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mardi 30 juin 2015

Grand Océan, un courant musical auquel il faut prêter l’oreille


Autoportrait par Grand Océan - Juin 2015

Lorsque Clem (ex-CKLM / Maniacx et Sweem) rencontre Flo (alias Pep’s, auteur du tube Liberta) à une soirée, le duo se met naturellement à jouer de la musique ensemble. Les deux artistes ne le savent pas encore mais ce sont les premières notes du groupe français Grand Océan. Et pour cause, en 2014, les deux acolytes enregistrent dans les conditions du live, leur premier EP « USA ». Puis début 2015, le groupe repart en studio pour créer une autre version du titre USA. Pas de doute, même si les deux artistes proviennent d’univers artistiques différents, ils sont en symbiose. Le duo folk aux influences roots, teintées de touches reggae, porte une signature sur sa peau, celle qui invite au voyage…


©Vanessa Andrieux
De qui tenez-vous votre goût pour la musique ?
Clem : Mon père, auteur compositeur interprète, m'a emmené dans son univers. Puis il m'a transmis les outils pour que je crée le mien.

Comment vous êtes-vous rencontrés et pourquoi avoir décidé de travailler ensemble alors que vous êtes issus de 2 univers musicaux différents ?
C : Nous nous sommes rencontrés à une soirée, on a « jammé » et le feeling est tout de suite passé. Les différences font les grandes richesses, cela semblait évident de créer un groupe ensemble.

En parallèle du groupe, continuez-vous votre carrière solo ?
C : On continue à exister en tant qu'artiste, Pep's restera toujours Pep's et Sweem toujours Sweem. Mais la priorité est donnée à Grand Océan.

Que signifie le nom de votre groupe Grand Océan ?
C : L'envie de voyager, la prétention de voir les choses en grand et d'être unis par des symboles très purs. C'est aussi un clin d'œil à un titre de JohnButler "Ocean", et à mon amour personnel pour le Pacifique.

Que raconte votre EP "USA" ? Pourquoi avoir décidé de l'enregistrer dans les conditions du live ?
C: USA rappelle les doutes et fantasmes que l'on a en couple... les faiblesses de l'homme face à la femme.
L’enregistrement live était voulu pour tous les titres enregistrés au studio Ferber avec Jean Lamoot car on voulait encore parler de pureté et d'instantané… Cette envie de faire découvrir nos morceaux en live est pour nous une manière de parler plus franchement. C'est aussi notre manière à nous de faire de la musique, donc cela était évident qu’on enregistre de la sorte.

Pourquoi avoir décidé d'enregistrer une seconde version du titre USA et avoir travaillé avec Matthieu Tosi sur ce titre ?
C : C'est une chance que l'on a eue de rencontrer Mat. Son approche de la musique était complémentaire à la nôtre. Un titre plus hybride en est sorti, et nous en sommes tous très fiers. On continue de travailler ensemble sur d'autres titres.
©Vanessa Andrieux

De qui vous êtes-vous entouré pour tourner le clip "The Rivers" ? Et que signifient ces symboles sur les murs ?
C : The Rivers est un titre que l'on a tourné avec Julien Bossenie et Corentin Coëplet. Corentin a toujours suivi Pep's dans sa carrière et nous nous sommes rencontrés au début du projet Grand Océan, avec Julien. Ils sont devenus des amis et nous sommes très fiers du rendu de ces premiers travaux ensemble.

Le squat d'artiste "le wonder", dans lequel nous avons tourné, est un squat que j'ai eu la chance de découvrir suite à un intérêt personnel sur les squats d'artistes parisiens. Il était pour moi évident d'y revenir tourner des images. Et les symboles sur les murs nous ont séduits comme le travail d’Elliott Causse en général. Cela peut rappeler nos tatouages mais pour nous c'est surtout cette pièce mystique qui nous a séduits. 



Parmi vos influences, vous citez Ben Harper, John Butler Trio, Jack Johnson... Une reprise d'un de ces artistes a-t-elle déjà été envisagée sur scène ?
C : Pas pour l’instant, mais on fait un clin d’œil à Damian Marley.

De nouvelles chansons sont-elles en cours d'écriture ?
C : Nous continuons de travailler avec Matthieu Tosi, plusieurs titres sont déjà prêts. On a hâte de les défendre sur scène.


©Vanessa Andrieux

  
Grand Océan en ligne

lundi 25 mai 2015

La soul folk de Joe Bel séduit Asaf Avidan


La soul folk de Joe Bel est bien trompeuse ! Effectivement, tout laisse à croire que cette artiste de 27 ans est une Américaine biberonnée à la soul de Marvin Gaye. Et pourtant, cette chanteuse est bel et bien une Française autodidacte, originaire de Grenoble. Mais on comprend mieux ses influences lorsque l’on apprend que Joe Bel est issue d’une famille éparpillée aux quatre coins du monde et notamment aux Etats-Unis. Ainsi, à peine un an après avoir donné ses premiers concerts seule, à la guitare,  à Lyon, elle est repérée par le chanteur Asaf Avidan qui l’emmène avec lui lors de sa tournée européenne, en 2013. Elle foulera alors les planches de l’Olympia. Puis après une tournée en Allemagne durant l’été 2014, la chanteuse réalise son 2ème EP « Hit the roads » (mars 2015), 4 chansons portées par les mélodies de sa guitare acoustique.

Autoportrait mars 2015
Comment as-tu fait tes premiers pas dans la musique ?
Mes parents écoutaient beaucoup de musique et mon père avait un piano. J'ai d’ailleurs pris des cours quand j'avais 6 ou 7 ans, mais j'ai vite arrêté. J'ai passé mon enfance à chercher des choses, inventer des chansons, à l'oreille, à tâtons, sur cet instrument. La guitare est arrivée dans mon univers bien plus tard, vers l’âge de 22 ans.

Comment as-tu décidé d'en faire ton métier ?
Plus les années passaient et plus la composition prenait de la place dans mon esprit. Les chansons s'entremêlaient, résonnaient sans cesse dans ma tête et un jour, alors que j'étais à la fac, j'ai compris que pour être heureuse j'avais besoin de m'occuper de tout ça sérieusement, de prendre ces chansons, ces mélodies, et de les amener à vivre vraiment. 

En 2013, ton 1er album est repéré par le chanteur israélien Asaf Avidan qui t'invite à faire la première partie de sa tournée européenne. T'a-t-il donné des conseils musicaux ?
J'ai quasiment découvert ce métier avec lui, cela ne faisait qu'un an que j'avais fait mon premier concert dans un café ! J'ai découvert ce que signifie se préparer techniquement avant un concert, gérer le son, le temps, les déplacements, la fatigue. J'ai observé son implication et son exigence professionnelle, son talent et son lâcher prise sur scène. Il m'a conseillé d'assumer mes émotions quelles qu'elles soient, et notamment la tristesse ou la mélancolie, de ne pas les cacher.

 Comment a été créé ton EP "Hit the roads" ? 
Les chansons « Stronger » et « Lonely as I Am » existent depuis longtemps tandis que « A While » et « Hit The Roads » n'ont que quelques mois. J'aime que les chansons m'accompagnent longtemps, j'aime les faire vivre sur scène, les transformer, les interpréter encore plus près de ce que je suis. 

Les quatre chansons évoquent des thèmes différents : « Hit The Roads » parle de l'aventure, d'oser se lancer vers l'inconnu pour mieux se connaître. « A While » : d'oser être libre, être soi, sans penser à ce que les autres vont penser. « Stronger » parle d'oser montrer ses faiblesses pour être plus fort. Et la chanson « Lonely as I am », évoque la difficulté d'aller vers l'autre et de la solitude. Le thème majeur de cet EP est « oser », quelque chose de récurrent dans ma musique.

Le titre de l'EP est-il un clin d’oeil à la chanson "Hit the road Jack" de Ray Charles ?
Non, « Hit the road » signifie prendre la route, c'est une expression très courante. Ma chanson signifie « prendre les routes », partir à l'aventure.



De qui t'es-tu entourée pour le créer ?
Je compose, j'écris et j'arrange les chansons. J'ai cherché à m’entourer d’un réalisateur multi instrumentistes afin de réaliser cet EP à deux, uniquement.  Je voulais rester dans un univers très intime, car même si ce disque est bien plus orchestré que le premier, je ne voulais pas que cela parte dans tous les sens. Plus on est en studio, plus il y a d'idées, ce qui est super, mais je ne voulais pas me perdre. C'est Julien Jussey du groupe Animali qui a travaillé avec moi. C'était une vraie aventure, incroyablement éprouvante et belle.

J'ai lu que cet EP est un « carnet de croquis sonores d'un voyageuse alternativement spectatrice et actrice de son trajet », qu'est-ce que cela signifie ?
Pour écrire j'ai besoin de vivre les choses et de les comprendre. Je pense que c'est ce que signifie cette phrase. 
Je pense être « spectatrice », « observatrice » des sentiments, des gens, des émotions, et actrice dans ma musique pour retranscrire tout ce que je vis ou ce que je ressens.

En écoutant ton EP, on pourrait penser qu'une Américaine est derrière le micro... Quelles sont tes influences ?
C'est toujours difficile de savoir ce qui nous « influence ». J'écoute très peu de musique, peut-être justement pour ne pas être « influencée », mais surtout parce que lorsque j’écoute un disque, j'ai besoin de m'asseoir et de l'écouter, vraiment. Je ne peux pas écouter de la musique en faisant autre chose, ça me déconcentre ! Et j'ai beaucoup écouté Stevie Wonder et Paul McCartney, chez mes parents quand j'étais plus jeune, c'étaient un peu les dieux de la musique ! Ce sont deux icônes très fortes, deux mélodistes aussi sensibles que géniaux, l'un pour la soul et le groove, la musique afro-américaine, et l'autre pour la pop anglaise, simple et complexe à la fois, naturelle et savante.  



Les réseaux sociaux sont-ils indispensables pour percer aujourd'hui en tant qu'artiste qui débute sa carrière ?
C'est une possibilité de présenter facilement son travail ! Cela permet de partager ce que l'on créé avec les autres, et d'avoir une première existence « publique » en tant qu'artiste, c'est quand même génial. Mais cela ne suffit pas, justement parce que tout le monde peut le faire. C'est une super base de partage, mais ce n'est pas là que se trouve la réalité de la vie d'artiste. Heureusement !

Est-ce pour toi un plaisir ou une contrainte d'être sur les réseaux sociaux ?
C'est un plaisir, bien sûr, de partager mon travail et des moments importants de ma vie avec ceux qui me suivent depuis le début, ou les personnes qui me découvrent. J'ai l'impression qu'on vit ça tous ensemble, ça me porte énormément.


Joe Bel en ligne
Prochains concerts

 


Discographie
2012 – In the City
2014 – Hit the roads

jeudi 30 avril 2015

The Marshals, du blues coule dans les veines de ces trois Auvergnats


 
©The Marshals

Qui aurait parié que les notes de musique d’un trio auvergnat pouvaient résonner telles des bluesmen de la Nouvelle-Orléans ? C’était sans compter sur The Marshals, 3 musiciens venus tout droit de Moulins - une ville en plein milieu de l’Hexagone - qui ont sorti en fin d’année 2014 leur 3e album AYMF. Julien Rabolo (guitare/chant), Thomas Duchézeau (batterie) et Laurent Siguret (harmonica) dévoilent ainsi 7 chansons dans cet album aux touches plus blues que les deux précédents, sans doute grâce à la place importante laissée à l’harmonica. Entre des titres emprunts de mélancolie, un hommage à Jimmy Hendrix et des accents rock’n’roll, ces Français ont parfaitement compris comment exporter le blues made in USA.
The Marshals - autoportrait avril 2015

Comment avez-vous fait vos premiers pas dans la musique ?
Julien : A l’âge de 6 ans environ, j’ai commencé par prendre des cours de clavier puis ensuite je me suis mis à l'accordéon chromatique et enfin à la guitare.

Thomas : A l’âge de 9 ans, j’ai commencé par prendre des cours de trompette pendant 3 ans environ puis je me suis mis à la batterie.

Laurent : Vers l’âge de 7 ans, ma mère m'a proposé de faire de la musique, j'ai été séduit par l'idée et j’ai suivi des cours au Conservatoire municipal pour y apprendre la trompette. Je n'ai pas brillé car il fallait travailler. Puis vers l’âge de 17 ans, un copain m'a montré un harmonica et ça m'a tout de suite plu.

C'est plutôt original que des Moulinois se lancent dans un groupe de blues, cette inspiration vous vient d'où, une passion pour le "grand ouest" ?
Julien : J'ai toujours aimé le blues, je me rappelle qu’il y a 20 ans j’allais voir en concert un groupe local de blues rock, c’était mes premiers concerts… Par ailleurs, quand j’ai commencé à jouer avec Thomas, nous sommes directement partis dans ce style de musique, et depuis que Laurent est dans le groupe, le son des harmonicas a renforcé le côté blues.

Thomas : A la base, j’ai plutôt une culture “Power pop” “Stoner”, quand on a commencé a "jammer" Julien a lancé des riff de blues, j’ai suivi naturellement.

Laurent : Je n'étais pas spécialement attiré par le blues mais il est difficile d'y échapper lorsque l'on joue de l'harmonica et j’ai fini par tomber dedans.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Julien : Thomas avait joué dans le groupe The Mystic Riders, et moi dans Steven Charlton's Band. Par ailleurs, on s'était retrouvé dans le groupe d'un ami (Panne Sèche), et quand tout s'est arrêté en 2009, on a commencé à se voir pour "jammer". Assez rapidement on a composé des morceaux, du coup on a cherché un nom de groupe. On s'est mis d'accord pour appeler le groupe « The Marshals » car le côté autoritaire nous plaisait bien ! Laurent, lui, nous a rejoint il y a 2 ans. On l’avait rencontré à des soirées « bœuf » dans le café concert moulinois qui s’appelait « Les murs ont des oreilles ». C’est comme ça qu’on a joué ensemble au sein du groupe Panne Sèche.


Où et dans quel contexte a été créé l'album AYMF Session ? Est-ce voulu de laisser une place importante à l'harmonica ?
Julien : AYMF signifie After You My Friend, c'est le nom de notre studio à Moulins. On répète là- bas et on a  enregistré les morceaux de l'album dans ce lieu. Les chansons racontent un peu l'histoire d'une relation compliquée, comme pas mal de morceaux blues.
On a voulu mettre en boîte les premiers titres à trois, cet enregistrement a d’ailleurs marqué le commencement de notre trio. L'harmonica est essentiel dans cet album. Si on écoute les titres « Muddy Waters » ou « Howlin Wolf » par exemple, l'harmonica est très présent, souvent même autant que la voix.

C'est plutôt un pari osé de reprendre un titre de Jimmy Hendrix... Pourquoi revisiter ce titre ?
Julien : En fait, on était en train de travailler sur un nouveau morceau et pendant le refrain je chantonnais systématiquement « Crosstown traffic », du coup on a tenté d’enregistrer le texte en entier, qui d'ailleurs s'intègre parfaitement avec le reste du disque. On en a fait une vraie reprise, l'instrumentation est différente, on a juste gardé le thème principal qui est joué par Laurent.


Un titre de 12 minutes sur un album c'est plutôt rare et pas forcément facile à défendre sur scène, vous avez voulu clore l'album en "apothéose" ?
Julien : Le morceau ne fait pas vraiment 12 minutes... « Someday » est le dernier titre du disque, il doit durer environ 5 minutes. Et il est suivi par un instrumental qui est en fait un moment de jam capté en répétition, qui nous a bien plu et que l'on a voulu mettre sur l'album. On ne pourrait pas rejouer cette instru en concert.
Thomas : Depuis peu, nous jammons en fin de concert on aime bien ça !

©The Marshals

Vous avez choisi cette pochette d'album pour faire fuir les végétariens ? Quelle est sa signification ?
Julien : Il faut savoir que c'est une photo de Thomas, batteur du groupe, devant chez ses grands- parents à Agonges. Quand il m'a montré cette photo il y a quelques années, on s'est dit qu'il faudrait s'en servir pour faire une pochette un jour. C'est une belle photo d'un instant de vie à la campagne. Rien à voir avec les végétariens !

Thomas : Les végétariens ne savent pas ce qu’ils perdent !

Pourquoi avoir signé au sein du label Fremount Records ?
Julien : Il y a un bon état d'esprit, c'est un label assez familial. Mike s'occupe très bien de la promotion des artistes, du coup on a pas mal de bonnes chroniques sur le disque, et pas mal de concerts prévus cette année.

Vous arrivez à vivre de votre musique ?
Julien : Je suis le seul intermittent du groupe, mais je ne pourrais pas l'être juste avec The Marshals, je fais parti d'un autre groupe (A Loaner) et fais de l'arrangement, de la prise de son. Pour vivre de sa musique au sein d'un seul groupe, il faudrait faire une date par semaine payée correctement, ce qui n'est pas toujours le cas pour les groupes de notre niveau.


Prochain  concert
2 mai 2015 : La Sangria - Saint Pourçain sur Sioule (03)

Discographie
« 21 Cordeliers Street Session » – octobre 2010
« Coudray Session »– juillet 2012
« AYMF Session » – décembre 2014


The Marshals en ligne
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mardi 31 mars 2015

Part-Time Friends, deux amis réconciliés autour de la musique folk

Part-Time Friends autoportrait le 10.03.15 dans les locaux de Sony - Paris


Repérés - pour ma part - il y a deux ans sur la scène des Trois Baudets, le duo français Part-Time Friends est comme le bon vin, il se bonifie avec le temps… Aujourd’hui sous le feu des projecteurs pour la sortie de leur savoureux deuxième EP « Art Counter »,  ces deux artistes au sang corse ne devraient pas tarder à se faire adouber par tous les amoureux de musique pop, folk. D’ailleurs, leur premier album, à paraître cette année, laisse présager un bon cru !


Une première dispute à cause des Libertines
Alors qu’ils se sont rencontrés en 2007, à Aix-en-Provence, sur les bancs de leur école de communication, l’alchimie n’a pas tout de suite eu lieu entre Pauline Lopez de Ayora et Florent Biolchini. L’anecdote mérite qu’on s’y attarde puisque leur première discussion a pour objet le groupe The Libertines. « Déjà à l’époque, nous n’étions pas d’accord ! » se rappelle Pauline en souriant. « Quand The Libertines se sont séparés, j’ai choisi le camp de Pete Doherty et Florent, celui de Carl Barât, ce qui a donné lieu à une dispute ! Et puis nous nous sommes échangés les biographies de ces artistes et chacun a fait un pas vers l’autre ».
Un premier concert complet
A cette époque Florent fait partie d’un groupe de rock appelé The Narcissist. Pauline soumet alors un texte de chanson à Florent. Séduit, il lui propose de venir répéter avec le groupe alors que Pauline n’avait jamais chanté auparavant. Au final, leur premier et unique concert dans une cave affiche complet.
Avec le temps, Florent se rend compte qu’il n’est pas si facile que ça de trouver son Carl Barât… « Je me rends compte aujourd’hui, que c’était très compliqué de faire de la musique avec mon copain de The Narcissist alors que je le connaissais depuis longtemps. Tandis qu’avec Pauline tout a été très simple, tout de suite ». Quant à leur technique de chant, apprise sur le vif, le duo s’explique : « Je pense que j’ai besoin de prendre des cours de chant pour notamment améliorer ma respiration mais je n’ai pas non plus envie d’apprendre à chanter comme Lara Fabian » souligne Pauline. Florent réagit : « Ce sont les petits défauts qui font la différence. J’aime l’idée d’être un mauvais musicien, et des chanteurs limités ».
Pauline Lopez de Ayora et Florent Biolchini


 
Une dispute et un 1 an de silence radio pour aboutir à un projet folk, Part-Time Friends
La vie d’un groupe est rarement un long fleuve tranquille. Et il en est de même pour le duo Part-Time Friends qui à cause d’une grosse dispute – ils n’en diront pas plus - coupe tout contact pendant un an. Au final, ils se retrouveront à Paris grâce à un groupe d’amis en commun. Et ils se réconcilient autour d’un projet plus folk et adoptent le nom de Part-Time Friends. En clin d’œil à la chanson du duo The Moldy Peaches, le groupe contracte les paroles de la chanson « Anyone else but you » pour créer leur nom de scène. « Ces deux artistes qui ne sont pas des standards de la beauté et qui ne savent pas forcément chanter, composer mais qui arrivent à faire de belles chansons ensemble, ça nous ressemble ! ».

©Théo Gosselin

 
Un 2ème EP « Art Counter » enregistré au Pays de Galles
Puis la sortie de leur 1er EP « There are no pingouins in Alaska « (avril 2013) a failli être compromise puisqu’à cette époque le duo a envie d’arrêter de faire de la musique ! Mais Clément Doumic (Feu ! Chatterton), ami de longue date de Pauline, les invite dans son studio pour une session d’enregistrement. Le groupe est remis sur le droit chemin.
Puis Part-Time Friends est repéré par le label Sony « à un concert où rien n’a fonctionné ». « A la fin du concert Leslie Dubest,, directeur artistique du label « Un plan simple » chez Sony est venu leur dire : « vous, ce soir vous n’aviez pas le son mais vous aviez la "vibes", envoyez moi vos démos ».
Le lendemain de la signature du groupe chez Sony, le duo est envoyé près de Bristol, au Pays de Galles pour enregistrer leur 2ème EP « Art Counter » (octobre 2014) et leur premier album, à paraître en 2015.  Sur place, ils sont entourés de grands noms : Paul Mehling, ancien assistant de Rob Ellis (lui-même batteur et membre du groupe PJ Harvey) et Ben Christophers,  qui a notamment arrangé un album de Bat For Lashes. Le duo français reste tout de même mettre à bord puisqu’ils co-écrivent leurs chansons et Clément Doumic reste en charge des arrangements à la guitare. 
©Théo Gosselin

Un album qui revient sur 7 ans de relation
« Cet album raconte nos 7 ans de relation, le fait que nous nous voyons quotidiennement, la relation que nous avons avec les autres, ces personnes qui entrent et sortent de nos vies. Il évoque des chagrins d’amour, des choses qui nous font très, très peur, et nous rendent très heureux ». « Cet album parle essentiellement de nous et d’amour ».
Grande nouveauté pour ce duo, l’album contient une chanson en français. Initialement, Pauline et Florent ont refusé cette demande de leur label : « On ne voulait pas faire de chanson en français parce qu’on ne savait pas comment faire puis on a accepté la proposition si le groupe Granville nous venait en aide. On adore leur album qu’on a écouté à peu près 700 000 fois et ils ont dit oui ! ». « Finalement, musicalement on est assez proche… Et en enregistrant cette chanson, on n’a pas eu l’impression de réaliser une chanson française. Elle raconte un peu l’histoire de notre rencontre avec eux ».  Au final, le groupe rend l’album à Sony, 5 semaines après être partie en ayant toute la liberté de faire l’album qu’il souhaitait. Le duo n’a pas changé ses habitudes, généralement Florent compose pour Pauline qui lui soumet un texte et le groupe harmonise le tout. 
©Théo Gosselin

Et après ?
Bilan de l’histoire, dans cette expérience « plus stressante » au côté de ce grand label, le groupe reste conscient de sa chance grâce aux moyens financiers qui lui sont attribués mais compte bien rester fidèle à lui-même. Et pour cause, il est temps pour chacun de retrouver son autre vie : Florent et son emploi à mi-temps en tant que standardiste et Pauline continue de répondre à l'appel des postes trouvés par son agence d’intérim « qui respecte le fait que j’ai des projets à côté ».

Terre à terre, les deux artistes ont bien décidé de profiter de leur passion tant qu’ils le peuvent : « Aujourd’hui, les gens qui sont censés vendre des disques n’en vendent plus. On ne compte donc pas sur ça pour gagner de l’argent. Mais nous sommes conscients qu’on nous a donné les moyens de faire les choses dans de superbes conditions. On a rencontré Granville, Dan Black que j’écoutais quand j’avais 16 ans. Peut-être qu’on ne gagnera jamais notre vie grâce à la musique mais on a tous les deux fait un choix sur une limite de temps donnée. Et si on nous propose de faire 2e album, on verra si on aura tous les deux envies de le faire… » souligne Florent. En attendant la sortie de leur 1er album, le groupe montre qu’il a plus d’une corde à son arc puisqu’il a écrit deux chansons, « Nous » et « Envie », pour la chanteuse césarisée Louane. Une chose est certaine Part-Time Friends a du talent.
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samedi 21 février 2015

Dusk Totem se fraie son chemin dans l'électro pop


Autoportrait de Fanny le 16.01 au bar Le Certa - Paris

D’un côté, Fanny Krief, une chanteuse qui utilise Gary comme nom d'emprunt, en hommage à l’écrivain humaniste, Romain Gary.  A 30 ans, elle a déjà fait ses gammes lors des premières parties de chanteurs comme Charlie Winston et Moriarty. De l’autre, Julien, jeune homme originaire de l’Île de La Réunion qui n’a pas quitté sa batterie depuis ses premiers cours de musique.  Entre ces deux là, le coup de foudre musical a opéré et a donné naissance à leur groupe, Dusk Totem. Depuis, ils sillonnent les scènes parisiennes et se sont même offert la première partie des Naive New Beaters, à Londres. Les 4 titres présents sur leur premier EP « Map of you » - sorti en novembre 2014 – sont un bon aperçu de la musique enivrante qu’ils sont capables de créer. Rencontre avec la chanteuse de ce groupe d'électro pop.


As-tu baigné dans la musique dès ton plus jeune âge ?
Mes parents chantaient beaucoup, mon père faisait énormément de théâtre et ma mère a été un petit rat de l’opéra. Mais ils ont eu des carrières un peu avortées de comédien et de danseuse classique. On avait des soirées vinyles à la maison où l’on écoutait les Beatles, Jacques Brel, Richard Cocciante, Elton John… J’ai toujours eu envie de chanter sans que je ne puisse l’expliquer et j’ai monté mon premier groupe vers 17-18 ans.
Tu as commencé ta carrière en solo sous le nom de Fanny Krief. Comment en es-tu arrivé à te lancer professionnellement ?
J’ai fait une petite comédie musicale appelée « Une étoile pour Noël », qui m’a permis de me professionnaliser et de rencontrer mon ancien manager Sylvain Gazaignes. Il m’a encouragée à m’immerger dans la langue anglaise pour perfectionner mes compositions. Je suis partie avec ma guitare à Londres à la conquête d’un rêve. La journée, je travaillais dans une librairie de livres anciens et le soir je chantais dans les pubs. Au bout d’un peu plus d’un an, je suis rentrée en France et j’ai fait écouter à Sylvain, alors directeur artistique chez Sony, 3 titres enregistrés avec des Anglais.  Ces morceaux lui ont plu, on a ainsi commencé à travailler ensemble. On a réalisé mon premier EP « Hello Aloud » et j’ai alors eu la chance d’être repérée par un tourneur (Blueline) et par Olivier Bas (ndlr : notamment directeur artistique du festival FNAC) via Myspace. J’ai entre autres été invitée en première partie de Charlie Winston au Fnac Festival.
Comment as-tu rencontré Julien, l’autre membre de Dusk Totem ?
C’était à une période où je commençais à avoir moins de plaisir à faire de la musique. En effet, les labels me conseillaient de chanter en français et j’étais un peu perdu.  J’ai rencontré Julien lors d’une audition car je cherchais un nouveau batteur. Les circonstances ont fait que j’ai gardé mon batteur de l’époque, on ne s’est pas revu avant un voyage à la Réunion où on s’est vraiment découverts.  On s’est musicalement bien entendu, et c’était la première fois que les compositions d’un mec me plaisaient. Puis, au fil du temps, on a voulu monter un groupe ensemble.
Que signifie le nom du groupe Dusk Totem ?
C’est ma sœur qui a trouvé le nom du groupe, « Dusk » qui signifie crépuscule, cela représente un moment magique de la journée que j’adore, pour moi, c’est un entre deux où tout peut se passer. 
On avait déjà évoqué plusieurs fois avec Julien le mot « totem ». Et c’est aussi le symbole qui peut permettre de passer entre ces deux mondes, comme la cabine téléphonique dans Matrix ! Ca renvoie aussi au concept des concerts, ce sont des moments à part, où les gens se lâchent…
En novembre 2014, le groupe a sorti son premier  EP appelé Map of you. Comment a-t-il été conçu ?
Avant la sortie de cet EP, on a testé les chansons sur scène afin de juger de leur potentiel. Et on avait des démos, on a alors commencé à les retravailler. Puis, on a voulu collaborer avec quelqu’un qui avait plus de recul et d’expérience que nous. On connaissait Lilly Wood & The Prick via plusieurs contacts. Julien a ainsi croisé Mathieu Denis, bassiste du groupe qui avait déjà réalisé des EP et qui s’est montré intéressé pour nous aider. Il a alors convié Mathias Fisch, batteur de Lilly Wood & The Prick pour nous aider. Au final, on a effectué 2 sessions de travail avec Mathieu durant lesquelles on a notamment revu la structure de la chanson « Map of you ». Puis pour prendre du recul, on a laissé passer un peu de temps et on a ensuite travaillé sur les 3 autres chansons de l’EP.
A l’origine tu te destinais à une carrière solo, que t’apporte ce groupe ?
 Avant de travailler avec Julien, ma musique avait un son guitare/voix et n’avait pas d’influences électro. Par ailleurs, le fait de travailler avec quelqu’un qui maitrise beaucoup d’instruments et qui compose aussi facilement sur un ordinateur m’a permis  d’apprendre énormément.
Selon certains, le groupe faisait de la « dream pop rock », que signifie ce terme ?
Ce n’est pas de la folk ce que je faisais avant, en tant qu’artiste solo. Notre musique met en avant plus d’instruments. Je me suis libérée de la guitare, pour explorer d’autres choses vocalement, scéniquement, ce que je ne pouvais pas faire avec mes compositions guitare/voix. Du coup, je me repose sur Julien et nos musiciens pour explorer ma voix.
C’est une musique qui oscille entre passages puissants et « trippants ». Julien et moi avons des influences assez différentes et c’est très intéressant de créer à partir de tout ça un terrain commun.
 Que raconte votre premier EP « Maf of you » ?
Julien et moi écrivons tous les deux nos chansons et le hasard a fait que j’ai écrit toutes les paroles des chansons qui figurent sur cet EP. On s’est rendu compte que le thème qui revient beaucoup - sauf le titre « Dear Mother » qui est très personnel - est assez humaniste. On avait envie de se dire et de dire aux gens : prenez possession de votre vie, vous avez de l’or entre les mains, faites en bon usage. Cela peut faire fleur bleue, mais la bienveillance, c’est très important pour nous.

Vous travaillez sur de nouveaux morceaux en ce moment ?
On voulait se concentrer sur la scène mais après discussion avec Julien, on a décidé de travailler sur de nouvelles chansons et sortir un deuxième EP le plus rapidement possible. On en a aussi besoin pour améliorer notre prestation scénique. On a contacté Mathieu Denis qui est partant pour ce deuxième opus. On va  probablement  enregistrer une  chanson appelée « Aha », plus minimaliste, plus planante, plus électro que d’autres chansons qu’on a pu enregistrer. On est très heureux de faire parti du festival CHORUS de cette année. On sera au Magic Mirror à La Défense le 27 mars.
Ces chansons seront toujours écrites en anglais ?
Selon moi, au vu de notre style de musique, l’anglais est plus musical que le français. Des artistes comme The Dø ne se posent pas la question de chanter en anglais ou en français. J’ai été bercée par la musique anglo-saxonne et notamment les chansons de Björk. Selon moi, les longues voyelles permettent une ouverture de la voix incroyable. Cependant, il est vrai que d’autres artistes français excellent en chantant en français comme Camille. Mais c’est est indéniable que chanter en anglais permet de toucher un plus grand nombre de personnes.
Comment vous préparez-vous à l’exercice de la scène ?
On travaille sur une scénographie avec notre photographe Fanny Castaing, elle nous aide dans la direction artistique pour concrétiser les messages visuels qu’on souhaite mettre en avant. Sur scène pendant 45 minutes, on joue les 4 chansons de notre EP, et d’autres chansons qui ne sont pas des reprises… mais des chansons de nous réarrangées.
Aujourd’hui en France c’est facile de gagner sa vie en tant qu’artiste ?
Selon moi, il est évident que ce n’est pas facile de gagner sa vie en tant qu’artiste même lorsqu’on a la chance d’être chez un tourneur. Mais je n’ai pas envie de faire uniquement de la musique, j’ai besoin d’avoir un rythme, d’être en contact avec le monde, c’est pour ça que je travaille en parallèle dans une bibliothèque, cela est aussi source d’inspiration. Avec cette vie d’artiste, on peut vite se couper du monde.
Qu’écoutes-tu en ce moment ?
J’écoute toujours War Paint, Patti Smith, The Kills. Julien m’a offert un vinyle d’Agnès Obel, magnifique. Je réécoute The Dø et ce n’est pas forcément avouable mais j’écoute aussi Katty Pery, elle a des superbes compositions, j’aime bien le côté positif de ses chansons, je comprends que les gens veulent écouter sa musique.
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Prochain concert
Magic Mirror à La Défense le 27 mars