que je pouvais jouer aussi bien que ce groupe. Ce qui m’a vraiment poussée à prendre ce tournant, c’est que je pensais avoir plus de talent dans ce secteur que dans celui du business que j’étudiais.

Ainsi, après avoir terminé mon école de commerce, j’ai contacté un jeune réalisateur, Chris Gorski et on a fait notre première maquette qui m’a conduite dans les bureaux de Warner.

Que signifie ton nom de scène Soem ?
Après avoir écumé les noms comme ON, Vega, le nom de Soem est arrivé, un nom trouvé par Olivier Berthelot qui a travaillé avec moi sur mon premier album. Il s’agit d’un mix entre les mots « soul » et « poème ».

Comment as-tu fait ta 1ère maquette de 5 titres ?
En 2003, je suis partie à la conquête de Paris ! Avec l’aide de Chris Gorski, rempli comme moi d’idéalisme, j’enregistre une première maquette de 5 titres. Cet enregistrement me permet de rencontrer Olivier Berthelot qui devient mon frère de composition pendant plusieurs années.

Puis d’un projet à 4 mains, Soem est devenu un projet solo avec mon premier album (2008). Puisqu'Olivier, le 2ème pilier de Soem a d’autres appétits musicaux. Mais je me suis vite rendue compte que j’avais moins de pression seule. Car en solo, je n'ai de comptes à rendre qu'à moi-même, que cela soit pour trouver des dates de concert, réaliser la communication…

Que raconte ton 1er album Soem (2008) ?

Cet album évoque une époque de ma vie où j’étais jeune, idéaliste et innocente. Quand j’écris des chansons, je décris les émotions que je traverse. Il n’y a pas de thème global pour l’album, plusieurs sentiments sont évoqués. Certaines chansons ont une lecture mystérieuse, mystique, spirituelle (« Marionnettes », « Les signes », « Le sel de mon âme »). Certaines évoquent des prises de conscience que j’ai eu à l’époque à un niveau psychologique, artistique, ou de ma vie quotidienne (« Je me rassemble », « Dans ma peau », « le mécanisme », « Désinvolture »). D’autres parlent d’amour : avant,  au début, pendant, au moment de la rupture (« Qu’il arrive », « Ne dis mot Trésor », « Eclipse »). Le chanson « le mécanisme » relate d’ailleurs une relation de couple dysfonctionnelle dans laquelle j’ai été. Le texte souligne que nous ne sommes pas obligés de nous enfermer dans un idéal. Si tu es trop stricte, la vie à deux devient comme une prison.


Cet album de 12 titres est ponctué de 3 collaborations. Sully Sefil est un rappeur que j’ai rencontré via Myspace tout comme San Lluis. Et j’ai aussi collaboré avec Lokua Kanza, virtuose de la chanson africaine, à l’époque, j’avais entendu parler de lui grâce à des magazines de musique du monde. C’est un incroyable chanteur doté de sacrées nuances dans sa voix. Je suis très sensible aux voix.

Cet album a été accouché dans la douleur, l’enregistrement était difficile. Olivier qui m’a aidé à le faire était très exigeant, perfectionniste. Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi il voulait que je retravaille certains textes de l’album. Je ne l’ai pas écouté pendant de nombreuses années. Mais encore aujourd’hui, je le trouve encore très beau.


©Soem
Tu as passé de nombreux castings comme celui de The Voice, quel est l’envers du décor ?
A La Nouvelle Star, c’était horrible, on nous traitait comme du bétail et ils s’en enorgueillissent. Je ne sais pas si c'est toujours le cas aujourd'hui. Les candidats attendaient dehors, dans le froid toute la journée. Quand j’ai vu l’intérieur de l’immeuble, j’étais révoltée car il y avait la place pour abriter une bonne partie de la foule. En 2012, j’ai candidaté à The Voice, un casting très classe, on se sent respecté en tant qu'artiste. Il y  a même un coach pour t’épauler avant l’audition.

As-tu envie de retenter ta chance à ce genre de castings ?

Oui, c’est possible que je retente ma chance à The Voice. Mais aujourd’hui si je participe de nouveau à ce genre de casting, j’irai sans peur. Si je suis retenue je serai juste heureuse plutôt que d’angoisser pour la suite. La chance sourit quand tu es prêt à l’accueillir. A l’époque je n’étais pas prête car quelque chose en moi avait peur d’aller plus loin. C’est pour cela que je n’ai pas réussi ces castings dans le passé. J’ai toujours voulu être une artiste reconnue mais comme ça ne s’est pas produit, j’ai compris qu’il y avait quelque chose en moi qui me freinait. Une peur que j’ai démêlée et résolue aujourd’hui, j’ai passé un cap. 

Je t’ai découverte dans le métro parisien, comment en es-tu arrivée à chanter dans ces couloirs ?
Au départ, je trouvais que c’était humiliant de faire ça ! Et puis j’ai rencontré des artistes de métro, des talents, des gens extraordinaires qui m’ont éblouie. Un jour, un ami m’a proposé de passer le casting pour avoir la carte d’accès à la RATP. J’ai aimé la façon dont j’ai été accueillie par l’équipe de la RATP.

Au début, je trouvais ça très dur puis un ami m’a donné des conseils.  J’ai trouvé un endroit qui me plaisait, sur le quai du RER A. Mais j’ai été attrapée par les contrôleurs car je jouais sur le quai, ce qui est interdit. Puis, j’ai appris à reconnaître les endroits du métro où j’aime jouer, près des quais notamment car les gens peuvent s’y attarder avant de prendre leur métro. Sinon ils passent à toute vitesse et c’est très frustrant.
Mais ce n’est pas si dur que ça si l’argent tombe ! Si les passants lâchent une pièce, ça redonne confiance en soi. 



As-tu un projet d’album ?
Ça fait longtemps que je veux sortir un 2e album et un ami Niko Coyez m’a conseillée de réfléchir à ce que je veux vraiment, de me fixer un petit objectif, puis un plus grand… Je me suis alors fixé l’objectif de faire un album !

Niko Coyez a enregistré son 2ème album en une semaine. J’ai alors voulu faire pareil mais je n’ai pas le même génie que lui. Il a une grande confiance en lui et une très bonne oreille.  Il repère tout de suite ce qui ne va pas. La création de l’album a été ralentie car Niko a émigré en Malaisie en 2014. Quand il était en France, tout allait plus vite.
En 2015, j’étais découragée et je me suis dit que j’arrêtais face à la masse de travail à effectuer. Je ne me sentais plus soutenue.

Mais depuis janvier 2016, tout s’est débloqué. Yannick Vorangine, un ingénieur du son m’accompagne. Niko est revenu en France pour quelques mois. En 2 jours, on a réalisé ce que j’aurai  pu faire seule en 2 mois. D’ici l’été on devrait avoir bien avancé. Si tout va bien l’album devrait sortir d’ici le début de l’année 2017.

Ça sera un album très acoustique, très « joué », contrairement au 1er album qui contient beaucoup de programmations. Il contient des percussions, de la guitare, de la flûte, de l’harmonica. Les auditeurs retrouveront le son de Nico et se retrouveront face à de nombreux ressentis : la mélancolie, la folie, la gaité, la fantaisie. Je prends plus de risques, je suis plus audacieuse que dans le premier album où j’étais face à quelqu’un de très perfectionniste. J’avais peur de faire des erreurs. Dans ce deuxième album, je me lâche !


Tu es plutôt inactive sur les réseaux sociaux, est-ce une volonté de ta part ?

Depuis 2015, je ne communique plus car j’avais peur de me retrouver face à mes fans  car je n’ai pas respecté le planning de sortie de ce deuxième album. La honte m’a  donc détournée des réseaux sociaux. De plus, j’ai eu à répétition des problèmes de matériel (téléphone, ordinateur). Et de toute façon, je n’avais pas d’actualité à mettre en avant. Ce que j’aimerais c’est produire des vidéos régulièrement sur YouTube. Mais il y a un juste milieu à trouver par rapport à mon exigence de qualité et la nécessité aujourd’hui d’aller vite. Et le mieux est l’ennemi du bien…
Cette interview est ainsi une bonne occasion pour communiquer de nouveau sur mes réseaux sociaux.


Soem en ligne
Site Internet

Concert
23.04.16 - Bistrot Pyramide 

lundi 29 février 2016

Lola Marsh la révélation indie folk de cet hiver


Lola Marsh, le duo israélien de musique indie folk, est la découverte de cet hiver. Avec la sortie de leur EP « You’re mine » le 29 janvier 2016, la chanteuse, Yaeli et le guitariste, Gil montrent leur talent. En effet, le timbre de voix particulier de Yaeli et les chansons entrainantes de ce duo laisseront peu d’auditeurs insensibles. Et la vidéo très esthétique de leur chanson « You’re mine » ajoute un charme supplémentaire à cette musique qui pourrait devenir un futur tube !

Selfie de Lola Marsh - février 2016



Comment avez-vous fait vos premiers pas dans la musique ?

Yaeli : Je me rappelle que déjà très jeune je chantais et dansais. J’ai toujours aimé être sur scène et la sensation que procure de raconter une histoire ou chanter une chanson face à un public. J’ai appris à jouer de la guitare à l’âge de 13 ans et j’ai étudié la musique au lycée. Mon professeur de guitare a été le premier musicien de ma vie à me dire de me lancer dans la chanson.

Gil : J’ai grandi dans une maison remplie de musique, et aussi loin que je puisse me souvenir, la musique a toujours joué un rôle important pour moi. Mon père jouait de la guitare et chantait un peu. C’est lui qui m’a montré comment jouer de cet instrument. Et j’ai aussi pris des cours de piano à l’âge de 6 ans et de guitare à l’âge de 11 ans.





Comment vous êtes-vous rencontré ?
Yaeli : On se connaissait déjà avant de fonder le groupe mais le moment déterminant a été la fête d’anniversaire de Gil. On a joué quelques chansons ensemble et ça a fonctionné.

Gil : Je crois qu’à cette période nous cherchions tous les deux la bonne personne avec qui faire de la musique. Avec Yaeli ça a été magique. On aurait dit que sa voix et ma façon de jouer étaient en symbiose.

Yaeli, comment avez-vous pris votre décision de travailler plutôt dans la musique que dans le monde de la mode ?
La musique a toujours fait partie de ma vie. J’ai toujours joué, chanté, écris et été sur scène. Après le lycée, j’ai voyagé en Inde et quand je suis rentrée j’ai ressenti que je voulais essayer quelque chose d’autre et de nouveau, j’ai donc étudié la mode et le stylisme. Puis, je me suis rendue compte que ce n’était pas ce que je voulais faire et que je voulais refaire de la musique. Ca a toujours été mon “vrai” rêve.





Yaeli, quelle histoire se cache derrière votre timbre de voix si particulier ?
Il y a quelques années, j’ai été opérée des cordes vocales, je pensais que c’était la fin de ma carrière, ma voix avait changé et soudain, je ne pouvais plus utiliser ma voix comme avant. J’étais déprimée et cela m’a pris du temps pour m’habituer à cette nouvelle voix. Quand j’ai rencontré Gil, il aimait mon timbre de voix bas et rocailleux et j’ai commencé à l’aimer de nouveau et à tel point que j’ai recommencé à croire en mon rêve…

Que raconte votre EP “You’re Mine” ?
Il parle de la vie de tous les jours, les rêves, les fantasmes, la peur d’échouer, le succès. Il traite d’amitié et d’amour. On écrit sur tous les sujets qui nous viennent à l’esprit et qui nous tiennent à coeur.

Quelle est votre méthode de travail ?

Elle change tout le temps. Parfois on écrit d’abord les paroles et parfois la mélodie. On aime alterner les instruments parce que chaque instrument nous apporte une atmosphère différente : le piano, la guitare, le ukulélé, la batterie… Parfois nous écrivons chacun de notre côté, parfois ensemble, ça nous stimule. On s’inspire des films, des livres, des paysages, des gens et bien sûr des musiques que nous adorons.



Les médias français parlent beaucoup du conflit israélo-palestinien. Cela a t-il un impact sur votre musique ?
On sait que la situation en Israël est très compliquée. Bien sûr que cela nous affecte. Cependant, l’objectif de notre musique est d’amuser les gens et de réchauffer leur cœur. Nous voulons les rendre nostalgique, romantique et les faire s’évader de leur quotidien pendant quelques minutes.


Vous êtes plus accros à Facebook, Twitter ou Instragram ?
Sans hésitation, Facebook parce que c’est plus populaire en Israël. Mais on utilise également Instragram et Twitter. Vous pouvez aller visiter nos comptes !


Quels sont vos prochains projets ?
On vient juste de sortir notre premier EP et notre première vidéo. La prochaine étape est de sortir notre album en écrivant et enregistrant de nouvelles chansons. En parallèle on a beaucoup de concerts prévus en Europe et aux Etats-Unis.

Pour gagner l'EP du groupe, c'est par ici : http://po.st/LolaMarshCG

Concerts
13.04.16 - Les Etoiles à Paris
14.04.16 - Le Printemps de Bourges


Lola Marsh en ligne

dimanche 31 janvier 2016

Noiserv, l’homme orchestre qui a apprivoisé 100 instruments

Autoportrait par Noiserv

Les artistes comme David Santos, alias Noiserv, sont désormais rares ! En effet, le chanteur portugais ne se contente pas de jouer 4 ou 5 instruments sur scène, il préfère multiplier les prises de risques et utilise une 15e d’instruments lors de ses concerts et en possède 100 dans son studio. L’exploit est impressionnant, tout comme la réédition française (2015) de son album Almost Visible Orchestra (A.V.O), sorti en 2013 au Portugal. Il révèle des morceaux électro-acoustiques qui alternent entre douceur et complexités mélodiques. L’exercice semble pourtant facile pour celui qui accumule jusqu’à 15 mélodies dans une même chanson.  Cet album révèle un homme avide de découvertes et même un duo avec le Français Cascadeur sur la chanson Don’t Say Hi If You Don’t Have Time For A Nice Goodbye. Rencontre avec cet impressionnant multi instrumentaliste qui pourrait être surnommé l’homme orchestre.

Comment as-tu fait tes premiers pas dans la musique ?
J’ai commencé par créer mon premier groupe à l’âge de 14 ans avec des amis. Et à la même période, j’ai pris des cours de guitare.

Qu’est-ce qui t’a poussé à arrêter tes études d’ingénieur pour te lancer dans la musique ?
Je n’ai pas arrêté mes études, j’ai obtenu mon master et j’ai même travaillé pendant 3 ans dans une entreprise. Puis, j’ai décidé de tout arrêter pour essayer de mon consacrer 100% à la musique.

Quel est le secret pour apprendre à jouer autant d’instruments ?
C’est juste une question de temps, il faut juste essayer et encore essayer. Et puis un jour on sait jouer !

As-tu une méthode de travail particulière pour écrire tes chansons ?
Ce n’est jamais la même. Parfois, ça commence avec une mélodie au piano ou à la guitare accompagnée de ma voix. Puis je vais en studio et passe des heures à essayer plein de choses !

Que signifie ton nom de scène « Noiserv » ?
Si tu intervertis le « e » avec le « r » et lis dans le sens inverse, tu comprendras !

Que raconte ton dernier album "Almost Visible Orchestra" ?
C’est essentiellement sur moi et la manière dont je fais face à tout ce qui m’entoure. Le thème principal de l’album s’intéresse à comment on devrait réagir à la déception face à nos rêves. Et je pense qu’échouer va de pair avec le fait d’être acteur de notre vie.

Quelle est l’histoire derrière ta chanson faite avec Cascadeur ? Comment l’as-tu rencontré ?
J’ai découvert sa musique et l’ai rencontré grâce à Marie, son manager. J’ai adoré sa voix plutôt aiguë et son tempérament mélancolique, on a donc travaillé ensemble !



Tu as joué sur des scènes très prestigieuses, dans des festivals dans lesquels tu as partagé l’affiche avec de grands noms comme Arcarde Fire, Portishead. Est-ce qu’il y a des endroits plus excitants que d’autres pour se produire ?
Non, je ne pense pas. Tous les concerts que l’on peut faire dans une carrière font de toi un meilleur musicien. Tous ces concerts ont quelque chose de spécial que les autres n’ont pas. Jouer face à 20 000 personnes dans un festival n’est pas mieux que jouer face à 50 personnes et l’inverse est également vrai. Ce qui est génial avec ce métier c’est que tu peux essayer de partager tes émotions n’importe où !

Quels sont tes futurs projets ? Tes envies pour la suite ?
Un nouvel album dont je pourrai être fier.

Noiserv en ligne

jeudi 31 décembre 2015

The Deans, le trio irlandais interpelle la société de consommation dans son nouvel EP


Les trois Irlandais, Gavin, Gari et Ronan du groupe « The Deans » n’en sont pas à leur coup d’essai dans la musique à seulement 25 et 26 ans. Rock ? Pop ? Folk ? Difficile de décrire le style de ce groupe qui se définit comme « rock tout terrain ». Et pourtant, ces artistes se sont déjà fait remarquer en 2013. En effet, le trio est sorti vainqueur de la prestigieuse compétition "Unsigned Only Music Competition" - avec, excusez du peu, une récompense décernée par Iggy Pop et Crissie Hyde (The Pretenders) - grâce à leur chanson "Lonely like me". Ce groupe de Galway a sorti  le 1Er décembre 2015 un nouvel EP "Supply & Command", enregistré entre Londres et Paris, qui mérite qu’on écoute ce que ces Irlandais ont à dire sur la société de consommation.
 
Comment avez-vous fait vos premiers pas dans la musique ?
Gavin : J’ai commencé par jouer de la batterie à l’âge de 11 ans. Et le jour où durant mon cours de batterie, j’ai entendu la chanson « Smells Like Teen Spirit », ça a changé ma vie. Je pense que c’est à ce moment-là que je me suis dit que je voulais faire de la musique mon métier. Puis je me suis intéressé à la guitare « et voilà » (ndlr : dit en français) !

Comment vous êtes vous rencontré ?
Gavin : On s’est rencontré sur un site de rencontres ;) Et depuis, on s’aime énormément ! Plus sérieusement, on s’est connu de part les différents groupes dans lesquels on faisait partie dans notre ville natale, Galway.

Il est parfois écrit que Gavin et Gari, vous êtes frères. C’est vrai ?
Gavin : Aucun de nous n’a un lien de parenté même si nous pourrions tous les trois être frères. 

Rock ? Folk ? Pop ? Comment décrire le style de votre groupe ?
Gavin : On a créé notre propre style de musique. On appelle ça « Rock Tout Terrain ». Nos influences proviennent de n’importe où et on mixe tout ça avec la touche « The Deans ». Et on fait "mijoter" ça jusqu’à ce que ça nous ressemble.

D’où vient le nom de votre groupe "The Deans" (ndlr : "les doyens" en français) ?
Gavin : De mon deuxième nom, « Dean »…



Que raconte votre EP "Supply & Command" ?
Gavin : Cet album pose des questions sur notre société de consommation. Notre single « Take it Easy » en est un bon exemple.

Comment se déroule la phase d’écriture de vos chansons ?
Habituellement, j’écris les paroles et la première trame de mélodies. Puis on arrange les chansons ensemble. Mais parfois, les chansons naissent lorsqu’on improvise une mélodie ensemble et j’écris alors ensuite les paroles.

Autoportrait - décembre 2015
Pourquoi avoir enregistré cet EP dans 2 studios d’enregistrement : au studio IMW de Londres et dans un vieil hôtel parisien ? Deux endroits très différents…
On a d’une part enregistré à Londres parce que notre ami et ingénieur Liam Larking travaillait dans ce studio. Et comme nous avons notre propre matériel pour enregistrer et des amis qui vivent dans un vieil hôtel, on a décidé d’enregistrer le reste à Paris, en travaillant à notre propre rythme dans un environnement favorable.

Le public français est-il différent de votre public irlandais ?
Oui, tous les publics sont différents, partout dans le monde. C’est l’une des choses les plus intéressantes lorsque l’on est en tournée.

Quels sont vos projets ?
Maintenant que notre EP « Supply and Command » est sorti, on est en promotion. Et on enregistre, filme des concerts pour une éventuelle sortie d’une édition limitée de notre album live et d’un dvd. On continue aussi d’écrire de nouvelles chansons pour de nouveaux projets en 2016.

Quel est votre souhait pour 2016 ?
Que 2016 arrive…

The Deans en ligne

lundi 30 novembre 2015

Hollow Coves : ils espéraient 10 000 écoutes de leur tube « The Woods », ils en cumulent plus d’un million !


24 ans au plus et déjà un énorme tube à leur actif… Les deux jeunes australiens, Ryan Henderson et Matt Carins, membres du groupe indie folk Hollow Coves peuvent en effet se targuer d’avoir enchanté plus d’un million de personnes grâce à leur chanson The Woods. Après avoir gagné la reconnaissance internationale du public, rencontré leurs fans dans de nombreux pays, les voilà de retour et presque prêts à dévoiler, en 2016, leur nouvel EP. 
©Hollow Coves


Comment avez-vous fait vos premiers pas dans la musique ?
Ryan : Enfant, j’ai pris des leçons de piano. Mais je me demande si c’était un choix personnel ou une volonté de mes parents. J’aimais jouer mais je ne m’épanouissais pas vraiment dans la théorie et je ne me retrouvais dans aucune des musiques que l'on m’enseignait. J’ai finalement abonné le piano et je ne me suis remis à la musique que bien plus tard. On a toujours eu un piano à la maison et un jour, vers la fin de mes années lycée, je me suis remis à jouer et c’est à ce moment là que je suis complètement tombé amoureux de la musique. Puis après avoir terminé le lycée, j’ai eu ma première guitare et depuis, je suis accro.

Matt quant à lui a grandi dans une famille où la musique avait une place très importante. Son père joue toujours dans un groupe, sa mère enseigne le piano, son grand frère joue dans deux groupes qui ont du succès, The Coopers et KARI, et il me semble que sa sœur joue aussi un peu de piano. Même son grand-père jouait de la guitare. Occasionnellement, il utilise une des vieilles guitares de son grand-père. C’est un magnifique instrument.

©Hollow Coves

Comment vous êtes-vous rencontré et comment avez-vous décidé de créer votre groupe ?
Ryan : Avant que je rencontre Matt, il jouait dans un groupe acoustique en duo avec un bon ami à lui qui s’appelle également Ryan. Pour l’anecdote, le nom du frère de Matt est Ryan, le nom du petit ami de sa sœur s’appelle Ryan, un de ses amis s’appelle Ryan et je m’appelle Ryan, ça peut créer des quiproquos ! Donc… un ami m’a fait découvrir leur musique car je jouais des morceaux du même genre. J’ai commencé à discuter avec Matt et Ryan parce que je ne connaissais personne dans le coin qui jouait ce genre de musique. Et un jour, Ryan a quitté le duo pour être batteur dans un groupe de heavy métal. Peu après ça, Matt m’a demandé si je voulais travailler avec lui, on a alors commencé à faire des bœufs et l’alchimie a pris !

Pourquoi avoir appelé votre groupe « Hollow Coves » ?
Ryan : J’aimerais qu’il y ait une belle histoire derrière ce nom. Si vous avez déjà fait partie d’un groupe, je suis certain que vous savez comme c’est difficile de se trouver un nom. On est resté longtemps sans avoir de nom de groupe.  Régulièrement on cherchait des idées sans qu’elles n’aboutissent. Quand on s’est rapproché de la date de sortie de notre EP, on a réalisé qu’on devait vraiment se décider. On a alors probablement décortiqué une 100e d’idées de noms de groupe. En plus, pour ne pas faciliter les choses, à ce moment là on vivait à deux endroits différents dans le monde. Et puis un jour, après une 100e d’autres idées pas terribles, on a fini par trouver « Hollow Coves » qui nous a semblé être le bon nom.

©Hollow Coves

Votre EP « Drifting » raconte quoi ?
Ryan : Il n’y a pas de thème cohérent dans cet EP. En ce sens, je suppose que son titre, « drifting » (ndlr : cela signifie « à la dérive ») lui correspond bien. Il y a d’abord eu les trois premières chansons que nous avons écrites tous les deux. On laissait alors nos chansons solo prendre forme de leur côté. Mais quand on écrivait ces chansons on ne pensait pas faire un EP. C’est juste arrivé comme ça, plus tard. Dans cet EP, on aborde les thèmes de fuite hors de la réalité, de souvenir, de réflexion, il y a même en quelque sorte une chanson à propos de cœur brisé ah ah !

Qu’est-ce que le succès de votre chanson « The woods » vous a apporté : plus de pression pour les prochains enregistrements, plus d’argent pour faire la musique que vous aimez, etc. ?
Ryan : Honnêtement, sans le succès de cette chanson, je ne pense pas qu’on aurait continué à faire de la musique de la même manière aujourd’hui. Je pense qu’on ferait toujours de la musique ensemble mais je ne crois pas que l’on serait resté toujours aussi motivés.
Quand on a fait cet EP on ne s’attendait à rien et quand il a eu du succès je pense que ça nous a vraiment donné de la motivation pour en tirer quelque chose. Evidemment, ça ajoute inévitablement un peu de pression pour les futures chansons. Et bien sûr, on a envie d’essayer de continuer dans cette même dynamique. Je suis excité mais en même temps nerveux à l’idée d’écouter le retour des gens sur les nouvelles chansons sur lesquelles on travaille. Quant à l’argent, tout ce qu’on a fait jusqu’à maintenant c’est enregistrer de nouvelles chansons. On ne peut toujours pas se permettre d’enregistrer aux côtés de grands producteurs ou de de faire des choses tendances aujourd’hui mais heureusement on arrive à faire du bon son. On a aussi eu la chance d’avoir des amis qui nous ont aidés durant nos sessions d’enregistrement, ce qui est précieux.





Au moment où vous écriviez cette chanson « The woods », est-ce que vous avez eu le sentiment qu'elle avait un potentiel particulier ?
Ryan : Quand on écrivait The Woods, j’ai eu un bon feeling mais il y a  aussi toujours une part d’incertitude. On savait que c’était le morceau le plus fort de l’EP mais on ne savait pas à quoi s’attendre. On espérait au mieux 10 000 écoutes. Maintenant, la chanson en cumule plus d’un million et on est toujours un peu dépassé par tout ça !

Quels sont vos projets ?
Ryan : On travaille actuellement sur un autre EP et une reprise furtive. Les chansons commencent désormais à ressembler à ce qu’on souhaite. Et l’EP sortira certainement en début d’année. Par ailleurs, on travaille toujours sur de nouvelles chansons et on est vraiment excité par certaines d’entre elles. L’idée de faire un premier album nous enchante vraiment mais on veut prendre notre temps. Toute cette phase reste très enthousiasmante. J’ai hâte de dévoiler ces nouvelles chansons, de sortir et commencer à les jouer sur scène.

Où les trouver en ligne ?