Camille Green est une consultante en communication qui, en parallèle à ses études, a travaillé pendant 2 ans, en tant que correspondante, dans un journal quotidien régional.
Désormais salariée dans une agence de communication parisienne, à 38 ans, elle s'intéresse toujours au journalisme et en particulier à la musique, tout en gardant un œil attentif sur la mode et le monde artistique !
camillegreeniswalkingwith@gmail.com
Laissée
en 2013, lors de la sortie de son album Neverending, Swann a poursuivi sa
route en multipliant les projets. Alors que la chanteuse française travaille
sur son prochain album depuis 3 ans, elle réapparait sur le devant de la scène
avec « Wild is the wind », une reprise de la BO du film réalisé
par George Cukor et notamment interprétée par David Bowie. Toujours là, où on ne l'attend pas...
Qu'as-tu fait depuis la sortie de l'album Neverending en 2013 ?
Je n'ai pas arrêté. J'ai sorti un EP
"Angels" en septembre 2013, puis un vinyle de reprises "The Wonderful
World Of Swann" en 2014. Je suis allée enregistrer des chansons au Pays de
Galles, en 2015 mais le résultat ne convenait pas, alors j'ai retravaillé sur
les morceaux avec un label en 2016. J'ai eu la chance d'être invitée par
Rodolphe Burger pour chanter lors d'un hommage au Velvet Underground à la
Philharmonie de Paris, de jouer dans un court métrage international en
réalité virtuelle. J'ai aussi sorti un EP "Black Lights" en juin 2016,
puis j'ai quitté mon label.
En ce moment, je travaille sur mon
prochain album mais j'essaie de me recentrer sur ce que j'aime vraiment. Je
n'ai plus les mêmes personnes autour de moi, et je dois retrouver un équilibre,
retrouver ma voix, sans mauvais jeu de mots. J'essaie d'oublier toutes les voix
extérieures et de n'écouter que la mienne pour écrire des morceaux qui me
ressemblent. Après, j'ouvrirai la porte à d'autres voix pour travailler sur ces
morceaux. Je crois que c'est le travail le plus difficile.
Pourquoi avoir décidé de reprendre « Wild
is the wind », BO du film réalisé par George Cukor ? N'est-ce pas
trop de pression de chanter un titre déjà repris par Nina Simone, David Bowie,
Cat Power, Barbara Streisand ?
Pas du tout ! Je suis fan de tous
ces artistes, la chanson est superbe, je la chantais sous la douche. C'était
donc complètement normal. Et lorsque je l'ai enregistrée, je ne pensais pas la
sortir publiquement. Je l'avais fait uniquement pour moi au départ. J'adore me
mettre chez moi au piano, à la guitare, et enregistrer des choses pour
"tester".
Comment as-tu rencontré Jean-Baptiste Kerallan qui a réalisé le clip de
cette chanson ? Que raconte ce clip ?
(Sourire) J'ai rencontré
Jean-Baptiste Kerallan un 14 juillet, au bord de la mer. Nous avons voulu que
ce clip soit plus dans la suggestion. "Wild Is The Wind" parle d'un
amour interdit. Ce clip est en quelque sorte un parcours vers l'inconnu, vers
"l'autre côté", vers "l’au-delà", vers "l'interdit",
vers "le rêve"... Chacun peut y voir l'histoire qu'il souhaite.
En février, tu t'es produite sur scène à Los
Angeles. Qu'y as-tu fait ?
J'ai été
invitée à chanter pour un événement hors du commun, dans une superbe villa de
Los Angeles, pour des acteurs de la musique et du cinéma. J'ai eu la chance de
rencontrer des personnes très intéressantes, et de visiter Los Angeles. C'est
une ville vibrante, douce, dans laquelle l'art a une place essentielle. J'ai
été très inspirée par cette ville, et j'y retourne bientôt car j'y travaille
aussi depuis février.
Un LP est indiqué en préparation sur ta page Facebook... Quand sortira-t-il
?
L'album est en préparation depuis
maintenant 3 ans ! Mais le contexte actuel fait que les choses ne se passent
pas toujours comme on les prévoit. Je ne peux pas vous dire quand il sortira,
car il y a beaucoup de paramètres. En revanche, j'ai une multitude de chansons
qui attendent d'être écoutées !
Tu es plus une Instagram, Facebook, Snapchat ou Twitter "addict"
?
Instagram ! J'aime ce que disent les
images.
Quelle chanson tourne en boucle en ce moment
chez toi ?
Guillaume
Galiana, alias Guillo, c’est d’abord un timbre de voix particulier qui alterne
entre force et douceur. C’est un style qui pourrait s’apparenter à celui de
Vincent Delerm ou Bénabar. Et aussi, des notes aériennes et des paroles
subtiles, comme marque de fabrique. Dans son dernier album
« Soulage », le chanteur interroge le monde,sa folie consumériste (« Made in
Madness ») et nous montre qu’il est emprunt de nostalgie, tout en faisant
preuve d’humour (« Le chien de la fille »). Ecoutez les maux qu’il appose sur ses notes pop dans
son livre-disque (Lamao Edition - sortie le 26.04.17) « Je ne suis pas un long fleuve
tranquille », vous ne pourrez que vous laisser
emporter.
Comment as-tu fait tes premiers pas dans la
musique ?
J'ai bien tenté de pianoter et d'apprendre le
solfège quand j'étais enfant, en banlieue parisienne, mais sans grand
succès. Je me suis vraiment lancé dans la musique un peu plus tard, par
les mots. Mon grand-père était poète et romancier à compte d'auteur, mon
père professeur de français, mon frère écrivait un peu, lui aussi...Il y avait
beaucoup de livres autour de nous, et l'amour très présent du
verbe, de la littérature. J'ai commencé à écrire en vers
à l'âge de 16 ans, des choses très simples inspirées de mon quotidien
d'adolescent, en français puis en anglais, parce que je me destinais
aussi au métier d'interprète. C'est à la FAC de Pau que j'ai rencontré un
trio basse-batterie-guitare, à la recherche d'un chanteur. Je me suis
rendu à une de leurs répétitions dans un local à côté de l'hippodrome, un
jeudi soir. C'est parti comme ça, un peu par hasard... Avec eux, j'ai posé mes
premiers couplets refrains sur des harmonies, des rythmes. Les mélodies
semblaient arriver de nulle part. Comme si toutes les musiques dont je
m'étais abreuvé depuis des années : soul, rap, rock, variété, chanson,
prenaient corps dans quelque chose d'assez instinctif, que je ne
n'avais pas soupçonné jusque-là. Mes textes étaient loin d'être
parfaits, mais semblaient sonner et plaire aux autres membres du
groupe. Je me suis senti dans mon élément tout de suite, à ma place
derrière le micro. Quelques mois plus tard, j'achetais ma première
guitare.
Comment en es-tu venu à faire de la musique un
métier ?
Des métiers, j'en ai essayé beaucoup. Livreur,
barman, disc-jockey, manutentionnaire, ouvrier agricole, veilleur de nuit,
puis commercial, après l'obtention d'un BTS. En parallèle, la musique était
plus qu'un passe-temps, elle était très présente et je l'ai toujours
prise au sérieux. Que ce soit des reprises dans les bars le week-end, ou
bien mes propres chansons, peu importe la grandeur de la scène et
l'auditoire, je n'ai jamais considéré cette activité de façon anodine. Je
sentais qu'il fallait s'y investir totalement, corps et âme, ne pas
tricher. Mais j'ai longtemps "imité" avant de trouver mon style,
que ce soit dans le chant, dans l'écriture ou la façon de jouer de la
guitare. Les trois premières années, j'ai partagé mon temps entre le
spectacle, les disques, et le métier de vendeur dans un centre de remise
en forme. C'est là que j'ai rencontré mon futur manager, Sébastien, qui tenait
la boutique avec moi. Le jour, on accueillait les clients pour les
renseigner sur les abonnements à l'année, les cours collectifs, la piscine et
le sauna. Le soir, je restais après la fermeture pour travailler et
enregistrer mes chansons dans la grande salle. Notre patron était au
courant et m'encourageait. C'est lui qui m'a permis de franchir le
pas pour devenir musicien professionnel. Le jour où je lui ai annoncé
mon désir de me lancer dans la musique et soumis ma démission, il l'a
refusé. A la place, il m'a licencié pour faute légère : j'ai pu
bénéficier des allocations chômage pendant un an, le temps de réunir le
nombre de cachets suffisants pour devenir intermittent du spectacle.
Après la sortie de ton 1er album Super 8 comment
as-tu réussi à faire près de 200 concerts sans tourneur ?
C'est là que le métier de vendeur m'a un peu
aidé, probablement. Avant Super 8, j'avais déjà produit plusieurs
albums, en bénéficiant d'une ou deux subventions, sur mes deniers
personnels et l'argent mis de côté lors des premiers concerts. Devant la
difficulté à trouver une maison de disques ou un tourneur prêts à investir sur
moi, il a fallu s'organiser. Démarcher, trouver des lieux, jouer le plus
souvent possible et au départ, c'est vrai, parfois dans des conditions improbables.
Sébastien, mon manager de l'époque, a fait ses armes lui aussi en apprenant
petit à petit le métier, en se rendant à des
rencontres professionnelles ou en potassant les fiches de l'IRMA, de
l'officiel de la musique, en échangeant avec d'autres acteurs de l'industrie du
spectacle. Il y a tellement de métiers qui gravitent autour d'un artiste, c'est
dingue. Et on en apprend tous les jours...Mais prendre son téléphone, envoyer
des mails, postuler à des tremplins, c'est à la portée de tout le monde. Il
suffit juste de s'en donner les moyens. Une structure est née pour soutenir mon
projet d'artiste : La Bonne compagnie. Pendant que Sébastien
s'occupait des démarches à ma place, je me sentais libéré d'un poids énorme et
j'avais plus de temps pour penser à ma musique. Le travail que j'avais effectué
les premières années, plus le sien, ont fait que mon nom a commencé à
circuler un peu plus. Trois ou quatre ans avant, j'avais participé
aux rencontres d'Astaffort. A l'issue de ce stage d'écriture, l'équipe
de Voix du sud, l'association créée par Francis Cabrel, m'avait permis de
travailler mon répertoire et de faire de belles premières parties. C'est aussi
à cette époque que j'ai commencé à proposer des concerts chez l'habitant.
On a ensuite sorti Super 8 en
2011, puis une autre édition en 2013 : cette fois le disque était distribué,
un attaché web et une attachée de presse travaillait avec
nous. Tout cela nous a permis de présenter l'album un peu partout en
France, en Suisse et au Québec, pendant près de cinq ans sur la route, en
groupe ou en guitare voix.
De qui t'es-tu entouré pour créer l'album
Soulage ?
Comme pour l'album Super 8, David Mignoneau (Fergessen) était aux manettes.
Je suis arrivé dans les Vosges avec une trentaine de chansons, nous en avons
gardé dix. Au départ je voulais quelque chose de très minimaliste, sans basse.
Mais on se laisse vite prendre au jeu des arrangements. Après trois
sessions de dix jours, étalées sur un an, l'album était là. De nombreux
musiciens étaient passer déposer quelque chose : la guitare de Jérémie Bossone
ici, les percussions de Cyrille Lecoq là, les voix d'une vingtaine de chanteurs
sur un des titres. Entre temps, j'avais également sollicité Benoît Crabos
(Le trottoir d'en face) pour plancher sur des arrangements additionnels.
Cela nous a fait repousser de plusieurs mois la sortie du disque, parce que la
carte blanche donnée à Benoît fut une surprise. Il apportait une énergie
supplémentaire, et des sons qu'on n’aurait pas imaginé comme le banjo, les
cuivres...On a donc pris le temps d'accueillir ces nouvelles idées pour les
mêler à ce qu'on avait déjà. Ce qui donne à Soulage cet aspect
hybride assez particulier, un côté "soft-rock" qui me plait
beaucoup et me ressemble, je crois, entre force et douceur.
L'argent
collecté via Kiss Kiss Bank Bank t'a permis de faire quoi ?
Nous avons pu financer une grande partie de la
promotion ainsi qu'un clip. Mais au delà de l'aspect financier,
le crowdfunding permet aussi de tisser des liens étroits avec
certaines personnes. Pouvoir communiquer avant la sortie d'un
album, recueillir le soutien et les encouragements, est quelque chose
de très précieux quand on est un artiste auto-produit.
Comment
t'es venue l'inspiration ?
L'inspiration est un muscle qu'on entraine, au
fil du temps. Tout le monde peut créer, inventer, que ce soit en musique, en
cuisine ou dans le bâtiment. Les artistes ont cette capacité à capter des
détails autour d'eux, dans l'air, dans leur comportement ou celui des autres,
dans une phrase, un film, un livre, ce qui deviendra peut-être une histoire
sous forme de chanson. Il faut juste observer, rester en alerte, noter sur un
carnet ou sur son téléphone ces bribes d'idées qui peuvent être un peu
partout. Dans mon livre-disque "Je ne suis pas un long fleuve
tranquille", je raconte, pour chaque titre de l'album Soulage, ce qui a pu déclencher cette inspiration : en le
lisant, vous vous rendrez compte, j'espère, que tout ça peut venir de très
loin, mais qu'il faut toujours un déclencheur pour coucher les mots et les
mettre en musique.
Que
raconte cet album ?
Il évoque mon départ de Paris pour le sud-ouest
de la France, quand j'avais 18 ans, et ce que j'ai trouvé en arrivant
là-bas : l'océan, la nature, la musique, l'amour et de façon plus générale, mon
entrée dans l'âge adulte. Soulage
est aussi un clin d'œil au peintre et graveur Pierre Soulages, qui n'a
toujours peint qu'avec du noir et utilisé les reliefs pour faire émerger une
lumière, en dépit de sa couleur sombre.
Que
raconte la chanson Mahatma ?
Qu'il faut être "le changement que l'on
souhaite voir dans le monde" comme le disait Gandhi. Que chacun doit faire
sa part, comme les colibris de Pierre Rabhi, pour que le monde ne sombre
pas dans la noirceur, et que l'équilibre écologique, sociologique, soit
maintenu sur terre. Je ne crois pas à une planète
complètement débarrassée de violence, je ne suis pas utopiste à ce point.
Je sais que le bien et le mal ne vont pas l'un sans l'autre. La statue de
bronze du Mahatma, dans la ville de Québec, était le prétexte
idéal pour évoquer ces valeurs là, de façon rassurante et sereine, à
travers une figure historique emblématique.
En
quoi consiste les ateliers de création que tu animes pour Voix du Sud ? Est-ce
en lien avec la chanson "Automne et Printemps" que tu as composée lors
d'un atelier avec des collégiens ?
Voici un passage de mon livre qui raconte,
à la troisième personne du singulier (car c'est la vie qui s'exprime à ma place
dans ce livre) les différentes expériences qui jalonnent mon petit
parcours. Il est ici question, justement, des ateliers d'écriture proposés
par Voix du sud : « Il
se rend régulièrement dans les écoles primaires ou les collèges, pour y animer
des ateliers d’écriture et tenter de bousculer, à sa façon, les lignes du
quotidien. Cette expérience a démarré en marge de son projet artistique, mais
les deux activités sont intimement liées.
Ils
sont quelques artistes à mener ces projets dans l’académie de Bordeaux. Ils
interviennent aussi en milieu psychiatrique, dans des centres de jour, des
maisons de retraite. »
Olivier Daguerre, œil noir et voix rocailleuse, fait partie de ce dispositif
depuis le début et résume l’exercice en ces termes : « Nous faisons un
acte citoyen. »
Dans
ce genre d’interventions ponctuelles, ils ont le beau rôle : ni prof, ni
copain, un peu les deux. Aucun rapport de force, pas de hiérarchie. Ils restent
le plus souvent une semaine, en immersion dans une classe ou un petit
groupe.
Ils
arrivent avec leur guitare, utilisent un tableau pour y inscrire les idées de chacun.
Leur mission est de stimuler les émotions. Pour cela, il leur faut poser des
questions sur le thème, l’histoire, la psychologie des personnages. Qui parle ?
A qui ? De quoi ? Ils discutent beaucoup, tout le monde doit pouvoir s’exprimer
et défendre ses arguments.
Ce
sont des moments intenses pendant le processus de création, puis sur scène
quand vient la soirée de restitution. Interpréter en public les œuvres créées
au cours de la semaine, devant la famille, les copains, est loin d’être évident
pour des artistes novices. Il leur faut affronter le trac, les lumières, le
micro. Bien souvent ils ressortent grandis de ce voyage, plus forts et plus
confiants.
Automne
et Printemps est né d’un de ces ateliers d’écriture. Le morceau prit
ensuite sa place dans Soulage, avec le consentement des auteurs.
Quatre élèves de troisième du collège Gaston Fébus, à Orthez, avaient relevé ce
titre en partant de coupures de journaux. À quatorze ans, ils avaient choisi
d’évoquer cette manière dont on peut s’échapper d’une enveloppe trop âgée, trop
usée pour continuer. Ils associèrent simplement la fragilité d’un être à une
feuille sur le point de tomber, entre saisons et éléments.
Pourquoi as-tu créé le label indé Cinq Secondes
?
Parce que les chemins se séparent et
qu'après dix ans de "vie commune" mon manager et moi avons
cessé de travailler ensemble. Il fallait donc repartir avec une
nouvelle structure, afin d'organiser et financer un autre album, une autre
tournée. J'ai rencontré ma compagne, Audrey, par le biais des rencontres
d'Astaffort. Elle travaillait dans l'événementiel aux côtés d'Aurélie
Cabrel, leur agence s'appelait le "Nougat Rose". Aujourd'hui de
l'eau a coulé sous les ponts, mais Audrey et moi avons fait notre vie ensemble,
et donné naissance à une petite fille. Nous n'habitons pas sous le
même toit et sommes "non-cohabitants" dans le même département, mais
nous avons créé Cinq Secondes qui est un peu notre maison commune. Cette
petite structure associative défend mon projet, recherche des financements et
organise des évènements tels que des concerts à domicile ou des ateliers
d'écriture. Audrey participe également aux choix artistiques,
me conseille sur mon image, mes fringues. C'est elle qui entend
les chansons avant tout le monde, planche avec moi sur les scénarios
des clips, répond aux sollicitations des programmateurs, prépare les
contrats ou envoie les commandes d'albums qui arrivent sur la page boutique du
site. Bref, je ne suis pas seul, et ça compte énormément...
Tu es plus un Instagram, Twitter, Facebook ou
Snapchat "addict" ?
Facebook,
sans hésiter. J'aime pourtant les formules courtes et j'ai un compte Twitter,
mais je préfère partager des vidéos, des articles, des humeurs sans la
contrainte du nombre de mots.
Quelle chanson tourne en boucle chez toi en ce
moment ?
J'écoute de la musique essentiellement en
voiture, et c'est très, très éclectique. Dernièrement j'ai ressorti ma
collection de rock/métal, période 1990-2000 : Guns N' Roses, SIlverchair,
Metallica, Sugar Ray, Suicidal Tendencies, Deftones...ça me plait toujours
autant, mais c'est par périodes, tout comme le rap. Le must,
depuis sa sortie, reste pour moi le dernier album en
date de Charlie Winston "Curio city" pour les textes, les
mélodies, la voix, les arrangements, l'émotion qui se dégage de tout ça : c'est
une grande réussite à tous points de vue, un album dont je ne me lasse pas...
Dans mes disques de chevet, il y a aussi Batlik,
Oxmo Puccino, Daran, Martin Léon, Alexi Murdoch et avec
les enfants, le grand trip, c'est l'intégrale
de Stupeflip.
Qui se cache derrière Morgane Imbeaud ? Après
avoir connu un succès notoire avec le groupe Cocoon, la chanteuse française
s’est lancée dans d’autres projets musicaux avec Peaks et Un Orage.
Aujourd’hui, l’artiste revient sur le devant de la scène,là où on ne l’attendait pas, avec le conte
musical « Les songes de Léo ». Ce spectacle qui mêle dessins et musique emporte avec brio
les spectateurs dans l’histoire de Léo, personnage mi-humain, mi-félin.
Mi-concert pop, mi-dessin animé,la nouvelle création de Morgane Imbeaud prouve que l’artiste n’a pas
fini de nous surprendre !
Selfie - Morgane Imbeaud - mars 2017
Pourquoi avoir décidé
de ne plus faire partie de l'aventure Cocoon ?
Lorsque
Marc m'a contactée en me parlant du troisième album de Cocoon, j'étais assez
occupée et je voulais aller au bout de mes projets. Je n'avais pas le temps
de faire ce troisième album et je ne voulais pas être partiellement
présente. Je préfère me concentrer pleinement à ce que je fais.
Est-ce que de nouveaux projets verront
le jour avec tes groupes Peaks ou Un orage ?
Très certainement ! Rien n'est figé.Dès que nous aurons du temps ensemble, nous referons des
chansons et des concerts.
Comment est née l'idée
de ce conte musical « Les songes de Léo » ? T'es-tu inspirée de certains
personnages de Walt Disney ?
J'ai
toujours lié la musique à l'image et lorsque je compose, je m'imagine toujours
une scène, un tableau. J'ai commencé "Les songes de Léo " en
composant des thèmes de piano, sans parole. La musique est un exutoire, un besoin
d'exprimer une émotion en manque de mot.
Durant 5
mois, j'ai composé plein de chansons et de thèmes et le soir, j'écrivais ce que
je ressentais, les tableaux que je m'imaginais, ceux qui correspondaient à
l'état dans lequel je me sentais. Je les ai ensuite mis bout à bout, dans un
ordre précis puis j'ai commencé à écrire l'histoire en liant les scènes
ensemble.
Je me suis inspirée
des histoires de Walt Disney mais également celles de Tim Burton.
Quel est ton dessin
animé Walt Disney préféré ?
Je ne sais
pas lequel choisir mais je suis une grande fan du roi lion !
Comment as-tu
rencontré Christophe Chabouté et Jean-Louis Murat ? Quelle a été votre méthode
de travail pour collaborer à 6 mains ?
J'ai découvert Christophe Chabouté en
lisant son roman graphique "Tout seul". Ses dessins m'ont vraiment
touchée, je ressentais une émotion particulière, j'étais attachée à son
personnage. Lorsque j'ai commencé à imaginer Léo, je voulais que ce soit
un personnage mi homme, mi félin et je rêvais de le voir dessiné par
Chabouté. Je l'ai contacté sur Facebook, au culot, il m'a répondu, nous
nous sommes appelés, nous avons échangé quelques mails dans lesquels je lui
racontais l'histoire et quelques souvenirs très personnels pour qu'il comprenne
bien le personnage. Quelques jours après, je recevais le premier dessin de
Léo et la petite bête, Léo prenait enfin vie comme j'en rêvais.
Au moment
du choix des chansons, composées pour la plupart en anglais, j'ai essayé d'en
réécrire certaines en français mais je n'arrivais pas à trouver les bons mots,
les bonnes sonorités. J'étais sur la route avec Jean-Louis Murat pour son
album "Babel". Je lui ai présenté le projet en lui expliquant que
chaque chanson correspondait à un chapitre de l'histoire et il m'a aidé en
écrivant 6 textes.
Le conte évoque notamment le rejet, avec ce petit animal à qui il manque
une oreille, as-tu voulu dénoncer certains standards de notre société ?
Le monde change, on ne réfléchit
plus comme avant, on ne se pose plus les bonnes questions, on enferme les gens
dans la peur, on devient alors intolérant. L’intolérance, c'est la peur de
l'autre, celui qui ne nous ressemble pas, celui qui n'a pas les mêmes traits
physiques, celui qui n'a pas les mêmes valeurs, les mêmes idées, la même façon
de penser. Et de cette peur nait le rejet.
C'est assez drôle car l’intolérance
s'accorde dans ce cas avec la prétention alors que je rencontre beaucoup de
gens autour de moi qui manquent de confiance en eux. A travers cette
histoire, je veux rassurer les gens en leur montrant que lorsqu'on devient
tolérant, qu'on accepte l'autre tel qu'il est, on est plus heureux.
Fin 2016, tu lançais une campagne de crowdfunding pour « Les Songes
de Léo ». Pourquoi as-tu lancé cette campagne qui s'est clôturée avec
succès ? Et que va permettre de faire l'argent récolté ?
La première
version de l'album est sortie fin 2015. Ensuite, le label s'est mis en stand by
et du coup il était difficile de faire avancer à ce moment là. Depuis la
fin de l'été 2016, j'ai trouvé de nouveaux partenaires, un tourneur, un
éditeur. Je ne voulais pas laisser le projet de côté car nous avions travaillé
comme des dingues pendant 2 ans, avec une équipe de 15/20 personnes en tout
pour le live, la vidéo d'animation. J'ai donc récupéré les droits de l'album
et je me suis dit qu'il fallait tenter de ressortir cet album pour accompagner
le spectacle qui sera en tournée en 2017/2018 et le livre qui est toujours
disponible à la vente.
Grâce à
l'argent de la collecte, j'ai pu ajouter 5 titres en plus dans l'album, changer
la pochette, intégrer un livret de 28 pages dans un bel objet. Tout est
expliqué sur le site de KissKissBankBank mais il a fallu payer la graphiste,
les attachées de presse, les mixs de nouveaux titres, la SDRM (société pour
l’administration du droit de reproduction mécanique des auteurs, compositeurs
et éditeurs), un clip qui verra bientôt le jour, et la part de
KissKissBankBank.
Après un passage par la capitale, as-tu ressenti le
besoin de revenir aux sources et de te réinstaller à Clermont-Ferrand ?
J'ai vécu trois ans à Paris, entre
2008 et 2011. Pour moi, Paris représente la fin de mes peurs d'enfants, le
début de ma vie d'adulte. J'avais peur de la solitude, peur de rester seule
pendant une nuit et je me suis lancée le défi d'aller vivre à Paris afin de
vaincre toutes ces petites angoisses qui m’empêchaient de vivre comme je le
voulais. Seulement la dernière année, je me suis rendue compte que cette ville
m'étouffait, que je ne supportais pas son rythme et que je n'arrivais pas à
composer. De plus, mes amis de Clermont me manquaient, et j'étais vraiment loin
de ma famille. Je sentais que je m'éloignais trop de mes racines et ça ne me
convenait plus.
Je suis
revenue vivre à Clermont au printemps de l'année 2011, j'avais un appartement
avec vue sur le puy de dôme, je me sentais apaisée et libre. J'ai besoin de
vivre près de ces montagnes, besoin de les ressentir, besoin de me promener
dans ces hauteurs où je me libère de mes peurs, tracas quotidiens. Je n'ai
jamais autant fait de musique depuis que je suis revenue vivre ici.
J'aime
vivre à Clermont mais je n'aime pas y rester, j'ai besoin de bouger
régulièrement et mon métier me le permet donc c'est parfait.
La Coopérative de mai,
salle clermontoise, a-t-elle eu une place importante tout au long de ta
carrière ?
La coopé
m'a toujours soutenue, depuis le début. Ils ont été très présents lors des
débuts de Cocoon et bien sûr par la suite. Depuis 2011, lorsque je leur ai
présenté un projet, ils se sont toujours montrés présents. C'est un peu une deuxième
maison, une deuxième famille.
Pour mon
projet " Les songes de Léo", je suis allée tout de suite voir Didier
Veillaut (ndlr : directeur de La
Coopérative de Mai) qui m'a accompagnée dans toute l'aventure. Si ce projet
a pu naitre et se faire c'est aussi grâce à lui, à eux.
Quels sont les lieux à
voir lorsqu'on vient pour la première fois à Clermont-Ferrand ?
Lorsqu'on
vient à Clermont pour la première fois, il faut remonter la rue des gras en
regardant la Cathédrale, aller boire un verre place de victoire, continuer dans
les petites rues et s'arrêter chez "Spliff", notre résistant
disquaire, puis au "Frac" pour voir des expos et enfin chez "Ne
rien faire", la boutique de Kutu Records. Le soir vous pouvez aller voir
un concert à la Coopérative de mai et terminer votre soirée en allant boire un
verre au Bikini, le bar rock, avenue Trudaine.
Le
lendemain vous pouvez aller déjeuner au jardin Lecoq, regarder les cygnes, puis
au musée "Lecoq". Ensuite vous prenez le tramway pour rejoindre le
musée d'art " Roger Quillot ". Si vous avez du shopping à faire, vous
pouvez aller place de Jaude et choisir le centre commercial qui vous plait le
plus entre le centre Jaude et le carré Jaude. Vous pouvez ensuite aller
diner au "Sisisi " et terminer votre soirée au " Derrière",
place de la Victoire.
Si vous
restez un jour de plus, vous devez absolument monter au Puy de Dôme, à pied ou
en petit train afin de prendre un grand bol d'air frais en admirant la chaine
des puys.
Qu'écoutes-tu comme
musique en ce moment ?
Je viens de
découvrir Andy Shauf, j'écoute beaucoup son album " The bearer of bad news"
dont la chanson " Wandell Walker ". On retrouve Elliott Smith dans sa
voix, et sa façon de composer.
Tu es plutôt une
Facebook, Twitter, Instagram ou Snapchat addict ?
La photo
est ma deuxième passion, je suis complètement fan d'Instagram !
Dusk Totem est de
retour avec un EP « LOVE » aux couleurs pop qui donne envie de
danser ! Après
avoir rencontré le duo en 2015 pour la sortie de leur EP « Map of
You », Fanny et Julien sont repartis en studio concocter sept titres
particulièrement entraînants. Les chansons « Love »,
« Magic » et« Map
of you », qui peut rappeler certaines mélodies de Lana Del Rey, ne vous
laisseront pas insensibles.
On s'est quitté en
février 2015 pour la promotion de votre EP « Map of You »,
qu'avez-vous fait depuis ce temps ?
On a changé
de configuration sur scène. Nous sommes désormais tous les deux accompagnés
d'un batteur. Ce n'est pas facile de trouver la bonne formule mais aujourd'hui,
on en est très content. Et puis, après la sortie de notre EP « Map of
you », nous avons joué dans plusieurs festivals et salles. On a bien sûr
continué de composer des chansons dont certaines se trouvent sur l'EP « LOVE ».
Que raconte votre nouvel EP
« LOVE » sorti en octobre 2016 ?
C'est la chanson « Love » qui donne son nom à cet
EP car globalement y souffle un vent de liberté. Que ce soit l'envie de se
lâcher et de trouver de la magie dans le quotidien, de se libérer du regard des
autres et d'exprimer qui on est vraiment... Quoi de mieux pour ça que l'amour ?
Avec cet EP, on avait envie d'exprimer le côté positif des choses pour en faire
une force.
D'où vous est venue l'inspiration pour
ces titres ?
On a de nouveau collaboré avec Mathieu Denis parce qu'on
adore travailler ensemble et qu’une dynamique, un « flow » se sont
établis entre nous. Les titres sont inspirés par l'envie, le besoin de plus de
magie et plus d'amour. C'est peut-être une sorte de mue pour atteindre un état
d'intense joie et en même temps de sérénité ! En fait, on avait envie de
recréer ce qui se passe en concert ! Et cette fois-ci, nous avons moins
planifié les choses. Nous nous sommes dit au bout de quelques séances qu'il
nous fallait que nous soyons plus spontanés. Cette cession avait une allure de
« labo » (sourire) ce qui en termes de créativité permet beaucoup de
choses.
Le titre « Map of you » était
déjà sur votre dernier EP, pourquoi avez-vous eu envie que ce titre se retrouve
de nouveau sur cet EP ?
On pense que ce titre a quelque chose de très fort et très
imagé qui correspond bien à l'ambiance de "LOVE". Il nous semblait
logique de l'intégrer à l'histoire.
Avez-vous d'ores et
déjà des envies particulières pour votre prochain EP ?
Notre prochain EP est en cours de préparation. On va creuser les pistes qui se
sont déjà dégagées sur le dernier en allant plus loin dans ce qu'on aime. Avec
l'expérience, on apprend à repérer la direction qui nous parle le plus. Mais on
est encore dans la phase où tout est possible !
Comment en êtes-vous à concourir pour la finale du
Prix Ricard S.A Live Music ?
Pourquoi a-t-on jamais faillir voir cette vidéo (cf. ci-dessus) ?
Ce concours
est une belle exposition et dépeint bien la façon dont fonctionne le milieu de
la musique de nos jours. L’équipe qui organise ce concours fait un travail de
fond, à la fois très « do it yourself » et « passionné ».
Lors du
tournage nous avons passé 3 heures à préparer les lumières et la pièce où nous
tournions. Ensuite nous avons fait des photos, une interview et bien sûr le
tournage du titre. Tout se passe bien, tout le monde se félicite du tournage et
là c'est le drame ! Un problème de carte et d’ordinateur... Tout ce qui avait
été tourné a été perdu. On a tout refait mais au final, c'était une très bonne
expérience. Quand tu travailles avec des gens passionnés qui portent un projet,
on ne peut qu'en retirer un bénéfice.
Si tout était possible avec qui
souhaiteriez-vous collaborer ?
Bowie à
l'époque « Let's Dance » ;)
Quels titres y a-t-il dans votre
playlist en ce moment ?
Toute la
discographie d'Agnès Obel ! Walkway blues d'M83, Tripping de Policà, death on
two legs de Queen et War is coming de Jeanne Added et Warpaint bien sur !
Vous êtes plutôt addict à Facebook, Instagram, Snapchat ou Twitter ?
Facebook et Instagram !
Avis aux amateurs de blues rock, les 8 chansons du 4e album "Les Courriers Session", du groupe auvergnat The
Marshals, ne vont plus vous quitter. Ce nouvel opus, confectionné pendant un an
et demi, nous transporte au cœur d’une Amérique portée par le blues, où guitare
et harmonica se marient harmonieusement. Rencontre avec Julien Rabolo
(guitare/chant) pour discuter de cet album qui figure dans le top 30 des albums 2016 d’Alternative Radio.
Autoportrait - The Marshals décembre 2016
Que raconte ce nouvel album « Les Courriers Session »
?
Les chansons parlent d'échange, d'espoir, de relations
humaines, avec l'idée de ne pas rester bloqué sur le passé.
Que signifie son titre ?
En fait, nos disques sont nommés en fonction du lieu
où l'on enregistre la session. Et on a réalisé cet album dans un gîte, au lieu-dit
"Les Courriers" à Chatel-De-Neuvre.
Quelle a été votre méthode de travail pour faire cet
album ?
Notre méthode, si l’on peut dire, consiste simplement à
se voir une fois par semaine et à jouer ensemble. On ne projette jamais de
"faire un album", on essaie simplement de faire des morceaux, et au
bout de quelques mois, dans l'optique de garder une homogénéité, on met ça "en
boîte".Celui-ci couvre une période d'environ un an et demi de
jeu.
Une nouvelle fois on est transporté au fin de fond de
l'Amérique. Ce pays vous inspire-t-il particulièrement pour créer vos chansons
?
Nous écoutons à 99% de la musique anglo-saxonne et
essentiellement américaine, notre musique en est forcement un reflet.
Lorsqu'on a des compositions qui évoquent les grands
espaces, le rêve d'Amérique, est-ce qu'une ville comme Moulins n'est pas trop
exiguë pour s'épanouir d'un point de vue musical ?
Nous sommes tous les trois de milieux campagnards,
l'important reste d'être des personnes avec qui "passer sa vie",
partager des bons moments et faire en sorte de s'épanouir, en aucun cas un lieu
doit être un frein à tout ça.
Si tout était possible, avez qui aimeriez-vous collaborer
?
Passer du temps avec Howlin' Wolf aurait pu être vraiment
bien.