Camille Green est une consultante en communication qui, en parallèle à ses études, a travaillé pendant 2 ans, en tant que correspondante, dans un journal quotidien régional.
Désormais salariée dans une agence de communication parisienne, à 38 ans, elle s'intéresse toujours au journalisme et en particulier à la musique, tout en gardant un œil attentif sur la mode et le monde artistique !
camillegreeniswalkingwith@gmail.com
The Marshals est de retour
avec « Les Bruyères Session » (Freemount Records), 5ème
épisode et nouvelle étape dans la vie de ce groupe indépendant de blues électrique, originaire de Moulins (Auvergne). Depuis plusieurs années, les trois musiciens nous ont habitués à ce
rendez-vous, la sortie d’un nouvel album enregistré à la suitede « sessions », ces moments
où ils laissent spontanément jaillir le Mojo de leur musique. Un beau rituel
qui met en valeur la construction artisanale de leur album et qui laisse place
à l'improvisation.
Selfie par The Marshals
Que raconte cet album « Les Bruyères
Session » ?
Pas mal d'histoires sur le doute,
souvent inspirées par des choses de la vie qui se sont déroulées dans l'entourage
proche, mais qui ne parlent pas directement des personnes concernées, car cela
pourrait très bien arriver à tout le monde.
De qui vous êtes-vous entourés pour faire cet
album ? Il a été créé dans votre studio à Moulins ?
Nous avons travaillé des nouveaux
morceaux entre février et août 2018 dans notre studio, à Moulins. Vers le mois
de juin on s'est dit qu'il fallait trouver un autre lieu pour faire une
nouvelle session, on a opté pour la grange de Franck et Mano à Bourbon
l'Archambault, au lieu dit les Bruyères, début septembre.
La date butoir approchant, on a fini
les deux derniers morceaux mi-août, on s'est dit qu'il nous fallait également
un quatrième homme pour jouer des maracas et congas, on a donc fait deux
répètes avec Fabien Larvaron avant la session. Cette fois-ci, nous avons
enregistré tout en prise directe, sur un seul micro, sur quatre jours de
musique, farniente, bières et plancha.
C'est une illustration tirée d'une
vieille carte postale. On a voulu garder le lien avec les précédents disques,
mais avec un animal ni mort, ni exploité, comme on nous l'avait fait remarqué
plusieurs fois.
Vous êtes plus addict à Facebook, Twitter,
Snapchat ou Instagram ?
Je crois que aucun de nous n'a Twitter,
Snapchat ou Instagram. Donc Facebook par élimination.
Cocoon dévoile dès cet été quelques
étincelles de son nouvel album « Wood fire » à paraître le 27
septembre. Ce nouvel opus sur la vie de couple est construit autour de la
métaphore d’un feu de bois - le titre de l’album - qu’il faut entretenir pour
qu’il perdure… C’est donc un album lumineux et très poétique que Mark Daumail a
concocté au cours de nombreux voyages à Los Angeles, Tel Aviv, en Norvège, en
Toscane et en France… Et pour la première fois, l’artiste est producteur de son
propre album, une raison de plus de tendre l’oreille pour écouter ses
compositions qui nous embrasent.
Comment as-tu fait tes premiers pas dans la musique ?
J’ai commencé
la musique assez tard, vers l’âge de 15 ans. Mais j’ai toujours été très attiré
par ça. Mon père est musicien amateur, il y avait toujours des tas
d’instruments et de copains chez lui quand j’y allais le week-end. Il me
faisait découvrir énormément de nouveautés. Peu à peu je me suis mis à la
guitare, tout seul, un peu en secret, et je composais mes chansons dans mon
coin. J’ai même eu un groupe au lycée !
Cocoon en solo versus Cocoon en duo (avec Morgane
Imbeaud), qu'est-ce qui a changé ?
Même si la
période « duo » a été une véritable joie, je composais déjà les
titres du groupe, donc de ce côté pas de changement. D’un point de vue purement
musical, j’ai toujours considéré Cocoon comme un groupe très vocal, avec des
mélanges de voix homme-femme, chose que j’ai toujours voulu conserver. Donc au
final j’ai plutôt une sensation de continuité dans la douceur.
C’est un album
sur le couple, imagé par un feu de bois, d’où le titre. Chaque chanson ou
presque raconte un état de ce feu : étincelles, braises, flammes, cendres, etc.
C’est un album de retrouvailles et de renouveau : un couple s’entretient comme
on entretient un feu.
De qui t'es-tu entouré pour le faire ?
Je l’ai produit
seul chez moi, assisté par mes potes Chien Noir et Paul Magne. Je l’ai fait
mixer par Yann Arnaud et Antoine Gaillet, et il a été masterisé par Alexis
Bardinet comme tous mes disques.
L'album a été conçu entre Los Angeles, Tel Aviv, la
Norvège, la Toscane, Paris et Bordeaux, pourquoi avoir tant voyagé pour faire
cet album ?
Ce sont surtout
des rencontres, comme sur chacun de mes albums. Un artiste à LA m’a présenté un
artiste de Hollande, qui m’a ensuite invité en Italie, où j’ai rencontré un Norvégien,
puis j’ai contacté un groupe israélien pour un duo, etc. Mais c’est sûr qu’il
m’aura fait faire des kilomètres celui-là ! Je voyage beaucoup pour chacun de
mes disques mais celui-ci est le plus ouvert.
Tu as construit ton studio à Bordeaux. Tu l'as fait
toi-même ?
Oui tout seul !
C’est le studio de mes rêves, il est très fonctionnel et assez unique car
chaque instrument est branché en permanence pour ne jamais perdre de temps et
enregistrer tout ce qui me passe par la tête en une seconde. C’était vraiment
l’idée de base : l’attente en studio tue toute ma créativité.
Que raconte Spark le 1er extrait de l'album ? Où a été
réalisé le clip et que raconte-t-il ?
Il a été tourné
à Tenerife et réalisé par un réalisateur très talentueux : Julien Capelle. Il
montre une femme qui marche dans la nature jusqu’à ce qu’elle arrive à un homme
assis devant un feu de bois (moi). Au final elle disparaît et on comprend
qu’elle n’était que le fruit de mon imagination. Ou pas ? :)
Le second extrait de l'album est Back To One, sort en deux
versions : anglaise et française, en featuring avec la chanteuse Clou. Comment
as-tu rencontré cette chanteuse ? Et pourquoi faire deux versions de ce titre ?
J’avais la
version anglaise qui me plaisait pas mal mais au même moment je suis tombé sur
cette jeune chanteuse Clou (sur une compilation hommage à Yves Simon) et je
suis resté scotché. Je l’ai contactée pour qu’on travaille ensemble et j’ai eu
l’idée de lui demander de tenter d’écrire une adaptation de Back To One en
français pour avoir un vrai duo avec elle. Elle a accepté et voilà ! Mais je
voulais également sortir la version originale, qui me plait toujours, du coup
me voilà avec deux versions.
C'est le moment de ressortir sa vieille VHS pour réviser ses classiques ! Le (vrai) bus des Spice Girls, rendu célèbre dans leur film Spice World (1997) pourra être réservé sur Airbnb à partir du 22 mai 2019.
Le Spice Bus sera installé au cœur de Wembley Park, où les voyageurs pourront séjourner les 14 et 15 juin en déboursant 99£ la nuit (environ 113€). La
pièce à vivre récemment rénovée comprend des fauteuils de cinéma Union
Jack roses sous un néon « Girl Power » et regorge de magazines et CD
vintage des années 1990 pour se replonger dans cette époque. Qui faut-il remercier pour cette annonce ? Suzanne, la propriétaire du bus qui a su saisir la bonne opportunité puisque les Spice Girls se reforment et seront bien sûr en concert à Wembley les 14 et 15 juin. L'histoire ne dit pas si elles feront une visite aux voyageurs dans le Spice Bus. Affaire à suivre... #SpiceUpYourLife
Lucy Rose a apporté beaucoup de tristesse sur la scène du Café de la danse le 9 mai 2019, en dévoilant son dernier album "No words left". Mais ces notes mélancoliques ont été ponctuées par de la douceur et par la virtuosité des trois musiciens qui accompagnent l'artiste sur scène.
La chanteuse, compositrice et multi-instrumentiste anglaise a attendu quelques chansons avant d'oser discuter avec son public mais c'était pour mieux nous laisser rentrer dans le concert et encore plus apprécier son humour "so british".
"Shiver" par Lucy Rose au Café de la danse
Concernant le fil conducteur très triste de ce dernier album, la chanteuse a avoué espérer ne jamais plus écrire un tel album et que son père lui demande d'ailleurs pourquoi ses chansons sont aussi tristes. On n'aura pas la réponse, qu'elle même avoue ne pas connaître mais ses compositions folk, sa voix envoûtante et sa présence pétillante sur scène en font une artiste à découvrir en live pour un moment de douceur, reposant.
Bear’s Towers c’est tout d’abord une
voix atypique, rauque, entrainante, reconnaissable parmi des centaines et qui se
marie parfaitement avec les rythmiques pop-folk de ce groupe composé de quatre
amis qui se sont rencontrés au collège. Pour son deuxième album
« Kyma », le groupe prend un tournant plus rock tout en conservant la
force de ses mélodies folk. Après seulement quatre ans de carrière et des
premières parties dans des festivals aux côtés de Ben Harper, Selah Sue, Shaka
Ponk, Asaf Avidan, Talisco, Bear’s Towers continue sa montée en puissance.
Cette fois-ci, le groupe nous embarque dans un road-trip où l’on alterne entre
la douceur et l’adrénaline de l’aventure. Ca vaut le coup de monter le son notamment
sur des titres comme Midnight Girl ou Oak.
Comment avez-vous fait vos premiers pas dans la
musique ?
Tommy
et Nathan : L’éducation musicale de notre père a beaucoup joué dans notre
envie d’apprendre la guitare, dès la fin de l’école primaire.
Aurélien
et Olivier : C’est venu un peu plus de nul part, plus ou moins à la même
période.
Comment vous êtes-vous rencontrés ?
On
s'est rencontrés à la fin du collège, on a ensuite eu des projets musicaux
ensemble, parfois séparément, mais rien de conséquent. En 2015, le groupe s’est
doucement créé entre Tommy, Nathan et Aurélien. Olivier n’était pas dans le
projet initialement mais il a réalisé nos premiers enregistrements, et
naturellement il a intégré le groupe peu après.
D'où vient le nom Bear's Towers ?
L’ours,
c’est Aurélien, les tours, ce sont les jumeaux. Sur scène, quand on était
encoreque trois, ça faisait l’ours
et ses tours de part et d’autre. C’est aussi simple que ça !
Que raconte votre 2e album "
Kyma" ?
Kyma s’est écrit tout naturellement
lors de la composition de l’album. Le terme Kyma vient du grec et signifie
“vague”. A l’image de cet opus, entre les mouvements lancinants de l’eau et la
puissance des vagues.
Vous
développez un seul et même récit décliné autour de quatre grands thèmes :
l’errance, l’amour, la mort et la renaissance. Pourquoi faire ce choix et ne
pas s'en écarter?
C’était important pour nous
de parler de sujets qui nous inspirent et qui nous parlent dans la vie de tous
les jours. Nos espoirs, nos peurs, nos rêves. L’idée était de faire ressentir,
à travers nos expériences et notre vision du monde, les différentes émotions
auxquelles on peut être confrontés.
Pourquoi
avoir décidé de prendre un tournant plus rock dans cet album ?
On a beaucoup d’influences
différentes à nous 4, mais si il y a un univers dans lequel on se retrouve
tous, c’est bien le rock. Si notre premier album « Never Alone », est
plus accentué folk, « Kyma » l’est moins. Nous avons vraiment essayé
de laisser une place beaucoup plus importante à nos influences, c’est donc tout
naturellement qu’on y retrouve cette touche rock.
De
qui vous êtes-vous entourés pour le faire ?
On s’est toujours entourés
de personnes de confiance afin de pouvoir travailler dans les meilleures
conditions. C’est pourquoi nous avons décidé d’enregistrer cet album avec Jean-Christophe
Lefevre, dans les studios de notre label, Single Bel. On a également fait appel
à Alexandre De Charrin pour les arrangements et Antoine Depoisier, pianiste, à
qui l’on doit l’intro du titre Oak.
Vous
avez fait des premières parties de grands artistes : Ben Harper, Selah Sue,
Shaka Ponk, Asaf Avidan, Talisco. Est-ce qu'une rencontre durant ces premières
parties a été marquante pour vous ?
Difficile de n’en citer
qu’une, il y en a tellement ! Néanmoins, notre rencontre avec le groupe Diva
Faune fut une des plus marquantes je pense. On a eu l’occasion de partager la
scène à plusieurs reprises avec eux et c’est toujours le même plaisir à chaque
fois.
Vous
êtes plus addict à Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram ?
Si il fallait en choisir
qu’un seul, Instagram serait le gagnant. A vrai dire, on n’est pas tellement
addict, on se sert essentiellement des réseaux sociaux pour communiquer avec notre
public, mais comme on est encore loin d’avoir autant d’abonnés que Kim
Kardashian, on peut encore profiter de la vraie vie.
On
a pas mal d’idées en tête pour la suite. Actuellement on travaille sur un
nouvel opus, un EP de quelques titres qui devrait voir le jour en fin d’année
si tout se passe bien. Pour le reste, on préfère garder quelques surprises sous
le coude et ne pas tout dévoiler, donc il
faudra faire preuve
d’imagination et de patience !
Après 20 ans de carrière, le duo YULES continue sa
route en toute indépendance sur la scène musicale française. Et le 12 avril
2019, les deux frères dévoileront leur dernier album « A Thousand
Voices », concocté pendant 1 an et demi. Cet opus a été l’occasion de
refaire un saut dans le passé en ressortant une vieille guitare électrique, laissée
de côté pendant des années et un vieux Juno 106. Au programme : une
écriture pop comme on les aime et une énergie rock dont on ne peut que
raffoler. A écouter de toute urgence.
YULES
Comment avez-vous fait vos premiers pas dans la
musique ?
Avec
Bertrand, nous avons à peu près commencé la guitare en même temps, j’avais 14
ans et il en avait 18. Je relie vraiment l’apprentissage de la musique à une
forme de quête de sens, je cherchais à m’extraire de l’ennui dans lequel
j’évoluais, dans cette petite ville de province dans laquelle je vivais. J’ai pensé
que la musique serait la clé, j’ai eu de la chance d’avoir un cousin musicien
amateur qui m’a initié et encouragé, mon père m’a montré quelques accords de
guitare et c’était parti !
D'où vient le nom YULES ?
Cela vient
du prénom d’un des enfants de Bertrand qui est né au moment où nous avons créé
Yules. Son prénom trottait dans nos têtes, nous l’avons légèrement déformé pour
lui donner une forme ni anglo-saxonne, ni française… nous voulions deux
syllabes et puis ça se dit : « Youless ». Probablement un reste des
cours de latin…
YULES
Lorsqu'on écoute votre musique on pourrait
penser que vous êtes un groupe anglo-saxon. Comment votre style musical s'est
construit ?
Justement
il s’est construit en écoutant principalement des groupes anglo-saxons. Nous
sortions d’une expérience de groupe de 6 ans et nous chantions exclusivement en
français. Alors, tout naturellement, nous avons d’abord essayé d’écrire les
premières chansons de Yules en français, c’est Bertrand qui s’y collait mais
sincèrement, le son et l’intention n’étaient pas du tout au rendez-vous. Ça
changeait trop l’esthétique musicale, et puis ma voix est très différente lorsque
je chante en français.
Rapidement,
je me suis mis à écrire en anglais les premiers textes et notre son commençait
à se profiler. On nous a beaucoup posé la question du pourquoi nous chantions
en anglais mais c’est simplement une histoire d’esthétique. Nous
aimons beaucoup la langue française mais n’avons pas du tout réussi à la
faire sonner avec notre musique.
Pour ce
qui est du style musical, les débuts étaient plutôt planant, trip-hop
atmosphérique mais toujours avec un côté pop qui ne nous a jamais lâché. Nous
sommes des enfants des années 80 et avons reçu la pop music en pleine face. Par
la suite, notre son est devenu plus acoustique et le nouvel album est une
synthèse avec un retour à l’électrique mais sans oublier les chansons.
En 2014, vous avez sorti l'album "I'm your
man...Naked" en hommage à Leonard Cohen. L'artiste était un mentor pour
vous ?
Oui
sincèrement, d’ailleurs en parlant de chansons, Leonard Cohen est un maître, il
a élevé le « songwriting » au plus haut point. Son oeuvre nous touche
énormément. Il a d’ailleurs été aussi un guide par son témoignage de vie, pas
seulement à travers sa musique mais aussi dans sa vie d’homme, cherchant un
équilibre entre le terrestre et le spirituel. Le voir sur scène a été une
consécration, lui rendre hommage sur scène en recréant un de ces albums est un
immense bonheur. Nous enfilons ses chansons comme on enfile une veste de
costume le temps d’une soirée… Cela m’a remis dans l’écriture aussi, moins
complexé bizarrement…
Que raconte votre dernier album "A Thousand
Voices" ? De qui vous êtes-vous entourés pour le faire ?
C’est un
album de réconciliation avec le passé qui me semble être le meilleur moyen
d’épanouissement personnel.
C’est
aussi un disque de réappropriation de soi, de sa vie, de notre son. J’ai
ressorti ma guitare électrique que je n’avais plus touchée depuis des années,
ainsi que mon vieux Juno 106 que j’ai depuis mes 13 ans, et ce fût le point de
départ sonique. La première chanson réécrite fût « A Thousand
Voices », elle a donné une direction forte au disque ainsi que son nom à
l’album. Elle était une bonne synthèse, on y retrouve l’écriture pop, les
ambiances planantes et l’énergie rock contenue.
Je suis
très fier de ce disque qui découle d’un long processus de retour au plaisir de
jouer de la musique, de manière simple, comme au début, sans enjeu, sans maison
de disque, juste un besoin qui nous dépasse un peu.
On a
d’abord joué les chansons sur scène en trio avant de les enregistrer, je ne
voulais pas aller en studio sans m’être assuré que les chansons puissent
toucher le public.
Nous avons
enregistré au Wild Horse Studio à Besançon et l’entourage est réduit à un
batteur (Antoine Passard sur le disque/ Bertrand Perrin sur scène) et il y a
aussi un featuring de la chanteuse Lonny Montem et le label Marjan Records.
Pourquoi avoir décidé de faire un disque en 2
volets (hiver/été) ?
Disons
qu’au tout début, on s’est demandé si on allait pas sortir un premier EP qui
était les 5 titres de la « Winter Side »… Puis j’ai écrit de
nouvelles chansons, peaufiné certains titres jamais sortis et une nouvelle face
s’est imposée à nous. Alors on s’est dit qu’il fallait l’enregistrer en été
pour voir si l’on pouvait sentir une influence des saisons dans
l’enregistrement. On a finalement pas vraiment surfé sur cette idée mais j’aime
bien l’idée d’en parler pour que les gens se demandent à l’écoute de l’album « quand
a été enregistré telle ou telle chanson ? ».
J’ai aussi
par la suite beaucoup réécouté la re-création des Quatre Saisons de Vivaldi par
Max Richter, que je trouve splendide.
Quels vos projets ?
Tourner,
tourner, tourner… Nous sommes avant toute chose un groupe de scène, c’est là
que nous avons appris notre métier; et ce bien avant de faire des albums. Le
« power trio » que nous formons avec Bertrand Perrin à la batterie
est ultra jouissif. C’est un batteur que nous avions croisé avec Diving With
Andy puis chemin faisant, il nous avait accompagné sur la tournée de Strike a
Balance en 2011-2012. On le retrouve en très grande forme et les tous premiers
concerts furent prometteurs… Nous venons de jouer « I’m your
Man…Naked » en version symphonique et avons également l’intention de le
rejouer prochainement tant l’expérience fût énorme.
Et puis
nous avons enregistré une reprise de Kate Bush qui sortira prochainement sur le
volume 2 de « I Wanna Be Kate » une compilation de reprises de Kate
Bush par des groupes de la scène de Chicago, c’est produit par Thomas Dunning
et nous sommes le seul groupe français à figurer sur cette compilation qui
sortira en Amérique du Nord.
Selfie - YULES
Ca fera bientôt 20 ans que vous avez sorti votre
1er EP auto produit (2003). Quel est votre regard sur votre carrière ?
Que c’est
un métier difficile, comme tous les métiers d’ailleurs et que je rêve de
sensibiliser les gens à notre réalité. Bien souvent, on pense que les choses
vont vite, que les albums sortent facilement, sans douleur mais c’est une image
d’Epinal. Il n’y a pas d’acquis, lorsqu’on est indépendant, tout est à
construire en permanence, on se fait oublier très vite si l’on n’est pas
toujours en train de publier sur les réseaux sociaux.
J’essaie
de m’extraire de tout cela au maximum pour me concentrer sur l’essentiel qui
est la musique mais malheureusement, je ne peux pas totalement faire
l’autruche. C’est un secteur qui est en perpétuel changement, il faut donc
s’adapter, sinon il faut aller « jouer de la guitare tout seul sous les
tilleuls ».
Selfies - YULES et Bertrand Perrin qui accompagne le groupe sur scène
Vous êtes plus addict à Facebook, Twitter,
Instagram ou Snapchat ?
Plutôt
Instagram mais je suis beaucoup sur Facebook aussi pour l’aspect professionnel.
Twitter, je n’ai jamais pu m’y faire, je n’ai pas l’esprit de synthèse ;-) Et
Snapchat, si je n’avais pas 20 ans de carrière, ça m’intéresserait peut-être.
Vous écoutez quoi en ce moment ?
J’ai
souvent un train de retard avec les nouveautés, j’aime bien découvrir les
albums lorsqu’ils viennent naturellement à moi alors en ce moment de manière
totalement aléatoire, j’écoute « Sincerely, Future Pollution » de
Timber Timbre, « First Mind » de Nick Mulvey, « Lier » de
Barbarossa, « Cusp » de Alela Diane, « Singles » de Future
Islands, « You Want it Darker » de Leonard Cohen, « High
Violet » de The National, « Beyond the Missouri Sky » de Pat
Metheny & Charlie Haden, « Vanishing Act » de Early Winterr,
« 22, a Million » de Bon Iver…
Avec « Ancien Majesty »,
le dernier album du groupe Portier Dean, le duo nous prouve que les Français
peuvent aussi brillamment maîtriser les codes de la musique pop anglophone.
Biberonnés au rock, Gwendal et Gildas ont choisi comme « musique
maternelle », à défaut de langue maternelle, la musique anglo-saxonne et
grand bien leur en a pris. Dans cet album, en quelques accords les trentenaires
nous font voyager avec des titres forts comme Pythia où les artistes nous font
passer d’un registre orchestral à une pop douce sur laquelle on a envie de se laisser emporter. Les médias comparent parfois Portier Dean à The National ou Arcade
Fire. On leur souhaite autant de succès.
Comment avez-vous fait vos premiers
pas dans la musique ?
Nous ne sommes pas du tout issus de
familles de musiciens. Nous avons eu l'idée de faire de la musique parce que
nous avions des amis au collège qui jouaient de la batterie et de la guitare.
On a vite accroché. On trouvait ça réjouissant de pouvoir reproduire nous même
la musique qu'on aimait. Et puis après, on s'est amusé à composer des morceaux.
D'où vient le nom "Portier Dean" ?
Portier et Dean ce sont deux noms de
familles rencontrés par hasard sur un interphone. Nous les avons adoptés. Ils
sont très différents, c'est ce qui nous a tapé dans l’œil : « Portier »
évoque quelque chose de physique, d'ordinaire tandis que « Dean » est
cinématographique, littéraire et légendaire.
Lorsqu'on écoute votre musique on pourrait penser que vous êtes un groupe
anglais ou américain. Comment votre style musical s'est construit ?
Très clairement nos influences sont
majoritairement anglophones. On baigne dedans depuis qu'on est petits, surtout
du rock au départ. De la même façon que notre langue maternelle est le Français,
notre "musique maternelle" est la musique anglo-saxonne. Nous ne
cherchons pas à faire "américain" mais par la force de ce
"maternage sonore" notre vocabulaire et notre accent musical peuvent
sonner américains.
Mais nous écoutons vraiment de tout
sinon, du rock bien sûr mais aussi de la pop, de l'électro, du hip-hop... et
pas exclusivement en Anglais. Plus le temps passe et plus nous intégrons ces
influences variées dans notre musique. C'est le cas dans notre album Ancient
Majesty.
Que raconte votre 1er album Ancient Majesty ?
Ancient Majesty rassemble des titres
qui évoquent des valeurs qui nous sont chères : l'amour, l'espérance, la
nature, le partage...
De qui vous êtes-vous entourés pour le créer ?
Il y a eu deux phases, nous avons
composé surtout à deux, dans un premier temps, en nous laissant guider par le
jeu, l'expérimentation. Dans un second temps, pour les arrangements et la
réalisation, nous avons été épaulés et guidés par Adrien Leprêtre de Samba de
la Muerte et Concrete Knives. Il a été très précieux en nous aidant à aller au
bout de nos idées et à rendre notre son plus abouti.
Que raconte le titre Pythia ? En quelques minutes vous changez de registre
dans ce titre, comment ce morceau a été construit ?
Pythia parle de la prêtresse d’Apollon
dans le temple de Delphes. Les puissants de la Grèce antique venaient la
consulter pour connaître leur avenir. Droguée, plongée dans une forme de
transe, elle se mettait à parler dans son délire et livrait des phrases
incompréhensibles. Mal interprétés, ces augures incitaient des malheureux à des
actes qui les menaient à leur perte.
Ce morceau est parti d'une improvisation
avec une ligne de basse et un rythme brut, répétitif. Nous avons voulu tirer ce
fil tout au long du morceau avec les mêmes accords en introduisant des variations,
une montée. Un peu comme une transe qui atteint son apogée.
Quels sont vos projets ?
Dans l'immédiat, nous voulons faire
vivre notre album qui vient de sortir. Nous avons pas mal de concerts qui
s'organisent jusqu'à l'été, qui vont nous faire voyager en France et même en
Allemagne. Et puis nous avons déjà des envies et des idées pour composer de
nouveaux morceaux.
Vous êtes plus addicts à Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram ?
Surtout Facebook et Instagram. Mais
on n'est pas vraiment "addicts", pas encore en tout cas on espère :-)
Vous écoutez quoi en ce moment ?
Gwendal : Je fais tourner pas mal un
album de 2015 "Kinshasa"
de Mbongwana Star. Une musique vraiment puissamment charnelle.
Gildas : Je suis constamment en
train de fouiller sur Spotify, de surveiller les nouveautés sur Pitchfork et
NPR par exemple, je vais souvent aller chercher des disques plus anciens aussi.
En ce moment j'écoute beaucoup de death metal, Thy Art is Murder, par
exemple, mais j'écoute pas mal aussi Lord Esperanza et Odezenne, qui sont
beaucoup plus hip-hop... Je n'ai pas vraiment de barrières en termes d'écoute.
J-2 avant le grand retour de (This is) Redeye avec la sortie du nouvel opus « Desert Eyes », le 25.01.19. Dans
cet album, l’artiste français Guillaume Fresneau revient sur ses 4 ans
d’expatriation au Texas, ses voyages et rencontres effectués aux Etats-Unis. Le
chanteur dévoile des chansons folks au rythme entrainant et toujours aussi
finement travaillées, idéales en bande son d’un bon road-trip.
Pourquoi avoir décidé de repartir
t'installer au Texas, la terre de ton enfance ?
Je suis reparti vivre 4 ans au Texas car j’avais
besoin de retrouver une forme d’inspiration, me rapprocher de la musique que
j’aime et que j’avais envie de faire, dans un environnement qui me convient et
me motive : musiciens, producteurs, studios, clubs, radios etc. J’ai donc
fait énormément de musique sur place !
Que raconte « Desert
Eyes » qui va sortir le 25.01 ? De qui t'es-tu entouré pour le réaliser ?
« Desert Eyes » raconte ma trajectoire et
mes voyages aux Etats-Unis, notamment à travers le désert de l’Ouest Texan, et
comment ça m’a nourri personnellement, musicalement, spirituellement… J’ai
rencontré un réalisateur et musicien incroyable, Dan Duszynski, qui a travaillé
avec Loma, Molly Burch, Cross Records, Shearwater entre autres et qui a très
bien compris et accompagné ce que je voulais faire, capter le son du voyage,
aussi bien physique qu’intérieur. Son studio est installé en pleine campagne à
quelques kilomètres d’Austin.
Et que raconte le premier single
« A Name To A Face » ?
« A Name to a Face » raconte une errance sans but, d’être à la
recherche de quelque chose sans trop savoir quoi… et espérer, un jour, mettre
le doigt sur ce quelque chose, comme enfin retrouver le nom associé a un
visage !
La présentation de l'album évoque un
changement de son, qu'est-ce que cela veut dire ? Prends-tu un tournant musical
?
Oui, un changement de son dans la façon dont il a été enregistré, avec des
magnétos à bande, ou dans de simples chambres, pas forcément dans le studio. Et
puis la grosse influence de la scène musicale d’Austin : des echos, des
delays, des reverbs, un peu de psyché, un peu de country, etc.
Et le projet est rebaptisé en
(Thisis) Redeye au lieu de RedEye, pourquoi ce changement ?
Pour marquer ce changement de son justement. Les disques précédents étaient
très travaillés, orchestrés, arrangés, celui-ci est clairement plus brut, comme
un re-centrage : this is…
Pour ton album « Be the
one », tu avais photographié la pochette de l'album. Es-tu à l'origine de
certaine(s) création(s) graphique(s) de ce nouvel opus ?
La photo est de Caroline Ruffault, qui a trempé ses photos dans des bains
qui modifient et donnent un côté magique/surréaliste au paysage…mais oui, les
dessins sur la photos sont de moi…je voulais des dessins ou écritures qui
puissent rappeler les signes rupestres.
Ton groupe Dahlia est-il toujours en
pause ?
Oui toujours en pause !
Tu es plus accro à Facebook,
Twitter, Instagram ou Snapchat ?
Instagram je pense, pour le côté visuel, je suis beaucoup de dessinateurs,
graphistes etc
Que trouve t'on dans ta playlist de
cet hiver ?
Coup de Coeur pour Rainbow Kitten Surprise ! Et les nouveaux disques
de Molly Burch et RF Shannon.