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mardi 9 juillet 2013

Marion Corrales prépare déjà sa rentrée !

Autoportrait le 3.06.13 au Starbucks Café des Grands Boulevards

Depuis que nous avons quitté Marion Corrales en juillet 2012 alors qu’elle venait d’effectuer la première partie du chanteur britannique King Charles, elle ne s’est pas arrêtée une seconde : réalisation de 3 vidéos clip, voyages à Bali puis à Rio de Janeiro, préparation de son EP chez Mirador, duo avec Tom Fire ! A la veille de l’enregistrement de son EP dont la sortie est prévue en fin d’année, Marion Corrales a quand même pris le temps de s’asseoir à une terrasse pour revenir sur ces 12 derniers mois.

Raconte nous ta collaboration avec Ludovico Einaudi. En quoi t’a t-il influencé musicalement ?
En 2012, je suis partie à Milan pour faire des morceaux piano-voix avec Ludovico Einaudi et par la suite, il m’a invitée à faire sa première partie au Casino de Paris devant 4 000 personnes. Ce concert fait partie de mes meilleurs souvenirs. Au rappel, il m’a invitée sur scène pour chanter des morceaux qu’on avait fait ensemble. J’adore le côté épuré d’une chanson guitare-voix mais avoir tout un orchestre derrière soi emporte vraiment le chanteur. Je suis toujours impressionnée de me dire que j’ai chanté avec les musiciens de La Scala.
Ludovico arrive à donner aux chansons une impression acoustique tout en gardant l’extrême puissance des instruments, ça m’a donné des idées pour mes propres compositions.
J’ai beaucoup appris en travaillant avec Ludovico Einaudi, il a une grande aura, dans la rue on l’appelle Maestro ! Avec lui tu te sens pousser des ailes, d’ailleurs c’est lui qui m’a poussé à écrire en français la chanson The Peacock (« Le paon » ndlr). A la fin de l’enregistrement de cette chanson, il m’a même dit « Marion Corrales is born » !

                                                    Le paon par Marion Corrales pour Camille Green Unplugged

Est-il plus facile de rédiger tes textes en français ou en anglais ?
Pour moi, c’est la même difficulté. Au début, j’ai beaucoup joué à l’étranger et chanter en anglais ne me posait pas de problème. Puis, j’ai multiplié les dates en France et j’ai voulu que le public comprenne mes textes y compris les spectateurs plus âgés qui ne parlent pas forcément anglais.

Comment va Alexandre Bellando, le guitariste avec qui tu formes un duo ?
On a décidé d’explorer d’autres univers chacun de notre côté. Il travaille en ce moment sur le futur album d’Hindi Zahra, il va même jouer avec le batteur de Sting et un de ses morceaux va être synchronisé sur le prochain film de Martin Scorsese. Mais on va se retrouver dans quelques jours pour faire notre EP !

Qu’est-ce que le « Vidrix project » ?
C’est un ensemble de vidéos et de chansons composées avec Drixxxé, le fondateur de Triptik et membre du duo McLuvin. Je l’ai rencontré lors de la répétition d'un de ses concerts au Bus palladium et j’ai fini dans son studio. On a alors fait une dizaine de chansons ensemble, lui compose et moi je fais les paroles et les images des vidéos clip. Cette collaboration m’a permis de sortir de mes habitudes, Drixxé m’a appris à interpréter mes textes différemment. A la différence du travail effectué avec Alexandre, cette collaboration n’a donné lieu à aucune prestation scénique.

Au final, le « Vidrix project » est pour le moment composé de 3 vidéos:
- PSM
- Meet my neighbour
- Keen.

A quelle occasion as-tu collaboré avec les Junkers No Junkies ?
De retour d’Indonésie, j’étais à la recherche de musiciens capables de reproduire le son de la roche, entendu sur place pour ma chanson « Bali » et j’ai tout de suite pensé à eux. C’est ma première chanson à être diffusée sur la radio FIP, elle a été qualifiée de « dream pop ».

Tu sembles particulièrement apprécier les collaborations puisque tu as également travaillé avec le grand Tom Fire !
Lors d’un concert à FGO, pour le festival au Féminin, Charlotte Picas, la directrice artistique de Tom Fire était dans la salle et elle cherchait une voix comme la mienne ! On a alors travaillé sur un morceau qui s’appelle Queen qui sortira en septembre. On a aussi travaillé sur la « cover » de « No stopping us » des Dirtyphonics et Foreign Beggars qui sortira sur le label Dim Mak aux Etats-Unis et en Amérique latine.

La chanson « No Stopping us » ne pourra donc pas être écoutée en France?
Si… comme je suis une folle des vidéos, je ferai un clip qui pourra être vu en France.

Tu as également travaillé avec Jesse Harris, le compositeur de Norah Jones.
Oui, je l’ai rencontré lors d’une soirée pour mon projet avec la photographe Iris Della Roca fait en collaboration avec avec des enfants de la favela Vigidal à Rio. On a commencé à discuter de notre travail respectif et il m’a proposé de remplacer Mélodie Gardot pour des duos qu’il devait faire avec elle ! 
                                       Marion et Alexandre dans le studio d'enregistrement de leur prochain EP ©JLB

Parle nous de la préparation de ton prochain EP chez Mirador.
Je vais travailler entre autres avec Jérémi Derrupe, qui a fait mes premières démo durant mes débuts avec Alexandre. Lors de nos débuts à Solidays en 2009, il s’occupait déjà du son pour nous.

Alexandre et moi allons sublimer les morceaux les plus forts qu’on a fait en live pendant 3 ans. On va travailler entre autres avec Valentin Mussou, violoncelliste qui travaille avec Woodkid, Ben Mcconnell, le batteur de BeachHouse rencontré à New York, Alexis Pivot au clavier et piano. L’objectif étant tout de même de garder l’esprit original du morceau. J’aimerais qu’au final le son ressemble à celui de Villagers : basse, batterie et un peu de clavier.  Cet EP de 4 titres sortira à la fin de l’année 2013.

Quels sont tes projets pour la rentrée ?
Je serai à New York le 13 août pour donner un concert au Rockwood Music hall. J’ai un autre concert prévu le 9 septembre pour un événement appelé Le passage pas sage, une initiative de galeries parisiennes. Je vais aussi entrer dans une phase d’écriture assez intense.
Et j’ai également postulé pour suivre une formation d’art thérapie à la rentrée avec un collectif d’artistes. Cette formation donne des outils pour renforcer notre pratique artistique et faire que notre art puisse avoir des vertus thérapeutiques. Avec l’aide de ce collectif, j’espère que mes performances sur scène seront différentes.
J’aimerais également organiser une résidence pour construire « un live » avec les nouveaux musiciens qui ont composé l'EP et faire des concerts avec eux !
   
Marion Corrales en ligne

vendredi 21 juin 2013

L’entrée remarquée de Swann

Autoportrait, jeudi 23 mai 2013 - Chez Swann
Son nom lui va comme un gant et pour cause Swann est un clin d’œil à l’épisode de la sonate de Vinteuil qui évoque le pouvoir de la musique. La chanteuse folk de 23 ans s’émerveille ainsi de cette capacité qu’a la musique à ramener vers des souvenirs, des lieux ; elle s’étonne également de ses propres pouvoirs et donc des éloges chaleureuses qui lui sont faites la comparant entre autres à Cat Power : « J’ai encore du mal à admettre que l’on parle de moi en ces termes » avoue-t-elle en pleine interview. Et pourtant Swann est en grande partie la raison de son succès.

Elevée dans une famille où l’on écoutait des chanteurs anglophones comme Neil Young, les Rolling Stones, Velvet, Swann avait choisi de ranger la musique dans la case « passion » et ne se voyait pas abandonner ses études de communication. Mais c’était sans compter sur son stage, à Londres, qui lui a ouvert les portes des scènes de bars anglais. 
La jeune femme se remémore ses débuts londoniens en riant: « J’avais ouvert un magazine avec le nom de tous les bars de la capitale et j’ai dû envoyer 60 e-mails pour demander à me produire sur scène. Au final j’ai effectué une dizaine de concerts ». Mais malgré son jeune âge, l’artiste n’est pas novice, à 11 ans, elle écrivait sa première chanson et à 16 ans elle se produisait déjà sur scène. La chanteuse arrive même à se rappeler du cadre dans lequel elle a écrit Hold Me Close, à 14 ans, une chanson, présente dans son album : « Je me rappelle du micro, tenu grâce à des livres, que je branchais sur un ordinateur énorme. La mélodie est venue rapidement avec des accords assez basiques. Aujourd’hui les paroles sont quasiment les mêmes. Il faut savoir que je compile tout ce que je fais et quand j'ai fait écouter cette chanson à mes proches, à l’unanimité elle a été déterrée ! »
2009, Stephen Munson entre dans sa vie
En 2009, sa carrière prend un autre tournant, lorsqu’elle commence sa collaboration avec Stephen Munson un ami de la famille, ancien membre de groupes de punk des années 80, qui lui propose de travailler ensemble. « On a enregistré des maquettes et on s’est pris au jeu, on voulait toujours enregistrer plus de chansons. Il m’a présenté des musiciens qui au final ont participé à l’enregistrement de l’album ». De cette collaboration naîtra un EP intitulé Show Me Your Love, sorti le 14 janvier 2013. Les thèmes de cet EP se retrouvent dans son album, « la peur de la fin d’une histoire d’amour, d’une amitié, d’un bon moment, d’un bon repas ». « L’amour fait évoluer chaque personne, l’attention que l’on porte à la personne lui donne une force qui va lui permettre d’avancer. J’ai voulu parler de ce qui relie les êtres humains entre eux ». Ce thème perdure même dans sa reprise du titre de Franck Zappa, une chanson que Swann écoutait en famille en rentrant de vacances au ski. L’artiste cherche à se justifier : « Il ne faut pas s’étonner que ma musique parle de moi et des gens qui m’ont construite ».

                                                                                         Bobby Brown (Goes Down) by Swann
Rob Ellis, chef d’orchestre de son premier album
Pour son album Neverending sorti le 15 avril 2013, le label de Swann lui a permis de travailler avec une sacrée pointure, Rob Ellis, membre du groupe de PJ Harvey, producteur entre autres de Marianne Faithful, Placebo, Anna Calvi. Swann se remémore cette collaboration : « Cela a été comme une évidence de l’intégrer dans le projet, il a peaufiné l’album, il a apporté une cohérence que seule une personne externe au projet pouvait apporter, il a joué un rôle de chef d’orchestre ».
Quant au choix d’un album uniquement en anglais, Swann l’explique simplement : « Petite, j’ai été sensibilisée à la musique anglophone, ces chanteurs sont devenus mes modèles et ma première chanson, je l’écrivais déjà en anglais. C’est un défi pour moi, car j’ai toujours envie de m’améliorer, de découvrir des mots nouveaux ».
Au final, les critiques sont élogieuses, la chanteuse à la voix éraillée est comparée à Cat Power et semble même gênée du compliment. « C’est très touchant d’entendre de telles critiques, j’ai garde toujours une certaines distances face à ces remarques, je comprendrai davantage que l’on parle de mes musiciens en termes élogieux ! », remarque modestement la chanteuse.
Très lucide quant à sa carrière difficile à prévoir sur la durée, Swann n’a pas peur de se diversifier : « cela m’intéresse de faire de la musique pour les autres, faire de la musique pour des films ou des publicités ».
Au vu de la communauté qu’elle a réussi à construire autour d’elle à la suite de sa tournée avec l’Anglais Tom McRae, de sa quête incessante pour donner à son public des morceaux aux sonorités à chaque fois différentes sur scène, Swann a su acquérir certains codes du monde artistique qui lui ont permis de se faire brillamment remarquer lors de son entrée sur la scène musicale.
 SWANN ON LINE
CONCERT
Lundi 23 septembre au café de la danse

mardi 30 avril 2013

Big Smoke, un bon cru londonien

Autoportrait par The Lone John Harps - L'omni bus café le 27/04/13


Mathias Neyrand, l’unique membre de The Lone John Harps a l’âme vagabonde. Ce chanteur français qui n’imagine pas vivre toujours au même endroit affectionne tout particulièrement la Grande-Bretagne, un point de chute récurrent dans son parcours qui l’a porté jusqu’en Amérique du sud, terres d’inspiration de ses EP.

Une passion précoce
Petit déjà, Mathias Neyrand s’intéresse à la musique. Dès l’âge de 5 ans alors qu’il vit en Allemagne, il demande à faire du violoncelle puis rapidement il intègre une chorale qui lui permet d’acquérir des bases en solfège. Six ans plus tard, alors qu’il commence à tenir son violoncelle comme une guitare, sa famille comprend qu’il est grand temps d’investir dans un autre instrument...The Lone John Harps se remémore sa jeunesse : « J’ai passé une grande partie de mon adolescence à bidouiller sur ma guitare ou mon piano, j’essayais de rejouer des morceaux entendus ».

« A ma majorité, j’ai commencé à écrire mes premières chansons en parallèle à mes études d’anglais. Mais c’est vers l’âge de 23 ans que je me suis vraiment lancé dans la musique, lorsque je suis parti en Angleterre ». « J’ai vécu pendant un an à Oxford, ville dans laquelle j’ai eu mon premier groupe The Shanks, j’ai commencé à faire des enregistrements et des concerts. »

Un point d’attraction anglophone
La Grande-Bretagne est un pays qui attire le chanteur, puisque pendant plusieurs étés il part sur les routes anglaises pour donner des concerts dans les rues. Le jeune homme est content de ses gains qui lui permettent de payer la totalité de son voyage et de s’accorder d’autres plaisirs mais après plusieurs été la lassitude le gagne : « En fonction de gens que croisais, j’adaptais mes chansons, Robbie Williams pour les filles, Oasis, pour les garçons. Je n’étais plus épanoui ». C’est à ce moment-là qu’il se met sérieusement à l’écriture.

Une équipe consituée entre Londres et Paris
Une fois son diplôme en poche, Mathias s’accorde une année sabbatique à Londres. « C’est à cette période que j’ai commencé à travailler sur mon premier EP Big Smoke On British Waterways. ». Le projet repose alors sur l’équipe que Mathias a réussi à constituer : un saxophoniste italien, un ingénieur du son vivant à Londres et un autre, à Paris. Mais Mathias quitte Londres avant de terminer son album. Il part vivre à Paris où il enseigne l’Anglais  à mi-temps dans une école privée, son temps libre est consacré à son futur EP.

Mais à la fin de l’année 2011, le chanteur est en manque d’inspiration : « les scènes ouvertes m’ont fatigué » explique-t-il. « J’ai alors décidé de partir six mois en Amérique du Sud pour reprendre des forces, une destination moins chère que les Etats-Unis et qui me paraissait adaptée à mes envies ». Hormis deux mois de bénévolat planifié au Pérou, Mathias se laisse porter par son voyage. « J'ai passé la moitié de mon voyage à camper dans des paysages fabuleux accompagné de ma tente et de ma guitare. » Au retour, ses bagages sont remplis de compositions à découvrir dans un prochain EP To The End Of The World.

A la suite de ces expériences anglaises, naît alors l’EP Big Smoke On British Waterways, un titre imaginé à la suite d’une soirée passée à consommer des substances illicites au bord de la Tamise. Ce titre fait un clin d’œil à Londres surnommée Big Smoke, au flou, qui entourait le jeune homme pendant des mois passés en Angleterre et aussi « au brouillard qui entoure l’industrie musicale actuelle ».

©The Lone John Harps

The Big Smoke, un EP issu d’un bon cru
L'EP  très réussi, intègre de façon astucieuse un saxophone dans des rythmes entraînants et modernes. La voix quelque peu érayée du chanteur et ses textes qui parlent de blessures, d’insomnie donnent envie de fouiller dans sa vie afin de connaître ses différentes expériences.
Quant au premier titre de l’EP « Robert Landy », il évoque la fascination de Mathias pour Bob Dylan, « ma plus grosse inspiration avec les Beatles, quelqu’un que j’admire et que j’ai pourtant du mal à comprendre ».

Et à ceux qui critiqueraient un album uniquement en anglais alors que l’artiste est français, Mathias y porte peu d’importance: « J’ai essayé de rédiger des textes en français sur la musique que j’aime, la musique folk mais le rendu n’était pas aussi bon qu’avec un texte en anglais ». « L’anglais est désormais inné pour moi, même lorsque j’improvise c’est en anglais ».

Mathias ne s’arrête pas là puisque que son futur album A-Biding My Time qu’il autofinance sortira en mai 2013, « il sera en deux parties, à l’ancienne comme un vinyle, avec une phase A qui correspondrait avec le travail réalisé à Londres et une phase B,  confectionnée à Paris ». « Au final, Paris et Londres sont deux villes qui se ressemblent beaucoup, avec un rythme de vie fatigant. La phase A contiendra l’esprit folk  déjà présent dans l’EP et la deuxième partie sera plus rock ». Et pour l’artiste la qualité d’un album ne rime pas avec son prix : « On peut très bien réaliser un très bon album à moins de 5 000 euros, les maisons de disque diront bien sûr le contraire car elles ont des obligations promotionnelles ».

Malgré son jeune âge, The Lone John Harps manie les réseaux sociaux seulement par contrainte, mais on lui pardonnera cet écart de conduite si son futur album est issu du même cru que son EP !

                                                              Just Like Robert Landy par The Lone John Harps

Sa playlist du moment


The Lone John Harps online

The Lone John Harps en concert
28 mai à La Dame de Canton
11 juin au Café du Bus
5 juillet au Festival Rock'n'Caux à Dieppe

dimanche 31 mars 2013

Retour gagnant pour Talisco parti à la conquête de l'Ouest !


Talisco par Yann Orhan

Il n’y a pas d’âge pour exceller dans un art, la preuve, le trentenaire Talisco, apporte un souffle nouveau à la pop – folk française à laquelle il ajoute avec brio une touche d’électro.
Le road-trip musical de l'artiste nous amène à la conquête de l’Ouest dans une virée en 4L. La destination choisie aurait pu en emmener plus d’un dans une route à sens unique mais c’est sans compter sur l’ingéniosité du chanteur pour trouver des contrées non explorées: ballades entrainantes, voix atypique, textes habiles même s’ils ne sont pas signés dans sa langue maternelle. On ne peut qu’attendre avec impatience le futur album de Talisco. Mais patience, pour le moment seul son EP, « My home » est déjà dans les bacs et il nous transporte au cœur d’un voyage tellement captivant qu’on aimerait qu’il ne s’arrête jamais.

Comment as-tu fait tes débuts dans la musique ?
Je n’ai pas de parents musiciens mais une mère et une grand-mère espagnoles dotées d’une grande sensibilité artistique. De son vivant, ma grand-mère chantait merveilleusement bien, avec ses tripes et son vécu. Une vraie source d’énergie encore à ce jour.
Il n’y a jamais vraiment eu de déclic pour la musique, créer a toujours été un besoin, depuis tout petit.
Tous les supports de créations étaient bons (peintures, vidéos, etc.) mais rapidement, à l’âge de 11 ans, la musique m’a semblé être le moyen le plus spontané pour exprimer mes émotions. Je me suis alors fais offrir ma première guitare…

Bordelais de naissance, comment en arrive-t-on à être à l'origine d'un son qui a tout de celui d'un artiste américain ? Pourquoi ce choix d'écrire en anglais, est-ce plus natruel que d'écrire en français ?
Je n’ai pas choisi d’avoir un son américain. Je travaille de manière très instinctive, avec ma sensibilité. Mes influences sont larges, j’aime la musique dans tous ses registres. Impossible pour moi de donner un nom, il n’y a pas un groupe qui m’a marqué mais des centaines. De l’électro à la pop, en passant par la folk, ce sont plusieurs années d’écoutes musicales qui participent à mes influences. Ma plus grande source d’inspiration, c’est l’évasion. Quant à l’anglais, j’aime et préfère  la musicalité de cette langue mais je ne tourne pas le dos à la langue française.

D’où vient ce nom Talisco ? 
C’est un hommage que je garde secret !

                                           Talisco - Your Wish

Que raconte ton EP « My home » sorti le 18 mars ?
Une chevauchée effrénée, un souffle.

Tes mélodies mélangent pop, folk, électro comment es-tu arrivé à créer ces sonorités, qui t’a entouré dans la phase de création de cet EP ?
Pendant les phases de création je suis seul, entouré de mes instruments. Je passe plusieurs heures à créer des morceaux que je réécoute lors de mes voyages ou en sillonnant les rues de Paris, un de mes moments préféré… Le bon morceau, c’est celui qui me donnera envie de me jeter à l’eau !
Il n’y a pas de recettes pour les sonorités, j’essaie d’être le plus sincère possible avec moi-même. 

Actuellement, on parle beaucoup de « crowdfunding »  penses-tu que l’avenir des artistes est de se faire aider par leurs fans pour produire leur album ?
Je connais mal ce système. Dans le meilleur des mondes, oui, ce serait beau mais d’une façon ou d’une autre, il y a toujours une industrie derrière.

Tu as signé récemment avec le label indépendant Roy Music, qu’est-ce qu’un label indépendant apporte de plus ou de moins à un artiste que d'autres labels ?
Pour ma part, une liberté artistique, une sincérité et l’envie de faire de belles choses.

Ton album est-il en cours de préparation ?
Oui, il est même bien avancé.

Qu’écoutes-tu comme musique actuellement ?
Je viens de découvrir Alt-j en retard… Une belle découverte. 

Tes prochains concerts à Paris et Lille sont confirmés, comment te prépares-tu avant ces dates ?
Je travaille avec deux musiciens formidables, l’idée est de retranscrire au mieux l’énergie de la musique sans faire de concession: « Brut et efficace sans perdre l’émotion ». Le live, c’est pour moi très existant et effrayant à la fois, je veux pouvoir donner du plaisir aux gens, c’est ma plus grande récompense. Et bien évidemment, j’ai encore beaucoup à apprendre. 


Talisco en ligne 

Prochains concerts de Talisco
19 avril - Alençon avec Lou Doillon
9 mai - Lille - l'Aéronef
21 mai - Villa Schweppes - Festival de Cannes
28 juin - Mulhouse - Noumatrouff - Festival Bêtes de Scène


jeudi 14 février 2013

Big Fox, des portes de son salon à celles des salles de concert

Crédit photo: Anna Alexander Olsson

On tend forcément l'oreille quand l'on écoute la Suédoise Charlotta Perers alias Big Fox. Sa voix atypique et ses mélodies bien construites font d'elle une artiste prometteuse. Interview d'une jeune femme qui a produit et réalisé son premier album éponyme dans son salon !
1. Comment as-tu fait tes premiers pas dans la musique ?
Enfant, je n’ai jamais vraiment rêvé de devenir une artiste  et il n’y a pas de musiciens professionnels dans ma famille cependant la musique était toujours présente autour de moi. Petite, je jouais du piano mais j’ai arrêté à l’âge de 10 ans et je n’ai jamais repris. Pendant 9 ans, j’ai joué de la clarinette et j’ai également chanté dans des chorales.
Et puis vers l’âge de 25 ans, j’ai soudain ressenti le besoin d’écrire mes propres chansons et il me semble que cela a été le moment où j’ai vraiment découvert la musique pour la première fois.

2. Tu as enregistré ton album dans ton salon, est-ce dû à un manque d’argent pour louer un studio d’enregistrement ou parce que l’endroit est inspirant ?
Un mélange de deux… J’ai doucement pris le temps de trouver mon propre son sans perdre d’argent !

3. Comment as-tu rencontré Guy Davie, celui qui a masterisé ton album et qui a entre autres travaillé pour King of Convenience, Veronica Falls ?
Malheureusement je ne l’ai jamais rencontré, il a juste apporté la touche finale à l’album en s’occupant du mastering et des derniers mixes.
4. Pourquoi as-tu choisi le nom « Big Fox », est-ce un jeu de mot ("fox" veut dire renard mais aussi jolie fille) ?
J’adore les renards et tout l’univers que nous avons créé autour d’eux mais en fait à l’origine c’était un surnom qui m’a été attribué après avoir fait une reprise country du titre « Touch me » de Samantha Fox pour un autre projet musical.

5. Est-ce que ton psychiatre a pris une si grande place dans ta vie au point que tu écrives une chanson sur lui ?
Il me semble qu’en voulant expliquer une chanson on peut complètement la détruire puisque l’on essaye de décrire quelque chose qui va au-delà des mots ! Je veux que mes auditeurs fassent leur propre interprétation des paroles.

6. Pour ton prochain album avec qui rêverais-tu de collaborer ?
J’ai déjà enregistré mon prochain album et on est sur le point de passer à la phase de mastering. J’ai travaillé avec le producteur Frederik Karlsson, du groupe suédois Solander, cette collaboration a été beaucoup plus amusante que de tout faire toute seule !

7. Quel est ton programme pour la Saint-Valentin ?
Oh, je ne célèbre pas vraiment la Saint-Valentin… Donc pour le moment, je n’ai encore rien décidé.



                                                           Grow Up by Big Fox


Big Fox en ligne

samedi 19 janvier 2013

Début de saison réussi pour Red Eye

Autoportrait de Red Eye le 12.12.12 au café Delaville (Paris)

Découvert pour la première fois à l'occasion de la promotion de son EP Be the one (2011), Guillaume Fresneau alias Red Eye continue à faire ses gammes puisqu'il sort le 21 janvier 2013 son deuxième album End of the season. Rencontre avec ce chanteur folk parti sur les routes américaines pour retrouver la source de son inspiration.

Nous nous sommes quittés en juillet 2011 pour le promotion de l'EP Be the one, qu'as-tu fait depuis cette période ?
Jean-Charles Versari (ndlr: producteur de l'EP Be the one) et moi avons travaillé immédiatement sur cet album. Ainsi, la trame et la base sont les mêmes que l'EP mais nous avons élargi les sonorités avec par exemple, la présence de davantage de cuivres. Le choix des chansons est également meilleur tout comme le mixage.

Le titre de cet album End of the season est plutôt négatif, serais-tu quelqu'un de mélancolique ?
Ce titre marque un passage, il s'agit certes de la fin de quelque chose mais également le début d'une autre étape. J'évoque ici le basculement brutal des saisons. Pour moi, cela évoque la tristesse car c'est la fin d'un chapitre mais surtout l'excitation de découvrir quelque chose de nouveau. Ce moment de transition m'intéresse.

Crédit photo: Caroline Ruffault
Tu es retourné au Texas où tu as vécu enfant pour faire ce disque. Les Etats-Unis sont-ils pour toi un passage obligé lors de la préparation d'un album ?
J'ai retrouvé des sensations connues étant enfant mais les lieux ont beaucoup changé, les paysages notamment. L'album parle des souvenirs que j'ai des Etats-Unis mais aussi de la vision que je porte sur ma vie.
Lorsqu'End of the season a été terminé, j'ai fait une tournée américaine, nous sommes partis de Caroline du Nord pour terminer au Texas, nous avons traversé six états dont le Tennessee, le Mississippi, la Virginie et les clichés sur les habitants ne sont pas complètement faux notamment ceux sur les gros pick-up !

Lorsque j'ai joué mes morceaux là-bas, je n'étais pas trop perçu comme le petit français, au contraire je me fondais dans la masse. L'essentiel pour les Américains est d'être honnête, sincère. En France, on intellectualise plus les choses.

Comment as-tu rencontré Neil Strauch celui qui a mixé ton album à Chicago et qui a travaillé entre autres pour Bonnie 'Prince' Billie, Ezra Furman ou Gomez ?
Au culot, je lui ai envoyé un e-mail et il m'a répondu !
J'apprécie beaucoup Neil Strauch, nous avons la même philosophie, les mêmes envies, les mêmes goûts musicaux, ainsi nous avons travaillé rapidement !
Il avait un avis sur tout et il favorisait toujours le dialogue.

Est-il difficile de travailler avec quelqu'un que l'on admire ?
Non, on travaillait autour d'un même centre de gravité. J'étais juste content de participer à la création de cet album et lui aussi, je pense.


Es-tu encore une fois à l'origine du graphisme de ta pochette d'album ?
Pour la première fois, non, je ne suis pas le créateur de cette pochette !
J'ai montré à un copain suédois, Max Nilsson, ce que j'avais fait et au final il m'a présenté son projet avec une vision très juste. J'ai tout de suite aimé.

Tu ne montres pas ton visage par pudeur ?
Avec ce style de musique, on montre l'idée portée par la musique avant les gens qui la font. Cela pousse à écouter la musique avant d'être orienté par les artistes qui la créent.
Ce concept reste plus porteur pour l'imaginaire grâce au côté abstrait.
Mais effectivement, cela m'arrange, je ne suis pas forcément fan de voir ma tête en gros plan sur un album !

Ton groupe Dahlia est-il en pause ?
Effectivement, Armel Talarmain et moi n'habitons plus dans la même ville, nous ne prenons pas forcément le temps de refaire de la musique ensemble. Une question subsiste, allons-nous de nouveau collaborer ?
Seul, on commande tout mais il n'y a pas de contrebalance, c'est le rôle que jouait Armel, nous avions deux regards qui se complétaient. Avec Red Eye, je tâtonne davantage, je reste seul avec mes doutes.

D'où vient ce nom Red Eye ?
C'est un nom graphique. Il vient des vols de nuit qui s'appellent Red-eye flights aux Etats-Unis. Dans ces vols, on a du mal à dormir, on est comateux et l'esprit vagabonde. Cet état correspond à l'ambiance de la musique que je voulais faire.

Que puis-je te souhaiter pour 2013 ?
C'est toujours agréable si mon disque est écouté cela prouverait que je n'ai pas fait cela pour rien. C'est un tel investissement, une telle énergie engagée que cela serait frustrant que l'album reste dans un placard. Mais je n'ai aucune maîtrise sur les ventes !

Quelle est ta résolution pour 2013 ?
Dormir plus pour ne pas avoir les yeux rouges !

Red Eye - Out of the blue (live edit)


Red Eye en concert
3 février: Show-case à La fabrique des ballades sonores (avenue de Trudenne - Paris 9ème)
7 février à 19h30: Show-case gratuit au Pop Market (50 rue Bichat - Paris 10ème) 
13 février: Oan's à Rennes
20 février: Concert au Divan du Monde pour la sortie de l'album


Red Eye en ligne